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Ultrasons thérapeutiques en kinésithérapie : usages et preuves

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Les ultrasons thérapeutiques sont des ondes sonores de haute fréquence émises par une sonde posée sur la peau ; ils n’ont rien à voir avec l’échographie d’imagerie.
  • Une séance ne doit pas être douloureuse : les personnes ressentent le plus souvent une simple pression, parfois une légère vibration ou chaleur.
  • Les revues Cochrane disponibles concluent à des preuves de faible qualité : pas d’avantage net sur un placebo pour le mal de dos chronique, bénéfice possible mais incertain dans l’arthrose du genou.
  • Il existe des contre-indications (grossesse, cancer connu ou suspecté dans la zone, implant électronique proche, troubles de la coagulation, entre autres) qu’il faut signaler au professionnel.
  • Cette technique n’est qu’une option parmi d’autres en physiothérapie ; exercices et accompagnement par un professionnel restent au centre de la prise en charge.

Les ultrasons thérapeutiques sont des vibrations sonores de haute fréquence appliquées sur la peau par un physiothérapeute ou un kinésithérapeute, dans le but d’agir sur des tissus comme les tendons, les ligaments ou les capsules articulaires. Leur niveau de preuve est limité : les revues Cochrane consultées parlent d’études de petite taille et de qualité faible.

Cet article explique ce que sont ces ultrasons, comment se déroule une séance, dans quelles situations ils sont proposés et ce que disent les études. Il précise aussi dans quels cas ils ne sont pas adaptés. Il ne remplace pas l’avis du professionnel qui vous examine.

Que sont les ultrasons thérapeutiques ?

Un service de physiothérapie hospitalier britannique (Royal Berkshire NHS Foundation Trust) décrit le traitement ainsi : des ondes sonores de haute fréquence, produites par un cristal de quartz situé dans la tête de traitement, créent de fines vibrations dans les tissus. Le Manuel MSD précise que ces ondes atteignent des tissus profonds et que les vibrations produisent de la chaleur, ce qui augmente le flux sanguin local.

Il ne faut pas les confondre avec l’échographie. Mayo Clinic décrit l’échographie diagnostique comme l’utilisation d’ondes sonores pour créer des images de l’intérieur du corps ; elle ne vise pas à traiter. Le document hospitalier britannique le souligne également : il s’agit d’un traitement, non de l’imagerie utilisée pendant la grossesse.

Le NHS cite les ultrasons parmi les techniques que peut utiliser un physiothérapeute, à côté des exercices, de la thérapie manuelle, des conseils, de la neurostimulation électrique transcutanée (TENS), de l’hydrothérapie et de l’acupuncture.

Comment se déroule une séance ?

D’après le document du Royal Berkshire NHS Foundation Trust, un gel est appliqué sur la peau ou sur la tête de traitement et peut paraître froid. Le thérapeute déplace ensuite la tête sur la peau pendant que l’appareil fonctionne. La plupart des personnes ne ressentent qu’une pression ; certaines perçoivent une légère vibration ou un peu de chaleur.

La même source précise que le traitement ne doit pas être douloureux et que la personne doit signaler toute augmentation des symptômes. Elle indique aussi que le traitement peut nécessiter plusieurs séances, sans fixer de durée standard : le protocole (réglages, nombre de séances) est défini par le professionnel selon votre situation, et cet article n’en donne volontairement aucun.

Avant la première séance, le NHS décrit une consultation initiale : le physiothérapeute vous interroge sur vos symptômes, vos antécédents et votre mode de vie, examine la zone concernée, puis discute avec vous des options de prise en charge. Des exercices à faire à domicile sont souvent proposés entre les séances.

Dans quelles situations les ultrasons sont-ils proposés ?

Selon le service hospitalier britannique, les ondes sont surtout absorbées par les tissus riches en collagène ; les situations citées concernent donc les tendons (par exemple une tendinopathie), les ligaments (par exemple une entorse), la capsule articulaire (par exemple une capsulite) et les tissus cicatriciels restrictifs, pour améliorer la mobilité. Le Manuel MSD mentionne comme usages possibles des atteintes osseuses, des bursites, un syndrome douloureux régional complexe, des rétractions, l’arthrose et la tendinite.

Ces listes décrivent des utilisations courantes : elles ne démontrent pas que la technique apporte un bénéfice dans chacune de ces situations. La section suivante indique ce que disent les études.

Que montrent les études sur leur efficacité ?

Les revues systématiques Cochrane constituent une référence pour juger du niveau de preuve. Deux d’entre elles portent sur des situations où les ultrasons sont fréquemment proposés.

  • Douleur lombaire chronique. La revue Cochrane (Ebadi et collègues, 2014) a analysé sept petits essais, soit 362 adultes ayant un mal de dos chronique non spécifique. Les ultrasons n’ont pas fait mieux qu’un placebo sur la douleur (qualité de preuve faible) ; une petite amélioration de la fonction à court terme a été observée, jugée peu susceptible d’avoir une importance clinique. Ajouter les ultrasons à des exercices n’a pas apporté de différence significative à court terme. Les auteurs concluent à l’absence de preuve de haute qualité en faveur de cette technique dans cette indication.
  • Arthrose du genou ou de la hanche. La revue Cochrane (Rutjes et collègues, 2010) a retenu cinq petits essais, soit 341 patients, tous atteints d’arthrose du genou. La douleur était un peu plus faible avec les ultrasons qu’avec le groupe témoin (environ 1,2 cm de moins sur une échelle visuelle de 10 cm), sans différence nette sur la fonction. La qualité méthodologique des essais était faible : les auteurs jugent que l’ampleur réelle de l’effet reste incertaine et demandent des essais plus solides.

Ces deux travaux ne couvrent ni les tendinopathies, ni les entorses, ni les raideurs articulaires, et ils sont déjà anciens. À ce jour, les sources consultées ne permettent donc pas d’affirmer que les ultrasons sont efficaces de manière générale. Ils peuvent être proposés dans le cadre d’une prise en charge globale, mais ils ne constituent pas une garantie de résultat.

Qui ne doit pas recevoir d’ultrasons ?

Le document du Royal Berkshire NHS Foundation Trust liste des situations dans lesquelles le traitement ne convient pas :

  • une grossesse ;
  • un enfant, lorsque le traitement porterait sur des cartilages de croissance ;
  • un implant électronique près de la zone traitée ;
  • une infection récente dans la zone ;
  • un saignement en cours ou attendu, par exemple juste après une blessure ;
  • une radiothérapie récente ;
  • des problèmes cardiaques ou circulatoires importants, comme une phlébite, une embolie ou une artériosclérose sévère ;
  • une hémophilie non couverte par un traitement substitutif ;
  • un cancer ou une suspicion de cancer dans la zone traitée ;
  • une peau en mauvais état dans la zone traitée ;
  • l’impossibilité de consentir au traitement.

Le Manuel MSD ajoute qu’il faut éviter d’appliquer les ultrasons sur des zones mal vascularisées, insensibles, activement infectées ou sur des os en cours de consolidation, ainsi que sur certaines parties du corps (yeux, cerveau, moelle épinière, oreilles, cœur, organes reproducteurs), et qu’ils ne sont pas utilisés chez les personnes ayant une tendance aux saignements ou un cancer.

Avant toute séance, informez le professionnel de votre état de santé, de vos antécédents et de vos traitements en cours, y compris d’un éventuel dispositif implanté.

Quels effets indésirables sont décrits ?

Dans les deux revues Cochrane consultées, les données de sécurité sont limitées. Pour la douleur lombaire chronique, aucune des études incluses n’a rapporté d’événement indésirable. Pour l’arthrose du genou, deux essais regroupant jusqu’à 136 patients n’ont rapporté ni événement indésirable, ni événement grave, ni abandon pour cette raison. Ces résultats rassurants proviennent toutefois de petits essais et ne dispensent pas de respecter les contre-indications.

Le service britannique demande de signaler au thérapeute toute augmentation des symptômes pendant ou après la séance. Si ces symptômes persistent après la séance, parlez-en aussi à votre médecin.

Quelle place pour les ultrasons dans la prise en charge d’une douleur ?

Le NHS rappelle que la physiothérapie repose sur plusieurs approches : exercices pour la mobilité et le renforcement, thérapie manuelle et conseils pour gérer les symptômes, auxquels peuvent s’ajouter des appareils comme les ultrasons ou le TENS. Les exercices à pratiquer à domicile y sont décrits comme importants pour la récupération.

Les résultats de la revue Cochrane sur la douleur lombaire chronique vont dans le même sens : ajouter les ultrasons à des exercices n’a pas apporté de différence significative à court terme. Ainsi, une séance d’ultrasons ne remplace ni l’examen médical initial ni le travail actif.

Consultez un médecin si votre douleur est inexpliquée, s’aggrave, s’accompagne d’une faiblesse ou d’un engourdissement, ou ne s’améliore pas : l’indication d’un traitement, quel qu’il soit, suppose un diagnostic préalable.

Questions fréquentes

Les ultrasons thérapeutiques sont-ils les mêmes que ceux de l’échographie ?

Ils reposent sur le même type d’ondes, mais l’usage diffère. Mayo Clinic décrit l’échographie diagnostique comme une technique d’imagerie, alors que les ultrasons thérapeutiques sont un traitement appliqué par un physiothérapeute avec un gel et une tête de traitement. Les deux ne se substituent pas.

Une séance d’ultrasons fait-elle mal ?

Selon un service de physiothérapie hospitalier britannique, le traitement ne doit pas être douloureux. La plupart des personnes ressentent une pression, parfois une légère vibration ou un peu de chaleur. Si les symptômes augmentent, il faut le dire au thérapeute.

Les ultrasons sont-ils prouvés contre le mal de dos chronique ?

Non. Une revue Cochrane de sept essais, portant sur 362 adultes, ne trouve pas de preuve de haute qualité en faveur des ultrasons pour la douleur ou la qualité de vie dans le mal de dos chronique non spécifique. Ajouter des ultrasons à des exercices n’a pas fait de différence significative à court terme.

Peut-on recevoir des ultrasons thérapeutiques pendant la grossesse ?

La grossesse figure parmi les contre-indications citées par le service hospitalier britannique. Le Manuel MSD recommande aussi d’éviter les organes reproducteurs. Si vous êtes enceinte ou si vous pensez l’être, indiquez-le avant toute séance.

Existe-t-il des effets indésirables ?

Les revues Cochrane consultées ne rapportent pas d’événement indésirable dans les essais inclus, mais ces essais sont petits. Le principal risque tient aux contre-indications non respectées, comme une peau abîmée, un implant électronique proche ou un cancer dans la zone. Signalez tout symptôme nouveau au professionnel.

Quelles sont les alternatives aux ultrasons en physiothérapie ?

Le NHS cite les exercices pour la mobilité et le renforcement, la thérapie manuelle, les conseils pour gérer les symptômes, le TENS, l’hydrothérapie et l’acupuncture. Le choix dépend du diagnostic et se discute avec le médecin ou le kinésithérapeute.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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