Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les ondes de choc extracorporelles utilisent des ondes sonores de haute énergie ; elles sont citées comme une option dans la fasciite plantaire (aponévrosite plantaire) quand les autres traitements n’ont pas suffi.
- Selon la Mayo Clinic, elles sont en général réservées aux cas durables qui n’ont pas répondu aux autres traitements, même si elles peuvent être utilisées plus tôt.
- Une revue systématique publiée en 2024 dans le British Journal of Sports Medicine conclut qu’elles peuvent aider dans certaines blessures, dont la fasciite plantaire, et que des recherches de haut niveau restent nécessaires.
- Les effets indésirables rapportés sont le plus souvent légers et brefs (douleur pendant la séance, rougeur de la peau) ; les effets à long terme restent mal connus.
- Pour une tendinite récente, les sources de référence décrivent d’abord le repos relatif, la glace, les antalgiques et la kinésithérapie, et la consultation si la douleur persiste.
Les ondes de choc extracorporelles sont un traitement qui envoie des ondes sonores de haute énergie à travers la peau vers une zone douloureuse. Elles sont mentionnées par le service de santé britannique (NHS) et par la Mayo Clinic comme une option dans la fasciite plantaire persistante, mais elles ne constituent ni le premier traitement ni une solution garantie.
Cet article fait le point sur ce que disent ces sources et deux revues scientifiques indexées : dans quels cas ce traitement est évoqué, ce que l’on sait de son niveau de preuve, ses effets indésirables, et les signes qui justifient de consulter. La décision d’y recourir relève d’un médecin ou d’un kinésithérapeute après examen.
Qu’est-ce que la thérapie par ondes de choc ?
Le NHS décrit la thérapie par ondes de choc extracorporelles (ESWT) comme un traitement utilisant des ondes sonores de haute énergie. La Mayo Clinic précise que ces ondes visent à augmenter l’apport de sang vers la zone traitée, dans son exemple le fascia plantaire.
Le terme « aponévrosite plantaire » est un synonyme courant en France de fasciite plantaire : une douleur sous le pied, autour du talon et de la voûte, liée à une irritation de la bande de tissu qui relie le talon aux orteils. Les ondes de choc sont aussi étudiées dans d’autres douleurs tendineuses, mais les pages grand public consultées pour cet article ne décrivent leur emploi que pour la fasciite plantaire.
Dans quels cas les ondes de choc sont-elles évoquées ?
Pour la fasciite plantaire, le NHS indique que la première étape associe des mesures simples : repos, glace enveloppée dans un linge, chaussures amortissantes avec bon soutien de la voûte, semelles ou talonnettes, étirements doux de la plante du pied et du talon, et antalgiques courants. Si la douleur persiste, un kinésithérapeute peut enseigner des exercices et un podologue conseiller semelles, chaussures ou orthèses de nuit.
Si ces mesures ne suffisent pas, le NHS précise que des injections de corticoïdes ou des ondes de choc extracorporelles peuvent être proposées. La Mayo Clinic confirme que la plupart des personnes se rétablissent en quelques mois avec des traitements simples, et que les ondes de choc sont typiquement réservées aux cas durables ayant résisté aux autres traitements, tout en pouvant être utilisées plus tôt. La chirurgie reste rarement nécessaire.
Pour la tendinite en général, la page du NHS sur la tendinopathie ne mentionne pas les ondes de choc. Elle décrit un repos du tendon pendant quelques jours, la glace, un bandage souple, la reprise progressive du mouvement dès que la douleur le permet, la kinésithérapie en cas de douleur sévère ou durable, et parfois des injections de corticoïdes pour un soulagement de courte durée.
Que disent les études sur l’intérêt des ondes de choc ?
La Mayo Clinic ne détaille pas le niveau de preuve des ondes de choc, et le NHS ne chiffre pas leur intérêt. Les données proviennent donc de revues scientifiques.
Une revue systématique publiée en 2024 dans le British Journal of Sports Medicine a analysé 56 études portant sur 1 874 sportifs ou personnes physiquement actives, dont 18 études de niveau de preuve I. À partir de ces dernières, les auteurs indiquent que les ondes de choc, utilisées seules, peuvent aider dans la fasciite plantaire, l’épicondylite latérale et la tendinopathie des ischio-jambiers proximaux, et qu’elles peuvent aider en complément d’un programme d’exercices dans le syndrome de stress tibial médial et la ostéite pubienne. Ils concluent qu’il s’agit d’une option possible, seule ou associée à l’exercice, et que des recherches de haut niveau restent nécessaires.
En pratique, cela signifie que les résultats sont encourageants dans certaines indications, sans que l’on puisse promettre une amélioration à une personne donnée. Le diagnostic précis et les autres mesures (exercices, adaptation de l’activité, chaussage) restent essentiels.
Les ondes de choc sont-elles sûres ? Quels effets indésirables ?
Une revue systématique publiée en 2017 dans l’International Journal of Surgery a rassemblé 39 études, soit environ 2 500 patients traités pour une fasciite plantaire. Seules deux complications graves ont été rapportées : une douleur thoracique et une infection cutanée superficielle après une anesthésie régionale. La douleur pendant le traitement était fréquente, et de nombreux patients présentaient une rougeur temporaire de la peau. Parmi les autres effets brefs figuraient des douleurs après la séance, des sensations cutanées anormales, un gonflement, des ecchymoses ou de petits saignements cutanés, des maux de tête sévères et une sensation de battements.
Les auteurs concluent que le traitement est probablement sûr dans la fasciite plantaire et qu’aucune complication n’est attendue à un an de recul, tout en soulignant que les complications à long terme restent inconnues et que le compte rendu des protocoles et des effets indésirables doit être amélioré.
Les contre-indications ne sont pas détaillées dans les pages consultées. Avant toute séance, signalez à votre médecin ou au professionnel qui réalise le traitement vos maladies, vos traitements en cours et une éventuelle grossesse, afin qu’il vérifie que la technique vous convient.
Que peut-on faire en parallèle, et quand consulter ?
Les sources décrivent des mesures qui s’appliquent avec ou sans ondes de choc : adapter l’activité en évitant les stations debout prolongées, privilégier une activité à faible impact comme la natation, porter des chaussures adaptées, éviter de marcher pieds nus sur sol dur, et chercher à perdre du poids si nécessaire (NHS). Le recours aux antalgiques doit suivre l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin.
Pour la fasciite plantaire, le NHS recommande de consulter un médecin si la douleur n’est pas améliorée après 2 semaines de soins personnels, si elle est sévère, s’aggrave ou revient, si elle empêche les activités habituelles, en cas de fourmillements ou de perte de sensibilité du pied, ou en cas de diabète. Pour une tendinite, la Mayo Clinic conseille de consulter si les symptômes ne s’améliorent pas après quelques jours ou gênent les activités quotidiennes ; le NHS invite à appeler le 111 en cas de douleur intense ou de suspicion de rupture du tendon (douleur brutale, bruit sec). En France, contactez votre médecin traitant ou, en cas d’urgence, le 15.
Questions fréquentes
Les ondes de choc sont-elles douloureuses ?
Dans la revue de 2017 sur la fasciite plantaire, la douleur pendant le traitement était fréquente et une rougeur temporaire de la peau était courante. Les effets rapportés étaient le plus souvent brefs. Si la douleur est difficile à supporter, signalez-le au professionnel qui réalise la séance.
Combien de séances faut-il ?
Les sources consultées ne donnent pas de nombre de séances. Le protocole dépend de l’indication, de l’appareil et de la réponse de chaque personne ; il est défini par le médecin ou le kinésithérapeute après évaluation.
Les ondes de choc remplacent-elles la kinésithérapie et les exercices ?
Non, elles sont décrites comme une option qui s’ajoute ou succède aux autres mesures. La revue du British Journal of Sports Medicine évoque un usage seul ou en complément d’un programme d’exercices selon les indications, et la Mayo Clinic cite la kinésithérapie parmi les traitements de première ligne.
Peut-on continuer le sport pendant le traitement ?
Dans la revue de 2024, la plupart des participants ont poursuivi leur entraînement et toléré le traitement avec peu d’effets indésirables. La conduite à tenir dans votre cas, notamment la reprise ou l’adaptation du sport, doit être décidée avec votre médecin ou votre kinésithérapeute.
Les ondes de choc sont-elles le premier traitement d’une fasciite plantaire ?
Non. Le NHS décrit d’abord des soins personnels, puis la kinésithérapie ou le podologue, et propose les ondes de choc ou les injections de corticoïdes si ces mesures n’ont pas aidé. La Mayo Clinic précise qu’elles sont en général réservées aux cas durables.
Quand faut-il consulter pour une douleur de tendon ?
Consultez si la douleur ne s’améliore pas après quelques jours ou gêne vos activités (Mayo Clinic). Une douleur brutale et intense, avec un bruit sec, peut évoquer une rupture du tendon et nécessite un avis médical urgent (NHS). En cas de diabète ou de perte de sensibilité du pied, consultez sans attendre.
Pour aller plus loin
- Ultrasons thérapeutiques en kinésithérapie : usages et preuves
- Tendinite d’Achille : symptômes, prise en charge et prévention
- Tendinite : symptômes, causes et prise en charge
- Pubalgie : comprendre la douleur de l’aine et sa prise en charge
Sources
- NHS (Royaume-Uni) : Plantar fasciitis — symptômes, causes, soins personnels, kinésithérapie, ondes de choc ou injections si échec, signes pour consulter
- Mayo Clinic : Plantar fasciitis : diagnostic et traitement — traitements de première ligne, place des ondes de choc, récupération en quelques mois, chirurgie rare
- NHS (Royaume-Uni) : Tendonitis — définition, soins personnels, kinésithérapie, signes de rupture, absence de mention des ondes de choc
- Mayo Clinic : Tendinitis : symptômes et causes — définition, causes, quand consulter
- PubMed (British Journal of Sports Medicine, 2024) : Use of extracorporeal shockwave therapies for athletes and physically active individuals: a systematic review — 56 études, niveau de preuve, indications possibles, besoin de recherches supplémentaires
- PubMed (International Journal of Surgery, 2017) : Complications of extracorporeal shockwave therapy in plantar fasciitis: systematic review — 39 études, complications rapportées, sécurité probable, effets à long terme inconnus
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

