Mis à jour le 9 octobre 2026
- Une synthèse Cochrane publiée en juin 2019 ne trouve pas de preuve claire que l’hypnothérapie aide à arrêter de fumer mieux que d’autres approches ; la certitude des données est faible à très faible.
- Si un bénéfice existe, il est « au plus petit » selon les auteurs, et de grands essais de bonne qualité restent nécessaires.
- Les données limitées ne montrent pas de signe de danger, mais la plupart des études ne rapportaient pas d’effets indésirables.
- La Mayo Clinic indique qu’un plan associant médicaments d’aide à l’arrêt et accompagnement améliore les chances d’arrêt définitif ; en France, le 39 89 de Tabac Info Service met en relation avec un professionnel.
- L’hypnose peut être envisagée comme démarche complémentaire si elle vous convient, sans remplacer les aides qui ont de meilleures preuves ni un avis médical.
À ce jour, les études n’ont pas démontré que l’hypnose pour arrêter de fumer donne de meilleurs résultats que d’autres approches. Une synthèse Cochrane publiée le 14 juin 2019 conclut à l’absence de preuve claire de supériorité, avec des données de certitude faible à très faible. Cela ne veut pas dire que l’hypnose est dangereuse ni qu’elle ne peut convenir à certaines personnes, mais qu’on ne peut pas en attendre un résultat garanti.
Cet article reprend le sujet d’origine, l’hypnose comme aide à l’arrêt du tabac, en présentant ce que disent les sources officielles sur ce qui a démontré son intérêt et sur les accompagnements disponibles en France. Arrêter de fumer est un objectif de santé important, et plus l’accompagnement est solide, mieux vous êtes soutenu.
Que disent les études sur l’hypnose et l’arrêt du tabac ?
La revue Cochrane (publiée le 14 juin 2019) a comparé l’hypnothérapie à d’autres interventions pour l’arrêt du tabac. Ses principaux constats sont les suivants :
- aucune différence significative avec des interventions comportementales de durée équivalente, ni avec de brèves interventions comportementales ;
- aucune différence significative non plus avec un soutien comportemental intensif ou avec des traitements médicamenteux ;
- une petite étude de 40 personnes favorable à l’hypnothérapie par rapport à l’absence de traitement, dont le risque de biais et l’imprécision rendent le résultat très incertain ;
- cinq études rapportant un bénéfice lorsque l’hypnothérapie s’ajoute à d’autres traitements, mais avec un risque élevé de biais et des résultats hétérogènes, ce qui invite à la prudence.
Les auteurs concluent que, si un bénéfice existe, il est « au plus petit » et que de plus grands essais de bonne qualité sont nécessaires. Sur la sécurité, la plupart des études n’ont pas rapporté d’effets indésirables et les données limitées ne montrent pas de signe de préjudice.
Il faut donc distinguer deux choses : l’absence de preuve de supériorité, qui est établie, et l’absence d’effet, qui ne l’est pas. Les données sont trop faibles pour trancher.
Comment l’hypnose est-elle présentée pour l’arrêt du tabac ?
L’article d’origine décrivait des séances fondées sur la suggestion et la focalisation de l’attention, visant à agir sur les automatismes et sur les déclencheurs de l’envie de fumer (stress, pause, repas, café, conduite). Il évoquait deux niveaux d’action : le comportement et les émotions, avec le remplacement d’automatismes par d’autres réponses.
Ces descriptions reflètent la manière dont la pratique est présentée par les praticiens. Les sources consultées pour cet article (Cochrane, Mayo Clinic, NHS, Tabac Info Service, HAS) ne les valident pas : elles n’établissent ni mécanisme d’action, ni durée, ni nombre de séances idéal. Les affirmations de réussite figurant sur des sites de praticiens ne sont pas des données indépendantes.
Si l’hypnose vous attire, elle peut représenter pour vous un cadre pour réfléchir à vos habitudes. Il est prudent de ne pas en attendre l’effacement automatique de l’envie de fumer, ni de renoncer pour autant à d’autres formes de soutien.
Quelles aides ont de meilleures preuves pour arrêter de fumer ?
La Mayo Clinic décrit plusieurs options pour limiter l’envie de nicotine et arrêter : les substituts nicotiniques (patchs pour un usage prolongé, gommes, pastilles ou sprays nasaux pour un usage à court terme, certains nécessitant une ordonnance), les médicaments sur ordonnance sans nicotine, comme le bupropion et la varénicline, et l’accompagnement en consultation, en personne ou en ligne. La page précise que plus le temps passé avec un conseiller est important, meilleurs peuvent être les résultats, et qu’un plan associant médicaments et accompagnement améliore les chances d’arrêt définitif.
Le NHS affirme qu’il existe plus de moyens éprouvés d’arrêter de fumer que jamais auparavant et qu’arrêter est plus facile avec un soutien. Il propose un plan personnel gratuit, une application de suivi, et mentionne que l’opération Stoptober, qui encourage à viser 28 jours sans tabac, rend selon lui cinq fois plus probable un arrêt définitif.
Ces pages ne mentionnent pas l’hypnose. La question du choix d’un médicament ou d’un substitut, ainsi que de la façon de l’utiliser, relève d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un tabacologue, notamment en cas de grossesse, de maladie chronique ou de traitement en cours.
Où trouver un accompagnement pour arrêter de fumer en France ?
Le site Tabac Info Service propose trois entrées : le 39 89 pour contacter un professionnel de l’arrêt du tabac, une rubrique pour trouver un tabacologue près de chez soi, et une application pour arrêter de fumer. Le site ne mentionne ni l’hypnose ni l’acupuncture.
La Haute Autorité de santé, dans sa recommandation validée en octobre 2014 et mise en ligne en novembre 2014, indique que les professionnels de santé, en premier lieu les médecins généralistes, doivent engager une démarche active auprès du patient fumeur qui veut arrêter, quel que soit le motif de consultation. Cette recommandation est ancienne, et le détail de ses conclusions sur les traitements n’est pas repris ici.
En pratique, parler de votre projet d’arrêt à votre médecin traitant, à un pharmacien ou à un tabacologue est une première étape qui n’exclut pas d’essayer, en plus, une autre approche.
Comment choisir un praticien en hypnose si vous le souhaitez ?
Aucune des sources ouvertes ne détaille de critères de choix d’un praticien. Quelques réflexes de bon sens peuvent toutefois aider :
- demander au praticien comment il présente l’hypnose et ses limites ; méfiez-vous des promesses de résultat garanti ;
- informer votre médecin de votre démarche, surtout si vous suivez un traitement ;
- ne pas interrompre d’autres soutiens (substituts, consultation de tabacologie) sans avis médical ;
- vous renseigner sur les tarifs avant de commencer.
Sites cités dans l’article d’origine, présentant des séances d’hypnose à Paris : arrêt du tabac paris, arrêt de fumer par hypnose et hypnose paris arrêt du tabac. Ces liens sont donnés à titre d’information et ne constituent ni une recommandation ni une garantie de résultat.
Quand faut-il demander un avis médical ?
Parlez-en à un médecin ou à un pharmacien avant d’arrêter si vous avez une maladie chronique, si vous êtes enceinte ou si vous prenez un traitement, car l’arrêt du tabac peut nécessiter un suivi adapté. Cette recommandation de prudence est générale ; les pages ouvertes n’en détaillent pas les modalités.
Consultez aussi si vous ressentez une anxiété importante, une tristesse persistante ou des difficultés à dormir pendant la phase d’arrêt. La Mayo Clinic suggère des techniques de relaxation, comme la respiration profonde, le yoga ou la visualisation, pour atténuer le stress de l’arrêt, sans indiquer qu’elles réduisent les envies ou aident à rester abstinent.
En cas de difficulté ou de rechute, un professionnel de santé peut vous aider à ajuster votre accompagnement.
Questions fréquentes
L’hypnose aide-t-elle à arrêter de fumer ?
Une synthèse Cochrane de 2019 ne trouve pas de preuve claire qu’elle aide mieux que d’autres approches. Les données sont de certitude faible à très faible, et si un bénéfice existe, il est au plus petit selon les auteurs.
Une seule séance d’hypnose suffit-elle ?
Les sources consultées ne désignent aucun nombre de séances qui donnerait de meilleurs résultats. Les résultats annoncés par les praticiens ne sont pas des données indépendantes ; ne comptez pas sur une séance unique comme sur une garantie.
L’hypnose est-elle dangereuse pour arrêter de fumer ?
Selon Cochrane, la plupart des études n’ont pas rapporté d’effets indésirables et les données limitées ne montrent pas de signe de préjudice. L’absence de preuve de danger ne dispense pas de parler à un médecin si vous avez une maladie chronique.
Peut-on combiner l’hypnose avec des substituts nicotiniques ?
Cinq études Cochrane rapportent un bénéfice quand l’hypnothérapie s’ajoute à d’autres traitements, mais avec un risque élevé de biais. La Mayo Clinic indique qu’associer médicaments et accompagnement améliore les chances d’arrêt. Demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.
Quelles aides ont de meilleures preuves que l’hypnose ?
La Mayo Clinic cite les substituts nicotiniques, certains médicaments sur ordonnance et l’accompagnement en consultation, avec de meilleures chances en les combinant. Le NHS rappelle que le soutien rend l’arrêt plus facile. Un médecin, un pharmacien ou un tabacologue peut vous orienter.
Comment contacter un professionnel de l’arrêt du tabac en France ?
Le site Tabac Info Service propose le 39 89 pour contacter un professionnel de l’arrêt du tabac, une recherche de tabacologue près de chez soi et une application. Votre médecin traitant peut aussi vous accompagner.
Pour aller plus loin
- Hypnose pour arrêter de fumer : ce que disent les études
- Arrêter de fumer : quelles aides et quel accompagnement ?
- Sevrage tabagique : aides recommandées et ce que disent les sources
- Hypnose humaniste : ce que l’on sait, limites et choix du praticien
Sources
- Cochrane : Hypnotherapy for smoking cessation — résultats comparés de l’hypnothérapie, certitude des données, sécurité
- Mayo Clinic : Nicotine craving, quit smoking — substituts, médicaments, accompagnement, plan associant les deux
- NHS : Quit smoking — soutien, plan personnel, application, Stoptober
- Tabac Info Service — 39 89, tabacologue, application
- HAS : Arrêt de la consommation de tabac, du dépistage individuel au maintien de l’abstinence — rôle actif des professionnels de santé, recommandation de 2014
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
