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Tabagisme passif : quels risques pour la santé ?

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le tabagisme passif désigne l’exposition involontaire à la fumée de tabac d’autres personnes ; l’OMS indique qu’il n’existe aucun niveau d’exposition sans risque.
  • Chez l’adulte, il est associé à des maladies cardiovasculaires (infarctus, AVC), à des maladies respiratoires et à des cancers, notamment du poumon et des sinus de la face.
  • Chez l’enfant, il augmente la fréquence des rhinopharyngites, des otites, de l’asthme, de la pneumonie et de la bronchite, et le risque de mort subite du nourrisson.
  • Santé publique France estime à 1 100 le nombre d’adultes qui meurent chaque année en France du tabagisme passif ; l’OMS évoque plus de 1,6 million de décès par an dans le monde.
  • Le risque lié à l’exposition passive reste inférieur à celui du fumeur actif, mais il augmente avec la durée et l’intensité de l’exposition.

Le tabagisme passif est l’exposition à la fumée de tabac produite par d’autres personnes, que l’on respire sans l’avoir choisi. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il n’existe aucun niveau d’exposition à cette fumée qui soit sans risque.

Cet article reprend ce que disent l’OMS et Santé publique France : les effets observés chez l’adulte, l’enfant et la femme enceinte, l’état du droit en France, et les réflexes qui permettent de réduire l’exposition. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé en cas de symptôme.

Qu’est-ce que le tabagisme passif ?

On parle de tabagisme passif lorsqu’une personne qui ne fume pas inhale la fumée d’autres personnes, au domicile, au travail, dans un véhicule ou dans tout autre lieu où l’on fume. L’exposition peut être très variable : une fumée occasionnelle n’a pas le même poids qu’une exposition quotidienne à la maison.

Le phénomène est loin d’être marginal. En France, selon Santé publique France, 28,2 % des 15-75 ans déclaraient en 2014 que quelqu’un fumait à leur domicile (contre 32,8 % en 2005) et 15,5 % des 15-75 ans en emploi étaient exposés à la fumée sur leur lieu de travail. En 2017, 24,0 % des jeunes de 17 ans disent être exposés à la fumée à la maison et 62,9 % devant leur établissement scolaire. Ces chiffres datent de plusieurs années : ils donnent un ordre de grandeur, non l’exposition actuelle.

À l’échelle mondiale, l’OMS indique que le tabac tue plus de 7 millions de personnes par an, dont plus de 1,6 million de non-fumeurs exposés à la fumée secondaire. En France, le tabac a causé plus de 68 000 décès prématurés en 2023, soit environ 11 % de la mortalité, d’après Santé publique France. Ce dernier chiffre concerne l’ensemble du tabagisme, et non la seule exposition passive.

Le tabagisme passif ne doit pas être confondu avec l’usage de la cigarette électronique, qui est un sujet distinct, non traité dans les pages officielles consultées pour cet article. Site cité dans l’article d’origine (boutique en ligne consacrée à la cigarette électronique) : cigarette électronique avec un accu.

Quels sont les risques pour les adultes ?

D’après l’OMS, l’exposition à la fumée secondaire provoque chez l’adulte des maladies cardiovasculaires et respiratoires graves, notamment la cardiopathie coronarienne et le cancer du poumon.

Santé publique France chiffre ces risques chez les non-fumeurs exposés :

  • un risque de crise cardiaque supérieur de 27 % ;
  • un risque de cancer du poumon supérieur de 25 % lorsque le conjoint fume ;
  • un risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) doublé ;
  • un risque de cancer des sinus de la face plus que doublé.

Le même organisme précise que le risque de cancer augmente avec la durée et l’intensité de l’exposition, tout en restant inférieur à celui du fumeur actif. Il estime que 1 100 adultes meurent chaque année en France du tabagisme passif, d’infarctus, d’AVC, de cancer du poumon ou de maladies respiratoires chroniques ; l’année de cette estimation n’est pas précisée sur la page consultée.

Ces chiffres sont des risques relatifs observés sur des groupes de personnes. Ils ne permettent pas de prédire ce qui arrivera à un individu, mais ils justifient de limiter l’exposition, d’autant plus en cas de facteurs de risque cardiovasculaire ou respiratoire déjà connus.

Quels risques pour les enfants et les nourrissons ?

Santé publique France décrit chez l’enfant exposé à la fumée de tabac des irritations des yeux, du nez et de la gorge, des rhinopharyngites et des otites plus fréquentes, un risque plus élevé d’asthme, de pneumonie et de bronchite, et une diminution faible mais significative du développement pulmonaire.

La même source indique que fumer en présence d’un nourrisson double le risque de mort subite du nourrisson. Elle ne précise pas de chiffre absolu, et l’on ne peut donc pas en déduire la fréquence de ces décès.

Les enfants ne choisissent ni le lieu où ils vivent ni les personnes qui les entourent : c’est aux adultes de supprimer l’exposition dans les lieux où ils vivent et se déplacent.

Qu’en est-il pendant la grossesse ?

Selon Santé publique France, le tabagisme passif a un effet mesurable sur l’enfant à naître, mais moins important que celui du tabagisme actif de la mère. La page consultée ne donne pas de chiffre pour les femmes enceintes exposées passivement.

D’autres complications sont parfois citées ailleurs, mais elles ne figurent pas dans les sources consultées : elles ne sont donc pas reprises ici. Si vous êtes enceinte et exposée à la fumée, parlez-en à votre médecin, à votre sage-femme ou à votre pharmacien, qui pourront vous conseiller de manière adaptée.

Que dit la loi en France ?

Santé publique France retrace les principales étapes de la lutte contre le tabagisme. La loi Veil de 1976 a introduit des interdictions de fumer dans certains lieux collectifs. La loi Évin de 1991 a posé le principe d’une interdiction dans les lieux à usage collectif, avec des espaces réservés aux fumeurs. Un décret de 2006, applicable à partir du 1er février 2007, a étendu l’interdiction aux lieux fermés et couverts accueillant du public ou constituant des lieux de travail, aux établissements de santé, à l’ensemble des transports en commun, ainsi qu’aux établissements scolaires, y compris dans leurs espaces ouverts, et aux structures accueillant des mineurs.

Les bars, hôtels, restaurants, débits de tabac, casinos, cercles de jeu et discothèques disposaient d’un délai jusqu’au 1er janvier 2008 pour s’y conformer. Santé publique France cite aussi, parmi les mesures adoptées en France, l’interdiction de fumer dans les espaces publics de jeux pour enfants, sans en préciser le texte ni la date.

La page consultée ne détaille ni les règles applicables dans une voiture en présence de mineurs, ni celles du vapotage. Vérifiez les règles à jour sur Service-Public.fr avant toute démarche.

Comment réduire l’exposition au tabagisme passif ?

Puisque l’OMS indique qu’aucun niveau d’exposition n’est sans risque, la mesure la plus cohérente consiste à éviter la fumée de tabac dans les lieux de vie. Les pages officielles consultées ne comparent pas l’efficacité des différentes mesures pratiques (aération, pièce séparée) : les conseils ci-dessous relèvent du bon sens et de l’objectif de réduire l’exposition au maximum.

  • demander que l’on ne fume pas dans le logement, en particulier en présence d’enfants, de nourrissons ou de femmes enceintes ;
  • choisir des espaces sans fumée et faire respecter les lieux où l’interdiction s’applique ;
  • inviter les fumeurs de l’entourage à fumer à l’extérieur, à distance des personnes fragiles ;
  • à l’inverse, si vous fumez, savoir que l’arrêt est la mesure qui protège le plus votre entourage et vous-même.

Si un proche souhaite arrêter de fumer, son médecin traitant ou son pharmacien peuvent l’accompagner.

Quand en parler à un professionnel de santé ?

Une exposition régulière à la fumée justifie d’en parler à un médecin si apparaissent une toux fréquente, des irritations répétées de la gorge ou du nez, des crises d’asthme, un essoufflement inhabituel, ou, chez l’enfant, des infections respiratoires ou des otites qui se répètent. Ces symptômes ont de nombreuses causes possibles : seul un professionnel de santé peut les évaluer.

Consultez rapidement en cas de douleur dans la poitrine, de gêne respiratoire importante ou de signes évoquant un AVC (déformation du visage, faiblesse d’un bras, trouble de la parole) : il s’agit d’urgences, pour lesquelles il faut contacter les secours.

Questions fréquentes

Le tabagisme passif est-il aussi dangereux que fumer ?

Non, le risque est inférieur à celui du fumeur actif, mais il n’est pas nul. Santé publique France indique que le risque de cancer lié à l’exposition passive augmente avec la durée et l’intensité de l’exposition, et l’OMS précise qu’aucun niveau d’exposition n’est sans risque.

Combien de personnes meurent du tabagisme passif ?

Selon l’OMS, plus de 1,6 million de non-fumeurs meurent chaque année dans le monde à cause de la fumée secondaire. Santé publique France estime à 1 100 le nombre d’adultes qui en meurent chaque année en France, sans préciser l’année de cette estimation.

Le tabagisme passif peut-il provoquer un AVC ?

Oui, il est associé à une augmentation du risque. Selon Santé publique France, le risque d’accident vasculaire cérébral est doublé chez le non-fumeur exposé, par rapport à un non-fumeur non exposé.

Quels effets le tabagisme passif a-t-il chez l’enfant ?

Santé publique France cite des irritations des yeux, du nez et de la gorge, des rhinopharyngites et des otites plus fréquentes, un risque plus élevé d’asthme, de pneumonie et de bronchite, et un développement pulmonaire légèrement diminué. Fumer en présence d’un nourrisson double aussi le risque de mort subite.

Est-on exposé au tabagisme passif au travail ou à l’école ?

Cela reste possible. Selon des données de 2014, 15,5 % des 15-75 ans en emploi étaient exposés à la fumée sur leur lieu de travail, et en 2017, 62,9 % des jeunes de 17 ans déclaraient l’être devant leur établissement scolaire.

Le tabagisme passif concerne-t-il aussi la cigarette électronique ?

Non, le tabagisme passif désigne l’exposition à la fumée de tabac. Les pages officielles consultées pour cet article ne traitent pas de la vapeur des cigarettes électroniques, qui est un sujet distinct : pour ce point, référez-vous aux pages dédiées de l’Assurance maladie ou de Santé publique France.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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