Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’ostéoporose est une maladie diffuse du squelette : la densité de l’os diminue et sa structure fine s’altère, ce qui le rend plus fragile et augmente le risque de fracture.
- Elle ne cause pas de symptôme au début et se découvre souvent après une fracture de fragilité, le plus souvent au col du fémur, au poignet ou aux vertèbres.
- L’ostéodensitométrie est l’examen de référence : un T-score entre -2,5 et -1 correspond à une ostéopénie, et un T-score inférieur ou égal à -2,5 à une ostéoporose.
- L’âge, la ménopause, certains traitements et maladies, la sédentarité, le tabac et l’alcool augmentent le risque ; l’activité physique et une alimentation équilibrée font partie de la prévention.
- Le traitement, quand il est nécessaire, vise surtout à prévenir les fractures ; il se décide avec un médecin selon le risque de fracture et ne remplace pas une bonne hygiène de vie.
L’ostéoporose est une maladie diffuse du squelette : selon l’Assurance maladie (ameli), elle associe une baisse de la densité de l’os et une altération de sa structure fine, ce qui le rend plus fragile et expose à un risque de fracture. Elle se distingue de l’arthrose, qui touche le cartilage des articulations.
Cet article précise ce qu’est l’ostéoporose, en quoi elle diffère de l’ostéopénie, quels sont les facteurs de risque, comment elle est dépistée et ce que disent ameli, la NHS et la Mayo Clinic de la prévention et des traitements. Il ne contient aucune posologie et ne remplace pas l’avis d’un médecin.
Qu’est-ce que l’ostéoporose, concrètement ?
L’os est un tissu vivant qui se renouvelle en permanence. Selon ameli, des cellules appelées ostéoclastes détruisent l’ancien tissu et des cellules appelées ostéoblastes fabriquent le nouveau. La masse osseuse augmente jusque vers 25 ans, reste stable jusque vers 45 ans, puis diminue naturellement avec l’âge. L’ostéoporose apparaît lorsque cette perte devient excessive. Les hormones sexuelles et la vitamine D jouent un rôle important dans cet équilibre.
La Mayo Clinic décrit le même mécanisme : l’ostéoporose se développe quand la formation de nouvel os ne compense plus la perte. Ce n’est donc pas un simple manque de calcium : plusieurs facteurs interviennent, détaillés plus bas.
En France, ameli rapporte qu’environ 4 millions de personnes étaient atteintes en 2019, soit 5,5 % de la population, et qu’environ 484 000 fractures de fragilité ont été recensées la même année.
Quelle différence entre ostéoporose et ostéopénie ?
La différence se lit sur le résultat de l’ostéodensitométrie, exprimé en T-score. Selon ameli et la NHS :
- un T-score supérieur à -1 correspond à une densité normale ;
- un T-score compris entre -2,5 et -1 correspond à une ostéopénie, une perte osseuse précoce ;
- un T-score inférieur ou égal à -2,5 correspond à une ostéoporose ;
- un T-score inférieur ou égal à -2,5 associé à une ou plusieurs fractures correspond à une ostéoporose sévère (ameli).
Pour l’ostéopénie, ameli indique seulement que, chez une femme sans fracture, un second examen peut être proposé trois à cinq ans plus tard après un résultat normal ou une ostéopénie. Les sources ouvertes ne détaillent pas de prise en charge spécifique de l’ostéopénie. La décision revient au médecin, qui s’appuie sur le risque global de fracture.
Quels sont les facteurs de risque ?
Ameli cite le vieillissement comme première cause. Les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées, surtout après la ménopause, en particulier si elle survient avant 40 ans. Les autres facteurs mentionnés sont :
- l’hérédité : une masse osseuse maximale faible à l’âge adulte et des antécédents familiaux ;
- certains traitements : corticoïdes à forte dose pendant au moins trois mois, traitements hormonaux utilisés dans certains cancers du sein ou de la prostate ou dans l’endométriose, inhibiteurs de la pompe à protons, certains antidépresseurs ;
- des maladies endocriniennes comme l’hyperparathyroïdie et l’hyperthyroïdie ;
- des carences en vitamine D ou en calcium ;
- la maigreur (indice de masse corporelle inférieur à 19), la sédentarité, le tabac et l’alcool.
La NHS et la Mayo Clinic ajoutent les troubles de l’alimentation, certaines maladies digestives comme la maladie cœliaque, l’inflammation chronique de l’intestin et des maladies comme la polyarthrite rhumatoïde. Ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement de vous-même : si l’un de vos médicaments figure dans cette liste, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
Le risque de fracture dépend aussi du risque de chute. Ameli cite notamment une consommation régulière d’alcool, un âge supérieur à 80 ans, la sédentarité, un habitat inadapté, une baisse de la vision, des troubles neurologiques ou orthopédiques, certaines maladies chroniques et la prise de plus de quatre médicaments.
Quels sont les symptômes, et quand consulter ?
Selon la NHS, l’ostéoporose ne provoque généralement pas de douleur tant qu’un os n’est pas cassé. Ameli précise que le diagnostic est souvent posé après une fracture de fragilité, c’est-à-dire survenue après un choc de faible énergie, au plus comparable à une chute de sa propre hauteur en marchant.
Les sites les plus fréquents sont le col du fémur, l’avant-bras ou le poignet et les vertèbres, selon ameli et la NHS. Plus rarement, l’épaule, le bassin, les côtes ou le sternum sont touchés. Les tassements vertébraux sont souvent indolores mais entraînent une perte de taille : ameli indique qu’une perte de 3 à 4 cm justifie de rechercher une ostéoporose. La NHS et la Mayo Clinic citent aussi une posture voûtée et des douleurs de dos liées aux vertèbres tassées.
Les conséquences peuvent être lourdes : ameli rapporte qu’après une fracture du col du fémur, seule la moitié des plus de 60 ans retrouve une mobilité normale de la hanche, et que le risque de nouvelle fracture est d’environ 25 % dans l’année qui suit une fracture vertébrale ostéoporotique.
La Mayo Clinic conseille de consulter en cas de ménopause précoce, de prise de corticoïdes pendant plusieurs mois, ou si un parent ou un frère ou une sœur est atteint, en particulier avec une fracture de la hanche chez un parent. Une fracture après un choc minime, une perte de taille, un dos qui se voûte ou des douleurs de dos liées à un tassement vertébral sont aussi des raisons d’en parler à votre médecin, comme l’indiquent ameli, la NHS et la Mayo Clinic. Toute fracture doit être évaluée par un médecin.
Comment l’ostéoporose est-elle dépistée ?
L’examen de référence est l’ostéodensitométrie. Ameli explique qu’elle mesure la densité minérale osseuse au niveau de la colonne et du col du fémur, avec une très faible dose de rayons X ; elle dure moins de quinze minutes, sans injection ni prélèvement. La NHS la décrit comme courte et indolore.
Un premier examen est indiqué en cas de maladie ou de traitement favorisant l’ostéoporose (hyperthyroïdie, hyperparathyroïdie, corticothérapie de plus de trois mois) ou après une fracture sans choc violent. Chez la femme ménopausée, il l’est aussi en présence de facteurs comme un antécédent de fracture du col du fémur chez un parent du premier degré, un indice de masse corporelle inférieur à 19, une ménopause avant 40 ans ou une corticothérapie prolongée. Ameli indique que l’examen est pris en charge à 70 % du tarif fixé par l’Assurance maladie dans ces indications.
Le médecin peut aussi estimer le risque de fracture à 10 ans avec des outils comme le FRAX, qui combine douze paramètres, et évaluer le risque de chute.
Comment prévenir l’ostéoporose ou limiter ses effets ?
Les mesures de prévention citées par la NHS et la Mayo Clinic sont :
- l’exercice régulier : exercices en charge (marche, course, danse) et exercices de résistance sont particulièrement utiles pour la densité osseuse (NHS), de même que le travail de l’équilibre qui peut réduire le risque de chute (Mayo Clinic) ; en cas d’ostéoporose diagnostiquée, demandez l’avis d’un médecin avant de débuter un programme ;
- une alimentation équilibrée et riche en calcium (légumes verts à feuilles, produits laitiers, tofu, fruits secs) ;
- la vitamine D, qui aide l’organisme à absorber le calcium : on la trouve dans les poissons gras, les œufs, le foie ou les aliments enrichis, et le soleil en favorise la synthèse. La NHS indique que l’alimentation seule peut ne pas suffire et qu’une supplémentation peut être envisagée ; son opportunité se décide avec un médecin ou un pharmacien, car un excès de calcium est lié à des calculs rénaux selon la Mayo Clinic ;
- l’arrêt du tabac et la limitation de l’alcool ;
- la prévention des chutes à domicile (Mayo Clinic).
Ameli rappelle qu’un médicament ne remplace pas un mode de vie sain.
Quels sont les traitements médicaux ?
Selon la NHS, le traitement vise à prévenir les fractures. La décision dépend du risque de fracture, déterminé par l’âge, le sexe, les antécédents de fracture et les résultats de la densitométrie ; une personne qui a déjà eu une fracture doit être prise en charge même si le T-score est moins bas. Ameli indique aussi que le traitement, quand il est nécessaire, vise avant tout à prévenir les fractures.
La NHS décrit plusieurs familles de médicaments, prescrites selon la situation : les bisphosphonates, qui ralentissent la destruction de l’os ; le raloxifène, réservé aux femmes ménopausées ; l’hormone parathyroïdienne, utilisée chez un petit nombre de personnes ayant une densité osseuse très basse ; des médicaments biologiques injectables comme le dénosumab et le romosozumab, notamment en cas d’ostéoporose sévère ; et, chez certaines femmes, un traitement hormonal de la ménopause, qui comporte des risques à discuter avec le médecin. Des effets indésirables sont décrits pour plusieurs de ces familles : le médecin ou le pharmacien peut vous les détailler avant la prescription.
Ne commencez ni n’arrêtez aucun traitement de votre propre initiative. Les sources ouvertes ne mentionnent aucun produit ni aucune approche naturelle capable de remplacer un traitement lorsque celui-ci est indiqué.
Questions fréquentes
L’ostéoporose fait-elle mal ?
Pas tant qu’aucun os n’est cassé, selon la NHS. La douleur apparaît le plus souvent avec une fracture, notamment vertébrale. Ameli précise que les tassements vertébraux sont souvent indolores mais s’accompagnent d’une perte de taille.
L’ostéoporose touche-t-elle aussi les hommes ?
Oui. La NHS indique que les hommes, les femmes plus jeunes et les enfants peuvent aussi être concernés, même si les femmes ménopausées sont les plus touchées. Ameli estime que les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées.
Que signifie un T-score de -1,8 ?
Selon ameli et la NHS, un T-score entre -2,5 et -1 correspond à une ostéopénie, c’est-à-dire une perte osseuse précoce, et non à une ostéoporose. Seul votre médecin peut interpréter ce résultat avec votre risque global de fracture.
Faut-il faire une ostéodensitométrie à partir d’un certain âge ?
Pas systématiquement. Ameli indique que l’examen est pris en charge dans des situations précises : maladie ou traitement favorisant l’ostéoporose, fracture sans choc violent, ou facteurs de risque chez la femme ménopausée. Parlez-en à votre médecin.
Le lait suffit-il à protéger les os ?
Non. Les sources citent plusieurs facteurs : calcium et vitamine D, mais aussi activité physique, tabac, alcool et traitements. La NHS cite les produits laitiers parmi d’autres sources de calcium, et ameli rappelle qu’un médicament ne remplace pas un mode de vie sain.
Peut-on continuer à faire du sport avec une ostéoporose ?
L’exercice régulier fait partie de la prévention selon la NHS et la Mayo Clinic. En cas d’ostéoporose diagnostiquée, la NHS demande de consulter un médecin ou un professionnel de santé avant de débuter un nouveau programme.
Pour aller plus loin
- Prévenir l’ostéoporose : minéraux, alimentation et mode de vie
- Fracture de la hanche : causes, traitement et rééducation
- Fracture vertébrale : symptômes, diagnostic et traitements
- Vitamine D : rôle, sources, carence et précautions
Sources
- Assurance maladie (ameli) : Comprendre l’ostéoporose — définition, mécanisme, facteurs de risque, fractures de fragilité, chiffres en France
- Assurance maladie (ameli) : Ostéoporose, diagnostic et évolution — ostéodensitométrie, T-score, indications, FRAX, remboursement, évolution
- NHS : Osteoporosis — définition, symptômes, personnes à risque, diagnostic, T-score, prévention
- NHS : Osteoporosis, prevention — exercice, alimentation, vitamine D, tabac, alcool
- NHS : Osteoporosis, treatment — familles de médicaments, décision selon le risque de fracture, hormonothérapie
- Mayo Clinic : Osteoporosis, symptoms and causes — mécanisme, symptômes, facteurs de risque, complications, prévention, quand consulter
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

