Image default

Acheter des médicaments sur Internet : ce que dit la règle en France

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • En France, la vente de médicaments sur internet est encadrée depuis 2013 : seules les pharmacies autorisées peuvent la pratiquer, à partir du site internet de leur officine.
  • Seuls les médicaments en vente libre sont disponibles en ligne ; la vente en ligne des médicaments soumis à prescription obligatoire est interdite.
  • La liste officielle des sites autorisés est tenue par l’Ordre national des pharmaciens ; un site qui n’y figure pas ne doit pas être utilisé.
  • Les sites non autorisés exposent à des produits falsifiés, qui peuvent être toxiques ou inefficaces et dont la qualité n’est pas garantie.
  • En cas de doute sur un médicament ou sur un site, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant de le prendre.

On peut acheter des médicaments sur internet en France, mais dans un cadre strict : uniquement auprès d’une pharmacie autorisée, et uniquement pour les médicaments qui ne nécessitent pas d’ordonnance. Tout site qui propose autre chose ne respecte pas ce cadre et présente un risque pour la santé.
Cet article s’appuie sur les pages de l’ANSM, de Santé.fr et de l’OMS pour expliquer ce qui est autorisé, comment vérifier un site, quels risques court l’acheteur et quels réflexes adopter. Il remplace des informations inexactes de l’ancienne version, notamment sur les médicaments sur ordonnance.

Est-il légal d’acheter des médicaments sur internet en France ?

Oui, à condition de passer par une pharmacie autorisée. L’ANSM indique que la vente en ligne de médicaments est encadrée en France depuis 2013 et que seules les pharmacies autorisées peuvent la pratiquer. Les achats doivent se faire sur les sites de ces pharmacies, dont la liste est publiée par l’Ordre des pharmaciens.
Santé.fr précise les conditions :

  • seules les pharmacies établies en France peuvent vendre des médicaments en ligne, après une déclaration préalable auprès du directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) ;
  • la vente doit être assurée par un pharmacien titulaire, gérant ou adjoint délégué, inscrit à l’Ordre national des pharmaciens ;
  • l’activité passe uniquement par le site internet de l’officine, et le site ferme si la pharmacie cesse son activité.

Autrement dit, une pharmacie en ligne légale n’est pas une boutique indépendante : c’est le site d’une officine réelle, rattachée à un pharmacien identifiable.

Quels médicaments peut-on commander en ligne ?

Seuls les médicaments en vente libre sont disponibles dans les pharmacies en ligne, selon l’ANSM. Santé.fr est explicite : les médicaments à usage humain qui ne nécessitent pas d’ordonnance sont autorisés, et la vente en ligne des médicaments soumis à prescription médicale obligatoire est interdite.
Cette règle corrige une idée répandue : en France, on ne peut pas envoyer ou scanner une ordonnance à un site pour obtenir un médicament sur prescription. Un site qui propose de le faire n’applique pas le cadre français et ne doit pas être considéré comme fiable. Pour un médicament sur ordonnance, la délivrance se fait à l’officine, sur présentation de la prescription.
Un médicament en vente libre n’est pas pour autant anodin. En cas de grossesse, d’allaitement, de maladie chronique ou de traitement en cours, demandez l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin avant l’achat, que celui-ci ait lieu en officine ou en ligne.

Comment reconnaître un site de pharmacie autorisé ?

Santé.fr donne plusieurs repères vérifiables :

  • Le site figure sur la liste officielle, tenue à jour par l’Ordre national des pharmaciens, sur son site, dans la rubrique de recherche d’un site de vente en ligne autorisé à vendre des médicaments.
  • Il affiche des informations d’identification : raison sociale, nom du pharmacien responsable, adresse, contacts, numéro RPPS, numéro de licence, coordonnées de l’ARS et de l’ANSM, ainsi que les données d’immatriculation de l’entreprise.
  • Il comporte un lien vers les sites de l’Ordre et du ministère de la Santé.
  • Il affiche sur chaque page un logo commun, avec le drapeau français et la mention « Cliquer pour vérifier la légalité de ce site ». Un clic sur ce logo permet de vérifier que le site figure bien sur la liste officielle.

Le plus sûr est de ne pas se fier au seul logo affiché sur une page, mais de retrouver soi-même le site dans la liste de l’Ordre. Si les mentions légales sont absentes, incomplètes ou incohérentes, ou si aucun pharmacien n’est identifié, considérez cela comme un signal d’alerte. Santé.fr rappelle qu’il revient à l’acheteur de vérifier que le site est fiable et autorisé en France.

Quels sont les risques des sites non autorisés ?

L’ANSM indique qu’acheter sur un site non autorisé expose à des risques. Elle cite une hausse des ventes de médicaments falsifiés dans le monde, constatée par la Commission européenne et par l’OMS. Ces produits peuvent contenir des substances toxiques ou être inefficaces, et leur qualité comme leur sécurité ne sont pas garanties. Les contrefaçons peuvent aussi ressembler aux produits authentiques, par leur emballage ou la couleur des gélules : l’aspect ne suffit donc pas à rassurer.
L’OMS définit les produits médicaux falsifiés comme des produits qui présentent de façon délibérément trompeuse leur identité, leur composition ou leur origine. Elle note qu’ils sont souvent vendus en ligne ou sur des marchés informels, et que les ventes en ligne par des sites non autorisés rendent leur diffusion plus facile.
Pour ces raisons, l’ANSM déconseille fortement l’achat sur des sites non autorisés. Les sources consultées ne donnent pas de pourcentage fiable propre à la France : méfiez-vous des chiffres spectaculaires qui circulent sans source.

Quels réflexes adopter avant de commander ?

En résumé, quelques vérifications suffisent à écarter l’essentiel des risques :

  1. Identifier le site : il doit être celui d’une pharmacie, avec le nom de l’officine et du pharmacien responsable.
  2. Rechercher le site dans la liste de l’Ordre national des pharmaciens.
  3. Vérifier que le produit commandé est bien un médicament en vente libre.
  4. Se méfier de tout site qui propose un médicament normalement délivré sur ordonnance sans consultation ni prescription.
  5. En cas de doute, demander conseil à un pharmacien ou à un médecin.

Si vous avez déjà pris un produit acheté sur un site douteux et que vous ressentez un malaise ou un effet inhabituel, contactez rapidement un professionnel de santé ou les urgences si les symptômes sont importants. Conservez l’emballage et la notice : ils aideront les professionnels à identifier le produit.

Questions fréquentes

Peut-on acheter des antibiotiques sur internet en France ?

Non, pas légalement. Santé.fr indique que la vente en ligne des médicaments soumis à prescription médicale obligatoire est interdite et que seuls les médicaments qui ne nécessitent pas d’ordonnance peuvent être vendus en ligne. Un site qui en propose ne respecte pas le cadre français.

Un site qui demande de scanner mon ordonnance est-il fiable ?

Ce n’est pas un signe de fiabilité. En France, la vente en ligne de médicaments sur prescription obligatoire est interdite. Un site qui propose de délivrer ces produits sur simple envoi d’une ordonnance numérisée ne suit pas la règle décrite par Santé.fr et l’ANSM.

Où trouver la liste officielle des pharmacies en ligne autorisées ?

Elle est tenue à jour par l’Ordre national des pharmaciens, sur son site, dans la rubrique « Rechercher un site de vente en ligne autorisé à vendre des médicaments ». L’ANSM renvoie elle aussi vers cette liste.

Une pharmacie en ligne peut-elle exister sans officine ?

Non. Selon Santé.fr, l’activité de vente en ligne passe uniquement par le site internet d’une officine établie en France, tenue par un pharmacien inscrit à l’Ordre. Si la pharmacie cesse son activité, son site doit fermer.

Les faux médicaments ressemblent-ils aux vrais ?

Oui, ils peuvent. L’ANSM indique que les contrefaçons peuvent ressembler aux produits authentiques, par exemple par l’emballage ou la couleur des gélules. L’apparence du produit ne prouve donc pas son authenticité, contrairement à l’origine du site vendeur.

Que faire en cas de doute sur un médicament reçu ?

L’ANSM recommande d’en parler à son médecin ou à son pharmacien en cas de doute sur un médicament ou sur un site. Ne prenez pas un produit dont l’origine vous paraît incertaine tant que ce professionnel ne vous a pas donné son avis.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



A lire aussi

Cigarette électronique : actualité et repères santé fiables

Journal

Choisir une mutuelle santé d’entreprise : obligations et critères

Journal

Fracture de la malléole interne : symptômes, traitement, récupération

Irene