Mis à jour le 9 octobre 2026
- La malléole interne est l’extrémité inférieure du tibia, à l’intérieur de la cheville ; elle est souvent fracturée en même temps que d’autres structures de la cheville.
- Les signes habituels sont une cheville douloureuse et gonflée, une difficulté à prendre appui, parfois une déformation ; pouvoir marcher n’exclut pas une fracture.
- Le diagnostic repose sur l’examen et sur des radiographies, qui permettent aussi de juger si la cheville est stable ou instable.
- Une fracture stable est traitée par botte ou plâtre pendant environ six semaines ; une fracture instable relève souvent d’une chirurgie de fixation.
- Le NHS indique qu’une cheville cassée met habituellement 6 à 8 semaines à se consolider, parfois plus ; la reprise d’appui et du sport se décide avec l’équipe médicale.
La fracture de la malléole interne, ou malléole médiale, est une cassure de l’extrémité inférieure du tibia, du côté intérieur de la cheville. Elle fait partie des fractures de la cheville, qui peuvent toucher la malléole externe (extrémité du péroné), la malléole interne ou la partie postérieure du tibia, souvent plusieurs à la fois, selon le Manuel MSD.
Cet article résume ce que disent le Manuel MSD, la Mayo Clinic et le NHS sur les signes, le diagnostic, les traitements et la récupération. La durée et le choix du traitement dépendent de chaque fracture ; seul le médecin qui a examiné vos radiographies peut les préciser.
Qu’est-ce qu’une fracture de la malléole interne ?
Le Manuel MSD décrit les fractures de la cheville comme des atteintes d’une ou de plusieurs malléoles, parfois associées à une déchirure des ligaments qui stabilisent l’articulation. La malléole interne correspond à l’extrémité du tibia. Une fracture par arrachement peut ressembler à une entorse sévère, ce qui justifie un examen médical plutôt qu’une simple surveillance à domicile.
La Mayo Clinic précise que les fractures de la cheville vont de la simple fissure à plusieurs cassures, certaines traversant la peau (fracture ouverte), et que le traitement dépend de leur localisation et de leur gravité.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
D’après la Mayo Clinic, la plupart des fractures de la cheville résultent d’une torsion, d’un roulement de la cheville ou d’un choc direct. Les causes courantes sont les accidents de la route, les chutes ou réceptions de saut, et les faux pas qui tordent la cheville.
La même source cite comme facteurs de risque les sports à impact élevé, une mauvaise technique ou des chaussures usées ou mal adaptées, une augmentation brutale de l’activité, un domicile encombré ou mal éclairé, l’ostéoporose et le tabagisme.
Quels sont les signes qui doivent faire consulter ?
Le Manuel MSD indique qu’une cheville fracturée est douloureuse et enflée, et que la personne peut difficilement prendre appui. Plus largement, les fractures donnent une douleur accentuée à l’appui, un gonflement, une ecchymose, une déformation ou un engourdissement. Le gonflement peut mettre plusieurs heures à apparaître.
La Mayo Clinic ajoute que certaines fractures permettent de marcher : pouvoir prendre appui n’élimine donc pas une fracture. Elle conseille de consulter si la cheville a perdu sa forme normale ou si la douleur et le gonflement ne s’améliorent pas ou s’aggravent.
Le NHS distingue deux niveaux d’urgence :
- appelez le 111 (au Royaume-Uni) si la cheville est très douloureuse, très gonflée, très raide ou douloureuse à l’appui ;
- rendez-vous aux urgences si la cheville forme un angle anormal, si un os est visible, en cas de plaie profonde, de douleur très vive, ou si les orteils sont bleus, blancs ou engourdis.
En France, ces situations justifient de consulter rapidement un médecin ou un service d’urgences, et d’appeler le 15 en cas de doute sur la gravité. En attendant, le NHS conseille de surélever la cheville, d’appliquer de la glace enveloppée dans un linge, d’éviter de prendre appui et de ne pas manger ni boire au cas où une opération serait nécessaire.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le Manuel MSD décrit un examen et une palpation douce de la cheville, puis plusieurs radiographies pour confirmer ou exclure la fracture. Ces images permettent aussi de juger si la cheville est stable ou instable, ce qui guide le traitement. Un scanner ou une IRM peut être demandé si la fracture est fortement suspectée sans être visible, ou si le chirurgien a besoin de détails supplémentaires ; certaines fractures n’apparaissent qu’après quelques jours ou semaines.
Le NHS indique de même qu’une radiographie confirme la fracture et en évalue la gravité.
Faut-il être opéré ? Quels traitements ?
Selon le Manuel MSD, les fractures stables, y compris par arrachement, se traitent par botte de marche ou plâtre pendant environ six semaines et évoluent généralement bien. Les fractures instables nécessitent souvent une chirurgie de réduction ouverte avec fixation interne : les os sont remis en place et maintenus par des vis, des plaques, des clous ou des fils. Dans ce cas, la force initiale de la cheville peut ne pas revenir totalement. Si les fragments osseux sont mal maintenus, un risque d’arthrite et de nouvelle fracture existe.
Le NHS précise qu’une fracture très mineure peut ne pas nécessiter de traitement, tandis que des fractures plus sérieuses peuvent demander une botte, un plâtre, une manipulation des os sous anesthésie locale ou une opération. Des consultations de suivi vérifient la consolidation.
Pendant l’immobilisation, le NHS invite à appeler le 111 en cas de douleur croissante, de fièvre, d’engourdissement ou de brûlure, d’orteils bleus ou blancs, de plâtre trop serré ou qui frotte, ou de mauvaise odeur sous le plâtre.
Combien de temps dure la récupération et comment se passe la rééducation ?
Le NHS indique qu’une cheville cassée met habituellement 6 à 8 semaines à se consolider, mais que cela peut être plus long. L’équipe médicale précise combien de temps garder la botte ou le plâtre et quelle part du poids du corps peut être appliquée ; des béquilles ou un déambulateur peuvent être fournis. Pour le Manuel MSD, la consolidation se fait en trois phases qui se chevauchent (inflammation, réparation avec formation d’un cal, remodelage) et peut aller de quelques semaines à plusieurs mois selon la fracture, l’âge et les maladies associées. Le diabète ralentit la guérison, et la Mayo Clinic note que le tabagisme peut aussi la ralentir.
Une immobilisation prolongée raidit les articulations et affaiblit les muscles : le Manuel MSD insiste sur les exercices de mobilité et de renforcement, souvent d’abord passifs puis actifs après le retrait du plâtre. Le NHS indique qu’une rééducation chez un kinésithérapeute peut être proposée pour retrouver doucement la mobilité du pied et de la cheville, et qu’il faut demander l’avis du médecin avant de reprendre un sport de contact ou une activité à forte contrainte.
Les complications sont peu fréquentes, selon la Mayo Clinic : arthrose plusieurs années après si la fracture atteint l’articulation, infection osseuse en cas de fracture ouverte, syndrome des loges, atteinte des nerfs ou des vaisseaux. Une douleur de cheville persistante longtemps après une fracture justifie un contrôle.
Questions fréquentes
Peut-on marcher avec une fracture de la malléole interne ?
C’est parfois possible : la Mayo Clinic précise que certaines fractures de la cheville permettent de marcher, et que pouvoir prendre appui n’exclut pas une fracture. Si votre cheville est douloureuse, gonflée ou déformée après un traumatisme, une radiographie est nécessaire.
Comment distinguer une fracture d’une entorse sévère ?
Les signes peuvent se ressembler : le Manuel MSD indique qu’une fracture par arrachement peut ressembler à une entorse sévère. Seule la radiographie permet de trancher, d’où l’intérêt de consulter après un traumatisme.
Combien de temps dure la guérison ?
Le NHS indique qu’une cheville cassée met habituellement 6 à 8 semaines à se consolider, parfois plus. Le Manuel MSD cite environ six semaines d’immobilisation pour une fracture stable. La durée réelle dépend du type de fracture, de l’âge et des maladies associées.
Quand peut-on reprendre le sport ?
Il n’existe pas de date valable pour tous. Le NHS recommande de demander l’avis du médecin avant de reprendre un sport de contact ou une activité à forte contrainte, et la rééducation est destinée à retrouver mobilité et force.
Quels risques à long terme après une fracture de la cheville ?
Le Manuel MSD évoque un risque d’arthrite et de nouvelle fracture si les fragments sont mal maintenus, et la Mayo Clinic cite l’arthrose possible plusieurs années plus tard si l’articulation est touchée. Une douleur persistante longtemps après la fracture justifie un contrôle médical.
Faut-il toujours opérer une fracture de la malléole ?
Non. Selon le Manuel MSD, les fractures stables se traitent par botte ou plâtre, tandis que les fractures instables relèvent souvent d’une chirurgie de fixation. Le NHS précise qu’une fracture très mineure peut ne pas nécessiter de traitement.
Pour aller plus loin
- Fracture de l’ulna : types, traitement et récupération
- Fracture du cinquième métatarsien : types, traitement et suivi
- Fracture du genou : symptômes, diagnostic et prise en charge
- Fracture de la clavicule : symptômes, traitement et consolidation
Sources
- Manuel MSD (version grand public) : Fractures de la cheville — localisation des fractures, symptômes, radiographies, stabilité, traitement, risque d’arthrite
- Manuel MSD (version grand public) : Présentation des fractures — signes, diagnostic, immobilisation, chirurgie, consolidation, rééducation, complications
- Mayo Clinic : Broken ankle : symptômes et causes — symptômes, causes, facteurs de risque, quand consulter, complications, tabagisme
- NHS (Royaume-Uni) : Broken ankle — signes d’alerte, premiers gestes, traitement, 6 à 8 semaines de guérison habituelle, kinésithérapie
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

