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Acheter et conserver ses plantes : cadre légal et bons réflexes

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Selon le rapport d’information du Sénat de 2018, la vente de plantes médicinales à visée thérapeutique relève du monopole des pharmaciens, avec une dérogation pour 148 plantes (décret de 2008). Le métier d’herboriste a été supprimé en 1941.
  • Une même plante peut être vendue comme plante en vrac, comme complément alimentaire (541 plantes autorisées, arrêté de 2014, selon le même rapport) ou comme médicament à base de plantes, ces derniers relevant d’un cadre européen distinct.
  • Les sources consultées invitent à la méfiance envers les étiquettes : le NCCIH rappelle que « ce qui figure sur l’étiquette n’est pas toujours ce qui se trouve dans le produit » et que des produits ont contenu des ingrédients non déclarés.
  • Avant d’utiliser une plante en même temps qu’un médicament, ou en cas de grossesse, d’allaitement ou chez l’enfant, demandez l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin (NHS).
  • Un effet indésirable lié à un complément alimentaire peut être signalé à l’ANSES (nutrivigilance), de préférence avec l’aide d’un professionnel de santé.

Acheter et conserver ses plantes suppose de savoir quel produit l’on a entre les mains : une plante en vrac, un complément alimentaire ou un médicament à base de plantes n’obéissent pas aux mêmes règles. En France, la vente des plantes médicinales est encadrée, et seule une partie d’entre elles peut être vendue en dehors des pharmacies. Cet article en présente les grandes lignes, telles que les décrit le rapport du Sénat de 2018, ainsi que les repères de prudence d’autres organismes.

Il complète notre dossier sur la phytothérapie et les usages traditionnels des plantes. Il reste informatif : aucune marque n’est citée ni recommandée, et nous n’avons pas pu ouvrir les textes législatifs eux-mêmes (Légifrance), seulement le résumé du rapport du Sénat ; le cadre a pu évoluer depuis 2018.

Que dit le droit français sur la vente des plantes médicinales ?

Le rapport d’information n° 727 du Sénat (déposé le 25 septembre 2018) intitulé « Les plantes médicinales et l’herboristerie : à la croisée de savoirs ancestraux et d’enjeux d’avenir » indique que la vente de plantes médicinales à visée thérapeutique « relève des seuls pharmaciens dans le cadre du monopole pharmaceutique ». Une dérogation existe pour 148 plantes, issue d’un décret de 2008 et liée à leur usage alimentaire, que le rapport propose de réexaminer. Il évoque par ailleurs 546 plantes médicinales inscrites aux listes A et B de la Pharmacopée.

Le même rapport rappelle que le métier d’herboriste a été supprimé en 1941, après avoir bénéficié d’un statut en France de 1803 à 1941. La page de présentation du rapport indique que le sujet du cadre réglementaire de l’herboristerie reste ouvert et que le métier « aspire à renaître ». Concrètement, vous trouverez des plantes en pharmacie, mais aussi hors officine, dans des boutiques spécialisées ou des magasins, au titre de la dérogation, de l’usage alimentaire ou des compléments alimentaires. Pour savoir si une plante donnée peut légalement être vendue ailleurs qu’en officine, interrogez un pharmacien.

Plante en vrac, complément alimentaire ou médicament : quelles différences ?

Une même plante peut relever de trois statuts. En vrac ou en sachet pour infusion, elle est souvent vendue comme plante ou aliment. En gélules, comprimés ou extraits, elle peut être un complément alimentaire : le rapport du Sénat indique que 541 plantes sont autorisées dans ces produits (arrêté de 2014) et qu’ils sont en vente libre depuis la libéralisation du secteur au milieu des années 2000. Enfin, il existe des médicaments à base de plantes. Pour l’enregistrement « traditionnel » de ces médicaments, l’Agence européenne des médicaments (EMA) exige que le produit ait été utilisé depuis au moins 30 ans, dont 15 ans dans l’Union européenne, et qu’il soit destiné à un usage sans surveillance médicale.

Ces statuts ne garantissent pas la même chose, et nous n’avons pas ouvert de source qui compare leur niveau de contrôle. Retenez qu’une préparation concentrée n’a pas le même profil de risque qu’une infusion légère ; comprendre la distinction est utile pour comprendre la phytothérapie sans confondre usage traditionnel, complément et médicament.

Comment juger la qualité d’un produit, en magasin comme en ligne ?

Comment juger la qualité d’un produit à base de plantes ?

Le NCCIH met en garde contre une confiance aveugle envers l’étiquette : « ce qui figure sur l’étiquette n’est pas toujours ce qui se trouve dans le produit ». Il indique que certains produits ont contenu des médicaments sur ordonnance ou des ingrédients non déclarés, que des produits achetés en magasin ou en ligne peuvent différer de ceux testés dans les études, et qu’un terme comme « standardisé », « vérifié » ou « certifié » ne garantit ni la qualité ni la constance. Cette page américaine date de 2019 ; elle décrit le contexte des États-Unis, mais la vigilance qu’elle recommande vaut pour tout achat.

Au-delà, quelques réflexes relèvent du bon sens plutôt que d’une source officielle citée ici : repérer le nom latin de la plante (un nom commun peut désigner plusieurs plantes), la partie utilisée, l’origine, un numéro de lot, une date limite et un responsable identifiable de la mise sur le marché. Une plante moisie, humide, odorante de manière inhabituelle ou dont vous ne connaissez plus l’identité doit être écartée.

Que faut-il vérifier en achetant des plantes en ligne ?

Le NCCIH rappelle que les produits achetés en ligne comme en magasin peuvent différer de ceux testés dans les études, et que des produits ont contenu des ingrédients non déclarés. Par prudence, privilégiez un vendeur identifiable (mentions légales, adresse), méfiez-vous des sites qui promettent des effets spectaculaires et vérifiez que l’étiquetage est complet et en français. Pour un médicament, passez par une pharmacie : nous n’avons pas ouvert de source officielle sur la liste des pharmacies en ligne autorisées.

Comment conserver ses plantes ?

Nous n’avons pas ouvert de source officielle sur la conservation des plantes séchées, et les durées varient selon la plante et le produit. Respectez d’abord la date et les conditions indiquées par le fabricant sur l’emballage. À défaut, ces gestes de bon sens limitent l’altération : un contenant bien fermé, à l’abri de la lumière, de la chaleur et de l’humidité, étiqueté avec le nom de la plante et la date d’achat. Ne mélangez pas d’anciens et de nouveaux lots, et écartez toute plante qui a pris l’humidité ou changé d’aspect. Pour les gélules et extraits, suivez la date de durabilité indiquée.

Quelles précautions avant d’utiliser une plante achetée ?

Bien acheter ne suffit pas. Le NHS indique que les plantes médicinales ne conviennent pas à tout le monde : elles ne sont pas recommandées pendant la grossesse et l’allaitement, ni chez l’enfant, faute de connaissances sur leur sécurité, et elles peuvent mal se combiner avec des médicaments courants (statines, antidépresseurs, médicaments du diabète ou de la tension, warfarine, pilule combinée). Il recommande de vérifier d’abord avec un pharmacien si l’on prend déjà un médicament et de signaler ses plantes aux professionnels de santé. Nous détaillons ce point dans les interactions entre plantes et médicaments.

Un effet indésirable lié à un complément alimentaire peut être signalé à l’ANSES dans le cadre de la nutrivigilance, dispositif en place depuis 2009. L’ANSES indique que les particuliers peuvent déclarer en ligne, mais recommande de passer par un professionnel de santé. Si vous vous intéressez aux bourgeons, forme plus récente de phytothérapie, voyez la gemmothérapie et ses précautions.

Quand consulter un professionnel de santé ?

Une plante relève du bien-être et du confort ; elle ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement. Si un symptôme persiste, s’aggrave ou vous inquiète, consultez un médecin plutôt que de multiplier les achats. Consultez aussi en cas de réaction après la prise d’un produit (éruption, gêne respiratoire, trouble digestif important). N’arrêtez et ne modifiez jamais un traitement prescrit au profit d’une plante.

Questions fréquentes

Où acheter des plantes médicinales en France ?

Le rapport d’information du Sénat de 2018 indique que la vente de plantes médicinales à visée thérapeutique relève du monopole des pharmaciens, avec une dérogation pour 148 plantes. La pharmacie est donc le circuit de référence ; pour une plante précise, demandez à un pharmacien si elle peut être vendue ailleurs.

Que sont les 148 plantes en vente libre ?

Selon le rapport du Sénat, il s’agit de 148 plantes qui bénéficient d’une dérogation au monopole pharmaceutique, issue d’un décret de 2008 et liée à leur usage alimentaire. Le rapport recommande de réexaminer cette liste ; nous n’avons pas ouvert le texte du décret, dont le contenu a pu évoluer depuis 2018.

Le métier d’herboriste existe-t-il encore en France ?

D’après le rapport du Sénat, le métier d’herboriste a été supprimé en 1941 après avoir eu un statut de 1803 à 1941, et le sujet d’un cadre réglementaire reste ouvert. Des commerces vendent des plantes, mais le monopole des pharmaciens s’applique aux plantes médicinales à visée thérapeutique.

Quelle différence entre plante, complément alimentaire et médicament ?

Une plante en vrac est vendue comme aliment ou tisane, un complément alimentaire contient des plantes autorisées (541 selon le rapport du Sénat) et un médicament à base de plantes suit un cadre européen d’autorisation ou d’enregistrement. Un extrait concentré n’a pas le même profil de risque qu’une infusion.

Peut-on se fier à l’étiquette d’un complément ?

Le NCCIH avertit que ce qui figure sur l’étiquette n’est pas toujours ce qui se trouve dans le produit, que certains produits ont contenu des ingrédients non déclarés et que des mentions comme « standardisé » ne garantissent pas la qualité. Lisez la composition et demandez conseil à un pharmacien.

Que faire en cas d’effet indésirable après un complément à base de plantes ?

Arrêtez le produit et demandez conseil à un professionnel de santé. L’ANSES gère un dispositif de nutrivigilance auquel les effets indésirables liés aux compléments peuvent être signalés ; les particuliers peuvent déclarer en ligne, mais l’ANSES recommande de passer par un professionnel de santé.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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