Mis à jour le 9 octobre 2026
- Un employeur du secteur privé (entreprise ou association) doit proposer une complémentaire santé collective à ses salariés, quelle que soit leur ancienneté, sauf exceptions.
- L’employeur finance au moins 50 % de la cotisation ; le reste est à la charge du salarié.
- Le contrat doit couvrir un panier de soins minimal : ticket modérateur, forfait journalier hospitalier, prothèses dentaires et orthodontie, optique.
- Certains salariés peuvent demander à être dispensés d’adhérer (contrats courts, temps partiel limité, autre couverture) ; la dispense dépend du cas et, parfois, d’une demande écrite.
- Les règles et les montants cités viennent de fiches Service-Public.fr dont les dates de vérification sont indiquées dans la section Sources.
Une entreprise du secteur privé doit proposer à ses salariés une complémentaire santé collective, communément appelée mutuelle santé d’entreprise. Cette obligation s’applique aux entreprises comme aux associations, avec des exceptions précises, et le contrat doit respecter un socle minimal de garanties.
Cet article s’adresse aux employeurs qui mettent en place ou révisent un contrat. Il reprend les règles publiées par Service-Public.fr et l’Assurance maladie : étendue de l’obligation, garanties minimales, financement, cas de dispense et points de comparaison. Pour votre situation précise (convention collective, accord de branche, effectif), appuyez-vous sur un professionnel : expert-comptable, juriste ou courtier.
La mutuelle d’entreprise est-elle obligatoire ?
Oui, dans le secteur privé. Selon Service-Public.fr, l’employeur doit proposer une couverture complémentaire santé collective à l’ensemble de ses salariés, quelle que soit leur ancienneté dans l’entreprise. L’obligation concerne les entreprises et les associations ; elle ne concerne pas un particulier qui emploie un salarié à domicile.
Si aucun contrat n’a été mis en place, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. L’obligation porte sur l’offre de la couverture : certains salariés peuvent demander à en être dispensés, dans les cas décrits plus bas.
Les fiches consultées ne précisent pas les modalités de rattachement des conjoints et des enfants au contrat. Vérifiez ce point dans le contrat ou auprès de l’assureur, car il influence le coût pour les salariés.
Pour comparer des offres d’assureurs, le site cité dans l’article d’origine présente l’offre d’un organisme assureur, qui n’a pas été évaluée ici : cette offre de mutuelle santé d’entreprise avec des options intéressantes.
Que doit couvrir au minimum le contrat ?
Le contrat doit au minimum comprendre le panier de soins suivant, selon Service-Public.fr :
- la prise en charge intégrale du ticket modérateur sur les soins remboursables par l’Assurance maladie (avec quelques exceptions) ;
- la prise en charge intégrale du forfait journalier hospitalier, sans limitation de durée ;
- les prothèses dentaires et l’orthodontie, jusqu’à 125 % du tarif conventionnel ;
- l’optique, sous forme d’un forfait par période de deux ans (chaque année pour les enfants ou en cas d’évolution de la vue), avec un minimum de 100 € pour une correction simple et de 150 € (ou 200 € selon la fiche) pour une correction complexe.
Le ticket modérateur, rappelle l’Assurance maladie, est la part des dépenses de santé qui reste à votre charge après le remboursement de sa part. Votre complémentaire peut en prendre en charge tout ou partie selon le contrat. Il est souvent noté « TM » dans les tableaux de garanties. D’autres restes à charge existent : la participation forfaitaire de 2 € par consultation, les franchises médicales, le forfait hospitalier et les dépassements d’honoraires.
Un contrat est dit « responsable » lorsqu’il respecte des conditions supplémentaires : prise en charge à 100 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale pour les soins courants et dentaires, forfait journalier sans limitation de durée, et exclusion de certaines dépenses (participation forfaitaire, franchises médicales, majoration due au non-respect du parcours de soins, certains dépassements d’honoraires de spécialistes). Il doit aussi être solidaire : aucun questionnaire de santé et aucune tarification en fonction de l’état de santé. Depuis le 1er janvier 2022, les assureurs doivent accepter le tiers payant sur les soins d’optique, de dentaire et d’audiologie relevant du 100 % Santé, selon la fiche Service-Public.fr.
Quelle part de la cotisation l’employeur doit-il financer ?
L’employeur peut financer tout ou partie de la cotisation, mais il doit en payer au moins 50 %. Le salarié règle le reste. La fiche précise que la part du salarié n’est pas fixée à l’avance : elle dépend du contrat retenu.
En pratique, cela signifie que le choix d’un niveau de garanties élevé pèse sur les deux parties. Un contrat qui ne dépasse pas le socle minimal coûte moins cher, mais laisse davantage de dépenses à la charge des salariés, notamment pour l’optique et le dentaire, où le panier minimal est borné. Demandez à l’assureur un devis détaillant la cotisation totale et sa répartition entre employeur et salarié.
Les fiches consultées ne donnent pas de précisions fiscales ou sociales sur les contributions de l’employeur : elles renvoient simplement aux articles du Code général des impôts. Pour les avantages éventuels, interrogez votre expert-comptable.
Quels salariés peuvent être dispensés d’adhérer ?
Certains salariés peuvent demander à ne pas adhérer. Selon Service-Public.fr, il s’agit notamment :
- des salariés en contrat à durée déterminée ou en contrat de mission d’au plus 3 mois ;
- des salariés à temps partiel dont la durée de travail ne dépasse pas 15 heures par semaine ;
- des salariés qui bénéficient de la complémentaire santé solidaire ;
- des salariés déjà couverts par un contrat individuel (jusqu’à son échéance) ou par un autre régime collectif obligatoire, y compris en tant qu’ayants droit.
D’autres cas, comme les CDD plus longs ou les apprentis, doivent être prévus par l’acte qui met en place le dispositif. La forme de la demande diffère selon les situations : une demande écrite est obligatoire dans certains cas (par exemple pour un salarié présent lors de la mise en place du dispositif par décision unilatérale de l’employeur), et un justificatif est exigé pour les CDD d’au moins 12 mois. La fiche indique que les informations chiffrées ont pu évoluer depuis sa dernière vérification : vérifiez-les avant de rédiger l’acte.
Pour les contrats courts et les temps partiels, un accord de branche ou d’entreprise peut remplacer la couverture par un « versement santé » de l’employeur. En 2026, selon la fiche Service-Public.fr consacrée à l’obligation de l’employeur, le montant de référence est de 22,27 €, multiplié par 105 % pour un CDI et par 125 % pour un CDD ou un contrat de mission, au prorata de la durée de travail pour un temps partiel ; en Alsace-Moselle, le montant de référence est de 7,44 €.
Comment comparer plusieurs offres de mutuelle d’entreprise ?
Avant de comparer les prix, vérifiez que chaque offre respecte le panier minimal et les critères du contrat responsable. Ces éléments constituent la base de comparaison.
Ensuite, comparez les garanties au-dessus du minimum sur les postes où le reste à charge est le plus visible pour les salariés, c’est-à-dire l’optique, le dentaire et l’hospitalisation. Regardez aussi les plafonds, les exclusions, les éventuels délais de carence, les services associés (tiers payant, espace en ligne, assistance) et la possibilité d’ajuster le contrat dans le temps. Ces critères relèvent de la bonne pratique de comparaison et non d’une règle légale.
Tenez compte de la composition de l’effectif : une TPE dont les salariés ont des besoins homogènes n’a pas les mêmes enjeux qu’une PME qui compte plusieurs catégories de personnel. Une fois le contrat choisi, informez clairement les salariés de leurs garanties, des cas de dispense et des démarches à effectuer.
Que devient la couverture à la fin du contrat de travail ?
Selon Service-Public.fr, un salarié dont le contrat de travail prend fin, hors faute lourde, peut conserver sa couverture pendant la durée de son indemnisation chômage, dans la limite de 12 mois. C’est la portabilité des garanties.
Les modalités précises dépendent du contrat et de la situation du salarié : demandez à l’assureur la procédure à suivre.
Questions fréquentes
Un salarié peut-il refuser la mutuelle d’entreprise ?
Seulement dans les cas de dispense prévus, par exemple un contrat court de 3 mois ou moins, un temps partiel de 15 heures par semaine au plus, ou une couverture déjà existante. Selon la situation, une demande écrite ou un justificatif est exigé.
L’employeur peut-il financer seulement la part minimale ?
Oui. L’employeur doit financer au moins 50 % de la cotisation, et il peut en payer davantage. Le salarié règle le reste, dont le montant dépend du contrat.
Que ne couvre pas un contrat responsable ?
Il ne couvre pas la participation forfaitaire de 2 € par consultation, les franchises médicales, la majoration due au non-respect du parcours de soins ni certains dépassements d’honoraires de spécialistes.
Qu’est-ce que le versement santé ?
Pour certains salariés en contrat court ou à temps partiel, un accord de branche ou d’entreprise peut remplacer la couverture collective par une somme versée par l’employeur. En 2026, le montant de référence de la fiche Service-Public.fr est de 22,27 € (7,44 € en Alsace-Moselle), avec des coefficients selon le type de contrat.
Peut-on poser un questionnaire de santé aux salariés ?
Non pour un contrat responsable : il doit être solidaire, c’est-à-dire sans questionnaire de santé ni tarification en fonction de l’état de santé de l’assuré.
Que peut faire un salarié si son employeur n’a pas mis de mutuelle en place ?
Selon Service-Public.fr, le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes. Il est préférable d’abord d’en parler à l’employeur ou aux représentants du personnel.
Pour aller plus loin
- Mutuelle fonctionnaire : comment choisir selon votre employeur public
- Mutuelle étudiant en médecine : comment bien choisir ?
- Mutuelle fonctionnaire et médecines douces : ce qu’il faut savoir
- Remboursement de la naturopathie : Sécurité sociale et mutuelles
Sources
- Service-Public Entreprendre : Quelle obligation pour l’employeur en matière de complémentaire santé ? — obligation, financement à 50 % minimum, panier de soins, dispenses, versement santé 2026, portabilité (page vérifiée le 20 janvier 2026)
- Service-Public.fr : Complémentaire santé d’entreprise (mutuelle santé) — obligation quelle que soit l’ancienneté, panier minimal, contrat responsable (page vérifiée le 15 mai 2024)
- Service-Public.fr : Peut-on refuser la mutuelle ou la prévoyance de son entreprise ? — cas de dispense d’adhésion, demande écrite, justificatifs (page vérifiée le 16 mai 2024)
- Ameli : le ticket modérateur — définition du ticket modérateur, restes à charge, rôle de la complémentaire (page mise à jour le 30 septembre 2026)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

