Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le défibrillateur automatisé externe (DAE) est un dispositif médical qui guide l’utilisateur à la voix et analyse lui-même la nécessité d’un choc ; il complète le massage cardiaque, il ne le remplace pas.
- Les établissements recevant du public (ERP) doivent en détenir un selon un calendrier échelonné : catégories 1 à 3 depuis le 1er janvier 2020, catégorie 4 depuis le 1er janvier 2021, certains ERP de catégorie 5 depuis le 1er janvier 2022.
- Toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser un DAE ; en cas d’arrêt cardiaque, il faut appeler le 15 ou le 112 et commencer le massage cardiaque.
- L’ANSM recommande un registre de maintenance, le contrôle des dates de péremption de la batterie et des électrodes et la désignation d’un responsable.
- Les sources officielles consultées ne classent pas les modèles entre eux : la comparaison des appareils relève de la notice du fabricant et d’un conseil professionnel.
Choisir un défibrillateur commence moins par la comparaison des modèles que par trois questions : êtes-vous soumis à l’obligation d’en détenir un, où l’installer pour qu’il soit accessible rapidement, et comment garantir qu’il fonctionne le jour où il servira. Les sources officielles consultées répondent à ces questions ; elles ne désignent pas de « meilleur » appareil.
Cet article porte sur les défibrillateurs automatisés externes (DAE), ceux que l’on trouve dans les lieux publics, les entreprises ou les commerces. Il ne concerne pas les défibrillateurs implantés chez certains patients, dont le suivi relève d’un cardiologue. Il rappelle le cadre réglementaire, les recommandations d’entretien de l’ANSM et les gestes à connaître face à un arrêt cardiaque.
À quoi sert un défibrillateur automatisé externe ?
Selon l’agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine, le DAE est un dispositif médical qui aide à réanimer une personne victime d’un arrêt cardiaque, en complément d’un massage cardiaque. Il guide l’utilisateur à la voix et analyse lui-même la nécessité de délivrer un choc. Toute personne, même non médecin, est habilitée à l’utiliser, conformément au décret n° 2007-705 du 4 mai 2007.
L’Assurance maladie décrit la conduite à tenir : placer les électrodes sur la poitrine, veiller à ce que personne ne touche la victime pendant l’analyse, puis appuyer sur le bouton si l’appareil le demande. L’appareil guide la personne étape par étape. Il ne dispense pas d’appeler les secours.
Qui doit s’équiper d’un défibrillateur ?
L’obligation de détenir un DAE incombe, selon l’ARS, aux propriétaires d’établissements recevant du public (ERP). Elle est entrée en vigueur par étapes, selon la catégorie de l’établissement :
- ERP de catégories 1, 2 et 3 : à partir du 1er janvier 2020 ;
- ERP de catégorie 4 : à partir du 1er janvier 2021 ;
- certains ERP de catégorie 5 : à partir du 1er janvier 2022.
Plusieurs ERP situés sur un même site peuvent mutualiser un DAE, à condition qu’il soit accessible en moins de 5 minutes. La mutualisation est aussi possible pour des ERP sous une direction commune dans un même bâtiment. La page cite la loi du 28 juin 2018, le décret n° 2018-1186 du 19 décembre 2018, qui fixe les ERP concernés, ainsi que l’article R. 5211-5 du Code de la santé publique pour la définition de l’exploitant.
Les sources consultées ne traitent que des ERP. Si vous êtes une entreprise, une association ou un particulier, elles ne permettent pas de conclure à une obligation ou à son absence ; renseignez-vous auprès de l’ARS ou du ministère de la Santé. La réglementation relative aux dispositifs médicaux évolue : vérifiez toujours les textes en vigueur sur Légifrance.
Site commercial cité dans l’article d’origine : Pour l’achat de votre défibrillateur cardiaque. Sa mention n’est pas une recommandation d’achat.
Quels points examiner avant d’acheter ou de louer un défibrillateur ?
Les sources officielles consultées ne fixent pas de critères de comparaison entre modèles et ne tranchent pas, par exemple, entre appareil entièrement automatique et semi-automatique. Elles donnent en revanche des repères objectifs pour interroger un fournisseur :
- la notice d’utilisation : l’ANSM demande de suivre les procédures de maintenance et de contrôle qu’elle décrit et de vérifier régulièrement l’indicateur de fonctionnement ;
- les consommables : la batterie et les électrodes ont des dates de péremption à contrôler régulièrement, ce qui implique de savoir comment et à quel coût les remplacer ;
- la maintenance : l’exploitant doit tenir un registre de maintenance, et l’ARS mentionne la maintenance parmi ses obligations (signalétique, déclaration, maintenance) ;
- l’emplacement : l’appareil doit être visible et facilement accessible, de préférence en extérieur, dans un boîtier protecteur selon l’ARS, et à l’abri des températures extrêmes selon l’ANSM ;
- la simplicité d’usage : l’appareil guide l’utilisateur à la voix, ce qui compte pour des personnes non formées.
Des caractéristiques techniques comme la sensibilité d’analyse, l’indice de protection contre l’eau et la poussière ou les langues disponibles peuvent compter selon le lieu d’installation, mais aucune des pages officielles consultées ne les évalue : demandez ces informations au fabricant et comparez-les à votre situation. Un professionnel de la sécurité ou le service de santé au travail peut vous conseiller.
Comment entretenir et gérer un défibrillateur ?
L’ANSM, dans ses recommandations aux exploitants de DAE destinés au grand public (page publiée en 2014 et actualisée en décembre 2020), indique notamment de :
- tenir un registre de maintenance ;
- suivre les procédures de maintenance et de contrôle de la notice ;
- vérifier régulièrement l’indicateur de fonctionnement et l’état extérieur de l’appareil ;
- contrôler les dates de péremption de la batterie et des électrodes ;
- conserver l’appareil visible et facile d’accès, à l’abri de la chaleur ou du froid extrêmes ;
- désigner une personne responsable, former le personnel et tenir à jour la liste des emplacements ;
- signaler à l’ANSM tout dysfonctionnement survenu lors d’une utilisation, et répondre rapidement aux courriers de sécurité du fabricant.
L’ARS ajoute que les exploitants doivent déclarer leurs appareils dans la base nationale GeoDAE, gérée par le ministère de la Santé, dont les données sont disponibles en open data. Les détails des obligations de signalétique, de déclaration et de maintenance sont renvoyés au site du ministère de la Santé.
Que faire face à un arrêt cardiaque ?
Selon l’Assurance maladie (page du 3 juin 2026), une personne en arrêt cardiaque a perdu connaissance, ne réagit ni à la voix ni aux stimulations, et sa respiration est absente ou très irrégulière. Les gestes recommandés sont les suivants :
- appeler le 15 ou le 112, idéalement en demandant à quelqu’un d’autre de le faire pendant que vous commencez le massage ; le médecin régulateur vous guide et vous donne des consignes, et vous restez en ligne jusqu’à sa demande ;
- allonger la victime sur une surface dure et pratiquer un massage cardiaque externe, en comprimant le milieu du thorax ;
- faire apporter un défibrillateur s’il y en a un à proximité et suivre ses instructions ;
- continuer jusqu’à l’arrivée des secours ou la reprise d’une respiration normale, et se relayer s’il y a plusieurs sauveteurs.
L’Assurance maladie rappelle que plus la réanimation est précoce, plus les chances de survie sont élevées. En présence d’une personne inconsciente qui ne respire pas normalement, ne perdez pas de temps à chercher un appareil avant d’avoir donné l’alerte.
Quand demander conseil ?
Pour toute question sur votre obligation d’équipement, adressez-vous à l’ARS ou au ministère de la Santé. Pour le choix d’un appareil, demandez au fournisseur la notice, les conditions de maintenance et le coût des consommables. Pour les personnes qui ont un trouble du rythme connu ou un défibrillateur implanté, les questions de suivi relèvent du cardiologue.
Questions fréquentes
Un défibrillateur est-il obligatoire dans tous les commerces ?
Les sources consultées indiquent que l’obligation concerne les établissements recevant du public (ERP) : catégories 1 à 3 depuis le 1er janvier 2020, catégorie 4 depuis le 1er janvier 2021 et certains ERP de catégorie 5 depuis le 1er janvier 2022. Pour votre cas précis, renseignez-vous auprès de l’ARS.
Faut-il être médecin ou formé pour utiliser un défibrillateur ?
Non, il n’est pas nécessaire d’être médecin : selon l’ARS, toute personne, même non médecin, est habilitée à utiliser un DAE, qui guide l’utilisateur à la voix. En cas d’arrêt cardiaque, il faut aussi appeler le 15 ou le 112 et commencer un massage cardiaque.
Où placer un défibrillateur ?
L’ARS indique qu’il doit être visible et facilement accessible, de préférence en extérieur dans un boîtier protecteur. L’ANSM recommande de le conserver à l’abri des températures extrêmes.
Quelles vérifications faut-il faire régulièrement ?
L’ANSM recommande de tenir un registre de maintenance, de contrôler l’indicateur de fonctionnement et de vérifier les dates de péremption de la batterie et des électrodes, en suivant la notice du fabricant.
Faut-il déclarer son défibrillateur ?
Selon l’ARS, les exploitants doivent déclarer leurs appareils dans la base nationale GeoDAE, gérée par le ministère de la Santé. La déclaration fait partie des obligations de signalétique, de déclaration et de maintenance.
Peut-on partager un défibrillateur entre plusieurs établissements ?
L’ARS précise que plusieurs ERP situés sur un même site peuvent mutualiser un DAE s’il est accessible en moins de 5 minutes. La mutualisation est aussi possible pour des ERP sous une direction commune dans un même bâtiment.
Pour aller plus loin
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Sources
- ARS Nouvelle-Aquitaine : Défibrillateurs automatisés externes (DAE) (page du 14 avril 2022) — rôle du DAE, obligation en ERP et calendrier, mutualisation, emplacement, base GeoDAE
- ANSM : Défibrillateurs automatisés externes « grand public » : recommandations à suivre par leurs exploitants (actualisé le 22 décembre 2020) — registre de maintenance, contrôles, consommables, matériovigilance
- Assurance maladie : Infarctus et arrêt cardiaque : comment réagir ? (3 juin 2026) — reconnaître un arrêt cardiaque, appeler le 15 ou le 112, massage cardiaque, usage du défibrillateur
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

