Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’hypnose est un état modifié de conscience et de relaxation guidé par un professionnel ; la personne reste consciente et garde le contrôle de son comportement.
- La Mayo Clinic la décrit comme pouvant aider à gérer douleur, stress et anxiété, le plus souvent en complément d’autres prises en charge comme la thérapie cognitivo-comportementale.
- Le rapport Inserm de 2015 retient un intérêt thérapeutique potentiel surtout en anesthésie et dans le syndrome du côlon irritable, et des résultats insuffisants ou décevants pour le sevrage tabagique.
- Les effets indésirables sont rares et le plus souvent mineurs, mais l’hypnose peut ne pas convenir en cas de maladie mentale grave ; en France, le titre d’hypnothérapeute n’est pas réglementé.
- L’hypnose ne remplace pas un suivi médical : un trouble d’anxiété, de sommeil ou une addiction justifie d’abord un avis de médecin.
L’hypnothérapie peut être un soutien dans la gestion du stress, de l’anxiété ou de la douleur, mais son niveau de preuve dépend beaucoup de l’indication et elle ne remplace pas une prise en charge médicale. Les études sont plus solides pour certains usages, comme l’anesthésie et le syndrome du côlon irritable, que pour la plupart des motifs de consultation.
Cet article présente ce que disent la Mayo Clinic, l’Inserm et Vidal sur l’hypnose : sa définition, ses usages étudiés, ses limites, ses risques et la façon de choisir un praticien. Site cité dans l’article d’origine : https://www.hypnotherapie-brule.fr.
Qu’est-ce que l’hypnose et comment se déroule une séance ?
La Mayo Clinic définit l’hypnose comme un état modifié de conscience et de relaxation accrue qui permet d’améliorer l’attention et la concentration. Elle est habituellement guidée par un professionnel au moyen de paroles répétées et d’images mentales, et la plupart des personnes se sentent calmes pendant la séance.
Le déroulement décrit par la Mayo Clinic est le suivant : le praticien explique la démarche et passe en revue vos objectifs, puis utilise un ton calme et apaisant. Une fois la détente installée, il propose des suggestions, parfois sous forme d’images mentales où vous atteignez votre objectif. Contrairement à ce que laissent croire les spectacles, vous restez conscient et vous gardez le contrôle de votre comportement. Certaines personnes apprennent ensuite l’auto-hypnose, que la Mayo Clinic mentionne notamment avant une opération ou une autre intervention.
L’hypnothérapie est-elle utile contre le stress et l’anxiété ?
La Mayo Clinic indique que l’hypnose peut être efficace pour faire face à la douleur, au stress et à l’anxiété, y compris l’anxiété liée à une intervention médicale ou dentaire et celle associée à des peurs ou des phobies précises. Les professionnels l’associent habituellement à d’autres prises en charge, comme la thérapie cognitivo-comportementale. Les personnes qui se détendent plus vite et plus facilement pendant les séances ont plus de chances d’en bénéficier.
Il faut toutefois nuancer. Le rapport de l’Inserm, commandé par le ministère de la Santé et publié en 2015, n’a pas permis de conclure sur de nombreuses indications traditionnelles, et la page de l’Inserm précise qu’elle n’a pas été mise à jour depuis. À ce jour, aucune des sources consultées ne démontre que l’hypnose améliore durablement un trouble anxieux caractérisé : celui-ci relève d’abord d’une évaluation médicale.
Pour quels autres usages l’hypnose a-t-elle été étudiée ?
L’Inserm retient un « intérêt thérapeutique potentiel » principalement en anesthésie per-opératoire et dans le syndrome du côlon irritable (colopathie fonctionnelle). Vidal, qui rend compte de ce rapport en 2015, indique que l’hypnosédation réduit la consommation d’antalgiques et de sédatifs lors de gestes comme des extractions dentaires, des biopsies ou des coloscopies, et que des séances régulières d’hypnothérapie limitent les symptômes digestifs du côlon irritable.
Pour d’autres usages, les résultats sont moins favorables : l’Inserm les qualifie d’« insuffisants, voire décevants » pour le sevrage tabagique et pour la douleur de l’accouchement. Vidal cite aussi des données insuffisantes pour trancher dans la dépression du post-partum, la schizophrénie et les soins dentaires. La Mayo Clinic mentionne de son côté des usages possibles pour les bouffées de chaleur de la ménopause, certains effets secondaires de la chimiothérapie, les troubles du sommeil, le tabagisme ou la prise de poids, avec « un certain succès », et la présente comme pouvant s’intégrer à un plan global d’arrêt du tabac ou de perte de poids.
Quels sont les risques et les limites ?
Pour la Mayo Clinic, l’hypnose pratiquée par un thérapeute formé est une approche complémentaire sûre. Des réactions sérieuses sont rares, mais peuvent comprendre étourdissements, maux de tête, nausées, somnolence inhabituelle, anxiété ou détresse et troubles du sommeil. Revenir sur des événements stressants du passé peut déclencher une forte réaction émotionnelle ; pour les traumatismes, la Mayo Clinic juge la thérapie cognitivo-comportementale plus utile. Elle indique aussi que l’hypnose peut ne pas être sûre chez les personnes atteintes d’une maladie mentale grave, et que toutes les personnes ne parviennent pas à entrer assez complètement en état d’hypnose pour en tirer profit.
L’Inserm décrit des données de sécurité plutôt rassurantes, tout en soulignant des risques de dérives éthiques liés aux techniques de suggestion. Vidal précise qu’aucun effet indésirable grave n’a été attribué à l’hypnose dans l’analyse, sans que des effets mineurs puissent être exclus, et rappelle le risque de retarder l’accès à des soins conventionnels nécessaires lorsqu’on se tourne vers une pratique non conventionnelle.
Comment choisir un praticien ?
Selon l’Inserm et Vidal, la formation des praticiens est hétérogène et le titre d’hypnothérapeute n’est pas protégé en France : on trouve aussi bien des professionnels de santé que des personnes sans formation médicale. Les auteurs du rapport jugeaient souhaitable une réglementation des pratiques.
Avant de vous engager, vous pouvez donc :
- demander quelle est la profession de santé d’origine du praticien et quelle formation à l’hypnose il a suivie ;
- vous méfier de toute promesse de résultat garanti ou de « déblocage » rapide ;
- vérifier que la séance a un objectif précis et que le praticien ne se substitue pas à votre médecin ;
- informer votre médecin de votre démarche, surtout si vous suivez un traitement.
Ces conseils sont de simple bon sens ; ils découlent du constat sur l’absence de réglementation, mais ne figurent pas comme tels dans les pages citées.
Quand consulter un médecin avant ou à la place de l’hypnose ?
Consultez un médecin avant de commencer si vous souffrez d’anxiété importante, de symptômes dépressifs, d’insomnie persistante, d’une douleur qui dure ou d’une addiction. Un diagnostic permet d’écarter une cause médicale et d’orienter vers la prise en charge adaptée. Ne modifiez ni n’interrompez jamais un traitement en cours au profit de l’hypnose.
En cas de détresse intense ou de pensées suicidaires, contactez sans attendre un médecin ou les services d’urgence : l’hypnose n’est pas une réponse à une situation de crise. Chez les personnes atteintes d’une maladie mentale grave, la Mayo Clinic signale que l’hypnose peut ne pas être appropriée : l’avis du psychiatre est indispensable.
Questions fréquentes
L’hypnose est-elle dangereuse ?
Pratiquée par un thérapeute formé, la Mayo Clinic la juge sûre, avec de rares effets comme étourdissements, maux de tête, nausées ou anxiété. Elle peut ne pas convenir en cas de maladie mentale grave. L’Inserm décrit des données plutôt rassurantes mais souligne des risques de dérives éthiques.
Perd-on le contrôle pendant une séance d’hypnose ?
Non, selon la Mayo Clinic : vous restez conscient et vous gardez le contrôle de votre comportement, contrairement à l’image donnée par certains spectacles.
Tout le monde peut-il être hypnotisé ?
Non. La Mayo Clinic indique que toutes les personnes ne parviennent pas à entrer suffisamment dans l’état d’hypnose pour que la technique fonctionne bien, et que celles qui se détendent vite et facilement ont plus de chances d’en bénéficier.
L’hypnose aide-t-elle à arrêter de fumer ?
Les résultats sont variables. L’Inserm juge les données insuffisantes, voire décevantes, pour le sevrage tabagique. La Mayo Clinic mentionne un certain succès et indique que l’hypnose peut s’intégrer à un plan plus large d’arrêt du tabac. Un médecin ou un tabacologue peut vous proposer des aides validées.
L’hypnose est-elle efficace pour le syndrome du côlon irritable ?
C’est l’une des indications les mieux étudiées : l’Inserm lui reconnaît un intérêt potentiel, et Vidal rapporte que des séances régulières limitent les symptômes digestifs. Ce résultat concerne un usage encadré et ne dispense pas d’un diagnostic médical.
Hypnose médicale ou hypnothérapeute : quelle différence ?
L’Inserm et Vidal soulignent que le titre d’hypnothérapeute n’est pas protégé en France et que les praticiens vont de professionnels de santé à des personnes sans formation médicale. Renseignez-vous donc sur la profession d’origine et la formation de la personne que vous consultez.
Pour aller plus loin
- Hypnose humaniste : ce que l’on sait, limites et choix du praticien
- Sophrologue et hypnothérapeute : quand les consulter ?
- Visualisation et relaxation : une méthode anti-stress ?
- Hypnose pour arrêter de fumer : preuves, limites et alternatives
Sources
- Mayo Clinic : Hypnosis — définition, déroulement, usages possibles, risques, précautions
- Inserm : Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (rapport, 2015) — indications étudiées, limites méthodologiques, sécurité et formation des praticiens
- Vidal : Rapport de l’Inserm, l’hypnose efficace dans le cadre de l’antalgie et du syndrome du côlon irritable (1er octobre 2015) — résultats par indication, sécurité, titre non protégé, risque de retarder les soins
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

