Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le choix du matériel pour ophtalmologiste découle d’abord des examens réalisés et des pathologies les plus fréquentes dans votre patientèle, avant toute considération de marque.
- Les examens décrits pour le diagnostic du glaucome (tonométrie, imagerie de la papille, périmétrie, pachymétrie, gonioscopie) illustrent les familles d’appareils à prévoir selon votre activité.
- Pour le dépistage de la rétinopathie diabétique, la HAS valide la rétinographie couleur sous conditions de qualité des clichés et la lecture différée par un ophtalmologiste (recommandation de 2011).
- Les critères d’achat proposés ici (formation, maintenance, compatibilité) sont des repères de bon sens, non des exigences réglementaires.
- Tout incident ou risque d’incident avec un dispositif médical peut être signalé à l’ANSM via le portail de signalement.
Le matériel pour ophtalmologiste se choisit à partir de trois questions : quels examens réalisez-vous, quels patients recevez-vous et dans quel cadre exercez-vous ? Les sources officielles ne dressent pas de liste d’achat, mais elles décrivent les examens qui fondent le diagnostic et le dépistage, ce qui permet de raisonner à partir des besoins cliniques plutôt que de la technologie.
Cet article s’adresse aux professionnels de santé qui équipent ou renouvellent un cabinet. Il s’appuie sur la Haute Autorité de santé, l’Organisation mondiale de la santé, la Mayo Clinic et l’ANSM.
Par quels examens commencer pour équiper un cabinet ?
Partez de ce que vous faites au quotidien. La Mayo Clinic décrit, pour le diagnostic du glaucome, plusieurs examens complémentaires : la tonométrie, qui mesure la pression à l’intérieur de l’œil, l’examen du nerf optique après dilatation avec des examens d’imagerie, la périmétrie ou examen du champ visuel, qui recherche des zones de perte de vision, la pachymétrie, qui mesure l’épaisseur de la cornée, et la gonioscopie, qui inspecte l’angle de drainage de l’œil.
Chacun de ces examens correspond à une famille d’appareils : tonomètre, matériel d’imagerie de la rétine et du nerf optique, périmètre, pachymètre, verre de gonioscopie. Les sources consultées n’indiquent pas lesquels doivent être acquis en premier ni dans quel ordre : cela dépend de votre spécialité, de votre mode d’exercice et de l’organisation de votre cabinet.
Un raisonnement utile consiste à lister les examens que vous pratiquez chaque semaine, ceux que vous déléguez ou adressez à un confrère, puis ceux dont l’absence vous oblige à reporter une décision. Les premiers justifient un équipement sur place ; les autres peuvent attendre.
Quel équipement pour le dépistage de la rétinopathie diabétique ?
La HAS a publié en 2011 une recommandation sur le dépistage de la rétinopathie diabétique. Elle valide deux techniques : la biomicroscopie réalisée par l’ophtalmologiste et la rétinographie couleur, sous conditions de réalisation, notamment la qualité des clichés. La lecture différée de photographies du fond d’œil est validée pour les personnes diabétiques de moins de 70 ans, sous conditions.
Pour la rétinographie, la HAS demande deux clichés numériques couleur par œil, d’au moins 45 degrés, l’un centré sur la macula et l’autre sur la pupille, ainsi qu’un dispositif d’assurance qualité qui suit la proportion de clichés non interprétables. Elle précise que la dilatation pupillaire reste préférable parce qu’elle améliore l’interprétation des clichés. Les clichés peuvent être pris par du personnel formé, notamment infirmier ou orthoptiste, et sont lus par un ophtalmologiste dans un délai d’une semaine au maximum.
Ces recommandations datent de décembre 2010 et ont été mises en ligne en mars 2011 ; des mises à jour plus récentes peuvent exister. Vérifiez l’état actuel des recommandations avant d’investir dans un rétinographe pour cet usage.
Les pathologies de votre patientèle doivent-elles guider l’achat ?
Oui, c’est le critère le plus logique. L’Organisation mondiale de la santé indique que les principales causes de déficience visuelle et de cécité dans le monde sont les erreurs de réfraction, la cataracte, la rétinopathie diabétique, le glaucome et la dégénérescence maculaire liée à l’âge. Les causes varient selon les pays : le glaucome et la dégénérescence maculaire liée à l’âge sont plus fréquents dans les pays à revenu élevé, tandis que la cataracte non opérée pèse davantage dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Ces données mondiales ne remplacent pas l’analyse de votre propre activité. Elles rappellent toutefois que la réfraction, le glaucome, la maculopathie liée à l’âge et la rétinopathie diabétique comptent parmi les pathologies fréquentes à l’échelle mondiale : à vous de juger, selon votre patientèle, quels examens associés vous devez pouvoir réaliser ou orienter rapidement.
Matériel fixe ou portatif : sur quels critères trancher ?
Aucune source officielle consultée ne tranche cette question, qui relève de l’organisation du cabinet. Posez-vous plutôt les questions suivantes : travaillez-vous dans une seule salle ou dans plusieurs sites ? Faites-vous des consultations à domicile ou en établissement ? L’espace disponible impose-t-il un matériel compact ? Quelle part de votre activité repose sur l’examen sur place, et quelle part sur la transmission d’images à lire plus tard ?
Un appareil portatif peut convenir à l’itinérance ou à un espace réduit, un équipement fixe à une salle d’examen dédiée avec un flux de patients régulier. Dans les deux cas, la qualité de l’image ou de la mesure reste le premier critère : la HAS rappelle, pour la rétinographie, que la qualité des clichés conditionne la validité du dépistage.
Site cité dans l’article d’origine, réservé aux professionnels de santé : retrouvez plus de choix ici.
Quels critères vérifier avant d’acheter un appareil ?
Les points suivants sont des repères de bon sens, pas des obligations réglementaires :
- la précision et la reproductibilité de la mesure, idéalement vérifiées lors d’une démonstration dans votre cabinet ;
- la facilité d’utilisation et le temps d’appropriation pour l’équipe, car un appareil peu utilisé perd vite son intérêt ;
- la formation proposée par le fabricant ou le distributeur, pour vous et pour les personnels qui feront les examens ;
- la maintenance, l’étalonnage, le service après-vente et le coût des consommables, à évaluer au-delà du prix d’achat ;
- la compatibilité avec votre logiciel de dossier patient et avec l’espace disponible ;
- la possibilité de faire évoluer l’équipement avec votre activité plutôt que d’acheter d’emblée un appareil très avancé que vous utiliserez rarement.
Équiper un cabinet de façon progressive, en commençant par les examens les plus fréquents, limite le risque d’achats sous-utilisés.
Que faire en cas d’incident avec un dispositif médical ?
L’ANSM décrit la matériovigilance comme le signalement des incidents ou risques d’incident avec un dispositif médical. Les professionnels de santé qui ne travaillent pas dans un établissement de santé peuvent utiliser le portail de signalement des événements sanitaires indésirables, signalement.social-sante.gouv.fr, dont la déclaration est transmise automatiquement à l’ANSM. Les personnels d’un établissement de santé sont invités à contacter leur correspondant local de matériovigilance, qui peut s’appuyer sur le coordonnateur régional.
L’ANSM renvoie aussi à un guide de 2025 qui détaille les obligations réglementaires de tous les acteurs qui gèrent des dispositifs médicaux, et précise que la page a été mise à jour le 23 juin 2026. Avant d’investir, renseignez-vous auprès du fabricant sur ses procédures de suivi et de rappel.
Questions fréquentes
Quels examens permettent d’explorer un glaucome ?
La Mayo Clinic cite la tonométrie, qui mesure la pression de l’œil, l’examen du nerf optique après dilatation avec imagerie, la périmétrie qui évalue le champ visuel, la pachymétrie qui mesure l’épaisseur de la cornée et la gonioscopie qui inspecte l’angle de drainage. Le choix des examens relève de l’ophtalmologiste.
Un rétinographe est-il utile pour dépister la rétinopathie diabétique ?
La HAS valide la rétinographie couleur pour le dépistage, sous conditions de qualité des clichés. Elle recommande deux clichés numériques couleur par œil, d’au moins 45 degrés, et un suivi de la proportion de clichés non interprétables. Ces recommandations datent de 2010-2011 et peuvent avoir été mises à jour.
Qui peut prendre les clichés de rétinographie ?
Selon la HAS, les clichés peuvent être pris par du personnel formé, notamment infirmier ou orthoptiste. La lecture est faite par un ophtalmologiste, dans un délai d’une semaine au maximum, pour les personnes diabétiques de moins de 70 ans dans le cadre de la lecture différée.
À quelle fréquence dépister la rétinopathie diabétique ?
La HAS indique que le dépistage annuel reste la règle. Un rythme de deux ans peut être envisagé pour les patients à faible risque, sans insuline, avec un bon équilibre glycémique et tensionnel et sans rétinopathie au premier examen. Le rythme est fixé par l’ophtalmologiste.
Comment signaler un incident avec un dispositif médical ?
L’ANSM indique que les professionnels de santé peuvent déclarer un incident ou un risque d’incident via le portail signalement.social-sante.gouv.fr, qui transmet la déclaration à l’agence. Les personnels d’un établissement de santé sont invités à contacter leur correspondant local de matériovigilance.
Pourquoi la correction des erreurs de réfraction compte-t-elle autant ?
L’OMS indique que l’erreur de réfraction non corrigée reste l’une des principales causes de déficience visuelle dans tous les pays, chez les enfants comme chez les adultes. Les lunettes figurent parmi les interventions de santé les plus rentables, mais beaucoup de personnes qui en ont besoin n’y ont pas accès.
Pour aller plus loin
- Choisir sa station de musculation : critères et précautions
- Perte de vision d’un œil : causes, urgences et examens
- Presbytie : symptômes, causes et options de correction
- Chirurgie réfractive à Paris : critères pour choisir sa clinique
Sources
- HAS : Dépistage de la rétinopathie diabétique par lecture différée de photographies du fond d’œil — techniques validées, qualité des clichés, rythme de dépistage (recommandation de 2010-2011)
- HAS : Un dépistage de la rétinopathie diabétique à améliorer — rôle de l’ophtalmologiste et du rétinographe, périodicité (communiqué de février 2011)
- Mayo Clinic : Glaucoma, diagnosis and treatment — examens utilisés pour diagnostiquer le glaucome
- OMS : Blindness and visual impairment — principales causes de déficience visuelle et rôle de la détection précoce
- ANSM : Comment déclarer si vous êtes professionnel de santé ? — signalement des incidents de matériovigilance (mise à jour le 23 juin 2026)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

