Image default

Spina bifida occulta : symptômes, causes et échographie

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le spina bifida est une malformation du tube neural, la structure embryonnaire qui devient le cerveau, la moelle épinière et leurs enveloppes ; sa forme occulta est la plus légère et la plus fréquente.
  • Le spina bifida occulta ne donne le plus souvent aucun symptôme et se découvre par hasard lors d’une imagerie faite pour une autre raison.
  • Une touffe de poils, une fossette ou une tache de naissance sur le bas du dos, ou des symptômes neurologiques, justifient un avis médical.
  • L’échographie du deuxième trimestre peut repérer les formes ouvertes ; les formes fermées, dont l’occulta, ne sont en général pas vues pendant la grossesse.
  • La carence en folates avant et pendant le début de la grossesse est un facteur de risque établi ; la décision de supplémentation se prend avec un médecin ou une sage-femme. Aucune méthode naturelle ne remplace ce suivi.

Le spina bifida occulta est la forme la plus discrète du spina bifida : un petit défaut de fermeture d’une ou de plusieurs vertèbres, qui reste le plus souvent sans conséquence et sans symptôme. Il est fréquemment découvert par hasard, à l’occasion d’une radiographie ou d’une IRM réalisée pour une tout autre raison.

Le terme « spina bifida » recouvre cependant des situations très différentes, de l’absence de signe à un handicap important. Cet article distingue ces formes, explique ce que l’on sait des causes, ce que l’échographie permet de voir pendant la grossesse et dans quels cas un avis médical est nécessaire. Il s’appuie sur des sources médicales internationales et ne remplace pas l’avis d’un médecin, d’un obstétricien ou d’un pédiatre.

Qu’est-ce que le spina bifida occulta et en quoi diffère-t-il des autres formes ?

Le spina bifida est une malformation congénitale du tube neural. Pendant la grossesse, une partie de ce tube ne se referme pas complètement, ce qui touche les vertèbres et, selon les cas, la moelle épinière et les nerfs qui en partent. Le Manuel MSD précise que les conséquences vont de l’absence de symptômes à des difficultés durables pour marcher, uriner et aller à la selle.

Les sources décrivent généralement trois grands types :

  • Le spina bifida occulta : le type le plus léger et le plus fréquent. Il s’agit d’un petit écart entre une ou plusieurs vertèbres, recouvert par la peau, sans poche sur le dos. Il est souvent sans symptômes.
  • La méningocèle : une poche de liquide céphalorachidien traverse une ouverture de la colonne. La moelle épinière et les nerfs ne sont en principe pas atteints, mais de légers troubles de la vessie ou de l’intestin sont possibles.
  • La myéloméningocèle : la forme la plus grave, dite « ouverte ». Une partie de la moelle et des nerfs forme une poche sur le dos du bébé. Elle peut entraîner une faiblesse ou une paralysie des jambes, des troubles urinaires et digestifs, et souvent une hydrocéphalie, c’est-à-dire une accumulation de liquide dans le cerveau.

Le NHS britannique regroupe ces formes autrement : les formes ouvertes (myéloméningocèle et méningocèle) et les formes fermées, parmi lesquelles figurent le spina bifida occulta et la lipomyéloméningocèle. Dans les formes fermées, la brèche de la colonne est recouverte par la peau et la moelle ne fait pas saillie. La gravité dépend du type et du niveau de la colonne concerné.

Le spina bifida occulta donne-t-il des symptômes ?

Dans la grande majorité des cas, non. Mayo Clinic indique que le spina bifida occulta ne donne habituellement ni symptômes ni complications, et que de nombreuses personnes l’ignorent toute leur vie. Il est découvert de façon fortuite lors d’une imagerie réalisée pour une autre raison.

Certains signes peuvent toutefois attirer l’attention :

  • sur la peau du bas du dos, au-dessus de la malformation : une touffe de poils, une petite fossette ou une tache de naissance, signes qui peuvent justifier une IRM ou une échographie de la colonne selon le Manuel MSD ;
  • d’après le NHS, dans une minorité de cas de forme fermée : douleur ou engourdissement dans les jambes ou le dos, faiblesse d’une jambe, troubles du contrôle de la vessie ou de l’intestin, ou grosseur graisseuse, plaque velue ou fossette profonde visible dès la naissance.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent avoir d’autres origines. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à un spina bifida. Ils justifient en revanche un examen par un médecin, qui décidera si une imagerie est utile. Chez un enfant, Mayo Clinic indique qu’un suivi pédiatrique de routine suffit en l’absence de signe particulier.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

La cause exacte du spina bifida n’est pas connue. Les sources évoquent une association de facteurs génétiques, nutritionnels et environnementaux. Les facteurs de risque cités sont les suivants :

  • une carence en folates (vitamine B9) avant et pendant le début de la grossesse, présentée par Mayo Clinic comme un facteur majeur ;
  • des antécédents familiaux de malformation du tube neural : avoir déjà eu un enfant atteint, ou être soi-même né avec une telle malformation, augmente le risque ;
  • la prise pendant la grossesse de certains médicaments antiépileptiques, notamment l’acide valproïque (le NHS cite aussi le valproate de sodium et la carbamazépine) ;
  • un diabète mal équilibré avant la grossesse et l’obésité au moment de la conception ;
  • une élévation importante de la température corporelle dans les premières semaines de grossesse (fièvre, sauna, bain très chaud), qui est un facteur de risque probable d’après Mayo Clinic.

Avoir un facteur de risque ne signifie pas que le spina bifida surviendra, et l’absence de facteur de risque ne l’exclut pas. Si vous prenez un médicament antiépileptique et envisagez une grossesse, ne modifiez ni n’arrêtez jamais ce traitement de votre propre initiative : discutez-en avec votre médecin avant la grossesse.

L’échographie permet-elle de repérer un spina bifida pendant la grossesse ?

Le Manuel MSD indique que le dépistage du spina bifida se fait généralement au deuxième trimestre, à l’aide de l’échographie, d’une analyse de sang et, si nécessaire, d’une amniocentèse (analyse du liquide amniotique). Le NHS précise que l’échographie de dépistage du milieu de grossesse permet de rechercher une forme ouverte ; si elle évoque une anomalie, d’autres examens sont proposés pour confirmer le diagnostic et chercher d’éventuelles anomalies associées.

La situation est différente pour le spina bifida occulta. Le NHS indique que les formes fermées ne sont pas habituellement détectées par les échographies de grossesse : elles peuvent être découvertes à la naissance ou plus tard, par radiographie, IRM ou scanner, souvent lorsqu’un examen est réalisé pour un autre motif. Une échographie normale n’exclut donc pas une forme discrète.

Lorsqu’une forme ouverte est repérée avant la naissance, le diagnostic permet d’organiser le suivi avec une équipe spécialisée, d’informer les parents et de préparer la naissance. Le calendrier exact des échographies de dépistage et les examens proposés dans votre situation relèvent de votre médecin ou de votre sage-femme.

Comment réduire le risque de spina bifida ?

Le Manuel MSD indique que les médecins recommandent à toutes les femmes qui pourraient devenir enceintes, ou qui le sont, de prendre de l’acide folique (folates), et que des études montrent qu’il permet de prévenir le spina bifida et des anomalies similaires. Mayo Clinic précise que la supplémentation doit commencer avant la conception et se poursuivre pendant le premier trimestre, car de nombreuses grossesses ne sont reconnues que tardivement.

Les sources insistent sur un point : la dose est déterminée par un professionnel de santé. Elle peut être plus élevée en cas d’antécédent de spina bifida, de traitement antiépileptique ou de diabète, d’où l’intérêt de consulter avant la grossesse. Cet article ne donne volontairement aucune dose.

Mayo Clinic cite aussi des aliments riches en folates ou enrichis : légumineuses, agrumes, jaune d’œuf, lait, avocat, légumes verts à feuilles foncées comme le brocoli et les épinards, ainsi que certains pains, pâtes, riz et céréales enrichis. Une alimentation variée est utile, mais elle ne remplace pas l’avis médical sur la supplémentation. Les sources consultées ne mentionnent aucune plante ni aucune pratique de naturopathie dans la prévention du spina bifida.

Comment le spina bifida est-il pris en charge ?

La prise en charge dépend du type et de ses conséquences. Pour le spina bifida occulta, Mayo Clinic indique qu’un suivi habituel suffit en l’absence de symptômes, et le NHS précise que les formes fermées ne nécessitent généralement aucun traitement, même si une chirurgie est parfois nécessaire.

Pour les formes ouvertes, le traitement repose généralement sur la chirurgie, qui referme la brèche de la colonne et vise à prévenir des lésions supplémentaires ; elle ne peut pas inverser une atteinte nerveuse déjà présente selon le NHS. Une hydrocéphalie est souvent traitée par une dérivation, un petit tube qui évacue le liquide en excès. Les personnes concernées bénéficient ensuite d’un suivi par une équipe pluridisciplinaire : kinésithérapie, ergothérapie, aides à la marche, prise en charge des troubles de la vessie et de l’intestin, surveillance orthopédique et de la peau.

Chez les personnes atteintes d’une forme ouverte, Mayo Clinic signale une vigilance particulière face à certains signes d’alerte (maux de tête, vomissements, somnolence, irritabilité, gonflement ou rougeur le long d’une dérivation, crises convulsives), qui nécessitent un avis médical rapide.

Questions fréquentes

Le spina bifida occulta est-il dangereux ?

Le plus souvent, non : selon Mayo Clinic, il ne cause habituellement ni symptômes ni complications. Il est différent des formes ouvertes, comme la myéloméningocèle, qui peuvent entraîner un handicap important. Un avis médical est utile en cas de signes sur la peau du bas du dos ou de symptômes neurologiques.

Comment découvre-t-on un spina bifida occulta ?

Il est le plus souvent découvert par hasard, lors d’une radiographie, d’une IRM ou d’un scanner réalisé pour une autre raison. Parfois, une touffe de poils, une fossette ou une tache de naissance sur le bas du dos conduit le médecin à demander une imagerie.

Une fossette ou une touffe de poils dans le bas du dos est-elle inquiétante ?

Ces signes peuvent être associés à un spina bifida occulta, mais ils ne suffisent pas à poser un diagnostic. Le Manuel MSD indique qu’ils peuvent justifier une IRM ou une échographie de la colonne. Montrez-les à un médecin ou à un pédiatre, qui jugera de l’intérêt d’un examen.

L’échographie de grossesse détecte-t-elle tous les spina bifida ?

Non. Elle peut repérer les formes ouvertes, mais les formes fermées, dont le spina bifida occulta, ne sont en général pas détectées pendant la grossesse, d’après le NHS. Un résultat normal ne garantit donc pas l’absence de forme discrète.

Le spina bifida occulta peut-il provoquer des douleurs de dos chez l’adulte ?

Parfois, mais ce n’est pas la règle. Le NHS mentionne que certaines personnes porteuses d’une forme fermée présentent une douleur ou un engourdissement du dos ou des jambes, mais beaucoup n’ont aucun symptôme. Toute douleur persistante ou accompagnée de faiblesse ou de troubles urinaires doit être évaluée par un médecin.

Faut-il consulter avant une grossesse en cas d’antécédent de spina bifida ?

Oui. Mayo Clinic recommande de consulter un professionnel de santé avant la grossesse en cas d’antécédent familial, de diabète, d’obésité ou de traitement antiépileptique. Il pourra adapter la supplémentation en folates et réévaluer les médicaments, sans que vous interrompiez un traitement de votre propre initiative.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



A lire aussi

Massages énergétiques : ce que disent les sources sur leurs bienfaits

Claire Garnier

Sclérose en plaques : quelles approches complémentaires ?

Journal

Névralgie cervico-brachiale : symptômes, causes et quand consulter

Christophe