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Fracture du scaphoïde : symptômes, diagnostic et prise en charge

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le scaphoïde est l’os du poignet le plus souvent fracturé, généralement lors d’une chute sur la main tendue.
  • Une douleur et un gonflement du côté du pouce après une chute doivent faire consulter, même si la douleur paraît modérée.
  • La première radiographie est souvent normale : si la suspicion persiste, le médecin immobilise le poignet et complète l’imagerie, par exemple par une IRM ou un scanner.
  • La prise en charge repose le plus souvent sur une immobilisation par plâtre ou attelle, et sur la chirurgie lorsque les fragments sont déplacés.
  • L’irrigation sanguine fragile de l’os explique le risque de complications, comme la nécrose osseuse ou l’absence de consolidation : un suivi médical est indispensable.

La fracture du scaphoïde est une fracture d’un petit os du poignet, situé à la base du pouce. D’après le Manuel MSD, c’est l’os du carpe, c’est-à-dire du poignet, le plus souvent lésé, et elle survient généralement lors d’une chute sur la main tendue. Elle est parfois sous-estimée, car la douleur peut sembler modérée et la première radiographie peut ne rien montrer.

Cet article présente les symptômes, la manière dont le diagnostic est établi, les options de prise en charge et les complications possibles, d’après le Manuel MSD et l’Assurance maladie. Il ne remplace pas l’examen d’un médecin ni l’avis d’un chirurgien de la main.

Qu’est-ce que le scaphoïde et où se trouve-t-il ?

Le scaphoïde est un petit os du carpe, l’ensemble des os qui forment le poignet. Il se situe du côté du pouce, à la base de celui-ci. Le Manuel MSD le présente comme l’os du poignet le plus souvent fracturé, et l’Assurance maladie le décrit comme le petit os situé en haut de la main.

Le point sensible de cette région est la tabatière anatomique, la petite dépression visible à la base du pouce lorsque celui-ci est écarté. Une douleur à la palpation de cette zone fait partie des signes que le médecin recherche lors de l’examen.

Comment survient une fracture du scaphoïde ?

Le mécanisme le plus courant est une hyperextension du poignet, typiquement lors d’une chute sur la main tendue. La main se pose au sol pour amortir la chute et le poignet est brutalement rejeté en arrière. Le Manuel MSD ne détaille pas d’autres circonstances que ce mécanisme traumatique.

Cette fracture peut compromettre l’apport de sang de la partie de l’os la plus proche du poignet, appelée pôle proximal. C’est ce qui explique que certaines fractures soient plus difficiles à consolider et qu’un suivi attentif soit nécessaire.

Quels sont les symptômes d’une fracture du scaphoïde ?

Les sources décrivent les signes suivants :

  • un gonflement et une douleur du côté du pouce, sur le bord du poignet ;
  • une douleur à la palpation de la tabatière anatomique lorsque le poignet est incliné vers l’auriculaire ;
  • une douleur lorsqu’on appuie sur le pouce dans l’axe, ou lors de la rotation de l’avant-bras contre résistance ;
  • une douleur importante à la rotation du poignet.

Ces signes ne sont pas toujours spectaculaires. L’Assurance maladie rappelle d’une manière plus générale que la douleur et le gonflement sont les signes les plus fréquents d’une fracture du poignet, que le poignet reste douloureux sans déformation visible lorsque la fracture n’est pas déplacée, et qu’un hématome peut apparaître. Une douleur persistante du poignet après une chute justifie donc un examen médical, même en l’absence de déformation.

Pourquoi le diagnostic est-il parfois difficile ?

La radiographie est l’examen de première intention, avec plusieurs incidences du poignet. Mais, selon le Manuel MSD, la fracture du scaphoïde est souvent invisible sur la première série de clichés : environ 70 % des fractures seulement sont visibles d’emblée. Le diagnostic repose donc beaucoup sur l’examen clinique.

Lorsque la suspicion clinique est forte et que les radiographies ne montrent rien, le Manuel MSD décrit la conduite habituelle : le poignet est immobilisé par une attelle qui englobe le pouce, et la personne est réexaminée environ une semaine plus tard. Dans la version grand public du même manuel, les radiographies sont refaites après sept à dix jours. Si la douleur persiste, une IRM ou un scanner peut être réalisé pour confirmer ou écarter la fracture.

Cette démarche prudente vise à ne pas passer à côté d’une fracture qui n’apparaît pas tout de suite, car une fracture non traitée expose à des complications.

Comment la fracture du scaphoïde est-elle prise en charge ?

Le choix dépend de la localisation de la fracture et de son déplacement. Selon le Manuel MSD :

  • Fracture non déplacée : immobilisation par une attelle ou un plâtre qui englobe le pouce, pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que l’os consolide. Une attelle peut être utilisée temporairement lorsque la pose du plâtre doit être différée.
  • Fracture déplacée : une intervention chirurgicale, qui remet les fragments en place et les fixe, peut être nécessaire.

La consolidation demande plusieurs mois. Le choix entre traitement orthopédique et chirurgie, et la durée de l’immobilisation, sont décidés par le médecin ou le chirurgien de la main en fonction de votre situation. Respectez l’immobilisation prescrite et ne la retirez pas de votre propre initiative.

Pour la fracture du poignet de l’adulte en général, l’Assurance maladie demande de bouger les doigts sans attendre et de surélever le bras pour limiter le gonflement, des mesures qui s’appliquent aussi en cas d’immobilisation du pouce. Des antalgiques sont prescrits par le médecin.

Quelles complications peuvent survenir ?

Le Manuel MSD décrit comme principale complication l’ostéonécrose, une nécrose de l’os due à une mauvaise irrigation sanguine, qui peut survenir même avec un traitement initial adapté. La version professionnelle du manuel parle d’une complication fréquente, tandis que la version grand public la décrit comme peu fréquente : les sources ne concordent pas sur la fréquence. Les mêmes sources citent aussi l’absence de consolidation, l’effondrement de l’os, une perte de fonction du poignet et, à plus long terme, une arthrose du poignet.

Plus généralement, après une fracture du poignet, l’Assurance maladie signale des risques de raideur, d’algodystrophie (association de raideur, douleur, gonflement et sueurs de la main et du poignet, qui survient dans les semaines suivant la fracture) et d’arthrose, parfois plusieurs années après. Ces complications justifient un suivi régulier et de signaler au médecin toute douleur qui persiste ou qui reprend.

Quand consulter ?

L’Assurance maladie indique qu’une consultation médicale est nécessaire dès que l’on suspecte une fracture. En pratique, cela concerne toute douleur ou tout gonflement du poignet, du côté du pouce, après une chute ou un choc. Dans le doute, mieux vaut faire examiner le poignet.

En cas de fracture ouverte, c’est-à-dire si un os est visible ou en présence d’une plaie, l’Assurance maladie recommande d’appeler le 15 ou le 112, de ne pas bouger le membre, de couvrir la plaie et de comprimer en cas de saignement. Le traitement est alors urgent.

Questions fréquentes

Faut-il passer une IRM ou un scanner quand la radiographie est normale ?

Cela dépend de la situation, et c’est le médecin qui décide. Le Manuel MSD indique que l’IRM est plus précise que le scanner en phase aiguë, que le scanner est une alternative, et que l’IRM est parfois coûteuse et pas toujours disponible. Une immobilisation provisoire avec réexamen peut aussi être proposée.

Pourquoi le scaphoïde est-il particulier ?

Parce que son irrigation sanguine est fragile, en particulier au niveau de sa partie proche du poignet. Selon le Manuel MSD, la fracture peut compromettre cet apport de sang, favoriser une nécrose osseuse et rendre la consolidation plus difficile. C’est pourquoi un diagnostic précoce et un suivi sont importants.

Quelle rééducation après le retrait du plâtre ?

L’Assurance maladie indique que des séances de kinésithérapie sont prescrites au retrait du plâtre après une fracture du poignet, et que la mobilité revient progressivement et se poursuit pendant plusieurs mois. Le Manuel MSD précise que la souplesse, la force et le confort du poignet peuvent continuer à s’améliorer pendant plusieurs mois, et conseille de bouger chaque jour les doigts, le coude et l’épaule non immobilisés.

Quand peut-on reprendre le sport ou le travail ?

Cela dépend du côté atteint, du type de fracture, du traitement et de la profession, selon l’Assurance maladie, qui précise que le sport et les loisirs ne reprennent qu’avec l’accord du médecin. Une visite de pré-reprise avec le médecin du travail peut être proposée. Demandez l’avis de votre médecin ou chirurgien avant toute reprise.

Une fracture du poignet peut-elle être liée à l’ostéoporose ?

Oui, d’une manière générale. L’Assurance maladie indique qu’une fracture du poignet peut être une fracture de fragilité, liée à une fragilité de l’os. Un bilan est alors nécessaire pour rechercher une ostéoporose, avec un traitement si les conditions en sont réunies.

Que faire en cas de fracture ouverte du poignet ?

Appelez immédiatement le 15 ou le 112, selon l’Assurance maladie. Ne bougez pas le membre, couvrez la plaie et comprimez en cas de saignement. Il s’agit d’une urgence, qui relève de la chirurgie.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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