Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’apnée obstructive du sommeil survient lorsque les voies aériennes se rétrécissent trop pendant le sommeil et interrompent la respiration normale (NHS).
- L’excès de poids est un facteur de risque majeur : la Mayo Clinic précise toutefois que la plupart, mais pas toutes, les personnes concernées sont en surpoids.
- D’autres facteurs interviennent : anatomie de la mâchoire, de la langue ou des amygdales, alcool et sédatifs, tabac, âge, sexe masculin, antécédents familiaux, congestion nasale chronique.
- Chez l’enfant, l’augmentation de volume des amygdales ou des végétations est un facteur de risque important.
- Ronflements sévères, pauses respiratoires et somnolence dans la journée justifient une consultation : le diagnostic repose sur un bilan du sommeil prescrit par un médecin.
L’apnée obstructive du sommeil est causée par un rétrécissement répété des voies aériennes supérieures pendant la nuit, et l’excès de poids est l’un de ses principaux facteurs de risque. Il n’est pourtant pas le seul : l’anatomie du visage et de la gorge, l’alcool, le tabac, l’âge ou encore des antécédents familiaux entrent aussi en jeu.
Cet article présente les facteurs de risque identifiés par l’Assurance maladie, le Manuel MSD, la Mayo Clinic et le NHS, les signes qui doivent conduire à consulter, et la manière dont le diagnostic et la prise en charge s’organisent. Il ne permet pas de se diagnostiquer soi-même.
Qu’est-ce que l’apnée obstructive du sommeil ?
Selon le NHS, l’apnée du sommeil de type obstructif apparaît lorsque les voies aériennes deviennent trop étroites pendant le sommeil, ce qui interrompt la respiration normale. Les signes évocateurs sont des ronflements, un sommeil agité, des troubles de la respiration nocturne, une somnolence dans la journée et de la fatigue, d’après l’Assurance maladie.
La gravité est évaluée par l’indice d’apnées-hypopnées, c’est-à-dire le nombre d’événements respiratoires par heure de sommeil : de 5 à 15, l’apnée est dite légère ; de 16 à 30, modérée ; au-delà de 30, sévère (Assurance maladie).
Sites cités dans l’article d’origine : apnée obstructive du sommeil et causes de l’apnée obstructive du sommeil. Il s’agit de sites commerciaux consacrés aux oxymètres de pouls, qui ne font pas partie des sources de cet article.
Pourquoi l’excès de poids favorise-t-il l’apnée du sommeil ?
D’après la Mayo Clinic, des dépôts de graisse autour des voies aériennes supérieures peuvent obstruer la respiration, et certaines affections liées à l’obésité, comme l’hypothyroïdie ou le syndrome des ovaires polykystiques, peuvent aussi contribuer à l’apnée. Le Manuel MSD indique que l’obésité augmente fortement le risque, tout en soulignant qu’une partie des patients n’est ni en surpoids ni obèse.
Le tour de cou est un repère utilisé par les médecins. Le Manuel MSD cite comme facteur de risque un tour de cou supérieur à 43 cm chez l’homme et à 41 cm chez la femme. Ce chiffre n’est pas un diagnostic : il oriente simplement la vigilance du médecin.
Le Manuel MSD ajoute qu’une perte de poids modérée peut améliorer l’apnée, mais qu’elle ne suffit pas, à elle seule, à la faire disparaître de façon certaine. L’Assurance maladie précise de son côté que les mesures hygiéno-diététiques sont toujours indispensables dans la prise en charge, en complément du traitement adapté à la sévérité.
Quels autres facteurs augmentent le risque ?
Les sources consultées décrivent plusieurs facteurs, qui se combinent souvent :
- L’anatomie : le Manuel MSD cite une mandibule courte ou rétractée, une base de langue ou des amygdales volumineuses, des parois latérales du pharynx épaissies ; il précise que ces particularités ne prédisent pas toujours la gravité.
- L’alcool et les sédatifs : le Manuel MSD les range parmi les facteurs de risque et le NHS cite la consommation d’alcool.
- Le tabac : les fumeurs sont plus nombreux parmi les personnes concernées (Mayo Clinic, NHS).
- L’âge et le sexe : le risque augmente avec l’âge, puis se stabilise après 60 ou 70 ans ; la Mayo Clinic indique que les hommes sont environ 2 à 3 fois plus touchés que les femmes avant la ménopause, et que le risque augmente chez les femmes après la ménopause.
- Les antécédents familiaux : cités par le NHS, la Mayo Clinic et le Manuel MSD.
- La congestion nasale chronique : elle est environ deux fois plus fréquente chez les personnes qui ont le nez bouché la nuit, quelle qu’en soit la cause (Mayo Clinic).
- Dormir sur le dos et certaines maladies : le NHS cite la position sur le dos et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).
L’apnée du sommeil touche-t-elle aussi les enfants ?
Oui. Selon la Mayo Clinic, l’augmentation de volume des amygdales ou des végétations est un facteur de risque important chez l’enfant, et une conformation étroite des voies aériennes peut être familiale. Le NHS rappelle que des enfants et de jeunes adultes peuvent aussi être concernés.
L’Assurance maladie recommande de consulter un médecin si un enfant ronfle bruyamment la nuit. Chez l’enfant, elle signale aussi une fatigue dans la journée, de l’agitation, une baisse d’appétit ou un ralentissement de la croissance. Ne tentez pas d’interpréter seul ces signes : une évaluation médicale, éventuellement ORL, est nécessaire.
Quels symptômes doivent conduire à consulter ?
Consultez votre médecin si vous présentez des ronflements sévères, des pauses respiratoires constatées par l’entourage, des réveils en sursaut avec une sensation d’étouffement, ou une somnolence diurne excessive. L’Assurance maladie indique qu’un ronflement sévère, gênant souvent les proches, est constaté dans 95 % des cas d’apnée du sommeil, et que la somnolence peut aller jusqu’à des endormissements involontaires, notamment au volant.
La Mayo Clinic rappelle toutefois que le ronflement n’est pas toujours le signe d’un problème grave, et qu’une somnolence dans la journée peut avoir d’autres causes. D’où l’intérêt d’un avis médical plutôt que d’une interprétation personnelle.
Non prise en charge, l’apnée peut avoir des conséquences : l’Assurance maladie cite des accidents de la route, domestiques et du travail plus nombreux, des troubles du rythme cardiaque à court terme, puis un risque accru d’hypertension, de maladie coronaire, d’AVC et d’insuffisance cardiaque à moyen et long terme.
Comment le diagnostic et la prise en charge s’organisent-ils ?
Le diagnostic se déroule en deux temps, selon l’Assurance maladie. La consultation médicale recherche les troubles décrits par le patient ou son entourage, évalue la somnolence avec l’échelle d’Epworth et comporte un examen ORL à la recherche d’un obstacle aux voies aériennes. Un bilan du sommeil, souvent réalisé en unité du sommeil, repose ensuite sur la polygraphie ventilatoire nocturne ou, plus rarement, sur la polysomnographie, qui est plus complète.
Le traitement dépend des symptômes ressentis et de la sévérité, d’après l’Assurance maladie, qui souligne que la prise en charge nécessite un suivi et un traitement au long cours et que l’observance est capitale. Le NHS décrit les options disponibles : mesures de mode de vie (perte de poids en cas de surpoids, activité physique régulière, arrêt du tabac, réduction de l’alcool, sommeil sur le côté), appareil à pression positive continue délivrée par un masque, orthèse d’avancée mandibulaire et, dans certains cas, chirurgie.
L’hygiène de vie et l’accompagnement bien-être peuvent avoir leur place en complément, notamment pour le poids, l’alcool ou le tabac, mais ils ne remplacent ni le bilan du sommeil ni le traitement prescrit. N’arrêtez pas un appareil ou un traitement sans l’avis du médecin qui vous suit.
Questions fréquentes
Peut-on avoir une apnée du sommeil sans être en surpoids ?
Oui. La Mayo Clinic indique que la plupart des personnes concernées sont en surpoids, mais pas toutes, et le Manuel MSD précise qu’une partie des patients n’est ni en surpoids ni obèse. L’anatomie des voies aériennes, l’âge ou les antécédents familiaux peuvent jouer un rôle.
L’alcool aggrave-t-il l’apnée du sommeil ?
Le Manuel MSD range l’alcool et les sédatifs parmi les facteurs de risque, et le NHS cite l’alcool parmi les facteurs associés, en conseillant d’en réduire la consommation, surtout avant le coucher. Demandez l’avis d’un médecin avant toute prise de somnifère.
Un enfant peut-il avoir de l’apnée du sommeil ?
Oui, notamment lorsque les amygdales ou les végétations sont volumineuses, d’après la Mayo Clinic. L’Assurance maladie conseille de consulter un médecin si l’enfant ronfle bruyamment la nuit ou présente fatigue, agitation ou ralentissement de la croissance.
Le ronflement signifie-t-il toujours une apnée du sommeil ?
Non. La Mayo Clinic précise que le ronflement ne signale pas toujours un problème grave. En revanche, l’Assurance maladie indique qu’un ronflement sévère est présent dans 95 % des cas d’apnée du sommeil : s’il s’accompagne de pauses respiratoires ou de somnolence, consultez.
L’apnée du sommeil est-elle dangereuse ?
Elle peut avoir des conséquences si elle n’est pas prise en charge. L’Assurance maladie cite un risque accru d’accidents, d’hypertension, de maladie coronaire, d’AVC et d’insuffisance cardiaque. Un traitement adapté fait régresser les troubles respiratoires et la somnolence.
Perdre du poids suffit-il à traiter l’apnée du sommeil ?
Pas de façon certaine. Le Manuel MSD indique qu’une perte de poids peut améliorer l’apnée sans la faire disparaître à elle seule, et l’Assurance maladie précise que le traitement dépend de la sévérité, avec des mesures hygiéno-diététiques toujours indispensables. Seul un médecin peut décider de la stratégie.
Pour aller plus loin
- Cancer de la gorge : symptômes, diagnostic et prise en charge
- Réveils nocturnes : causes fréquentes et que faire pour se rendormir
- L’importance du sommeil dans la santé : rôle et repères
- Maladie de Hashimoto : symptômes, traitement et naturopathie
Sources
- Assurance maladie : Apnée du sommeil — symptômes évocateurs, traitement selon la sévérité, mesures hygiéno-diététiques, suivi au long cours
- Assurance maladie : Apnée du sommeil, symptômes, diagnostic, consultation et conséquences — symptômes, indice de gravité, polygraphie et polysomnographie, quand consulter, conséquences
- Manuel MSD (version professionnelle) : Apnée obstructive du sommeil — obésité, tour de cou, anatomie, alcool et sédatifs, antécédents familiaux, effet d’une perte de poids
- Mayo Clinic : Obstructive sleep apnea, symptoms and causes — facteurs de risque (poids, âge, sexe, amygdales, tabac, congestion nasale), symptômes, quand consulter
- NHS : Obstructive sleep apnoea — mécanisme, facteurs associés, options de traitement
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

