Mis à jour le 9 octobre 2026
En bref
- Le spondylolisthésis est le déplacement d’une vertèbre par rapport à la vertèbre voisine ; il touche surtout le bas du dos (région lombaire) (StatPearls).
- Il peut être découvert par hasard à l’imagerie ou provoquer des douleurs lombaires, parfois une douleur, un engourdissement ou une faiblesse dans la jambe.
- La prise en charge de première intention est non chirurgicale : contrôle des symptômes, kinésithérapie, adaptation des activités, médicaments adaptés ; la chirurgie est réservée aux douleurs persistantes malgré ces mesures, aux atteintes neurologiques ou à l’aggravation du glissement.
- Les conseils de style de vie précis (type de sport, chaussures, charges) ne s’appuient pas sur les sources officielles consultées : demandez-les à votre médecin ou à votre kinésithérapeute.
- Une perte de sensibilité autour des organes génitaux ou de l’anus, un trouble de la vessie ou de l’intestin, ou une faiblesse dans les deux jambes imposent une prise en charge en urgence.
Le spondylolisthésis est le glissement d’une vertèbre vers l’avant (plus rarement sur le côté ou vers l’arrière) par rapport à la vertèbre adjacente. Il siège le plus souvent dans la région lombaire, et en particulier à la jonction entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum.
Beaucoup de personnes l’ignorent tant qu’il ne provoque pas de gêne, d’autres consultent pour un mal de dos persistant. Cet article décrit, à partir de sources médicales, ce qu’est ce glissement, comment on le repère, quelles options sont proposées et quand il faut consulter.
Qu’est-ce que le spondylolisthésis, et comment le classe-t-on ?
StatPearls, ouvrage de référence médicale de la bibliothèque nationale américaine, définit le spondylolisthésis comme un état caractérisé par le déplacement d’une vertèbre par rapport à la vertèbre adjacente. Le glissement peut être antérieur, latéral ou postérieur ; le glissement vers l’avant dans la région lombaire, notamment au niveau L5-S1, est le plus significatif sur le plan clinique.
Les médecins mesurent l’importance du glissement avec la classification de Meyerding, fondée sur le pourcentage de glissement antérieur :
- grade I : 1 % à 25 % ;
- grade II : 26 % à 50 % ;
- grade III : 51 % à 75 % ;
- grade IV : 76 % à 100 % ;
- grade V (spondyloptose) : plus de 100 %.
Ce grade ne suffit pas à lui seul à décider du traitement : la douleur, les signes neurologiques et le retentissement sur la vie quotidienne comptent aussi.
Quelles sont les causes du spondylolisthésis ?
StatPearls distingue plusieurs mécanismes, selon la classification de Wiltse :
- Isthmique : une atteinte de la partie osseuse qui relie les articulations de la vertèbre (pars interarticularis), souvent liée à des contraintes répétées en hyperextension chez des sportifs.
- Dégénératif : lié à l’usure progressive des disques et des articulations vertébrales ; il touche le plus souvent le niveau L4-L5, chez les personnes âgées et, en particulier, les femmes.
- Dysplasique : lié à une malformation congénitale de la jonction lombo-sacrée qui réduit la stabilité.
- Traumatique : consécutif à un traumatisme de forte énergie.
- Pathologique : lié à une tumeur, une infection ou une maladie osseuse métabolique qui fragilise les vertèbres.
Un glissement peut aussi survenir après une chirurgie de décompression étendue. Ces catégories n’ont pas la même évolution, d’où l’intérêt d’un diagnostic précis par un médecin.
Quels symptômes doivent faire évoquer un spondylolisthésis ?
Selon StatPearls, les patients ont souvent une douleur localisée dans le bas du dos, qui peut s’aggraver à la flexion ou à l’extension du tronc. Lorsque des racines nerveuses sont comprimées, une douleur irradiant dans la jambe, un engourdissement, une faiblesse ou une difficulté à la marche peuvent apparaître. Plus rarement, des troubles de la vessie ou de l’intestin surviennent. Le glissement peut aussi n’entraîner aucun symptôme.
L’Assurance maladie rappelle de son côté que la lombalgie commune est douloureuse mais sans gravité lorsqu’elle est d’origine mécanique, c’est-à-dire musculaire ou ligamentaire. Un mal de dos n’est donc pas systématiquement lié à un spondylolisthésis : seul un examen médical permet de faire la part des choses.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’imagerie. D’après StatPearls :
- les radiographies (de face, de profil et en flexion-extension) sont l’examen de première intention et servent à grader le glissement ;
- le scanner est décrit comme la référence pour identifier une atteinte osseuse de la pars interarticularis et pour préparer une éventuelle chirurgie ;
- l’IRM est privilégiée pour visualiser les structures nerveuses, les disques et les tissus mous, et elle est sensible aux réactions osseuses précoces.
Le choix de l’examen revient au médecin. Une anomalie vue à l’imagerie ne suffit pas à expliquer une douleur : c’est la corrélation entre vos symptômes, l’examen clinique et les images qui guide la prise en charge.
Quelle prise en charge sans chirurgie ?
StatPearls indique que la prise en charge non chirurgicale est la stratégie de première intention, centrée sur le contrôle des symptômes et l’amélioration de la fonction. Les options citées comprennent :
- les anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
- la kinésithérapie axée sur la stabilisation du tronc et la souplesse ;
- le corset, surtout chez l’enfant et l’adolescent ;
- l’adaptation des activités ;
- les infiltrations de corticoïdes péridurales en cas de douleur irradiant dans la jambe ;
- d’autres techniques de blocs ou de radiofréquence pour certaines douleurs liées à une atteinte osseuse spécifique.
Le NHS conseille, pour les maux de dos en général, de rester actif et de poursuivre les activités quotidiennes, car la douleur s’améliore souvent en quelques semaines. Il recommande des exercices doux et des étirements, l’arrêt de tout exercice qui aggrave la douleur, et d’éviter les longues périodes au lit. Il indique que l’ibuprofène peut aider, mais qu’il faut demander l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin au préalable. L’Assurance maladie en fait un message de santé publique sous la forme d’un titre : « Mal de dos : le bon traitement, c’est le mouvement ! ».
Ces conseils s’appliquent à la lombalgie en général. Pour un spondylolisthésis avéré, le type d’exercices, leur intensité et les mouvements à éviter dépendent du grade, de la cause et de vos symptômes : ils doivent être définis par votre médecin ou votre kinésithérapeute. Les sources consultées ne permettent pas de dresser une liste de gestes ou d’objets (chaussures, charges, sports) à proscrire.
Site cité dans l’article d’origine : limiter les douleurs liées à un spondylolisthésis. Ce lien mène à la page d’accueil de Santé publique France, qui ne traite pas ce sujet en particulier.
Quand la chirurgie est-elle envisagée ?
Selon StatPearls, une intervention est indiquée en cas de douleur persistante qui ne répond pas aux mesures non chirurgicales. L’ouvrage cite aussi comme indications les déficits neurologiques et l’aggravation d’une déformation. Le spondylolisthésis dysplasique est généralement traité de façon plus active en raison d’un risque plus élevé d’atteinte neurologique. Dans les formes de bas grade, la décompression associée à une fusion vertébrale est l’approche standard.
La décision se prend avec un chirurgien du rachis, après un bilan complet. Elle repose sur le bénéfice attendu, les risques, votre état de santé et vos préférences ; n’hésitez pas à demander un second avis.
Quand consulter, et dans quels cas faut-il aller aux urgences ?
Consultez votre médecin si le mal de dos ne s’améliore pas après quelques semaines de soins à domicile, s’il vous empêche de faire vos activités quotidiennes, s’il ne s’améliore pas au repos ou s’aggrave la nuit, ou s’il s’accompagne d’une perte de poids inexpliquée, d’une bosse, d’un gonflement ou d’un changement de forme du dos. Ces critères sont ceux du NHS pour les douleurs de dos.
Le NHS indique qu’un avis urgent est nécessaire si vous avez de la fièvre, des frissons ou un malaise général, ou si la douleur est sévère, brutale ou s’aggrave rapidement. Il faut appeler immédiatement les secours (en France, le 15 ou le 112) en cas de mal de dos accompagné d’une perte de sensibilité autour des organes génitaux ou de l’anus, de troubles du contrôle de la vessie ou de l’intestin (difficulté à uriner, incontinence), ou d’une douleur, de fourmillements, d’une faiblesse ou d’un engourdissement dans les deux jambes. Ne conduisez pas vous-même.
Questions fréquentes
Un spondylolisthésis est-il toujours douloureux ?
Non. Il peut être découvert par hasard à l’imagerie sans aucun symptôme. Lorsqu’il fait mal, StatPearls décrit surtout une douleur localisée du bas du dos, parfois avec une irradiation dans la jambe, un engourdissement ou une faiblesse.
Quelles sont les causes possibles d’un spondylolisthésis ?
StatPearls distingue des formes isthmique (atteinte osseuse liée notamment à des contraintes répétées en hyperextension chez des sportifs), dégénérative (usure des disques et des articulations, surtout chez les personnes âgées), dysplasique (malformation congénitale), traumatique et pathologique (tumeur, infection, maladie osseuse). Le médecin identifie la forme grâce à l’imagerie.
Comment les médecins mesurent-ils la gravité du glissement ?
Avec la classification de Meyerding, fondée sur le pourcentage de glissement vers l’avant : du grade I (1 % à 25 %) au grade IV (76 % à 100 %), le grade V correspondant à une vertèbre qui a glissé de plus de 100 %. Le grade n’est qu’un élément parmi d’autres pour décider du traitement.
Faut-il se reposer complètement en cas de douleur ?
Non. Pour les douleurs de dos en général, le NHS conseille de rester actif, d’éviter les longues périodes au lit et d’arrêter les exercices qui aggravent la douleur. Pour un spondylolisthésis, demandez à votre médecin ou à votre kinésithérapeute quelles activités vous conviennent.
La chirurgie est-elle obligatoire ?
Non. StatPearls indique que la prise en charge non chirurgicale est la première intention. La chirurgie est envisagée en cas de douleur persistante malgré ces mesures, de déficit neurologique ou d’aggravation d’une déformation.
Quels signes imposent d’aller aux urgences ?
Selon le NHS, un mal de dos associé à une perte de sensibilité autour des organes génitaux ou de l’anus, à des troubles de la vessie ou de l’intestin, ou à des douleurs, fourmillements ou une faiblesse dans les deux jambes impose d’appeler immédiatement les secours, en France le 15 ou le 112.
Pour aller plus loin
- Douleur à la fesse : causes possibles et quand consulter
- Fracture vertébrale : symptômes, diagnostic et traitements
- Mal de dos et psoas : ce que disent les recommandations
- Syndrome des facettes articulaires lombaires : prise en charge
Sources
- StatPearls (NCBI Bookshelf) : spondylolisthesis, mis à jour en mars 2025 — définition, grades de Meyerding, causes, symptômes, imagerie, traitements, indications chirurgicales
- NHS : back pain — conseils généraux, critères de consultation, signes d’urgence
- Assurance maladie : lombalgie aiguë — lombalgie commune d’origine mécanique, douloureuse mais sans gravité
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

