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Sclérose en plaques : quelles approches complémentaires ?

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • La sclérose en plaques est une maladie chronique du système nerveux central. Selon Santé.fr, aucun traitement ne permet à ce jour d’en obtenir la guérison ; le suivi neurologique et les traitements de fond prescrits par le neurologue restent la base.
  • Activité physique adaptée : la HAS en décrit des bénéfices sur la fatigue, la mobilité, l’équilibre et la qualité de vie, et indique qu’elle n’augmente pas le risque de poussée. Elle est contre-indiquée pendant une poussée aiguë.
  • Vitamine D : les preuves sont insuffisantes (revue Cochrane 2018 : un seul essai de 49 personnes). Le Manuel MSD recommande de surveiller le taux sanguin ; la décision revient au médecin.
  • Rééducation cognitive : la revue Cochrane de 2014 conclut à des preuves de faible qualité d’un effet sur les symptômes cognitifs.
  • Aucune approche complémentaire ne remplace le suivi médical. Consultez rapidement un spécialiste en cas de symptôme neurologique nouveau ou inhabituel.

Dans la sclérose en plaques (SEP), des approches complémentaires peuvent améliorer le quotidien, mais aucune ne modifie à elle seule l’évolution de la maladie et aucune ne remplace le suivi neurologique. Le niveau de preuve varie fortement : solide pour l’activité physique adaptée, insuffisant pour la vitamine D, faible pour la rééducation cognitive.

Cet article reprend ce que disent la Haute Autorité de santé (HAS), Santé.fr, le Manuel MSD et deux revues Cochrane. Il remplace les promesses de l’ancienne version par l’état réel des connaissances, et rappelle quand consulter.

Qu’est-ce que la sclérose en plaques, et que peut-on attendre des traitements ?

La SEP est une maladie auto-immune du système nerveux central : le système immunitaire attaque la myéline, la gaine qui protège les fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière. Selon Santé.fr, les symptômes varient selon la localisation des lésions : perte de vision d’un œil, troubles de la marche ou de l’équilibre, fourmillements, engourdissements, faiblesse musculaire. Une fatigue intense est fréquente, ainsi que des troubles de la concentration et de la mémoire. Beaucoup de symptômes sont invisibles et certains sont temporaires.

Santé.fr précise qu’aucun traitement ne permet à ce jour la guérison de la maladie. Les traitements se répartissent en trois groupes : ceux qui réduisent la fréquence et la gravité des poussées, ceux qui soulagent les symptômes et les traitements de fond. Seul le neurologue peut prescrire ces derniers. La HAS rappelle que leur choix dépend de l’activité de la maladie, des données d’imagerie, de la tolérance et des préférences de la personne, et que la prise en charge globale associe médicaments et mesures non médicamenteuses : rééducation, prise en charge de la douleur et de la spasticité, aides à la marche et éducation thérapeutique. Cette synthèse HAS date de 2019 ; les stratégies peuvent évoluer, et votre neurologue reste la référence.

L’activité physique est-elle recommandée dans la SEP ?

Oui, sous conditions. Dans sa fiche sur l’activité physique adaptée dans la SEP, la HAS indique que l’activité physique a des effets bénéfiques sur la fatigue, la mobilité, l’équilibre, la condition physique, la santé cardiovasculaire et la qualité de vie. Elle précise qu’elle n’augmente pas le risque de déclencher une poussée et qu’elle est globalement considérée comme sûre. Le Manuel MSD la recommande même à un stade avancé de la maladie, pour le conditionnement cardiaque et musculaire, la réduction de la spasticité et du risque de chute.

La HAS recommande une consultation médicale dédiée pour évaluer le niveau d’activité, la condition physique, le handicap et le risque cardiovasculaire. Les programmes combinent généralement endurance, renforcement musculaire, équilibre et étirements, et s’adaptent au niveau de handicap : activité de loisir pour un handicap léger, programme supervisé par un professionnel de l’activité physique adaptée (kinésithérapeute ou enseignant en activité physique adaptée) pour un handicap intermédiaire, rééducation pour un handicap sévère.

Trois précautions sont signalées. L’activité est contre-indiquée pendant une poussée aiguë. La chaleur et l’humidité peuvent aggraver transitoirement les symptômes (phénomène d’Uhthoff), d’où l’intérêt d’un environnement frais. Enfin, la fatigue peut retarder la récupération après l’effort, et une aggravation passagère des symptômes pendant l’exercice est possible ; elle se résorbe en général rapidement à l’arrêt et serait moins fréquente avec une pratique régulière.

Que sait-on de la vitamine D et de l’alimentation ?

La vitamine D est l’un des sujets les plus étudiés, mais les preuves restent limitées. Santé.fr indique qu’un faible taux de vitamine D est soupçonné de contribuer à la maladie, mais qu’un apport supplémentaire n’a pas été démontré comme réduisant le risque d’en être atteint. La revue Cochrane de 2018 sur la vitamine D dans la SEP n’a retenu qu’un seul essai, mené sur 49 personnes pendant 52 semaines : il suggérait des bénéfices possibles sur le taux de poussées et le score de handicap, avec peu d’effets indésirables, mais il manquait de puissance statistique et présentait un risque de biais potentiellement élevé. Ses auteurs concluent que les preuves ne permettent pas de décisions sûres sur l’usage de la vitamine D dans la SEP.

Le Manuel MSD indique que les preuves sur un ralentissement de la progression de la maladie sont mitigées, que les taux sanguins doivent être surveillés et que la vitamine D réduit aussi le risque d’ostéoporose, notamment chez les personnes peu mobiles ou sous corticoïdes. En pratique, une supplémentation se décide donc avec le médecin, après dosage dans le sang, et ne se choisit pas seul.

Pour l’alimentation, aucune des sources consultées ne recommande un régime particulier dans la SEP ni ne présente l’alimentation comme un moyen d’agir sur la maladie. Les régimes d’exclusion non encadrés et les cures dites « détox » ne reposent sur aucune de ces sources ; demandez conseil à votre médecin ou à un diététicien avant de modifier votre alimentation, notamment en cas de fatigue importante ou d’amaigrissement.

La rééducation cognitive peut-elle aider ?

Santé.fr mentionne les troubles de la concentration et de la mémoire parmi les symptômes possibles de la SEP. La rééducation neuropsychologique est l’une des réponses étudiées. La revue Cochrane de 2014 a inclus 20 études, soit 986 participants, et conclut à des preuves de faible qualité d’une réduction des symptômes cognitifs. Dix-huit études sur vingt montraient un effet positif lorsqu’on les examinait séparément, mais la plupart des résultats regroupés n’étaient pas statistiquement significatifs ; les petits effectifs, les faiblesses méthodologiques et l’hétérogénéité des interventions limitent la portée des conclusions. Les auteurs précisent que de nouveaux essais pourraient modifier ce constat.

Cette revue date de 2014 et d’autres travaux ont pu paraître depuis. Si des difficultés de concentration ou de mémoire retentissent sur votre quotidien ou votre travail, parlez-en à votre neurologue : un bilan peut orienter vers une prise en charge adaptée, et la prise en charge de la fatigue et du moral fait partie des soins à discuter avec l’équipe.

Et la relaxation, le yoga ou les pratiques de bien-être ?

Parmi les activités citées par la HAS pour la SEP figurent le yoga, le tai-chi, le Pilates et la marche nordique, aux côtés de la marche, du vélo et de l’aquagym. Elles sont présentées comme des activités physiques adaptées, à choisir selon le handicap et sous avis médical, non comme des moyens d’agir sur la maladie.

Pour la relaxation, la sophrologie, la méditation, l’autohypnose ou les massages, aucune des sources consultées ne détaille d’effet démontré sur les symptômes de la SEP. Le Manuel MSD cite, pour la dépression associée à la maladie, la psychothérapie de soutien et les antidépresseurs. Si ces pratiques vous attirent, elles peuvent s’ajouter à votre suivi pour le confort, sans jamais s’y substituer : parlez-en à votre équipe soignante.

Quand consulter, et avec quels professionnels ?

Santé.fr conseille de consulter rapidement un spécialiste en cas de symptôme neurologique anormal, notamment une perte de vision d’un œil, des troubles de la marche ou de l’équilibre, des fourmillements ou un engourdissement. Le diagnostic repose sur un examen neurologique, des analyses de sang et une IRM du cerveau ou de la moelle épinière.

Si vous vivez avec la SEP, contactez votre équipe soignante en cas de symptôme nouveau, d’aggravation brutale, de douleur ou de troubles urinaires, de chute ou de baisse du moral. Le suivi associe le médecin généraliste et le neurologue, avec selon les besoins un médecin de médecine physique et de réadaptation, un kinésithérapeute, un ergothérapeute, un orthophoniste, des infirmiers et des travailleurs sociaux. Ne modifiez ni n’arrêtez jamais un traitement de fond de votre propre initiative.

Site cité dans l’article d’origine, page de présentation générale de la maladie éditée avec le soutien d’un laboratoire pharmaceutique : En savoir plus sur la guérison de la sclérose en plaques. Précision : à ce jour, aucun traitement ne permet la guérison de la SEP.

Questions fréquentes

À quel âge la sclérose en plaques débute-t-elle ?

Selon Santé.fr, la maladie débute le plus souvent entre 20 et 40 ans. Environ 85 % des cas commencent par des poussées, et l’évolution reste très imprévisible d’une personne à l’autre.

La sclérose en plaques est-elle héréditaire ?

Selon Santé.fr, elle n’est pas héréditaire, même si une trentaine de gènes interviennent. Elle résulterait probablement d’une interaction avec des facteurs environnementaux, comme certaines infections virales ou un faible taux de vitamine D.

Les vaccins contre l’hépatite B ou le papillomavirus provoquent-ils la SEP ?

Non. Santé.fr indique que les autorités sanitaires n’ont pas établi de lien de cause à effet entre les vaccins contre l’hépatite B ou le papillomavirus et la sclérose en plaques.

Quels professionnels interviennent dans le suivi ?

Santé.fr cite le médecin généraliste et le neurologue, qui seul prescrit les traitements de fond, ainsi que, selon les besoins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, infirmiers et travailleurs sociaux. La HAS évoque aussi le médecin de médecine physique et de réadaptation.

La chaleur peut-elle aggraver les symptômes ?

Oui, de façon transitoire chez certaines personnes. La HAS décrit ce phénomène (Uhthoff) et conseille d’éviter les activités intenses en environnement chaud et humide, et de privilégier un lieu frais.

Quelles activités physiques la HAS cite-t-elle pour la SEP ?

La HAS cite la marche, le vélo, l’aquagym, le Pilates, le yoga, le tai-chi et la marche nordique, adaptés au handicap. En milieu aquatique, elle signale des précautions en cas de troubles urinaires non stabilisés.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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