Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le ménisque est un fibrocartilage en forme de C qui amortit les chocs entre le fémur et le tibia ; chaque genou en compte deux, et leur déchirure est l’une des blessures du genou les plus fréquentes.
- Les signes typiques sont douleur, gonflement ou raideur, sensation de claquement, difficulté à tendre le genou, blocage ou impression que le genou se dérobe.
- Le diagnostic repose sur l’examen clinique ; la radiographie ne montre pas le ménisque, l’IRM est l’imagerie la plus efficace pour détecter une déchirure.
- La prise en charge est souvent d’abord conservatrice (repos des gestes à risque, antalgiques, kinésithérapie) ; la chirurgie est discutée en cas de blocage ou de douleur persistante malgré la rééducation.
- Un genou bloqué, impossible à plier ou à appuyer, très gonflé ou déformé, ou une fièvre avec genou chaud, justifie un avis médical rapide.
Une lésion du ménisque est une déchirure ou une usure de l’un des fibrocartilages du genou, qui provoque le plus souvent une douleur, un gonflement et, dans certains cas, un blocage de l’articulation. Selon la nature de la lésion, la prise en charge va de la rééducation à une intervention sous arthroscopie.
Cet article s’appuie sur la Mayo Clinic, le NHS et les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour expliquer comment reconnaître une lésion méniscale, comment elle est diagnostiquée et quelles sont les options proposées. Il signale aussi que la recommandation française de la HAS citée date de 2008.
Qu’est-ce qu’un ménisque et qu’est-ce qu’une lésion méniscale ?
D’après la Mayo Clinic, chaque genou possède deux fibrocartilages en forme de C, les ménisques, qui amortissent les chocs entre le tibia et le fémur. Une déchirure du ménisque est l’une des blessures du genou les plus fréquentes. Le NHS parle de lésion du cartilage du genou, situé entre les os de l’articulation, qui résulte généralement d’une blessure.
Toutes les lésions ne se ressemblent pas. La HAS distingue notamment les lésions traumatiques, consécutives à un accident ou à un faux mouvement, des lésions dégénératives, liées à l’usure. Cette distinction guide ensuite les examens et le traitement.
Quels symptômes doivent faire évoquer une lésion du ménisque ?
La Mayo Clinic cite les signes suivants :
- une sensation de claquement au moment de la blessure ;
- un gonflement ou une raideur du genou ;
- une douleur, surtout lors des torsions ou des rotations ;
- une difficulté à étendre complètement le genou ;
- une sensation de blocage lors du mouvement ;
- une impression que le genou se dérobe.
La douleur et le gonflement peuvent mettre 24 heures ou plus à apparaître, surtout si la déchirure est petite. Le NHS ajoute une douleur ou une sensibilité du genou, une difficulté à plier ou à tendre le genou et un craquement ou un claquement au mouvement.
Ces symptômes ne sont pas propres au ménisque : le NHS rattache aussi une douleur au genou après blessure à une atteinte d’un ligament, d’un tendon ou du cartilage. Seul un examen médical permet de faire la part des choses.
Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?
La Mayo Clinic décrit les causes suivantes : des mouvements forcés de torsion ou de rotation du genou (pivots brusques, arrêts et virages soudains), l’agenouillement, l’accroupissement profond ou le port de charges lourdes. Chez les personnes âgées, l’usure dégénérative du genou peut entraîner une déchirure avec peu ou pas de traumatisme. Pour le NHS, la torsion du genou pendant un sport est la cause la plus fréquente, mais des mouvements moins violents, comme se tordre en se relevant, peuvent suffire.
Les facteurs de risque cités par la Mayo Clinic sont la pratique d’activités impliquant des pivots ou des contacts, comme le football américain, le tennis ou le basket-ball, le vieillissement avec l’usure des genoux, et l’obésité.
Lésion traumatique ou dégénérative : pourquoi la distinction compte-t-elle ?
La recommandation de la HAS sur la prise en charge des lésions méniscales de l’adulte, publiée en 2008, traite séparément les deux situations.
- Lésion traumatique : le principe est de conserver le ménisque autant que possible. Une réparation est envisageable pour les lésions situées à la périphérie, là où le ménisque est vascularisé, chez un patient jeune et motivé ; l’alternative est de retirer la partie la plus limitée possible du ménisque.
- Lésion dégénérative : la conduite dépend de l’état du cartilage. En cas de pincement de l’interligne articulaire, il s’agit de prendre en charge l’arthrose et ses facteurs de risque, sans retrait du ménisque. Une méniscectomie arthroscopique, la plus partielle possible, ne peut se justifier que dans des cas précis, notamment une lésion isolée sans pincement ; un traitement médical symptomatique prolongé est souhaitable avant toute autre décision.
La même recommandation indique que la lésion en anse de seau déplacée, qui peut bloquer le genou, peut relever d’une arthroscopie, parfois associée à une rupture du ligament croisé antérieur. Ce document date de 2008 : les pratiques ont pu évoluer depuis, et la décision se prend avec le chirurgien orthopédiste.
Comment le diagnostic est-il posé ?
La Mayo Clinic indique que le médecin peut mobiliser le genou et la jambe, observer la marche et demander un squat pour identifier la cause des symptômes. La HAS précise que le diagnostic repose sur l’examen clinique, à la recherche de signes méniscaux et de laxité, avec un bilan radiographique standard.
La radiographie ne montre pas la déchirure, puisque le ménisque est du cartilage : elle sert surtout à écarter d’autres problèmes du genou. L’IRM est, selon la Mayo Clinic, l’examen d’imagerie le plus efficace pour détecter une déchirure méniscale. Pour la HAS, elle est requise dans une lésion traumatique afin de préciser le type de lésion et l’état du ligament croisé antérieur, et elle est demandée dans une lésion dégénérative lorsque le traitement médical mené à son terme a échoué.
L’arthroscopie, qui consiste à introduire une petite caméra par une incision, permet aussi d’examiner l’intérieur du genou et, si nécessaire, de traiter la déchirure au cours du même geste.
Quelle prise en charge est proposée, avec ou sans chirurgie ?
La Mayo Clinic précise que le traitement commence souvent de manière conservatrice, selon le type, la taille et la localisation de la déchirure.
- Repos : éviter les activités qui aggravent la douleur, surtout les torsions, rotations et pivots ; des béquilles peuvent soulager le genou si la douleur est intense. Le NHS recommande aussi de ne pas immobiliser totalement le genou et de reprendre des mouvements doux après quelques jours.
- Antalgiques : le NHS cite le paracétamol ou l’ibuprofène, en comprimés ou en gel. Leur usage dépend de votre situation : demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien, notamment en cas de traitement en cours.
- Glace : une poche de glace enveloppée dans un linge est citée par le NHS et la Mayo Clinic.
- Kinésithérapie : elle renforce les muscles autour du genou et des jambes pour stabiliser l’articulation, selon la Mayo Clinic, et peut réduire la douleur et améliorer la mobilité et la force du genou, selon le NHS.
- Chirurgie arthroscopique : elle est envisagée si la douleur persiste malgré la rééducation ou si le genou se bloque, d’après la Mayo Clinic. Le ménisque peut être réparé, surtout chez les enfants et les jeunes adultes, ou retaillé s’il ne peut pas l’être.
Le NHS précise qu’une évolution favorable est possible sans traitement, mais que le processus peut être long. Les sources n’avancent pas de durée de récupération précise : elle dépend de la lésion, de votre âge et de votre activité. Après une chirurgie, des exercices de renforcement et de stabilité sont nécessaires.
Quelles complications et quels signes doivent vous alerter ?
La Mayo Clinic cite comme complications possibles la sensation que le genou se dérobe, la difficulté à le bouger comme d’habitude, une douleur persistante et un risque accru d’arthrose du genou blessé. C’est une raison de ne pas laisser traîner des symptômes qui durent.
Le NHS recommande de consulter un médecin généraliste si la douleur gêne les activités ou le sommeil, s’aggrave ou revient, ou si elle ne s’améliore pas malgré les soins à domicile. Il conseille un avis urgent ou rapide dans plusieurs situations :
- douleur très intense après une chute ou une blessure ;
- impossibilité de marcher, de prendre appui, de plier ou de tendre la jambe ;
- genou très gonflé ou ayant changé de forme, ou genou qui se bloque ou cède ;
- peau chaude et gonflée autour du genou, ou fièvre avec douleur, ce qui peut évoquer une infection ;
- genou déplacé ou déformé, fourmillements ou perte de sensibilité du genou, de la jambe ou des orteils : urgences.
Dans ces situations, rendez-vous aux urgences ou contactez les secours sans attendre, et ne conduisez pas vous-même si vous avez un genou déformé ou une perte de sensibilité.
Questions fréquentes
Un ménisque peut-il s’améliorer sans traitement ?
Le NHS indique que l’évolution peut être favorable sans traitement, mais que le processus peut être long. Tout dépend du type de lésion : un genou qui se bloque, ne tolère plus l’appui ou reste douloureux malgré le repos doit être examiné par un médecin.
Faut-il toujours opérer une lésion du ménisque ?
Non. D’après la Mayo Clinic, le traitement commence souvent par des mesures conservatrices, dont la kinésithérapie, et la chirurgie est envisagée si la douleur persiste malgré la rééducation ou si le genou se bloque. Pour une lésion dégénérative, la HAS (2008) privilégie d’abord un traitement médical.
Une radiographie suffit-elle pour voir une lésion du ménisque ?
Non, car le ménisque est du cartilage et n’apparaît pas sur une radiographie, qui sert surtout à écarter d’autres problèmes. L’IRM est, selon la Mayo Clinic, l’examen d’imagerie le plus efficace pour détecter une déchirure méniscale.
Une lésion du ménisque peut-elle favoriser l’arthrose ?
La Mayo Clinic cite un risque accru d’arthrose du genou blessé parmi les complications. Ce risque est une raison de faire examiner un genou qui reste douloureux, gonflé ou qui se bloque.
Quelle différence entre réparer et retailler un ménisque ?
D’après la Mayo Clinic, la réparation est possible surtout chez les enfants et les jeunes adultes ; si la déchirure ne peut pas être réparée, le ménisque est retaillé, sans ablation complète. La HAS recommande de conserver le ménisque autant que possible dans les lésions traumatiques.
Quels signes doivent faire consulter en urgence ?
Le NHS cite une douleur très intense après une blessure, l’impossibilité de plier ou d’appuyer, un genou très gonflé ou déformé, un blocage ou un genou qui cède, une peau chaude avec fièvre, ou des fourmillements et une perte de sensibilité du genou, de la jambe ou des orteils.
Pour aller plus loin
- Lésion du ligament croisé antérieur : symptômes et prise en charge
- Épanchement de synovie au genou : causes et prise en charge
- Rupture du tendon rotulien : symptômes, diagnostic et prise en charge
- Fracture du genou : symptômes, diagnostic et prise en charge
Sources
- Mayo Clinic : Torn meniscus – Symptoms and causes — définition, symptômes, causes, facteurs de risque, complications
- Mayo Clinic : Torn meniscus – Diagnosis and treatment — examen, radiographie, IRM, arthroscopie, kinésithérapie, réparation ou retaille
- NHS : Meniscus tear (knee cartilage damage) — symptômes, auto-soins, quand consulter, traitements
- NHS : Knee pain — signes nécessitant un avis urgent
- HAS : Prise en charge thérapeutique des lésions méniscales et des lésions isolées du LCA du genou chez l’adulte (2008) — lésions traumatiques et dégénératives, place de l’IRM, indications de l’arthroscopie
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

