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Lapacho pau d’arco : usages traditionnels, preuves et précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le lapacho, aussi appelé pau d’arco ou taheebo, est un arbre d’Amérique du Sud dont l’écorce interne sert à préparer des tisanes et des compléments.
  • Ses usages traditionnels (infections, douleurs, peau) ne sont pas validés : la plupart des études sont des travaux de laboratoire ou sur l’animal, sans essai clinique concluant chez l’humain.
  • Aucun effet anticancéreux ou antibactérien n’a été démontré chez l’humain ; un complément ne remplace jamais un traitement ni un dépistage.
  • Il peut majorer le risque de saignement avec les anticoagulants et les antiplaquettaires, et il est à éviter pendant la grossesse et l’allaitement sans avis médical.
  • Parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien avant toute consommation, surtout si vous suivez un traitement.

Le lapacho pau d’arco est une plante d’Amérique du Sud, issue d’arbres du genre Tabebuia (aujourd’hui rattachés au genre Handroanthus), dont l’écorce interne est utilisée en tisane dans la tradition et vendue sous forme de gélules ou de comprimés. À ce jour, ses bénéfices pour la santé ne sont pas démontrés chez l’humain, et sa sécurité d’emploi n’est pas établie.

Cet article présente l’identité de la plante, ses usages traditionnels, ce que montrent réellement les études, les risques et interactions documentés, ainsi que les précautions à connaître. Il ne donne ni mode de préparation, ni quantité, ni durée de consommation.

Qu’est-ce que le lapacho, ou pau d’arco ?

Le lapacho désigne plusieurs arbres de la famille des Bignoniacées, originaires de l’Amazonie et des régions tropicales d’Amérique centrale et du Sud. Une revue scientifique publiée en 2020 indique que le nom botanique accepté est Handroanthus impetiginosus, longtemps appelé Tabebuia impetiginosa. Parmi ses noms usuels figurent pau d’arco, taheebo et ipé. L’arbre est décrit comme caduc et pouvant atteindre une trentaine de mètres.

Le centre de cancérologie Memorial Sloan Kettering précise que c’est l’écorce interne de ces arbres qui est utilisée, en tisane dans la médecine traditionnelle, et qu’elle est commercialisée sous forme de comprimés ou de gélules à avaler. Les effets d’un produit peuvent varier selon l’espèce, la partie de la plante, le mode d’extraction et la voie d’administration : un même nom vendu peut donc recouvrir des produits différents.

Quels sont les usages traditionnels du lapacho ?

La revue de 2020 recense de nombreux usages traditionnels : fièvre, paludisme, infections bactériennes et fongiques, maladies de peau, douleurs, arthrite, colite, prostatite, ainsi que, plus récemment, cancer, obésité et dépression. Une tisane d’écorce interne était notamment préparée par le peuple Callawaya pour des inflammations cutanées.

Ces usages relèvent de la tradition. Ils ne constituent pas des indications reconnues par une autorité sanitaire, et l’ancienneté d’une pratique ne prouve ni son efficacité ni son innocuité.

Quels composés contient le lapacho ?

Les chercheurs ont identifié dans la plante des naphtoquinones, des anthraquinones, des quinones, des flavonoïdes, des acides benzoïques et d’autres familles de molécules. Le lapachol et la β-lapachone sont les plus étudiés. Dans des travaux de laboratoire, le lapachol a freiné la prolifération de cellules tumorales, tandis que la β-lapachone s’est montrée toxique pour des cellules de souris et humaines, y compris saines.

Ces résultats expliquent l’intérêt des chercheurs pour certains dérivés, comme la β-lapachone, qui a fait l’objet d’essais de phase 2 en tant que molécule isolée. Ils ne permettent pas de conclure qu’une tisane ou une gélule de lapacho ait un effet comparable chez l’humain : la dose, la composition et la forme ne sont pas les mêmes.

Que montrent les études sur l’efficacité du lapacho ?

La revue de 2020 est nette : la plupart des travaux sur T. impetiginosa en sont encore au stade des cultures cellulaires et des modèles animaux, et elle ne décrit aucun essai clinique portant sur l’extrait de la plante elle-même. Ses auteurs appellent à des études complémentaires avant d’envisager des essais chez l’humain.

La synthèse de Memorial Sloan Kettering (mise à jour en avril 2023) rapporte quelques petites études humaines : une préparation à base de lapacho aurait pu aider à prévenir des lésions de la bouche chez des patients traités par radiothérapie pour un cancer de la tête et du cou, et des résultats préliminaires évoquaient une moindre douleur dans les règles douloureuses, l’étude citée étant toutefois un essai de sécurité et de tolérance. Le lapachol n’a, quant à lui, entraîné aucune amélioration clinique chez des patients atteints de leucémie myéloïde chronique, selon une étude de 1974.

Cette même source indique que les effets anticancéreux et antibactériens n’ont pas été démontrés chez l’humain. Un patient suivi pour un cancer ne doit donc jamais substituer un complément à un dépistage ou à un traitement : tout produit envisagé doit être signalé à l’équipe soignante.

Quels sont les risques et les interactions connus ?

La sécurité du lapacho n’est pas établie : les auteurs de la revue de 2020 notent que les données de toxicité sont limitées et appellent à des études toxicologiques supplémentaires. Les principaux signaux rapportés sont les suivants :

  • Effets indésirables chez l’humain : nausées, vomissements et coloration des urines ont été décrits dans une étude clinique.
  • Données animales (lapachol) : anémie avec des quantités importantes et prolongées, réduction du poids des vésicules séminales chez le rat, effets toxiques sur le fœtus et anomalies chromosomiques chez la souris.
  • Anticoagulants et antiplaquettaires : un risque de saignement accru est possible, le lapachol inhibant des enzymes de la vitamine K selon un mécanisme proche de celui de la warfarine. La portée clinique reste inconnue.

Pendant la grossesse et l’allaitement, Memorial Sloan Kettering ne donne pas de consigne humaine précise, mais signale la toxicité sur le fœtus observée chez l’animal. L’Assurance maladie déconseille fortement la consommation d’huiles essentielles et de compléments alimentaires pendant la grossesse et demande l’avis d’un professionnel de santé pour tout produit à base de plantes. En l’absence de données de sécurité, l’Anses indique par ailleurs que l’usage de la plupart des plantes est déconseillé chez la femme enceinte ou allaitante et chez l’enfant.

Comment aborder le lapacho avec prudence ?

Si vous envisagez d’en consommer, discutez-en d’abord avec votre médecin ou votre pharmacien, surtout si vous prenez un anticoagulant, un autre traitement chronique ou si vous êtes enceinte ou allaitante. L’Anses rappelle que le fabricant est responsable de la sécurité de ses compléments et que ceux-ci doivent porter la mention « Ce complément alimentaire n’est pas un médicament. En cas de symptômes persistants, consulter un médecin. »

Vérifiez l’identification de la plante (nom botanique, partie utilisée) et méfiez-vous des produits qui promettent un effet sur une infection, une défense immunitaire ou une maladie. Un symptôme qui persiste (fièvre, infection récidivante, trouble digestif durable, fatigue inhabituelle) mérite une consultation médicale, et non une tisane. En cas d’effet indésirable, consultez un professionnel de santé et signalez-le au dispositif de nutrivigilance de l’Anses.

Questions fréquentes

Le lapacho, le pau d’arco et le taheebo sont-ils la même plante ?

Ce sont des noms usuels qui désignent le plus souvent les mêmes arbres, rattachés à Handroanthus impetiginosus (ancien nom Tabebuia impetiginosa). Memorial Sloan Kettering rappelle toutefois que l’espèce, la partie utilisée et l’extraction modifient les effets d’un produit.

Le lapacho a-t-il montré un effet contre le cancer ?

Non, pas chez l’humain. Memorial Sloan Kettering indique que les effets anticancéreux n’ont pas été démontrés chez l’humain, et que le lapachol n’a pas amélioré l’état de patients atteints de leucémie myéloïde chronique dans une étude de 1974. Un complément ne remplace ni dépistage ni traitement.

Le lapacho est-il compatible avec un traitement anticoagulant ?

C’est à vérifier avec un médecin ou un pharmacien avant toute consommation. Memorial Sloan Kettering indique que le lapacho pourrait augmenter le risque de saignement avec les anticoagulants et les antiplaquettaires, son composant lapachol agissant sur des enzymes de la vitamine K, sans que la portée clinique soit connue.

Peut-on prendre du lapacho pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Mieux vaut s’en abstenir sans avis médical. Il n’existe pas de données humaines précises, mais des effets toxiques sur le fœtus ont été observés chez l’animal avec le lapachol. L’Assurance maladie demande l’avis d’un professionnel de santé avant tout produit à base de plantes pendant la grossesse.

Quels effets indésirables le lapacho peut-il provoquer ?

Une étude clinique a rapporté des nausées, des vomissements et une coloration des urines. Chez l’animal, de fortes quantités de lapachol administrées de façon prolongée ont provoqué une anémie. Les données de toxicité restent limitées : en cas de symptôme, arrêtez le produit et demandez l’avis d’un professionnel de santé.

Comment choisir un produit à base de lapacho ?

Les sources ne permettent pas de désigner un produit « fiable ». Elles invitent à vérifier le nom botanique et la partie utilisée, à se méfier des promesses de santé et à demander conseil à un pharmacien. L’Anses rappelle que le fabricant est responsable de la sécurité de son complément alimentaire.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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