En automne dernier, Nana T. s’est entretenue avec Marjorie Cambier, sexothérapeute à Paris, pour clarifier ce que recouvre vraiment la sexothérapie. Si tu te poses des questions sur ce métier, sur la différence avec un sexologue, ou sur le type de problèmes qu’on peut travailler en consultation, tu es au bon endroit. Ici, on va aller droit au but : comprendre à quoi sert la sexothérapie, quand elle peut t’aider, et ce que cela change concrètement pour ta vie intime, ta relation et ton bien-être.
L’essentiel a retenir : la sexothérapie aide à comprendre et à traiter les difficultés sexuelles, seules ou en couple.
- Elle s’adresse à toute personne, quel que soit l’âge ou le sexe.
- Elle agit sur les causes psychiques, relationnelles et parfois éducatives.
- Elle peut aider en cas de baisse de désir, de douleur, de blocage ou de conflit de couple.
- Un sexothérapeute accompagne, conseille et propose des exercices, sans examen médical.
- Un sexologue est le plus souvent un professionnel de santé avec formation médicale.
- La sexothérapie inclut aussi de l’information claire sur le corps, la contraception et les IST.
- Des programmes structurés existent pour travailler la sexualité féminine sur plusieurs mois.
Marjorie explique le rôle du sexothérapeute
La sexothérapie s’adresse à tous, peu importe l’âge ou le sexe, et vise à résoudre les troubles de la sexualité. Concrètement, le rôle du sexothérapeute est d’abord de t’aider à mettre des mots sur ce qui bloque : manque de désir, difficulté à jouir, douleur pendant les rapports, peur de l’intimité, perte de confiance, ou encore tensions dans le couple. Dans la pratique, on ne se contente pas de parler du symptôme. On cherche surtout à comprendre ce qui l’entretient, parce que c’est souvent là que se trouve la vraie clé.
Le but est d’identifier et comprendre les causes de ces problèmes pour ensuite les traiter, que ce soit par des consultations individuelles ou des exercices pratiques. Ce que cela change pour toi, c’est que tu n’es pas réduit à ton trouble sexuel : on s’intéresse à ton histoire, à ton rapport au corps, à tes émotions, à tes croyances et à ta manière d’entrer en relation. On travaille ainsi sur le bien-être corporel du patient, mais aussi sur son épanouissement sexuel et sa capacité à vivre une sexualité plus sereine.
En couple, cette thérapie permet d’améliorer la communication autour de la sexualité, d’aligner désirs et pratiques sexuelles des partenaires, tout en abordant des problèmes plus profonds comme les conflits ou les difficultés relationnelles. Dans les faits, beaucoup de couples ne manquent pas d’amour : ils manquent surtout d’outils pour parler de leurs besoins sans se blesser mutuellement. La sexothérapie sert alors de cadre pour remettre du dialogue, de la clarté et de la sécurité dans la relation.
L’éducation sur la sexualité fait aussi partie intégrale de cette profession. Cela inclut une information claire sur l’anatomie, la physiologie, mais également sur la prévention concernant les maladies sexuellement transmissibles (MST) et la contraception. Il est crucial de pallier le manque de connaissance souvent observé chez beaucoup quant à leur propre corps et aux moyens de se protéger efficacement. En pratique, mieux comprendre son fonctionnement permet souvent de réduire l’anxiété, d’éviter les mauvaises interprétations et de reprendre plus facilement confiance.
Comment la sexualité influence-t-elle notre équilibre ?
La vie sexuelle est cruciale pour notre équilibre global. Elle impacte positivement la santé mentale et physique, en jouant un rôle apaisant sur l’humeur et en réduisant le stress. Si tu es dans une période de fatigue, de surcharge mentale ou de tension affective, tu peux ressentir très vite les effets d’une sexualité déséquilibrée : irritabilité, distance émotionnelle, perte d’envie ou sensation de déconnexion avec ton corps.
Sur le plan affectif, elle renforce les liens dans le couple par l’intimité qu’elle permet de développer. Ce partage favorise les sentiments amoureux grâce à la proximité qu’elle crée entre les partenaires. Concrètement, une sexualité vécue sans pression ni non-dit peut devenir un espace de complicité. À l’inverse, quand elle est source d’incompréhension, elle peut cristalliser des tensions qui débordent ensuite sur toute la relation.
D’un point de vue corporel, faire l’amour relaxe et aide à mieux dormir grâce aux endorphines libérées. Selon des recherches, une activité sexuelle régulière peut même contribuer à allonger l’espérance de vie. Il faut toutefois garder une idée simple : la sexualité n’est pas un « devoir de performance ». Ce qui compte, c’est la qualité de l’expérience, le respect du consentement et le fait de se sentir bien dans sa vie intime.
En définitive, notre sexualité représente une facette instinctive essentielle au même titre que d’autres aspects de notre identité tels que l’intellect ou la sociabilité. Si tu rencontres un trouble sexuel, cela ne veut pas dire qu’il y a « quelque chose qui ne va pas chez toi ». Cela signifie souvent qu’un ajustement, un accompagnement ou une meilleure compréhension de ton fonctionnement peut vraiment changer la situation.
Quelle est la différence entre un sexothérapeute et un sexologue ?
La différence entre un sexothérapeute et un sexologue tient surtout au cadre de formation et d’intervention. Les sexologues exercent principalement en tant que spécialistes de la santé, tels que gynécologues ou psychiatres. Ils possèdent une formation médicale leur permettant de prescrire des traitements. En pratique, ils interviennent davantage quand il faut évaluer un trouble, poser un diagnostic ou rechercher une cause organique.
À l’inverse, les sexothérapeutes relèvent du domaine paramédical et sont souvent psychologues ou psychothérapeutes. Bien qu’ils partagent des fonctions similaires avec les sexologues, notamment dans le conseil et l’accompagnement, ils ne réalisent pas d’examen physique sur leurs patients étant donné qu’ils ne sont pas médecins. Ce que cela implique pour toi, c’est qu’un sexothérapeute travaille surtout sur les dimensions psychiques, émotionnelles, comportementales et relationnelles de la difficulté sexuelle.
Dans la majorité des cas, le bon réflexe consiste à choisir le professionnel selon ton besoin principal. Si tu t’interroges sur une douleur, un trouble hormonal, une pathologie ou un effet secondaire de traitement, un avis médical est souvent prioritaire. Si ton problème est surtout lié au stress, à la peur, à l’image de soi, au couple ou à la communication, la sexothérapie peut être particulièrement pertinente. Dans certains parcours, les deux approches se complètent très bien.
À quelles occasions intervenez-vous ?
Mon activité professionnelle s’adresse principalement à des patientes âgées de 20 à 50 ans confrontées à des problématiques sexuelles variées, souvent sur recommandation de leur médecin traitant. Je propose un accompagnement personnalisé pour surmonter ces troubles, en cherchant d’abord à en comprendre les origines, souvent ancrées dans le psychique. Dans la pratique, cela peut concerner une absence de désir, des douleurs, un blocage, une difficulté à atteindre le plaisir, ou encore une gêne liée à l’histoire personnelle.
L’approche inclut l’éducation sur la sexualité féminine et l’exploration de leur intimité. C’est un point essentiel, parce qu’on constate souvent que beaucoup de femmes ont appris à vivre leur sexualité avec des idées floues, des injonctions contradictoires ou un manque d’informations fiables sur leur corps. Or, mieux connaître son fonctionnement change beaucoup de choses : on comprend mieux ses réactions, on repère plus vite ce qui pose problème et on reprend un peu de pouvoir sur sa vie intime.
Je suis également compétente dans l’aide aux victimes de traumatismes affectant leur vie sexuelle, tels que les violences ou abus sexuels. Dans ces situations, il faut avancer avec prudence, sans brusquer, en respectant le rythme de la personne. Le travail thérapeutique vise alors à restaurer un sentiment de sécurité, à réduire l’impact du traumatisme sur la sexualité et à permettre, progressivement, une reprise de confiance dans le corps et dans la relation.
Lorsque je rencontre des couples, notre travail se concentre surtout sur les problèmes de communication qui perturbent la sphère intime. On travaille ensemble pour résoudre ces conflits et améliorer leur relation conjugale. Concrètement, cela peut passer par des exercices de parole, des ajustements dans les habitudes sexuelles, ou une meilleure compréhension des attentes de chacun afin d’éviter les malentendus qui abîment le désir.
À qui est destiné le programme « EssentiElle » ?
Le programme EssentiElle propose une approche innovante pour venir en aide aux femmes éprouvant des difficultés sexuelles. Cette prise en charge unique s’étend sur six mois et est conçue pour aborder la sexualité féminine sous plusieurs angles, incluant à la fois le psychologique et le corporel. Ce format est intéressant si tu as besoin d’un accompagnement structuré, progressif et suffisamment long pour ancrer de vrais changements.
Ce parcours thérapeutique alterne entre travaux personnels à réaliser chez soi et séances de consultation individuelle. C’est souvent ce type d’organisation qui permet de passer de la compréhension à l’action, car tu ne restes pas seulement dans l’échange verbal : tu expérimentes aussi entre deux rendez-vous. La femme a l’opportunité d’explorer différents aspects de sa sexualité par le biais de huit modules ciblés ainsi qu’un module supplémentaire consacré aux fantasmes et à l’imagination érotique. Cela lui permet d’accroître sa compréhension de son propre corps et de renforcer son identité féminine afin qu’elle puisse vivre une relation de couple plus épanouie.
Une déclinaison du programme initial a été créée : le programme EssentiElle Sexo-Corporel. Ce dernier, concentré uniquement sur les dimensions physiques de la sexualité, s’adresse particulièrement aux femmes qui ont déjà entamé un travail sur leur sexualité par d’autres formes d’interventions telles que la psychothérapie ou le coaching. D’une durée réduite à trois mois, ce programme spécifique vise également à contribuer au bien-être sexuel des participantes, dans un cadre strictement sexothérapeutique.
Si tu hésites encore sur le format le plus adapté, le bon critère est simple : as-tu besoin d’un travail global, ou plutôt d’un accompagnement ciblé sur le corps et les ressentis physiques ? Dans le premier cas, un parcours plus complet peut être préférable. Dans le second, une approche plus courte et plus spécifique peut suffire, surtout si tu as déjà avancé sur la partie émotionnelle ou psychologique.
Pour suivre l’évolution des programmes proposés par Marjorie Cambier ou pour obtenir plus d’informations, tu peux consulter son site internet, où toutes ses actualités sont partagées.
Ce qu’il faut savoir avant de consulter un sexothérapeute
Avant de prendre rendez-vous, il est utile de savoir qu’une sexothérapie n’est pas réservée aux situations « graves ». Dans les faits, beaucoup de personnes consultent parce qu’elles sentent que quelque chose ne va pas, sans forcément savoir mettre un nom dessus. C’est justement là que l’accompagnement peut être précieux : clarifier le problème, éviter l’auto-culpabilisation et construire des pistes concrètes de changement.
Il est aussi recommandé de ne pas attendre que la situation se dégrade. Plus un blocage s’installe, plus il peut devenir difficile d’en parler ou de modifier les habitudes. Si tu es en couple, le fait de consulter tôt peut éviter que la sexualité devienne un sujet de tension récurrente. Si tu es seul(e), cela peut t’aider à retrouver une relation plus apaisée avec ton corps, ton désir et ton intimité.
Enfin, méfie-toi des promesses trop rapides. La sexothérapie sérieuse ne promet pas de solution miracle en une séance. Elle repose sur un travail progressif, concret et adapté à ton histoire. C’est précisément ce qui la rend utile : elle ne cherche pas à te faire entrer dans un modèle, elle t’aide à comprendre ce qui fonctionne pour toi.
Erreurs fréquentes quand on cherche de l’aide pour sa sexualité
La première erreur consiste à attendre trop longtemps en pensant que « ça va passer tout seul ». Dans la pratique, un trouble sexuel peut s’installer durablement si on l’évite, surtout quand il est nourri par la honte, le silence ou la peur du jugement. Plus tôt tu agis, plus tu gardes de marge de progression.
Deuxième piège : confondre manque de désir ponctuel et problème profond. Il est normal de traverser des périodes de fatigue, de stress ou de baisse de libido. En revanche, si la gêne dure, revient souvent ou crée une souffrance réelle, il est pertinent de consulter pour comprendre ce qui se joue.
Troisième erreur : croire que le problème vient forcément du corps ou, au contraire, uniquement du psychologique. En réalité, la sexualité est souvent multifactorielle. Un inconfort physique peut avoir des répercussions émotionnelles, et un blocage émotionnel peut finir par se traduire dans le corps. C’est pour cela qu’une approche globale est souvent plus efficace.
FAQ
Quelle est la différence entre un sexothérapeute et un sexologue ?
La différence principale tient à la formation et au cadre d’exercice. Un sexologue est le plus souvent un professionnel de santé, comme un médecin, qui peut poser un diagnostic et prescrire un traitement. Un sexothérapeute accompagne surtout par la parole, l’éducation et des exercices, sans examen médical.
À quelles occasions intervenez-vous ?
J’interviens lorsqu’une personne ou un couple rencontre une difficulté sexuelle, relationnelle ou intime qui crée une souffrance. Cela peut concerner le désir, le plaisir, la douleur, les blocages, les traumatismes ou les problèmes de communication. L’objectif est de comprendre l’origine du problème et d’avancer avec un accompagnement adapté.
À qui est destiné le programme « EssentiElle » ?
Le programme « EssentiElle » est destiné aux femmes qui rencontrent des difficultés sexuelles et souhaitent un accompagnement structuré sur plusieurs mois. Il s’adresse à celles qui veulent travailler à la fois sur le psychologique et sur le corporel. Il peut aussi convenir à celles qui cherchent à mieux comprendre leur sexualité et à renforcer leur bien-être intime.
Comment la sexualité influence-t-elle notre équilibre ?
La sexualité influence l’équilibre global parce qu’elle agit sur le stress, l’humeur, l’intimité et la confiance en soi. Une vie sexuelle satisfaisante peut apaiser, rapprocher les partenaires et améliorer le bien-être général. À l’inverse, une sexualité source de tension peut peser sur le moral et sur la relation.
Marjorie explique le rôle du sexothérapeute
Le sexothérapeute aide à comprendre et à traiter les troubles de la sexualité, seul ou en couple. Il travaille sur les causes psychiques, relationnelles et éducatives, et peut proposer des exercices pratiques. Son rôle inclut aussi de transmettre des informations claires sur le corps, la prévention et la contraception.

