Mis à jour le 9 octobre 2026
- La sexothérapie est présentée par l’Assurance maladie comme une aide qui apporte des informations sur la réponse sexuelle et des conseils personnalisés, à la personne et à son partenaire.
- Les troubles sexuels peuvent avoir des causes physiques, psychologiques ou les deux (Manuel MSD) : un avis médical est le point de départ.
- Le thérapeute spécialisé reçoit la personne seule ou en couple (ameli) ; les thérapies cognitivo-comportementales sont souvent citées comme appui.
- Les sources consultées ne chiffrent pas le taux de réussite d’une sexothérapie : aucun résultat ne peut être promis.
- Un traitement en cours ne doit jamais être arrêté de sa propre initiative ; un trouble apparu après un nouveau médicament doit être signalé au médecin.
La sexothérapie est un accompagnement destiné aux personnes et aux couples qui rencontrent des difficultés dans leur vie sexuelle, comme une baisse du désir, une douleur pendant les rapports ou un trouble de l’érection. Elle ne remplace pas le bilan médical : les sources de santé recommandent d’abord de rechercher une cause physique ou un effet de traitement avant, ou en même temps, qu’un travail psychologique.
Cet article reprend le sujet d’un entretien publié à l’origine avec une sexothérapeute parisienne. Les propos de cet entretien n’étant pas vérifiables auprès d’une source officielle, ce texte s’appuie uniquement sur le Manuel MSD, l’Assurance maladie, Sante.fr et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Qu’est-ce que la sexothérapie ?
Le Manuel MSD décrit la thérapie sexuelle comme une approche qui aide les femmes et leurs partenaires à traiter des problèmes sexuels précis et la façon dont ils affectent leur relation. L’Assurance maladie précise, à propos des troubles de l’érection, que la sexothérapie peut être proposée à chaque étape de la prise en charge : elle apporte une information sur la réponse sexuelle et des conseils personnalisés au patient et à son partenaire.
Selon ameli, le thérapeute spécialisé en sexologie reçoit la personne seule ou en couple, et les consultations peuvent suffire à améliorer les troubles sexuels dans certains cas. Les sources consultées ne décrivent pas de protocole type, de durée ou de nombre de séances ; il n’en est donc pas indiqué ici.
Cette démarche s’inscrit dans l’idée de santé sexuelle défendue par l’OMS : un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social en relation avec la sexualité, qui ne se limite pas à l’absence de maladie ou de dysfonctionnement. L’OMS souligne l’importance d’un accès à des informations complètes et de qualité sur la sexualité et à des soins de santé sexuelle.
Pour quelles difficultés peut-on consulter ?
Les sources mentionnent plusieurs situations pour lesquelles une aide spécialisée peut être proposée :
- Un désir ou une excitation diminués. Le Manuel MSD note qu’une baisse du désir ne constitue pas forcément un trouble : si elle ne cause aucune détresse, aucun trouble n’est diagnostiqué.
- Des douleurs pendant les rapports. Le Manuel MSD décrit des douleurs lors des rapports ou de toute activité impliquant une pénétration, qui peuvent s’accompagner de contractions involontaires des muscles autour de l’entrée du vagin.
- Des troubles de l’érection. Sante.fr et ameli en décrivent les causes et le parcours de soins.
- Des tensions dans le couple autour de la sexualité. Le Manuel MSD indique que la thérapie de couple peut améliorer la communication et traiter des problèmes relationnels.
Pour poser un diagnostic de dysfonction sexuelle féminine, le Manuel MSD indique que les symptômes doivent être présents depuis au moins six mois et entraîner une détresse importante. Pour l’érection, Sante.fr cite comme repère le fait que les érections soient systématiquement instables ou absentes pendant les rapports, avec une durée de plus de trois mois.
Pourquoi voir d’abord un médecin ?
Le Manuel MSD insiste sur le fait que les problèmes sexuels peuvent avoir des causes physiques, psychologiques ou, souvent, une association des deux. Parmi les facteurs psychologiques figurent la dépression, l’anxiété, les peurs, une faible estime de soi et des expériences passées difficiles. Parmi les facteurs physiques : les changements hormonaux (après la ménopause ou un accouchement), certains antidépresseurs, l’alcool, certains médicaments, le diabète et les atteintes nerveuses. Le contexte compte aussi : image du corps, problèmes relationnels, stress lié au travail, à la famille ou à l’argent.
Pour l’érection, Sante.fr cite des causes variées : dépression, problèmes relationnels, maladies comme l’hypertension, le diabète et l’athérosclérose, tabac et excès d’alcool, certains médicaments. Le médecin doit faire un bilan cardiovasculaire avant toute prescription de médicament oral. Ameli indique que le médecin traitant pose le diagnostic, demande souvent un bilan, et peut orienter vers un suivi psychologique ou un sexologue.
Si les troubles apparaissent quelques jours ou semaines après un nouveau traitement, Sante.fr précise que le médecin peut ajuster la posologie, changer de médicament ou proposer un traitement compensatoire. Il ne faut jamais arrêter un traitement de sa propre initiative.
Comment se déroule l’accompagnement ?
Les sources ne décrivent pas le déroulement précis d’une séance de sexothérapie, qui varie selon le professionnel. Elles décrivent en revanche les approches qui peuvent intervenir, seules ou ensemble.
- Thérapies cognitivo-comportementales. Le Manuel MSD explique qu’elles aident à reconnaître une image de soi négative ; ameli les cite aussi comme souvent proposées pour optimiser la prise en charge des troubles de l’érection.
- Thérapie de pleine conscience. Elle associe thérapie cognitivo-comportementale et attention portée aux pensées, perçues comme des pensées et non comme des faits, ce qui les rend moins envahissantes.
- Psychothérapie plus approfondie. Le Manuel MSD indique qu’elle peut être nécessaire quand des problèmes d’enfance, comme un traumatisme sexuel, retentissent sur la fonction sexuelle.
- Exercices et approche graduelle. Pour les douleurs à la pénétration, le Manuel MSD évoque des activités sexuelles satisfaisantes sans pénétration et une désensibilisation progressive impliquant le partenaire.
- Kinésithérapie du plancher pelvien. Elle peut apprendre à relâcher les muscles du bassin, parfois avec biofeedback.
Pour les couples, le Manuel MSD recommande de s’informer sur l’anatomie, d’améliorer la communication sur la sexualité, de bâtir la confiance et de prendre du temps ensemble sans rapport sexuel, ce qui est associé à un désir et un plaisir de l’intimité plus grands chez les couples qui parlent régulièrement ensemble.
Sexothérapeute, sexologue, psychologue : quelles différences ?
Le Manuel MSD indique que la prise en charge peut faire intervenir plusieurs professionnels : médecins généralistes, gynécologues, spécialistes de la douleur, psychothérapeutes, sexologues et kinésithérapeutes. Sante.fr oriente vers un psychothérapeute ou un sexologue en cas de cause psychologique ou relationnelle.
Aucune des sources consultées ne définit précisément la formation ou le cadre légal des titres de sexologue ou de sexothérapeute. Il n’est donc pas possible, à partir de ces sources, de dire que l’un est un professionnel de santé et l’autre non. Avant de consulter, vous pouvez demander au praticien sa formation et son cadre d’exercice, et solliciter votre médecin traitant, qui peut vous orienter (ameli).
Sur le remboursement, la page d’ameli consultée ne précise pas la prise en charge du suivi psychologique et de la sexothérapie : il convient de vérifier auprès de votre caisse ou sur ameli.fr.
Que peut-on attendre d’une sexothérapie ?
Les sources décrivent des approches reconnues et le rôle de chaque professionnel, mais elles ne fournissent pas de taux de succès. Elles indiquent que les consultations peuvent suffire à améliorer certains troubles (ameli) et que la prise en charge peut associer plusieurs spécialistes (Manuel MSD). Il serait donc inexact de promettre qu’une sexothérapie « règle » un trouble.
Les sources soulignent aussi les limites : lorsqu’une cause médicale est en jeu (maladie, médicament), elle doit être prise en charge par un médecin. Les règles d’hygiène de vie (activité physique, alimentation, limitation de l’alcool, arrêt du tabac, sommeil) font partie intégrante de la prise en charge des troubles de l’érection selon ameli.
Enfin, l’information sur le corps et sur la protection contre les infections sexuellement transmissibles fait partie de la santé sexuelle telle que la définit l’OMS : l’accès à des informations complètes et de qualité, et la compréhension des risques liés aux rapports non protégés.
Questions fréquentes
Faut-il voir un médecin avant de consulter un sexothérapeute ?
Oui, c’est ce que suggèrent les sources : le Manuel MSD et Sante.fr décrivent des causes physiques fréquentes et ameli indique que le médecin traitant pose le diagnostic et peut orienter vers un sexologue ou un psychologue. Un bilan médical permet d’écarter une maladie ou un effet de médicament.
Peut-on consulter seul ou faut-il venir en couple ?
Ameli indique que le thérapeute spécialisé en sexologie reçoit le patient seul ou en couple. Le Manuel MSD précise que la thérapie de couple peut améliorer la communication et traiter des problèmes relationnels.
À partir de quand parler d’un trouble sexuel à un médecin ?
Le Manuel MSD retient, pour diagnostiquer une dysfonction sexuelle féminine, des symptômes présents depuis au moins six mois avec une détresse importante. Pour l’érection, Sante.fr cite une durée de plus de trois mois. Vous pouvez en parler plus tôt dès que la situation vous perturbe.
Une douleur pendant les rapports relève-t-elle de la sexothérapie ?
Pas seulement. Le Manuel MSD cite de nombreuses causes possibles (infections, déficit hormonal, endométriose, tension des muscles du plancher pelvien) et un examen pelvien. Selon la cause, la prise en charge peut associer traitement médical, thérapie sexuelle, thérapie psychologique et kinésithérapie.
La sexothérapie est-elle remboursée ?
La page d’ameli consultée ne précise pas la prise en charge du suivi psychologique et de la sexothérapie. Renseignez-vous auprès de votre caisse d’assurance maladie ou sur ameli.fr avant de commencer.
Un médicament peut-il être responsable d’un trouble sexuel ?
Oui, c’est possible. Sante.fr cite plusieurs classes de médicaments pouvant provoquer des troubles de l’érection et le Manuel MSD mentionne certains antidépresseurs. Si un trouble apparaît après un nouveau traitement, parlez-en à votre médecin sans arrêter le traitement de votre propre initiative.
Pour aller plus loin
- Parler de sexualité en couple avec la communication non violente
- Fantasmes sexuels : normalité, limites et quand consulter
- Énergie sexuelle et libido : comprendre une baisse du désir
- Troubles de l’érection et compléments alimentaires : état des preuves
Sources
- Manuel MSD (grand public) : Présentation de la fonction sexuelle et des troubles de la fonction sexuelle chez la femme — causes des troubles sexuels, rôle du médecin, psychothérapie, thérapie sexuelle et thérapie de couple
- Manuel MSD (grand public) : Douleur génitopelvienne/trouble de la pénétration — douleurs pendant les rapports, causes variées, thérapie sexuelle, thérapies psychologiques, kinésithérapie du plancher pelvien
- Assurance maladie (ameli) : Consultation et traitement des troubles de l’érection — rôle du médecin traitant, orientation vers un sexologue ou un psychologue, apports de la sexothérapie, remboursement non précisé
- Sante.fr : Troubles de l’érection — causes, qui consulter, bilan cardiovasculaire, ne jamais arrêter un traitement de sa propre initiative
- OMS : Sexual health — définition de la santé sexuelle, accès à l’information et aux soins
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

