Mis à jour le 9 octobre 2026
- Selon Vidal, « tout ce qui est naturel n’est pas inoffensif » : des erreurs d’identification de plantes ont provoqué des accidents toxiques, parfois graves.
- Les plantes peuvent interagir avec des médicaments, entre elles, et modifier la coagulation ; il faut signaler à son médecin et à son pharmacien toute plante utilisée.
- Grossesse, allaitement, enfants, maladie chronique, traitement au long cours : un avis médical ou pharmaceutique est nécessaire avant tout usage.
- Cet article ne donne ni recette, ni dosage, ni durée d’usage : ces éléments dépendent de la plante, de la personne et ne peuvent être donnés sans avis de santé.
- Un symptôme d’origine inconnue ou qui persiste appelle une consultation, pas de l’automédication par les plantes.
La phytothérapie maison (décoctions, teintures, sirops, cataplasmes préparés soi-même) demande beaucoup plus de précautions qu’il n’y paraît : le caractère naturel d’une plante ne garantit ni son innocuité ni son efficacité. Vidal rappelle que les plantes peuvent être toxiques, interagir avec des médicaments ou être mal identifiées.
Cet article présente ce que disent Vidal et le National Health Service britannique (NHS) sur le bon usage de la phytothérapie. Il ne donne volontairement aucune recette ni aucun dosage et ne recommande aucun ouvrage ou formation : ces sujets sortent du cadre d’une information de santé fiable.
Qu’est-ce que la phytothérapie ?
La phytothérapie désigne l’utilisation de plantes à des fins de soin. Vidal indique qu’un médicament de phytothérapie doit avoir reçu une autorisation de mise sur le marché (AMM), et que l’aromathérapie, qui utilise les huiles essentielles, en est une branche.
Il faut distinguer trois situations : le médicament à base de plantes autorisé, le produit vendu comme complément ou comme préparation traditionnelle, et la préparation faite soi-même. Les contrôles de qualité et de sécurité ne sont pas les mêmes, et une préparation faite soi-même n’est soumise à aucun de ces contrôles.
Une plante naturelle est-elle sans risque ?
Non. Vidal écrit que « tout ce qui est naturel n’est pas inoffensif, loin de là ». Le NHS tient le même discours : « naturel ne veut pas dire sûr », et les médicaments à base de plantes ne sont pas évalués comme les médicaments classiques pour démontrer leur efficacité.
Vidal cite plusieurs sources de danger : des erreurs d’identification de plantes ayant provoqué des intoxications parfois graves, un mauvais dosage, une mauvaise conservation, et l’association de plusieurs plantes qui peuvent augmenter mutuellement leur toxicité. La recommandation de Vidal est claire : ne jamais associer plusieurs plantes sans le conseil d’un professionnel.
Sur le plan de l’efficacité, la mention d’un usage traditionnel ne tient pas lieu de preuve. À titre d’exemple, Vidal note que le framboisier, réputé en fin de grossesse, n’a montré « aucun effet » dans les études cliniques menées chez la femme enceinte.
Quelles précautions avant d’utiliser des plantes ?
Les « 10 règles d’or de la phytothérapie » de Vidal fournissent les principaux repères :
- face à des symptômes d’origine inconnue, consulter un médecin, un pharmacien ou un professionnel formé, plutôt que de s’automédiquer par les plantes, qui reste réservée aux affections déjà connues et suivies ;
- consulter si les symptômes persistent au-delà de 48 heures ;
- signaler les plantes utilisées à son médecin, à son pharmacien, à son dentiste et à l’anesthésiste avant une intervention, car elles peuvent interagir avec des médicaments et modifier la coagulation ;
- demander un avis médical ou pharmaceutique en cas de maladie chronique ou de traitement au long cours ;
- ne pas associer plusieurs plantes sans conseil ;
- obtenir l’avis d’un spécialiste en cas d’usage régulier et intensif.
Le NHS ajoute de ne pas arrêter un médicament prescrit sans en parler à son médecin et de signaler à tout professionnel de santé l’usage de plantes ou de thérapies complémentaires.
Peut-on cueillir et préparer soi-même ses plantes ?
La cueillette et la préparation personnelles cumulent plusieurs difficultés. Vidal souligne qu’il n’est pas toujours aisé de distinguer une espèce d’une autre et que la cueillette sauvage relève de personnes connaisseuses. Il recommande d’éviter les zones polluées : bords de routes, champs traités, décharges.
Une préparation peut aussi devenir nocive en cas de mauvaise conservation ou de mauvais dosage, selon Vidal. Pour toutes ces raisons, cet article ne détaille aucune recette : le choix d’une plante, de la partie utilisée, de la forme et de la quantité dépend de la personne et de sa situation, et suppose l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin.
Concernant les huiles essentielles, Vidal précise qu’elles sont très concentrées, qu’elles ne doivent jamais être employées pures sur la peau, ni inhalées directement depuis le flacon, et que leur usage par voie orale demande l’avis d’un spécialiste.
Grossesse, allaitement, enfants : quelles précautions ?
Vidal indique qu’il est impératif de consulter un médecin ou une sage-femme avant tout produit à base de plantes pendant la grossesse. Certaines plantes peuvent stimuler les muscles de l’utérus et exposer à un risque de fausse couche ; les mêmes précautions valent pendant l’allaitement, car des substances peuvent passer dans le lait. Les huiles essentielles ne doivent pas être prises par voie interne pendant la grossesse. Cette page de Vidal date de 2018 : un professionnel de santé vous confirmera les données les plus récentes.
Pour les enfants, Vidal recommande de ne donner aucun produit oral à base de plantes aux moins de 12 ans sans contrôle médical, et de réserver les huiles essentielles aux plus de 12 ans. Le NHS va plus loin en indiquant que les médicaments à base de plantes ne sont pas recommandés chez l’enfant, faute de données suffisantes sur leur sécurité.
Quelles interactions avec les médicaments ?
Le NHS déconseille les médicaments à base de plantes en cas de grossesse, d’allaitement, de problèmes rénaux ou hépatiques, et lorsque l’on prend certains médicaments. Il cite des interactions possibles avec des statines, des antidépresseurs, la metformine, le ramipril, la warfarine et la pilule combinée, avec un risque soit d’effet nocif, soit de moindre efficacité du médicament.
Le réflexe sûr est donc de demander à un pharmacien avant d’associer une plante à un médicament, y compris vendu sans ordonnance, et de lire la notice. Cette liste n’est pas exhaustive : d’autres interactions existent.
Comment choisir un produit ou un professionnel ?
Vidal invite à se méfier des achats par correspondance, des sites internet et des produits importés, sauf fournisseur réputé, et signale des problèmes de provenance, d’identification et d’innocuité pour certaines plantes d’origine lointaine. Le NHS recommande d’éviter les produits non autorisés achetés en ligne, qui peuvent ne pas être sûrs.
Un praticien, un auteur ou une formation ne garantissent pas la sécurité d’un usage : seuls le contexte médical et l’avis d’un professionnel de santé le font. En cas de doute, privilégiez votre pharmacien, premier interlocuteur de proximité.
Questions fréquentes
La phytothérapie est-elle sans danger parce qu’elle est naturelle ?
Non. Vidal précise que tout ce qui est naturel n’est pas inoffensif, et le NHS que « naturel » ne veut pas dire « sûr ». Les plantes peuvent être toxiques, mal identifiées, mal conservées ou interagir avec des médicaments.
Peut-on associer plusieurs plantes ?
Vidal déconseille d’associer plusieurs plantes sans le conseil d’un professionnel, car elles peuvent interagir entre elles et augmenter mutuellement leur toxicité. Demandez l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin avant toute association.
Les plantes peuvent-elles interagir avec mes médicaments ?
Oui. Vidal indique que les produits de phytothérapie peuvent provoquer des interactions et modifier la coagulation, et le NHS cite des exemples (statines, antidépresseurs, metformine, warfarine, pilule combinée). Signalez toujours les plantes utilisées à votre médecin et à votre pharmacien.
Peut-on utiliser des plantes pendant la grossesse ou l’allaitement ?
Seulement après avis d’un médecin ou d’une sage-femme. Vidal indique que certaines plantes peuvent stimuler l’utérus et que des substances passent dans le lait maternel. L’automédication est à proscrire dans ces situations.
Les plantes sont-elles adaptées aux enfants ?
Vidal recommande de ne donner aucun produit oral à base de plantes aux moins de 12 ans sans contrôle médical, et de réserver les huiles essentielles aux plus de 12 ans. Le NHS déconseille les médicaments à base de plantes chez l’enfant, faute de données de sécurité.
Quand faut-il consulter plutôt que de recourir aux plantes ?
Face à un symptôme d’origine inconnue, qui persiste ou qui revient, il faut consulter. Vidal conseille de voir un professionnel si les symptômes durent au-delà de 48 heures, et le NHS rappelle de ne pas s’en remettre uniquement à un thérapeute pour des symptômes persistants.
Pour aller plus loin
- Risques de la phytothérapie : interactions et précautions
- Compléments alimentaires : risques, précautions et bon usage
- Principe de la phytothérapie : statuts des plantes et précautions
- Phytothérapie et plantes médicinales : usages, preuves, précautions
Sources
- Vidal : Les 10 règles d’or de la phytothérapie — précautions générales, interactions, enfants, identification, provenance, huiles essentielles
- Vidal : Peut-on utiliser la phytothérapie en cas de grossesse ? — prudence pendant la grossesse et l’allaitement (page de 2018)
- Vidal : Le bon usage des plantes — définitions, AMM, risques d’erreur d’identification, usage régulier
- NHS : Herbal medicines — naturel n’est pas synonyme de sûr, interactions, grossesse, enfants, qualité des produits
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

