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Phytothérapie et plantes médicinales : usages, preuves, précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • La phytothérapie désigne l’usage de plantes médicinales ; en France, un médicament à base de plantes a pour substance active exclusivement une ou plusieurs substances végétales (ANSM).
  • L’OMS indique qu’environ 40 % des produits pharmaceutiques ont une base de produits naturels, mais elle insiste sur la nécessité d’essais cliniques rigoureux, même pour les usages traditionnels.
  • Une plante n’est pas inoffensive parce qu’elle est naturelle : l’Anses cite des allergies sévères, des atteintes du foie potentiellement mortelles et des interactions avec des médicaments.
  • Un complément alimentaire à base de plantes n’est pas un médicament : il n’a pas de notice de sécurité obligatoire, et les allégations de santé ne sont pas validées par défaut.
  • Avant d’utiliser une plante, demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin, surtout en cas de traitement, de grossesse, d’allaitement ou pour un enfant. Ne remplacez jamais un traitement prescrit.

La phytothérapie est l’usage de plantes médicinales, ou de préparations issues de plantes, à visée de santé. Elle repose sur des produits très divers, de la tisane au médicament enregistré, et leur niveau de preuve et de sécurité varie fortement d’une plante à l’autre.

Phytothérapie et plantes médicinales : cet article présente ce que les organismes de santé disent du sujet, de la définition au statut en France, des apports et limites des connaissances aux risques et précautions. Il ne recommande aucune plante pour une maladie ou un symptôme.

Qu’est-ce que la phytothérapie, concrètement ?

L’ANSM définit les médicaments à base de plantes comme des médicaments dont la substance active est exclusivement végétale, au sens de l’article L. 5121-1 du Code de la santé publique. Ils peuvent se présenter sous forme de spécialité pharmaceutique, de préparation magistrale ou officinale préparée en pharmacie, ou de drogue végétale.

La notion de « préparation » a une importance pratique : selon l’ANSM, un mélange de plantes médicinales est une préparation, alors que les plantes vendues en vrac n’en sont pas. L’ANSM mentionne aussi que les mélanges pour tisanes relèvent de monographies du Formulaire national.

L’OMS range la phytothérapie parmi les pratiques de médecine traditionnelle, qui s’appuient sur des produits naturels et des approches personnalisées. Selon l’OMS, 170 de ses 194 États membres en font état.

Les plantes médicinales ont-elles une base scientifique ?

Pour certaines, oui. L’OMS indique qu’environ 40 % des produits pharmaceutiques ont une base de produits naturels. Elle cite l’aspirine, dérivée de l’écorce de saule, et l’artémisinine utilisée contre le paludisme. Une substance extraite d’une plante peut donc devenir un médicament, après des études qui en établissent l’intérêt et la sécurité.

Cela ne signifie pas que toutes les plantes ont été évaluées. L’OMS souligne qu’il faut des essais cliniques rigoureux pour établir l’efficacité et l’innocuité, y compris pour des usages de longue tradition, et que la recherche sur ces pratiques reçoit moins de 1 % du financement mondial de la recherche en santé.

L’OMS note aussi que des événements indésirables, des erreurs de médication et des problèmes de qualité des produits peuvent survenir, et elle publie des lignes directrices sur la qualité des médicaments à base de plantes, notamment sur les contaminants, les résidus et les bonnes pratiques de fabrication. Un usage ancien ou répandu ne constitue donc pas, à lui seul, une preuve d’effet ni de sécurité.

Quel est le statut des plantes en France et où les trouver ?

Un médicament à base de plantes sous forme de spécialité n’est mis sur le marché que s’il a obtenu une autorisation de mise sur le marché ou un enregistrement de l’ANSM. Il est délivré en pharmacie ou sur le site d’une officine déclarée. Les plantes inscrites à la Pharmacopée française sont, sauf dérogation prévue par décret, réservées aux pharmaciens.

Les compléments alimentaires suivent un autre cadre. L’Anses rappelle qu’ils n’ont pas de notice de sécurité obligatoire, que l’étiquette indique en général seulement les ingrédients et que des plantes peuvent être contre-indiquées ou interagir avec des médicaments. Dans un avis d’avril 2023, elle propose la mention « Ce complément alimentaire n’est pas un médicament. En cas de symptômes persistants, consulter un médecin ».

L’ANSM signale également que les médicaments à base de plantes sont particulièrement exposés à la falsification, notamment sur internet. Acheter dans un circuit identifié, comme une pharmacie, limite ce risque.

« Naturel » veut-il dire sans danger ?

Non. L’Anses précise que les compléments à base de plantes ne sont pas anodins et peuvent entraîner des allergies sévères ou des atteintes du foie potentiellement mortelles. Les femmes enceintes et les enfants figurent parmi les personnes pour lesquelles certaines plantes peuvent être risquées.

Vidal ajoute que les dangers viennent aussi de mauvaises conditions de conservation, d’erreurs d’identification des plantes et d’associations avec des médicaments. Cette page date de 2012 ; ses exemples d’interactions restent des repères à faire confirmer par un professionnel :

  • le millepertuis peut réduire l’efficacité de nombreux médicaments, notamment des anticoagulants et des contraceptifs oraux ;
  • le ginkgo, l’ail et le gingembre peuvent augmenter l’effet des anticoagulants oraux et le risque d’hémorragie ;
  • certaines plantes contenant des dérivés salicylés sont à éviter en cas d’allergie à l’aspirine ;
  • des plantes à activité œstrogénique sont contre-indiquées en cas de cancer hormonodépendant.

Les huiles essentielles forment un cas à part. Selon l’ANSM, quinze d’entre elles ont un rapport bénéfice/risque jugé négatif et sont réservées au circuit pharmaceutique, et leur emploi inadapté peut provoquer des effets indésirables graves.

Quelles précautions prendre avant d’utiliser une plante ?

  • Demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin, et informez-les de tout usage de plantes ou de compléments, y compris en automédication.
  • En cas de maladie chronique ou de traitement au long cours, ne remplacez jamais un traitement prescrit par une plante. Vidal rappelle que des interactions sont possibles et que certaines plantes sont toxiques pour le foie, y compris chez des personnes en bonne santé.
  • Chez la femme enceinte ou allaitante et chez l’enfant, un avis médical préalable est nécessaire, selon l’ANSM, surtout par voie orale.
  • Évitez d’associer plusieurs plantes de votre propre initiative et méfiez-vous des produits présentés comme aux vertus extraordinaires, en particulier sur internet.
  • Si vous devez subir une intervention, signalez à l’équipe médicale les plantes que vous prenez, car plusieurs plantes perturbent la coagulation selon Vidal.

Si vous pensez avoir présenté un effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien. L’Anses invite les professionnels de santé à les déclarer au dispositif de nutrivigilance pour les compléments alimentaires.

Quand consulter plutôt que d’essayer une plante ?

La phytothérapie ne remplace ni un diagnostic ni une prise en charge médicale. Consultez un médecin devant des symptômes d’origine inconnue, des symptômes qui persistent, ou en cas de signe inquiétant. Vidal rappelle que l’usage de plantes est à réserver aux affections déjà identifiées et suivies par un médecin.

Pour les huiles essentielles, l’ANSM précise qu’il ne faut pas les utiliser au-delà de quelques jours sans avis médical et qu’il faut consulter si aucune amélioration n’apparaît après quelques jours.

En cas de réaction brutale après la prise d’une plante, comme une éruption étendue, une gêne respiratoire ou un malaise, arrêtez le produit et demandez une aide médicale immédiate.

Questions fréquentes

Peut-on acheter des plantes médicinales n’importe où ?

Pas toutes. Selon l’ANSM, les plantes inscrites à la Pharmacopée française sont réservées aux pharmaciens, sauf dérogation prévue par décret, et les médicaments à base de plantes sont délivrés en officine ou sur le site d’une officine déclarée. Le risque de falsification est élevé sur internet.

Un complément alimentaire à base de plantes est-il un médicament ?

Non. Selon l’Anses, il n’est pas destiné à un usage thérapeutique et n’a pas de notice de sécurité obligatoire. Dans un avis d’avril 2023, l’Agence propose la mention « Ce complément alimentaire n’est pas un médicament. En cas de symptômes persistants, consulter un médecin ».

La phytothérapie est-elle reconnue par l’OMS ?

L’OMS reconnaît que la phytothérapie fait partie des pratiques de médecine traditionnelle utilisées dans 170 de ses 194 États membres. Elle demande cependant des essais cliniques rigoureux pour établir l’efficacité et l’innocuité, et publie des lignes directrices sur la qualité des produits à base de plantes.

La phytothérapie est-elle compatible avec un traitement médical ?

Pas toujours. Vidal cite des plantes qui peuvent réduire l’efficacité de médicaments, comme le millepertuis, ou renforcer l’effet des anticoagulants. Informez votre médecin ou votre pharmacien de toute plante prise, et n’arrêtez jamais un traitement prescrit de votre propre initiative.

Peut-on utiliser des plantes pendant la grossesse ou chez un enfant ?

Seulement après avis médical. L’ANSM indique qu’un avis préalable est nécessaire chez la femme enceinte et chez l’enfant, surtout par voie orale, et l’Anses place les femmes enceintes et les enfants parmi les personnes pour lesquelles certaines plantes sont risquées.

Comment signaler un effet indésirable lié à une plante ?

Parlez-en d’abord à votre médecin ou à votre pharmacien. Pour les compléments alimentaires, l’Anses demande aux professionnels de santé de déclarer les effets indésirables au dispositif de nutrivigilance, et Vidal renvoie au portail de signalement en ligne pour un médicament.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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