Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les affections de l’appareil locomoteur (os, articulations, muscles, tendons) regroupent plus de 150 maladies et constituent la première cause d’incapacité dans le monde (OMS).
- L’arthrose, la lombalgie, les douleurs cervicales et les fractures figurent parmi les plus fréquentes ; l’arthrose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement (OMS).
- Des douleurs proches peuvent avoir des origines différentes (arthrose, bursite, lésion du ménisque ou des ligaments, fracture) : seul un examen médical permet de les distinguer.
- Après un traumatisme, une fracture est possible même si le membre bouge ; une impossibilité d’appui, une déformation, un engourdissement ou de la fièvre imposent de consulter rapidement.
- Exercice adapté, poids de forme et suivi médical sont les mesures citées par l’OMS pour l’arthrose ; certains traitements très répandus sont jugés peu efficaces par les recommandations.
Les maladies ostéo-articulaires désignent l’ensemble des affections qui touchent les os, les articulations, les muscles, les tendons et les tissus voisins. Selon l’OMS, elles se manifestent souvent par une douleur persistante et une baisse de la mobilité, et représentent la première cause d’incapacité dans le monde.
Cet article sert de repère : il présente les grandes familles de problèmes (arthrose, bursite, douleurs du genou, du dos et du pied, traumatismes), explique ce que disent l’OMS, l’Inserm, le NHS et le Manuel MSD, et aide à savoir quand consulter. Il ne permet pas de poser un diagnostic et ne propose ni traitement, ni complément.
Que recouvre l’expression « maladies ostéo-articulaires » ?
L’OMS parle d’affections musculo-squelettiques : des troubles de l’appareil locomoteur qui entraînent des limitations temporaires ou durables de la fonction. Plus de 150 maladies en font partie. La douleur d’origine musculo-squelettique est la forme la plus courante de douleur non cancéreuse selon la même source.
Les chiffres mondiaux de l’OMS (données 2019, fiche de 2022) donnent la mesure du sujet : environ 1,71 milliard de personnes sont concernées. Parmi les catégories les plus fréquentes, la lombalgie touche environ 570 millions de personnes, l’arthrose 528 millions, les fractures 440 millions et les douleurs cervicales 222 millions. La prévalence augmente avec l’âge, et ces affections coexistent souvent avec d’autres maladies chroniques.
Ces catégories recouvrent des mécanismes très différents : usure du cartilage, inflammation d’une bourse séreuse, lésion d’un ménisque ou d’un ligament, fracture. Ils partagent un symptôme (la douleur) qui ne suffit pas à lui seul à identifier la cause.
Arthrose : quels sont les signes, les causes et la prise en charge ?
L’arthrose est une maladie articulaire dégénérative. D’après l’OMS, elle provoque douleur, gonflement et raideur, et limite la mobilité ; elle touche l’ensemble de l’articulation, y compris les tissus qui l’entourent. L’Inserm la décrit comme la maladie articulaire la plus répandue, avec 10 millions de personnes concernées en France : environ 3 % des moins de 45 ans, 65 % des plus de 65 ans et 80 % des plus de 80 ans.
Les articulations les plus touchées sont, par ordre de fréquence selon l’OMS, le genou, la hanche et la main, la colonne vertébrale étant également concernée. L’Inserm cite aussi les mains, le rachis, les genoux et les hanches parmi les localisations principales.
Les facteurs de risque identifiés par l’OMS et l’Inserm sont les suivants :
- l’âge et, selon l’OMS, le sexe féminin ;
- un traumatisme articulaire antérieur (fracture, entorse, sollicitations répétées au travail ou dans le sport) ;
- l’obésité ou le surpoids, en particulier pour la hanche et le genou ;
- des maladies métaboliques (diabète, dyslipidémies) ou d’autres maladies articulaires (goutte, polyarthrite rhumatoïde) ;
- des facteurs génétiques et des anomalies anatomiques.
L’OMS précise que l’arthrose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement. Côté prise en charge, elle cite l’exercice physique (renforcement musculaire, mobilité), le maintien d’un poids de forme, les anti-inflammatoires non stéroïdiens pour contrôler la douleur, les aides techniques (orthèses) et, pour les formes sévères, le remplacement articulaire. L’Inserm rappelle que les traitements actuels soulagent la douleur mais qu’aucun ne freine encore l’évolution de la maladie.
Selon la fiche OMS, certains traitements sont jugés peu efficaces par les recommandations : opioïdes, glucosamine et viscosupplémentation, avec des preuves insuffisantes pour les cellules souches. L’Inserm, de son côté, indique que les opioïdes sont déconseillés au long cours et mentionne les infiltrations de corticoïdes ou d’acide hyaluronique pour un effet prolongé. Ces positions ne se recoupent pas entièrement : la décision se prend avec un médecin ou un rhumatologue.
Bursite et inflammations locales : comment les reconnaître ?
Selon le NHS, la bursite est l’inflammation des poches remplies de liquide (bourses séreuses) qui amortissent les articulations. Elle touche le plus souvent l’épaule, la hanche, le coude et le genou. Les signes décrits sont une douleur sourde, une sensibilité, un gonflement ou une chaleur par rapport à la peau voisine, une douleur aggravée par le mouvement ou la pression, et une rougeur (plus difficile à voir sur une peau brune ou noire).
Le NHS indique que la bursite se traite souvent à domicile : repos de l’articulation, absence d’appui sur la zone, poche de glace enveloppée dans un linge, antalgiques courants. Il conseille de consulter si les symptômes ne s’améliorent pas ou s’aggravent malgré ces mesures, en cas de fièvre ou de sensation de chaud et de frissons (qui peuvent évoquer une infection), si vous ne pouvez plus bouger l’articulation, ou en cas de douleur très vive. Un médecin peut proposer une infiltration, une ponction du liquide, un traitement antibiotique si une infection est en cause, et rarement une chirurgie.
Douleur du genou, du dos ou du pied : comment s’orienter ?
Pour le genou, le NHS distingue plusieurs causes courantes : une lésion du ménisque ou du cartilage (souvent après un traumatisme, avec un genou qui lâche, ne se redresse plus ou craque au moment de la blessure), une rupture ligamentaire (genou instable), l’arthrose (douleur et raideur, souvent des deux genoux) et la bursite (genou chaud et rouge, douleur à l’agenouillement). Le NHS précise que les craquements indolores sont normaux.
Les signes qui justifient un avis rapide, d’après le NHS, sont une douleur intense, l’impossibilité de bouger le genou ou de s’appuyer dessus, un genou très gonflé ou dont la forme change, un blocage, un lâchage ou des craquements douloureux, ainsi qu’une fièvre avec rougeur et chaleur. Une douleur de genou s’améliore souvent en quelques jours ; si ce n’est pas le cas, consultez un médecin.
Pour le dos et le cou, l’OMS rappelle que la lombalgie est la première cause d’incapacité dans 160 pays et qu’une recommandation clinique sur la prise en charge non chirurgicale de la lombalgie chronique est en préparation. D’autres douleurs du pied, du talon ou du rachis (épine calcanéenne, métatarsalgie, kyste de Baker, atteinte des facettes articulaires) existent, mais les sources consultées pour cet article ne les détaillent pas : un médecin doit en préciser la cause avant tout traitement.
Après un traumatisme : fracture, entorse ou lésion ligamentaire ?
Le Manuel MSD décrit une fracture par une douleur vive, surtout à l’appui ou à la mobilisation, une zone sensible, un gonflement parfois tardif ou discret, une ecchymose qui peut s’étendre loin de la lésion, parfois une déformation ou un engourdissement. Il précise qu’une fracture peut exister même si le membre bouge. Pour cette raison, une douleur persistante après une chute ou un choc justifie un examen médical, même si elle paraît supportable.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et sur la radiographie, généralement prise sous au moins deux angles. Certaines fractures discrètes n’apparaissent qu’après quelques jours ou semaines ; si le doute persiste, le médecin peut refaire des clichés, ou demander un scanner ou une IRM, qui montrent aussi les tissus mous. Le traitement associe immobilisation (plâtre, attelle, écharpe), chirurgie si nécessaire (fracture ouverte, déplacement non réductible, atteinte articulaire), puis rééducation progressive.
La consolidation varie de quelques semaines à plusieurs mois selon la fracture, l’âge et les maladies associées, et la gêne peut persister après la consolidation visible sur la radiographie (Manuel MSD). Il est donc normal de ne pas retrouver immédiatement toute sa mobilité ; la reprise des activités se décide avec le médecin.
Consultez en urgence, selon le Manuel MSD, en cas d’impossibilité d’appui, d’accident grave, de perte de sensibilité, de peau froide ou bleutée, de faiblesse du membre ou d’articulation instable, et si la douleur augmente, si le plâtre serre trop ou s’il dégage une odeur ou de la fièvre.
Comment s’orienter et quelles erreurs éviter ?
Quelques repères simples ressortent des sources consultées :
- ne pas banaliser une douleur persistante ou qui s’aggrave : elle mérite une évaluation ;
- ne pas se fier à la capacité de bouger le membre pour écarter une fracture ;
- ne pas ignorer chaleur, rougeur ou fièvre près d’une articulation douloureuse, qui peuvent évoquer une infection ;
- ne pas arrêter ou remplacer un traitement prescrit sans l’avis du médecin ;
- privilégier des mesures validées (exercice adapté, poids de forme, rééducation) plutôt que des produits promettant de réparer le cartilage.
Aucune des sources consultées ne recommande de plante, de complément ou d’huile essentielle pour traiter l’arthrose, une bursite ou une lésion du ménisque ou des ligaments. L’OMS range même la glucosamine parmi les traitements peu efficaces d’après les recommandations. Si vous prenez un complément, signalez-le à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout en cas de grossesse, d’allaitement ou de traitement en cours.
Pour la rééducation, l’OMS indique travailler à un ensemble d’interventions de réadaptation pour la lombalgie, l’arthrose, la polyarthrite rhumatoïde, les fractures des membres et d’autres atteintes. Demandez à votre médecin si un kinésithérapeute ou un médecin de rééducation peut vous accompagner.
Questions fréquentes
L’arthrose est-elle une conséquence inévitable du vieillissement ?
Non. L’OMS précise que l’arthrose n’est pas une conséquence inévitable du vieillissement, même si sa fréquence augmente avec l’âge. L’Inserm cite aussi le surpoids, les traumatismes articulaires, la génétique et certaines maladies métaboliques parmi les facteurs de risque.
Comment distinguer une douleur de genou venant du ménisque, des ligaments ou de l’arthrose ?
Le NHS décrit des tableaux différents : genou qui lâche ou se bloque après un traumatisme pour le ménisque ou le cartilage, genou instable pour un ligament, douleur et raideur souvent des deux genoux pour l’arthrose. Ces signes ne permettent pas de trancher seul : un examen médical est nécessaire.
Quand faut-il consulter pour une bursite ?
Selon le NHS, consultez si les symptômes ne s’améliorent pas ou s’aggravent malgré les mesures de repos, en cas de fièvre ou de frissons, si vous ne pouvez plus bouger l’articulation ou si la douleur est très vive. Une articulation chaude, rouge et douloureuse peut évoquer une infection.
Comment reconnaître une fracture après une chute ?
Le Manuel MSD cite une douleur vive à l’appui ou au mouvement, une zone sensible, un gonflement, une ecchymose, parfois une déformation ou un engourdissement. Une fracture peut exister même si le membre bouge : seule une radiographie permet de confirmer le diagnostic.
Les compléments comme la glucosamine ou les infiltrations sont-ils recommandés dans l’arthrose ?
L’OMS classe la glucosamine et la viscosupplémentation parmi les traitements peu efficaces d’après les recommandations. L’Inserm mentionne les infiltrations de corticoïdes ou d’acide hyaluronique pour un effet prolongé. La décision se prend avec le médecin selon votre situation.
L’activité physique est-elle utile en cas d’arthrose ?
L’OMS cite l’exercice physique, notamment le renforcement musculaire et le travail de la mobilité, parmi les éléments de la prise en charge, avec le maintien d’un poids de forme. L’Inserm évoque une activité physique modérée. Le type d’exercice se choisit avec un professionnel de santé.
Pour aller plus loin
- Douleurs articulaires : causes, conduite à tenir, approches naturelles
- Douleur à la hanche : causes, arthrose, prothèse et quand consulter
- Muscles et tendons : blessures courantes, causes et quand consulter
- Arthrose au naturel : ce que disent les sources médicales
Sources
- OMS : Affections musculo-squelettiques (fiche d’information) — définition, ampleur mondiale, principales catégories, réadaptation
- OMS : Ostéoarthrose (fiche d’information) — articulations touchées, facteurs de risque, prise en charge, traitements peu efficaces
- Inserm : Arthrose — fréquence en France, localisations, facteurs de risque, traitements actuels
- NHS : Knee pain — causes courantes de douleur du genou et signes nécessitant un avis rapide
- NHS : Bursitis — définition, symptômes, mesures à domicile, quand consulter, traitements médicaux
- Manuel MSD : Présentation des fractures — signes d’une fracture, diagnostic, principes de traitement, consolidation, urgences
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

