Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’infiltration épidurale de cortisone est une option parfois proposée par un spécialiste hospitalier en cas de sciatique sévère lorsque les autres mesures n’ont pas suffi (NHS).
- La revue Cochrane de 2020 conclut à un bénéfice faible, observé surtout à court terme (moins de trois mois), probablement sans importance clinique pour les patients et les médecins.
- Les effets indésirables sont mal rapportés dans les études ; des effets mineurs (douleur accrue, maux de tête, nausées, troubles des règles) sont décrits, et une complication grave rare a été signalée chez un patient sous anticoagulant.
- La plupart des hernies discales s’améliorent progressivement, avec une activité douce, des antalgiques adaptés et, si besoin, de la kinésithérapie ; le repos prolongé au lit n’est pas recommandé.
- Une faiblesse ou un engourdissement des jambes, des troubles urinaires ou digestifs, ou un engourdissement du périnée sont des urgences et imposent d’appeler les secours.
L’infiltration épidurale de cortisone consiste à injecter un corticoïde près des racines nerveuses, dans l’espace épidural du rachis, pour réduire l’inflammation responsable d’une douleur de type sciatique. Elle ne traite pas la cause mécanique de la douleur et elle est réservée à des situations précises. Les sources consultées en décrivent à la fois l’usage et les limites.
Cet article résume ce que disent le NHS, la Mayo Clinic et une revue Cochrane sur la sciatique, la hernie discale et ces injections, afin de vous aider à préparer la discussion avec votre médecin. Il ne remplace pas son avis : la décision d’infiltrer se prend au cas par cas.
Qu’est-ce qu’une infiltration épidurale de cortisone ?
Le NHS indique que, lorsque la douleur d’une sciatique est sévère et que les traitements habituels n’ont pas aidé, un spécialiste hospitalier peut proposer une injection antalgique, par exemple une injection épidurale. Dans la page consacrée à la hernie discale, le NHS cite l’injection de corticoïde parmi les options à court terme, avec un antalgique plus puissant ou un myorelaxant.
Les corticoïdes sont des substances proches des hormones produites par l’organisme, qui réduisent la rougeur et le gonflement (inflammation). Le NHS rappelle que leurs effets indésirables dépendent du type de produit, de la dose et de la durée du traitement, et qu’ils sont plus probables en cas de doses élevées ou de traitement prolongé. L’injection épidurale est un geste médical, réalisé par un professionnel formé, qui ne se pratique pas à domicile.
Dans quels cas est-elle proposée ?
La sciatique est une douleur qui suit le trajet du nerf sciatique : du bas du dos vers la fesse, l’arrière de la cuisse et le mollet, en général d’un seul côté. Selon la Mayo Clinic, elle survient lorsque des racines nerveuses sont comprimées, la cause la plus fréquente étant une hernie discale, plus rarement des becs de perroquet (excroissances osseuses) ou, exceptionnellement, une tumeur. La douleur peut aller d’une gêne légère à une sensation de brûlure ou de décharge, et s’aggrave souvent à la toux, à l’éternuement ou en position assise prolongée.
Le NHS précise que la plupart des hernies discales s’améliorent progressivement avec du repos initial si la douleur est forte, une activité douce comme la marche, la natation ou le yoga, et des antalgiques. La chirurgie n’est pas habituellement nécessaire. L’infiltration est donc envisagée en seconde intention : douleur sévère, échec des mesures habituelles, avis spécialisé.
Que disent les études sur son efficacité ?
La revue Cochrane publiée en 2020 (recherche de la littérature jusqu’en septembre 2019) a comparé les injections épidurales de corticoïdes à un placebo dans la sciatique. Ses conclusions :
- les injections réduisent probablement légèrement la douleur de la jambe à court terme (moins de trois mois), mais l’ampleur de cet effet a été jugée trop faible pour compter cliniquement pour les patients ou les médecins ;
- l’effet sur le handicap fonctionnel est lui aussi faible, avec un léger avantage probable à court terme ;
- le niveau de certitude des preuves est au mieux modéré, et plus faible pour d’autres critères ;
- les auteurs concluent à un soutien limité du traitement et jugent que de nouveaux essais bien conçus seraient utiles.
Ces résultats concernent la sciatique, c’est-à-dire la douleur irradiant dans la jambe. Ils ne permettent pas de prédire l’effet chez une personne donnée. La durée d’efficacité varie selon les personnes, et les sources consultées ne donnent pas de durée fiable à retenir.
Quels sont les risques et les effets indésirables ?
La revue Cochrane souligne que le suivi des effets indésirables est de mauvaise qualité dans les essais : la plupart donnent peu de détails sur le moment ou la façon de les évaluer. Les auteurs sont donc très incertains quant à leur fréquence par rapport à un placebo. Les effets mineurs listés sont une douleur accrue pendant ou après l’injection, des maux de tête, des troubles des règles et des nausées. Une réaction grave a été rapportée, un hématome rétropéritonéal, chez un patient sous traitement anticoagulant.
Pour cette raison, informez toujours le médecin de l’ensemble de vos traitements, notamment anticoagulants, ainsi que de vos antécédents (diabète, infections, allergies). Pour les corticoïdes en général, le NHS cite aussi parmi les effets possibles, surtout en cas de traitement prolongé ou à forte dose, une fragilisation des os, une plus grande sensibilité aux infections, des changements d’humeur, une élévation de la glycémie ou de la tension. Ces effets ne sont pas propres à l’infiltration et dépendent de l’exposition, mais ils justifient un avis personnalisé.
Que faire en complément d’une éventuelle infiltration ?
Le NHS recommande, pour la sciatique comme pour le mal de dos, de rester actif autant que possible et d’éviter de rester au lit longtemps. Il cite la marche, la natation, le yoga et le pilates, ainsi que des exercices et étirements spécifiques, qu’il convient d’arrêter si la douleur augmente, avant d’en parler à un médecin. Il mentionne aussi la chaleur pour soulager les zones douloureuses, la kinésithérapie, parfois avec des massages, les thérapies manuelles et, pour apprendre à mieux vivre avec la douleur, la thérapie cognitivo-comportementale si la douleur ne s’améliore pas après quelques semaines.
Concernant les médicaments, le NHS indique que le paracétamol est peu susceptible d’aider dans la sciatique et que l’intérêt des anti-inflammatoires comme l’ibuprofène reste incertain. Demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin avant de choisir un antalgique, car ils ne conviennent pas à tout le monde.
Ces mesures ne garantissent aucun résultat. Elles s’inscrivent dans une prise en charge globale décidée avec votre médecin, qui peut aussi discuter d’autres options, comme l’imagerie en l’absence d’amélioration, ou la chirurgie si la douleur persiste malgré les autres traitements ou si une faiblesse musculaire s’aggrave.
Quels signes d’alerte doivent faire consulter en urgence ?
D’après le NHS, rendez-vous aux urgences ou appelez les secours (15 ou 112 en France) si votre douleur de dos ou votre sciatique s’accompagne de :
- une sciatique des deux côtés ;
- une faiblesse ou un engourdissement sévère dans les deux jambes, ou qui s’aggrave ;
- un engourdissement autour des organes génitaux, de l’anus ou sous les fesses ;
- une difficulté à commencer à uriner, une impossibilité d’uriner ou une perte de contrôle de la miction ;
- une incapacité à sentir le besoin d’aller à la selle ou une perte de contrôle des selles ;
- une douleur survenue après un accident grave.
Prenez rendez-vous rapidement avec un médecin si la douleur ne s’améliore pas après quelques semaines de soins à domicile, si elle s’aggrave ou si elle vous empêche d’exercer vos activités. Une douleur forte et brutale, ou une fièvre, des frissons ou un état de malaise général associés à un mal de dos, justifient une consultation urgente (NHS). Ne conduisez pas vous-même aux urgences.
Questions fréquentes
L’infiltration fait-elle disparaître une hernie discale ?
Les sources consultées ne le disent pas. Le NHS présente l’injection comme une option d’antalgique à court terme, et indique que la plupart des hernies discales s’améliorent progressivement. La revue Cochrane décrit un bénéfice faible sur la douleur de jambe. L’infiltration agit sur l’inflammation et la douleur, pas sur la hernie elle-même.
Combien de temps dure l’effet d’une infiltration épidurale ?
Les sources consultées ne donnent pas de durée fiable. La revue Cochrane mesure un faible bénéfice à court terme, c’est-à-dire avant trois mois, et ne retient pas un avantage cliniquement important. L’effet varie d’une personne à l’autre : votre médecin pourra vous en dire plus selon votre situation.
Quels effets indésirables observe-t-on après l’injection ?
La revue Cochrane liste des effets mineurs : douleur accrue pendant ou après l’injection, maux de tête, troubles des règles et nausées. Elle rapporte aussi un hématome rétropéritonéal grave chez un patient sous anticoagulant, et note que ces événements sont mal documentés. Signalez à votre médecin tout symptôme nouveau ou inquiétant après le geste.
La kinésithérapie reste-t-elle utile avec une infiltration ?
Le NHS cite la kinésithérapie, les exercices, les étirements et le maintien d’une activité parmi les principaux traitements de la sciatique, l’injection n’étant proposée que si la douleur est sévère et que les autres mesures n’ont pas aidé. Les deux approches peuvent donc se combiner selon l’avis du médecin.
Qui peut me proposer une infiltration épidurale ?
Selon le NHS, c’est un spécialiste hospitalier qui peut proposer une injection antalgique dans une sciatique sévère. En pratique, parlez-en d’abord à votre médecin traitant, qui évaluera la situation, pourra demander un examen d’imagerie si nécessaire et vous orientera vers un spécialiste.
Quels antalgiques peut-on prendre en cas de sciatique ?
Le NHS indique que le paracétamol est peu susceptible d’aider dans la sciatique et que l’intérêt des anti-inflammatoires comme l’ibuprofène est incertain. Ces médicaments ne conviennent pas à tout le monde. Demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin, et ne modifiez pas un traitement en cours sans avis médical.
Pour aller plus loin
- Douleur à la fesse : causes possibles et quand consulter
- Syndrome des facettes articulaires lombaires : prise en charge
- Névralgie cervico-brachiale : symptômes, causes et quand consulter
- Musicothérapie : ce que disent les études, limites et précautions
Sources
- Cochrane : Corticosteroid injections for sciatica (2020) — efficacité, certitude des preuves et effets indésirables des injections épidurales de corticoïdes
- NHS (Royaume-Uni) : Sciatica — traitements, injection épidurale, quand consulter et signes d’urgence
- NHS (Royaume-Uni) : Slipped disc — symptômes, évolution et options de traitement de la hernie discale
- NHS (Royaume-Uni) : Back pain — rester actif, traitements et signes d’urgence
- Mayo Clinic : Sciatica — définition, causes et facteurs de risque de la sciatique
- NHS (Royaume-Uni) : Steroid medicines — mécanisme anti-inflammatoire et effets indésirables généraux des corticoïdes
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

