Mis à jour le 9 octobre 2026
- Selon l’OMS, de petites quantités d’UV sont utiles à la production de vitamine D, mais une exposition excessive provoque coups de soleil, vieillissement cutané prématuré et cancers de la peau.
- L’OMS rapporte plus de 1,5 million de nouveaux cas de cancers cutanés dans le monde en 2020, et plus de 120 000 décès.
- Le bronzage ne protège pas : le NHS indique qu’un hâle n’offre aucune protection et qu’il n’existe pas de façon sûre de bronzer.
- La protection repose d’abord sur l’ombre, les vêtements, le chapeau et les lunettes ; la crème solaire vient en complément, dès un indice UV de 3.
- Un grain de beauté nouveau ou qui change, des cloques après un coup de soleil ou des signes de coup de chaleur justifient un avis médical rapide.
Le soleil est utile à l’organisme, car il permet de fabriquer la vitamine D, mais ses rayons ultraviolets (UV) abîment la peau et les yeux : les sources de santé recommandent donc une exposition mesurée, associée à une protection adaptée, plutôt qu’une exposition recherchée pour bronzer.
L’article d’origine cherchait un équilibre entre les avantages et les risques du soleil. Cette version reprend cette question en s’appuyant sur les fiches de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du service public de santé britannique (NHS), et elle précise ce que ces sources affirment, et ce qu’elles n’affirment pas.
Le soleil est-il bon ou mauvais pour la santé ?
Soleil et santé : les deux affirmations sont vraies à la fois. L’OMS indique que de petites quantités d’UV sont bénéfiques, notamment parce qu’elles permettent de produire la vitamine D, essentielle à l’os et au système musculo-squelettique. La même fiche précise que l’exposition excessive aux UV est à l’origine de nombreux effets nocifs pour la peau et les yeux.
L’enjeu n’est donc pas de fuir le soleil, mais de distinguer une exposition ordinaire, au fil des activités de la journée, d’une exposition intense ou répétée. Le NHS conseille de chercher l’équilibre entre la protection de la peau et l’apport de vitamine D issu du soleil, et il rappelle qu’on ne peut pas faire d’excès de vitamine D par le seul soleil.
L’article d’origine attribuait aussi au soleil un rôle sur le moral et sur le rythme biologique. Aucune des pages consultées pour cette réécriture ne le démontre ; ces affirmations ne sont donc pas reprises.
Quels sont les risques d’une exposition excessive aux UV ?
Selon l’OMS, une exposition excessive aux UV peut provoquer, sur la peau, des coups de soleil, des lésions de l’ADN, des réactions phototoxiques ou allergiques et un affaiblissement du système immunitaire. À long terme, les UV favorisent le mélanome, les carcinomes épidermoïdes et basocellulaires, ainsi que le vieillissement prématuré de la peau.
Les yeux sont également concernés. L’OMS cite des atteintes aiguës de la cornée et de la conjonctive, généralement réversibles mais douloureuses, puis, à long terme, un rôle dans la cataracte et dans certains cancers de l’œil.
Pour situer l’ampleur du phénomène, la fiche de l’OMS, publiée le 21 juin 2022, indique que plus de 1,5 million de nouveaux cas de cancers cutanés ont été diagnostiqués dans le monde en 2020, pour plus de 120 000 décès.
Le dommage s’accumule avec le temps, et il n’est pas toujours douloureux sur le moment. C’est pourquoi une peau qui ne brûle pas n’est pas pour autant une peau épargnée. Le NHS souligne qu’un hâle n’offre aucune protection, qu’il n’existe pas de façon sûre de bronzer, et que l’on peut brûler même par temps nuageux.
Le soleil est-il nécessaire pour fabriquer la vitamine D ?
Le NHS explique que le corps fabrique la vitamine D lorsque la peau est exposée à la lumière directe du soleil, en extérieur. L’alimentation en apporte aussi, notamment les poissons gras, la viande rouge, le jaune d’œuf et les aliments enrichis. La vitamine D intervient dans la régulation du calcium et du phosphate, qui entretiennent les os, les dents et les muscles. Un déficit marqué peut provoquer un rachitisme chez l’enfant et des douleurs osseuses liées à une ostéomalacie chez l’adulte.
Pour le Royaume-Uni, le NHS indique que, de la fin mars ou du début avril jusqu’à la fin septembre, la plupart des personnes peuvent fabriquer toute la vitamine D dont elles ont besoin grâce au soleil, et que ce n’est plus suffisant d’octobre au début de mars. Ces repères valent pour une latitude précise et ne sont pas transposables tels quels à toutes les régions françaises : demandez conseil à votre médecin si vous vous interrogez.
Le NHS cite parmi les personnes plus exposées à un manque : celles qui sortent rarement, les personnes en institution, celles dont les vêtements couvrent l’essentiel de la peau, les personnes à peau foncée, ainsi que les bébés et les jeunes enfants. Les personnes à peau foncée peuvent avoir besoin de plus de temps au soleil pour produire la même quantité de vitamine D, tout en devant éviter de brûler. L’OMS ajoute que les personnes très peu exposées au soleil peuvent envisager une supplémentation orale.
Une supplémentation se décide avec un médecin ou un pharmacien : le NHS précise qu’une prise excessive et prolongée peut élever le taux de calcium et nuire aux os, aux reins et au cœur. Les lits de bronzage, eux, ne sont jamais une solution : l’OMS indique qu’ils augmentent le risque de cancer de la peau et ne doivent jamais être considérés comme un moyen d’obtenir assez de vitamine D.
Comment se protéger du soleil au quotidien ?
L’OMS recommande de limiter l’exposition en milieu de journée, de chercher l’ombre, de porter des vêtements protecteurs et un chapeau à larges bords, ainsi que des lunettes enveloppantes qui protègent à 99 à 100 % des UVA et des UVB. Elle recommande une protection à partir d’un indice UV de 3, valeur que reprend le NHS en invitant à consulter l’indice UV sur une application météo.
La crème solaire intervient en complément. L’OMS précise que l’ombre et les vêtements sont préférables et que la crème ne doit pas servir à prolonger le temps d’exposition ; le NHS ajoute de ne pas compter sur la crème seule. Les repères du NHS sont les suivants :
- choisir une protection à large spectre, avec un indice de protection d’au moins 30 et une protection UVA élevée (au moins 4 étoiles dans le système britannique) ;
- appliquer la crème en quantité suffisante, en renouvelant l’application toutes les deux heures et après la baignade, l’essuyage, la transpiration ou le frottement ;
- garder à l’esprit que même un produit résistant à l’eau doit être renouvelé, et que l’eau reflète les UV tout en masquant la sensation de brûlure par sa fraîcheur ;
- vérifier la date limite d’utilisation du produit après ouverture.
Le NHS note également que le soleil est le plus fort entre 11 h et 15 h au Royaume-Uni, de mars à octobre ; l’OMS parle plus généralement du milieu de journée. Les heures exactes dépendent de la saison et du lieu.
Qui doit être particulièrement vigilant ?
L’OMS identifie plusieurs groupes à risque : les enfants et les adolescents, dont la peau et les yeux sont plus vulnérables, les personnes à peau claire, celles qui ont de nombreux grains de beauté, prennent des médicaments photosensibilisants ou ont des antécédents familiaux de cancer cutané, et les travailleurs exposés au soleil. Elle précise que les coups de soleil de l’enfance augmentent le risque de cancer cutané à l’âge adulte, et que les personnes à peau foncée peuvent aussi développer ces cancers.
Pour les plus petits, le NHS conseille de garder les bébés de moins de 6 mois à l’abri du soleil direct et fort. Pour les enfants, il recommande des vêtements adaptés, l’ombre aux heures les plus ensoleillées et une crème solaire sur les zones exposées comme le visage, les oreilles, les pieds et le dos des mains.
Si vous prenez un médicament qui rend la peau plus sensible à la lumière, demandez à votre médecin ou à votre pharmacien quelles précautions appliquer. La mention figure dans la fiche de l’OMS parmi les facteurs de risque, sans liste de médicaments.
Que faire en cas de coup de soleil ou de coup de chaleur ?
Pour un coup de soleil, le NHS conseille de rafraîchir la peau avec de l’eau fraîche, par un bain ou une douche, puis d’appliquer un produit après-soleil, comme l’aloe vera. Il indique que le paracétamol ou l’ibuprofène peuvent soulager la douleur et l’inflammation ; un pharmacien peut vous dire si ces médicaments vous conviennent. Il recommande de rester à l’abri du soleil tant que la rougeur persiste, et de demander un avis médical si vous vous sentez mal, si la peau gonfle fortement ou si des cloques apparaissent.
Le coup de chaleur est différent d’un coup de soleil. Le NHS décrit l’épuisement par la chaleur par de la fatigue, des vertiges, des maux de tête, des nausées ou vomissements, une transpiration abondante avec une peau pâle et moite, des crampes, une forte soif et de l’irritabilité. Dans ce cas, mettez la personne au frais, retirez les vêtements superflus, faites-la boire de l’eau et rafraîchissez sa peau, en restant auprès d’elle.
Le coup de chaleur proprement dit est une urgence médicale. Le NHS en cite les signes : température très élevée, peau chaude et sèche sans transpiration, respiration et rythme cardiaque rapides, confusion ou agitation, convulsions, perte de connaissance. Il recommande d’appeler les secours en cas de signes de coup de chaleur, ou si la personne reste mal après 30 minutes de repos, de rafraîchissement et d’hydratation, et de ne pas conduire soi-même aux urgences.
Enfin, consultez rapidement un médecin pour tout grain de beauté ou toute excroissance nouvelle, ou pour toute tache de la peau qui change de taille, de forme ou de couleur. Le NHS précise qu’un cancer cutané est plus facile à prendre en charge lorsqu’il est repéré tôt.
Questions fréquentes
Un ciel nuageux protège-t-il des UV ?
Non, pas complètement. Le NHS indique que l’on peut avoir un coup de soleil même par temps nuageux, et recommande de consulter l’indice UV plutôt que de se fier à l’apparence du ciel.
Le bronzage protège-t-il la peau ?
Non. Le NHS précise qu’un hâle n’offre aucune protection et qu’il n’existe pas de façon sûre de bronzer. L’OMS rappelle que les dommages dus aux UV s’accumulent et que les coups de soleil de l’enfance augmentent le risque de cancer cutané plus tard.
Les cabines de bronzage sont-elles une bonne source de vitamine D ?
Non. L’OMS indique que l’usage des bancs solaires augmente le risque de cancer de la peau et ne doit jamais être considéré comme un moyen d’obtenir assez de vitamine D. En cas de doute sur votre apport, parlez-en à un médecin.
À partir de quel indice UV faut-il se protéger ?
L’OMS recommande une protection à partir d’un indice UV de 3, repère que reprend le NHS. L’indice est disponible sur de nombreuses applications météo.
La crème solaire suffit-elle à se protéger ?
Non. L’OMS précise que l’ombre et les vêtements sont préférables et que la crème ne doit pas servir à prolonger l’exposition. Le NHS recommande de ne pas compter sur la crème seule.
Quand faut-il consulter pour la peau ?
Consultez pour un grain de beauté ou une excroissance nouvelle, ou pour une tache qui change de taille, de forme ou de couleur. Consultez aussi en cas de cloques, de gonflement important de la peau ou de malaise après une exposition au soleil.
Pour aller plus loin
- Bains de soleil : vitamine D, risques et protection
- Les bienfaits du soleil sur la santé : vitamine D, humeur et risques
- Vieillissement cutané : facteurs en cause et gestes de prévention
- Rides sous les yeux : rôle du mode de vie et des soins
Sources
- OMS : Rayonnements ultraviolets (fiche d’information, 21 juin 2022) — effets des UV sur la peau et les yeux, chiffres 2020, bénéfices en vitamine D, protection, groupes à risque, bancs solaires
- NHS : Sunscreen and sun safety — ombre, vêtements, crème solaire, bébés et enfants, traitement du coup de soleil, signes cutanés d’alerte
- NHS : Vitamin D — production par la peau, saisonnalité au Royaume-Uni, groupes à risque, rôle osseux, prudence sur la supplémentation (page revue en août 2020)
- NHS : Heat exhaustion and heatstroke — signes de l’épuisement par la chaleur et du coup de chaleur, gestes de rafraîchissement, appel aux secours
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

