Mis à jour le 9 octobre 2026
- En 2013, un rapport de l’Inserm a conclu que, pour la majorité des indications, les données ne permettent pas de conclure à l’efficacité de l’auriculothérapie.
- Une piste a été retenue, à confirmer : la douleur pendant une opération et l’anxiété avant une opération, avec un bénéfice observé par rapport à un placebo dans plusieurs études.
- Pour les addictions, y compris le tabac, les résultats sont en général négatifs ou difficiles à interpréter selon ce même rapport.
- Les effets indésirables ne sont pas rares mais ont été jugés bénins ; l’acupuncture appelle des précautions en cas de traitement anticoagulant, de problème cutané, de stimulateur cardiaque ou de grossesse.
- L’auriculothérapie ne remplace ni un diagnostic ni un traitement : une douleur ou une anxiété durable justifie de consulter un médecin.
L’auriculothérapie, aussi appelée acupuncture auriculaire, consiste à stimuler des points situés sur l’oreille externe. Son efficacité n’est pas démontrée pour la plupart des usages courants : l’expertise de l’Inserm, la référence française sur le sujet, conclut que les données ne permettent pas de conclure, tout en retenant une piste à confirmer dans le contexte d’une intervention chirurgicale.
Cet article s’appuie sur ce rapport et sur des pages d’information du NHS, de la Mayo Clinic et de l’Assurance maladie consacrées à l’acupuncture. Il présente les preuves disponibles, leurs limites, les précautions et les situations où il faut consulter.
Qu’est-ce que l’auriculothérapie ?
L’auriculothérapie est présentée par ses praticiens comme une méthode qui repose sur l’idée que l’oreille externe refléterait différentes parties du corps. Le stimulus peut être appliqué avec des aiguilles, d’où le nom d’acupuncture auriculaire utilisé dans le rapport de l’Inserm, ou par d’autres moyens selon les praticiens.
Cette représentation de l’oreille comme « carte » du corps est une hypothèse de la méthode, pas un fait établi. Le rapport de l’Inserm souligne d’ailleurs que le mécanisme physiologique proposé est peu étayé scientifiquement. Il relève aussi que l’enseignement et la pratique sont peu structurés, avec une grande hétérogénéité d’un praticien à l’autre.
Que conclut l’Inserm sur l’efficacité de l’auriculothérapie ?
À la demande de la Direction générale de la santé, l’Inserm a publié en juillet 2013 une évaluation de l’efficacité de cette pratique. Une quarantaine d’essais randomisés avaient alors été publiés. La plupart sont difficiles à interpréter à cause de limites méthodologiques ; certains sont de qualité acceptable.
La conclusion générale est prudente : pour la majorité des indications, les données ne permettent pas de conclure. Autrement dit, il n’est démontré ni que la méthode fonctionne, ni qu’elle est sans effet, faute d’études suffisamment solides.
Le rapport est ancien. La page de l’Inserm indique qu’elle n’a pas été modifiée depuis 2013 : des études plus récentes ont pu paraître depuis, mais aucune source officielle plus récente n’a pu être consultée pour cet article.
L’auriculothérapie peut-elle aider en cas de douleur, d’anxiété ou de dépendance au tabac ?
Selon l’Inserm, trois études concordantes montrent, pour la douleur pendant une opération, un bénéfice de l’acupuncture auriculaire utilisée en appoint, par rapport à un placebo. Pour l’anxiété avant une opération, trois études montrent aussi un bénéfice par rapport à un placebo, mais aucune donnée ne démontre une supériorité sur des alternatives conventionnelles. Ces résultats restent une piste à confirmer et ne se transposent pas automatiquement à une douleur chronique du quotidien.
Pour les addictions, y compris la dépendance au tabac, les résultats sont en général négatifs ou difficiles à interpréter. Pour les autres indications étudiées, les résultats sont contradictoires et aucune conclusion n’est possible. Si vous souhaitez arrêter de fumer, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, qui peuvent vous orienter vers un accompagnement dont l’intérêt est documenté.
Concernant l’acupuncture en général, le NHS britannique indique qu’il peut proposer cette approche pour des douleurs de longue durée, des céphalées de type migraine et des hoquets sévères, sur la base de données d’efficacité et de rapport coût-bénéfice. La Mayo Clinic précise que les bénéfices sont parfois difficiles à mesurer et que tout le monde n’y répond pas ; si les symptômes ne s’améliorent pas au bout de quelques semaines, la méthode peut ne pas convenir. Ces pages portent sur l’acupuncture et non spécifiquement sur l’oreille : elles ne valident pas l’auriculothérapie en tant que telle.
Dans le domaine de l’endométriose, l’Assurance maladie cite l’acupuncture parmi les approches complémentaires qui peuvent aider à soulager la douleur et l’anxiété, en complément du suivi médical.
Quels sont les risques et les contre-indications ?
Le rapport de l’Inserm indique que les effets indésirables de l’auriculothérapie ne sont pas rares, mais qu’ils sont jugés bénins. La Mayo Clinic décrit, pour l’acupuncture, des douleurs au niveau des points de piqûre, de petits saignements ou des ecchymoses. Elle précise que le risque est faible lorsqu’un praticien certifié utilise des aiguilles stériles, aujourd’hui à usage unique, ce qui limite le risque infectieux.
Plusieurs situations appellent la prudence et une discussion préalable avec le médecin ou le praticien :
- un traitement anticoagulant ou un risque accru de saignement : le NHS indique que l’acupuncture peut ne pas être sûre dans ce cas ;
- une affection de la peau ou une infection cutanée : même avertissement du NHS ;
- un stimulateur cardiaque : selon la Mayo Clinic, les techniques qui appliquent de faibles impulsions électriques sur les aiguilles peuvent interférer avec lui ;
- une grossesse : la Mayo Clinic indique que certains points sont considérés comme pouvant stimuler le travail, avec un risque d’accouchement prématuré.
Ces informations concernent l’acupuncture au sens large. Signalez à votre praticien toutes vos maladies, tous vos médicaments et tous les traitements en cours, comme le recommande le NHS.
Comment choisir un praticien et quelle place donner à cette méthode ?
Le rapport de l’Inserm note que l’enseignement et la pratique de l’auriculothérapie sont peu structurés. Il est donc utile de demander au praticien sa formation, son expérience et ce qu’il peut raisonnablement attendre de la méthode pour votre situation. La Mayo Clinic conseille également de vérifier les qualifications du praticien et d’informer son médecin avant de commencer, car celui-ci peut connaître l’intérêt de la méthode pour votre problème.
Le NHS rappelle deux points essentiels : ne pas arrêter un médicament prescrit sans en parler à son médecin, et consulter un médecin en cas de symptômes qui ne disparaissent pas ou qui reviennent, plutôt que de compter uniquement sur un thérapeute. L’auriculothérapie peut au mieux accompagner une prise en charge médicale ; elle ne la remplace pas.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Consultez un médecin si une douleur dure, revient régulièrement ou gêne votre vie quotidienne, si une anxiété s’installe ou vous empêche de dormir ou de travailler, ou si une dépendance (tabac, alcool, médicaments) vous préoccupe. Ces situations demandent d’abord un diagnostic et une prise en charge validés. Après une séance, tout effet indésirable qui persiste ou vous inquiète justifie également un avis médical.
Questions fréquentes
L’Inserm recommande-t-il l’auriculothérapie ?
Non. Dans son rapport de juillet 2013, l’Inserm conclut que, pour la majorité des indications, les données ne permettent pas de conclure. Il retient seulement une piste à confirmer pour la douleur et l’anxiété autour d’une intervention chirurgicale.
L’auriculothérapie aide-t-elle à arrêter de fumer ?
D’après l’Inserm, les résultats dans les addictions sont en général négatifs ou difficiles à interpréter. Pour arrêter de fumer, un accompagnement proposé par un médecin ou un pharmacien reste la voie à privilégier.
L’auriculothérapie est-elle douloureuse ?
Pour l’acupuncture, la Mayo Clinic indique que l’insertion des aiguilles provoque en général peu de gêne. Des douleurs localisées, de petits saignements ou des ecchymoses peuvent apparaître. Les effets indésirables de l’auriculothérapie sont jugés bénins par l’Inserm.
Peut-on la pratiquer sous anticoagulants ?
Le NHS indique que l’acupuncture peut ne pas être sûre si vous prenez un médicament fluidifiant le sang ou si vous avez un risque accru de saignement. Parlez-en à votre médecin et à votre praticien avant toute séance, et ne modifiez pas votre traitement de vous-même.
Est-elle compatible avec une grossesse ou un stimulateur cardiaque ?
La Mayo Clinic recommande de prévenir le praticien en cas de grossesse, car certains points sont considérés comme pouvant stimuler le travail, et en cas de stimulateur cardiaque, car l’électrostimulation peut interférer avec lui. Demandez d’abord l’avis de votre médecin.
Peut-elle remplacer un traitement médical ?
Non. Le NHS rappelle qu’il ne faut pas arrêter un médicament prescrit sans avis médical et qu’il faut consulter en cas de symptômes persistants. L’auriculothérapie ne peut être envisagée qu’en complément d’une prise en charge médicale.
Pour aller plus loin
- Auriculothérapie : ce que disent les études, risques et précautions
- Sophrologie : définition, séance et niveau de preuve scientifique
- Méthode EFT : que disent les études sur le tapping ?
- Médecine traditionnelle chinoise : preuves, limites et précautions
Sources
- Inserm : Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’auriculothérapie (2013) — conclusions sur les indications, niveau de preuve, sécurité, structuration de la pratique
- NHS : Acupuncture — indications proposées par le NHS, précautions (anticoagulants, peau), ne pas arrêter un traitement
- Mayo Clinic : Acupuncture — effets attendus et limites, risques, stimulateur cardiaque, grossesse, choix du praticien
- Assurance maladie : Traitement de l’endométriose — acupuncture citée comme approche complémentaire de la douleur en complément du suivi médical
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

