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Compléments alimentaires naturels : preuves, risques et précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Un complément alimentaire, même d’origine naturelle, n’est pas un médicament : il ne peut pas être présenté comme ayant des propriétés préventives ou curatives sur une maladie, selon la DGCCRF.
  • Les preuves sont limitées ou contradictoires pour les plantes citées : pour la valériane, les résultats sur le sommeil sont inconsistants ; pour le thé vert, le NCCIH juge qu’aucune conclusion définitive n’est possible sur la plupart des usages.
  • « Naturel » ne signifie pas « sans risque » : cumul de produits, interactions avec des médicaments et atteintes du foie rapportées avec des extraits de thé vert justifient la prudence.
  • En 2023, la DGCCRF a relevé au moins une anomalie dans environ un tiers des établissements contrôlés, principalement des allégations interdites ou fausses.
  • Parlez-en à un médecin ou à un pharmacien, en particulier en cas de grossesse, d’allaitement, de traitement en cours ou de symptôme qui persiste.

Les compléments alimentaires d’origine naturelle ne remplacent ni une alimentation variée, ni un avis médical, et les sources officielles consultées ne démontrent pas leur intérêt pour la fatigue, le stress, le sommeil ou la digestion. Leur usage demande de la prudence : ils ne sont pas anodins et peuvent interagir avec des médicaments.

Cet article rappelle leur statut légal, le niveau de preuve disponible pour deux plantes courantes (la valériane et le thé vert), les risques connus et les précautions recommandées par l’ANSES, la DGCCRF et le NCCIH, institut de santé américain.

Qu’est-ce qu’un complément alimentaire « naturel » ?

La DGCCRF définit les compléments alimentaires comme des denrées alimentaires destinées à compléter le régime alimentaire normal, contenant une source concentrée de nutriments ou d’autres substances à effet nutritionnel ou physiologique. Ils sont commercialisés sous forme de doses (gélules, comprimés, sachets de poudre, flacons à compte-gouttes). Ils ne remplacent pas les aliments courants et ne sont pas des médicaments.

Le terme « naturel » ne figure pas dans cette définition et ne constitue pas un gage de sécurité. Santé.fr rappelle que toute substance peut être toxique à forte dose, et met en garde contre les produits présentés comme « sans toxicité ». L’ANSES indique, pour sa part, qu’une alimentation variée et équilibrée et une activité physique couvrent en général les besoins nutritionnels sans complément. Site cité dans l’article d’origine, sans évaluation de son contenu : Vous avez donc des compléments alimentaires naturels.

Que dit la réglementation, et que contrôle-t-on ?

Selon la DGCCRF, il est interdit de présenter un complément alimentaire comme ayant des propriétés préventives ou curatives à l’égard d’une maladie humaine, y compris par allusion. Les allégations de santé sont soumises à autorisation préalable : l’opérateur doit utiliser une allégation figurant sur une liste autorisée ou déposer une demande auprès de l’Union européenne. Sont aussi interdits les messages sur le rythme de perte de poids et ceux qui suggèrent qu’une alimentation équilibrée serait insuffisante.

L’enquête menée par la DGCCRF en 2023 sur 270 établissements (publiée en novembre 2025) montre que cette règle n’est pas toujours respectée. Environ un tiers présentaient au moins une anomalie, allant d’une mention d’étiquetage à corriger à des allégations interdites ou fausses, en passant par des écarts de dosage. Le taux de non-conformité atteignait 37 % pour les compléments non destinés aux enfants contre 20 % pour ceux destinés aux enfants. La DGCCRF relève que les microentreprises vendant sur internet reprennent souvent des allégations de concurrents sans vérifier qu’elles sont autorisées.

Ce constat invite à la prudence face à une promesse de santé figurant sur un emballage ou sur une page de vente : elle n’est pas, en soi, la preuve d’un effet.

Les plantes citées aident-elles à dormir, à digérer ou à se détendre ?

Les sources consultées permettent d’illustrer le niveau de preuve pour deux plantes très présentes dans les compléments.

La valériane : selon le NCCIH, les résultats sur le sommeil sont inconsistants, et la recommandation de l’American Academy of Sleep Medicine de 2017 déconseille son usage dans l’insomnie chronique de l’adulte. Pour l’anxiété, les preuves sont insuffisantes ; la page conclut qu’il n’y a pas assez de preuves pour savoir si la valériane est utile pour une affection donnée. Les effets indésirables rapportés comprennent maux de tête, troubles digestifs, somnolence ou excitation, rêves intenses, et de rares atteintes du foie, le plus souvent en association avec d’autres produits à base de plantes.

Le thé vert : le NCCIH indique que les études sont nombreuses mais que des conclusions définitives ne peuvent pas encore être tirées pour la plupart des usages promus (cancer, maladies du cœur, poids, cholestérol). Les effets rapportés sur le cholestérol concernent surtout des essais avec des extraits. La boisson n’a pas fait l’objet de préoccupation de sécurité chez l’adulte, alors que les extraits en comprimés ou en gélules ont été associés à des effets indésirables (nausées, constipation, gêne abdominale, hausse de la pression artérielle) et, plus rarement, à des atteintes du foie.

Pour les autres plantes évoquées dans l’article d’origine (passiflore, pissenlit, sauge, ginseng), aucune source officielle ouverte ne permet d’affirmer un effet : elles ne sont donc pas décrites ici.

Quels sont les risques et les précautions à connaître ?

L’ANSES liste plusieurs risques : les compléments de vitamines et minéraux peuvent conduire à dépasser les apports maximaux, surtout quand des aliments enrichis sont aussi consommés, et certains produits peuvent provoquer des effets indésirables. La DGCCRF recommande d’être attentif au cumul de plusieurs compléments et aux interactions possibles avec des médicaments.

Les interactions documentées par le NCCIH illustrent ce risque : la valériane peut s’ajouter à l’effet de l’alcool ou de sédatifs ; le thé vert à fortes doses peut réduire le niveau sanguin de certains médicaments (nadolol, atorvastatine) et interagit avec le raloxifène. Le thé vert contient aussi de la caféine, à compter dans l’apport total.

Pour la grossesse et l’allaitement, le NCCIH note que l’on sait peu de choses sur la sécurité de la valériane. L’ANSES rappelle que les femmes enceintes, les enfants et les personnes âgées ont des besoins nutritionnels plus importants et sont plus exposés aux carences : un complément peut alors se justifier, mais l’avis d’un professionnel de santé est fortement recommandé. La DGCCRF invite à demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien en cas de grossesse, d’allaitement, de jeune âge ou de traitement médical.

Comment limiter les risques si l’on choisit d’en consommer ?

Les conseils de l’ANSES sont les suivants : consulter un professionnel de santé, éviter les usages prolongés, répétés ou multiples, respecter les conditions d’emploi de l’étiquette, se méfier des produits aux promesses miraculeuses et acheter par des circuits de confiance. L’ANSES et la DGCCRF insistent aussi sur le fait que les compléments ne remplacent pas un traitement.

Les résultats de laboratoire de l’enquête de la DGCCRF montrent en outre que le contenu réel peut s’écarter de l’étiquette : des déficits ou des excès ont été constatés pour les vitamines et les minéraux, et un produit à base de levure de riz rouge dépassait la limite autorisée en monacoline K et a fait l’objet d’un retrait. Il n’existe donc pas de moyen de s’assurer, à partir du seul prix ou des avis en ligne, de la qualité d’un produit. Le présent article ne propose ni classement de produits ni indication de dose.

Une page officielle sur les compléments alimentaires est citée dans l’article d’origine, sans que son contenu ait pu être consulté : Pour choisir les meilleures recettes.

Quand consulter un médecin, et comment signaler un effet indésirable ?

Une fatigue persistante, un sommeil durablement perturbé, des troubles digestifs répétés ou une baisse de moral doivent conduire à consulter : un complément ne permet pas d’en établir la cause, et peut retarder un diagnostic. Si vous suivez un traitement, ne l’arrêtez pas et ne le remplacez pas par un complément ; demandez d’abord conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

En cas d’effet indésirable après la prise d’un complément, arrêtez-le et parlez-en à un professionnel de santé. L’ANSES gère depuis 2009 un dispositif de nutrivigilance qui recueille les signalements d’effets indésirables ; les professionnels de santé, les fabricants, les distributeurs et les particuliers peuvent signaler. Ces déclarations servent à évaluer les risques et à émettre des recommandations.

Questions fréquentes

Un complément alimentaire peut-il remplacer un médicament ?

Non. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne peuvent pas revendiquer de propriétés préventives ou curatives à l’égard d’une maladie, selon la DGCCRF. N’arrêtez jamais un traitement sans l’avis de votre médecin.

Un complément d’origine naturelle est-il sans danger ?

Non. Santé.fr rappelle que toute substance peut être toxique à forte dose, et le NCCIH signale par exemple des interactions médicamenteuses et de rares atteintes du foie avec certains produits à base de plantes. L’avis d’un médecin ou d’un pharmacien est recommandé.

La valériane aide-t-elle à mieux dormir ?

Les résultats sont inconsistants selon le NCCIH, et l’American Academy of Sleep Medicine déconseille la valériane dans l’insomnie chronique de l’adulte. Si votre sommeil est perturbé de façon durable, consultez un médecin.

Le thé vert en gélules est-il sans risque ?

Pas nécessairement. Selon le NCCIH, la boisson n’a pas soulevé de préoccupation chez l’adulte, mais les extraits en comprimés ou gélules ont été associés à des effets indésirables et, plus rarement, à des atteintes du foie. Ils peuvent aussi interagir avec certains médicaments.

Que signifie une allégation de santé sur l’étiquette ?

Selon la DGCCRF, les allégations de santé doivent figurer sur une liste autorisée, et il est interdit de lui attribuer des propriétés préventives ou curatives. L’enquête de 2023 a pourtant relevé de nombreuses allégations interdites ou fausses.

Comment signaler un effet indésirable lié à un complément ?

Parlez-en à un professionnel de santé. L’ANSES gère un dispositif de nutrivigilance qui recueille les signalements des professionnels de santé, des fabricants, des distributeurs et des particuliers.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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