Image default

Aubépine et cœur : ce que disent les sources officielles

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • L’Agence européenne des médicaments reconnaît à la feuille et à la fleur d’aubépine un usage traditionnel, fondé sur l’ancienneté de l’usage et non sur des essais cliniques.
  • D’après le NCCIH, l’insuffisance cardiaque est la seule affection étudiée chez l’humain avec l’aubépine, avec des résultats contradictoires ; la perte de poids ne repose sur aucune preuve.
  • Effets indésirables possibles : vertiges, nausées, vomissements, diarrhée, douleurs musculaires ; une interaction avec des médicaments est possible, d’où l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.
  • Des produits vendus comme « tejocote » ont été signalés par la FDA comme contenant une plante toxique, le laurier-rose.
  • Des palpitations doivent être évaluées par un médecin ; douleur thoracique, malaise ou essoufflement important imposent de consulter immédiatement.

L’aubépine est une plante dont la feuille et la fleur ont un usage traditionnel reconnu en Europe pour apaiser des troubles cardiaques temporaires liés à la nervosité et des symptômes légers de stress, mais les preuves cliniques restent limitées. Ce que disent les sources officielles de l’aubépine et cœur se résume ainsi : un usage ancien, peu d’études solides, et des précautions à connaître.

Cet article s’appuie sur l’Agence européenne des médicaments (EMA), le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH), la Mayo Clinic et l’Assurance maladie (ameli). Il précise ce qui est établi, ce qui ne l’est pas, et les situations où une consultation est nécessaire. Il ne donne aucune dose.

Qu’est-ce que l’aubépine ?

L’aubépine (genre Crataegus) est, selon le NCCIH, un arbuste ou un petit arbre de la famille des Rosacées. Traditionnellement, elle a été utilisée pour le cœur, la digestion, la circulation, les reins et la vessie, ainsi que pour des usages cutanés. Aujourd’hui, elle est surtout promue pour le cœur et les vaisseaux, la perte de poids et l’anxiété.

Selon l’EMA, ce sont les feuilles et les fleurs de plusieurs espèces de Crataegus qui sont utilisées, sous forme de poudre, de tisane, de suc ou d’extraits secs ou liquides.

Que reconnaît l’Agence européenne des médicaments ?

Le comité des médicaments à base de plantes de l’EMA (HMPC) retient pour la feuille et la fleur d’aubépine un usage traditionnel dans deux situations :

  • le soulagement des symptômes de troubles cardiaques temporaires liés à la nervosité, comme les palpitations, après exclusion par un médecin d’une pathologie grave, chez l’adulte uniquement ;
  • le soulagement de symptômes légers de stress mental et l’aide au sommeil, chez l’adulte et l’adolescent de plus de 12 ans.

Cet usage repose sur l’ancienneté de l’emploi et non sur des essais cliniques : la page de l’EMA signale un manque d’études cliniques sur ces médicaments. Elle indique qu’aucun effet indésirable n’avait été signalé au moment de l’évaluation, et renvoie à la monographie pour les précautions d’emploi détaillées. La page indique aussi qu’il faut consulter un médecin si les symptômes durent plus de deux semaines ou s’aggravent.

Que montrent les études sur le cœur et la tension artérielle ?

Le NCCIH est nuancé. L’insuffisance cardiaque est la seule affection étudiée chez l’humain, avec des résultats contradictoires. Pour les autres affections cardiaques (maladie coronarienne, angine, troubles du rythme, plaques d’athérome), les preuves sont jugées insuffisantes ; pour la perte de poids, il n’existe aucune preuve ; pour l’anxiété, l’effet est incertain. Globalement, il existe peu ou pas de preuves de qualité pour la plupart des indications.

La fiche du NCCIH n’aborde pas l’hypertension artérielle, et aucune des sources consultées ne démontre un effet de l’aubépine sur la tension. Or l’Assurance maladie décrit l’hypertension comme une pression sanguine trop élevée, exercée de façon durable sur les parois des artères, dont la prise en charge repose sur des mesures d’hygiène de vie, notamment alimentaires, et sur des médicaments antihypertenseurs, afin de prévenir les complications cardiovasculaires et rénales. Une tension élevée se surveille et se traite avec un médecin ; une plante ne s’y substitue pas.

Quels sont les risques, les effets indésirables et les interactions ?

D’après le NCCIH, les effets indésirables rapportés sont les vertiges, les nausées, les vomissements, la diarrhée et les douleurs musculaires. Un usage à court terme pourrait être sans danger, mais aucune étude n’a évalué un usage prolongé au-delà de quelques mois. On sait peu de choses sur l’innocuité de l’aubépine pendant la grossesse et l’allaitement.

Une étude portant sur une préparation d’aubépine (C. oxycantha) a observé, chez certains patients, une progression du risque d’insuffisance cardiaque. La cause est inconnue ; une interaction avec d’autres médicaments est une hypothèse. Le NCCIH recommande à toute personne prenant un médicament de consulter un professionnel de santé avant d’utiliser un produit à base de plantes. Un traitement cardiaque ne doit jamais être modifié ou arrêté de sa propre initiative.

Enfin, en janvier 2024, la FDA (agence américaine du médicament) a publié une liste de produits, dont des compléments étiquetés « tejocote root » (C. mexicana), qui contenaient en réalité du laurier-rose (yellow oleander), une plante toxique pouvant causer des atteintes graves, voire mortelles. Certaines personnes utilisaient ces produits pour maigrir. Cet épisode rappelle l’intérêt de se renseigner auprès d’un pharmacien sur l’origine et la composition d’un produit à base de plantes.

Palpitations : quand faut-il consulter ?

Selon la Mayo Clinic, les palpitations, c’est-à-dire la sensation de battements cardiaques rapides, de flottements ou de cœur qui bat fort, sont généralement bénignes, mais elles peuvent rarement signaler un trouble cardiaque plus sérieux, comme un trouble du rythme. Les causes fréquentes comprennent le stress, l’anxiété, les crises de panique, les fortes émotions, l’effort intense, la caféine, la nicotine, certains médicaments contre le rhume, la fièvre, les variations hormonales et les troubles thyroïdiens. Souvent, aucune cause précise n’est trouvée.

Des palpitations rares et brèves ne nécessitent généralement pas d’examen. En revanche, en cas d’antécédents de maladie cardiaque, si elles deviennent fréquentes ou s’aggravent, il faut consulter. Une douleur ou une gêne dans la poitrine, une perte de connaissance, un essoufflement important ou des vertiges sévères imposent de consulter immédiatement.

C’est aussi la logique de l’EMA : l’usage traditionnel de l’aubépine pour des palpitations suppose qu’un médecin ait d’abord exclu une pathologie grave.

Comment aborder l’aubépine avec prudence ?

Plusieurs réflexes découlent des sources consultées :

  • faire évaluer des palpitations par un médecin avant d’envisager une plante, comme le prévoit l’EMA ;
  • demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant tout produit à base d’aubépine si vous prenez un médicament, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez ;
  • ne pas utiliser l’aubépine pour maigrir : aucune preuve ne l’étaye, et des produits mal étiquetés ont été signalés ;
  • suivre la notice du produit et les indications d’un professionnel de santé plutôt que des posologies lues en ligne ;
  • consulter si les symptômes durent ou s’aggravent.

Site cité dans l’article d’origine : https://www.medisite.fr/.

Questions fréquentes

Quelles parties de l’aubépine sont utilisées ?

Selon l’EMA, ce sont les feuilles et les fleurs de plusieurs espèces de Crataegus, utilisées en poudre, en tisane, en suc ou en extraits secs ou liquides. Les produits sont de natures différentes : demandez conseil à un pharmacien pour choisir et utiliser un produit, sans reprendre de dose lue en ligne.

L’aubépine convient-elle aux adolescents ?

L’EMA limite l’usage traditionnel pour les troubles cardiaques liés à la nervosité aux adultes. Pour les symptômes légers de stress et l’aide au sommeil, il est ouvert aux adultes et aux adolescents de plus de 12 ans. Pour toute autre situation, il faut consulter un professionnel de santé.

Peut-on prendre de l’aubépine avec un traitement cardiaque ?

Cela nécessite l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Le NCCIH évoque une progression du risque d’insuffisance cardiaque chez certains patients dans une étude, avec l’hypothèse d’une interaction médicamenteuse, et recommande de consulter avant tout produit à base de plantes en cas de médicament. N’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative.

L’aubépine aide-t-elle à maigrir ?

Non, aucune preuve ne l’étaye selon le NCCIH. En janvier 2024, la FDA a signalé des produits étiquetés « tejocote root », parfois utilisés pour maigrir, qui contenaient en réalité du laurier-rose, une plante toxique pouvant causer des atteintes graves, voire mortelles.

Combien de temps peut-on prendre de l’aubépine ?

Les sources ne permettent pas de fixer une durée. Le NCCIH indique qu’un usage à court terme pourrait être sans danger mais qu’aucune étude n’a évalué un usage prolongé. L’EMA recommande de consulter un médecin si les symptômes durent plus de deux semaines ou s’aggravent.

Les palpitations sont-elles toujours graves ?

Non. Selon la Mayo Clinic, elles sont généralement bénignes et souvent sans cause précise, mais elles peuvent rarement signaler un trouble du rythme. Une douleur thoracique, un malaise, un essoufflement important ou des vertiges sévères imposent de consulter immédiatement.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



A lire aussi

Huiles essentielles chez soi : ce que disent les sources

Claire Garnier

Aromathérapie scientifique : ce que disent vraiment les études

Claire Garnier

Millepertuis et dépression : preuves, interactions et précautions

Claire Garnier