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Ortie en phytothérapie : usages traditionnels et précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • L’ortie dioïque (Urtica dioica) est utilisée en phytothérapie pour sa feuille (douleurs articulaires, élimination urinaire) et sa racine (troubles urinaires liés à la prostate).
  • Selon l’Agence européenne des médicaments (EMA), ces usages reposent exclusivement sur une utilisation ancienne ; Vidal juge les études nombreuses mais insuffisantes pour conclure à une efficacité.
  • La feuille est contre-indiquée en cas de maladie cardiaque ou rénale sévère nécessitant de limiter les boissons ; sécurité non établie pendant la grossesse, l’allaitement et chez l’enfant de moins de 12 ans.
  • Les effets indésirables rapportés sont rares et le plus souvent digestifs ou cutanés ; Vidal ne rapporte aucune interaction formelle, hormis un espacement avec le fer.
  • Des douleurs articulaires avec gonflement, rougeur ou fièvre, ou des troubles urinaires qui s’aggravent, justifient de consulter un médecin.

L’ortie en phytothérapie désigne l’usage de la feuille et de la racine de l’ortie dioïque, depuis longtemps traditionnel, mais aucune de ces utilisations ne bénéficie d’une démonstration d’efficacité solide. L’Agence européenne des médicaments les reconnaît au titre de l’usage traditionnel, c’est-à-dire sur la seule base d’une utilisation ancienne.

Cet article présente les parties de la plante utilisées, les usages reconnus par les autorités, le niveau de preuve disponible et les précautions à respecter. Il ne propose pas de posologie ni de cure : leur choix relève d’un professionnel de santé.

Quelles parties de l’ortie sont utilisées, et pour quoi ?

Vidal distingue deux parties de la plante. La feuille est utilisée comme diurétique, dans les douleurs articulaires, ainsi que pour les peaux grasses ou acnéiques. La racine est réservée aux troubles bénins de la prostate (hyperplasie bénigne). La plante existe sous forme séchée (infusion), en gélules, en extraits secs ou liquides, en jus frais et en application locale.

Les usages traditionnels de la feuille incluent, selon Vidal, l’augmentation du volume des urines, l’aide au drainage des voies urinaires en cas d’infection, la prévention des calculs urinaires, le soulagement de l’arthrose ou des rhumatismes et la réduction de la sécrétion de sébum. La racine est traditionnellement employée pour améliorer l’écoulement urinaire chez les hommes présentant une hyperplasie bénigne de la prostate. Vidal mentionne d’autres usages anciens non étayés (troubles du sommeil, perte d’appétit, fatigue, rhinite allergique, pellicules, piqûres d’insectes).

Que reconnaissent les autorités de santé ?

La monographie européenne de la feuille d’ortie (EMA) retient deux indications comme produit traditionnel à base de plantes : le soulagement de douleurs articulaires mineures et l’augmentation du débit urinaire pour aider à éliminer l’eau des voies urinaires, en appoint de troubles urinaires mineurs. Ces deux indications reposent « exclusivement » sur une utilisation ancienne.

Pour la racine, la monographie européenne vise le soulagement des symptômes urinaires du bas appareil liés à l’hyperplasie bénigne de la prostate, également sur la base de l’usage traditionnel, après qu’un médecin a écarté toute maladie grave. Vidal rapporte pour sa part que l’OMS considère la racine comme cliniquement établie pour les troubles de l’émission d’urine liés à une hyperplasie légère à modérée, en l’absence avérée de cancer de la prostate. Les sources ne se recoupent donc pas entièrement : retenez que la racine ne s’utilise qu’après un diagnostic médical.

Quel est le niveau de preuve ?

Vidal conclut que les études sont nombreuses mais insuffisantes pour conclure à l’efficacité de l’ortie. Dans le détail :

  • Effet diurétique de la feuille : au moins cinq essais sur plus de 10 000 patients, mais la plupart sans placebo, d’où une incertitude ;
  • Hyperplasie bénigne de la prostate (racine) : environ une demi-douzaine d’essais sur plus de 16 000 hommes, de qualité méthodologique jugée trop faible ; les résultats suggèrent une efficacité sans la prouver ;
  • Rhinite allergique : une petite étude contre placebo suggère un effet sur les symptômes ;
  • Douleurs articulaires, cheveux, ongles : selon Vidal, aucune étude ne justifie l’usage.

La mention d’un usage traditionnel par l’EMA signifie que la plante est connue de longue date et que son emploi est jugé plausible, sans que son efficacité soit démontrée par des essais cliniques. Elle ne vaut donc pas preuve de bénéfice.

Quelles sont les contre-indications et les précautions ?

Les sources convergent sur plusieurs points :

  • la monographie européenne contre-indique la feuille en cas d’hypersensibilité et dans les situations où la réduction de l’apport en liquides est recommandée, comme une maladie cardiaque ou rénale sévère ; Vidal cite les troubles cardiaques ou rénaux, avec ou sans œdèmes ;
  • la sécurité pendant la grossesse et l’allaitement n’est pas établie et l’usage n’est pas recommandé (EMA) ; Vidal rapporte la même contre-indication ;
  • l’emploi chez l’enfant de moins de 12 ans n’est pas établi (EMA), Vidal la déconseille avant cet âge ;
  • pour un usage diurétique, Vidal recommande de boire abondamment ;
  • pour la racine, la monographie européenne indique qu’il n’existe pas d’usage pertinent chez les moins de 18 ans, et Vidal recommande de ne jamais l’utiliser sans avis médical chez un homme qui urine difficilement ;
  • les tanins de l’ortie réduisent l’absorption du fer : Vidal conseille d’espacer la prise d’ortie et de compléments de fer.

Ces précautions ne remplacent pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, d’autant plus si vous suivez un traitement, notamment pour le cœur ou les reins.

Quels effets indésirables et quelles interactions ?

Vidal note peu d’effets indésirables : nausées, diarrhées, ballonnements, allergie cutanée. La monographie européenne mentionne des troubles digestifs légers (nausées, vomissements, diarrhée) et des réactions cutanées (démangeaisons, éruption, urticaire), de fréquence inconnue. La racine peut parfois provoquer des troubles de l’érection, selon Vidal.

Vidal ne rapporte aucune interaction formelle avec les feuilles ou la racine, hormis l’espacement avec le fer. L’absence d’interaction connue ne signifie pas l’absence d’interaction : informez votre médecin ou votre pharmacien de toute plante que vous prenez.

Quand consulter un médecin ?

La monographie européenne de la feuille recommande de consulter un médecin si des douleurs articulaires s’accompagnent de gonflement, de rougeur ou de fièvre, et si des troubles urinaires s’aggravent ou s’accompagnent de fièvre, de douleur à la miction, de spasmes ou de sang dans les urines. De même, un homme qui a des difficultés à uriner doit d’abord consulter, la présence d’un cancer de la prostate devant être écartée avant tout recours à la racine.

L’ortie ne remplace ni un traitement prescrit, ni un bilan médical. N’arrêtez jamais un médicament de votre propre initiative pour la remplacer. En cas de réaction allergique importante, de gêne respiratoire ou de gonflement du visage, appelez les urgences (15 ou 112).

Questions fréquentes

Faut-il utiliser la feuille ou la racine d’ortie ?

Les deux parties n’ont pas les mêmes usages traditionnels. Selon Vidal, la feuille sert surtout de diurétique et dans les douleurs articulaires, la racine dans les troubles bénins de la prostate. Dans ce dernier cas, un avis médical est nécessaire avant tout usage.

L’ortie a-t-elle une efficacité démontrée sur les douleurs articulaires ?

Ce n’est pas démontré. La monographie européenne retient la feuille pour soulager des douleurs articulaires mineures, mais uniquement sur la base d’un usage ancien. Vidal indique qu’aucune étude ne justifie cet usage. Consultez si la douleur s’accompagne de gonflement, de rougeur ou de fièvre.

L’ortie est-elle autorisée pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Non, elle n’est pas recommandée. L’EMA indique que la sécurité pendant la grossesse et l’allaitement n’est pas établie, et Vidal rapporte la même contre-indication. Demandez l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme.

L’ortie peut-elle interagir avec des médicaments ?

Vidal ne rapporte aucune interaction formelle, sauf une précaution : l’ortie réduit l’absorption du fer, il faut donc espacer les prises. Informez votre médecin ou votre pharmacien si vous prenez un traitement, en particulier pour le cœur ou les reins.

Quels effets indésirables peut provoquer l’ortie ?

Ils sont peu fréquents : nausées, diarrhées, ballonnements et réactions cutanées comme des démangeaisons ou de l’urticaire. La racine peut parfois entraîner des troubles de l’érection, selon Vidal. En cas de réaction, arrêtez le produit et consultez.

Peut-on donner de l’ortie à un enfant ?

L’EMA indique que l’emploi de la feuille chez l’enfant de moins de 12 ans n’est pas établi, et Vidal le déconseille avant cet âge. Pour un enfant, demandez toujours l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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