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Daltonisme héréditaire : causes, tests et vie quotidienne

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Le daltonisme est une difficulté à distinguer certaines couleurs, le plus souvent le rouge et le vert. La vision en noir et blanc complet est rare.
  • Le plus souvent présent dès la naissance, il se transmet pour les formes rouge-vert sur le chromosome X : environ 1 homme sur 12 est concerné, contre environ 1 femme sur 200 (population d’origine nord-européenne).
  • Un test simple chez l’ophtalmologue, l’opticien ou en médecine scolaire permet de le repérer. Il n’existe pas de traitement de la forme héréditaire ; la plupart des personnes s’adaptent.
  • Un daltonisme peut aussi être acquis, à la suite d’une maladie, d’un traumatisme ou de certains médicaments : toute modification de la vision des couleurs justifie un avis médical.
  • Niveau de preuve : les faits présentés ici viennent de sources institutionnelles concordantes ; les pistes comme la thérapie génique relèvent de la recherche et ne sont pas des traitements disponibles.

Le daltonisme héréditaire est une anomalie de la vision des couleurs présente dès la naissance, qui rend certaines teintes difficiles à distinguer, le plus souvent le rouge et le vert. Selon le National Eye Institute (NEI), la plupart des personnes concernées n’ont pas de difficulté dans les activités de tous les jours, et l’anomalie est souvent si discrète qu’elle passe inaperçue.

Cet article fait le point sur ce que disent les sources médicales : transmission, dépistage, limites de la prise en charge et situations qui justifient un avis médical. Il distingue la forme héréditaire, la plus fréquente, des formes acquises.

Qu’est-ce que le daltonisme, et voit-on en noir et blanc ?

Le daltonisme, ou déficience de la vision des couleurs, signifie que l’on perçoit les couleurs différemment de la plupart des gens et que certaines sont difficiles à différencier. La Mayo Clinic précise que la rétine contient des cônes sensibles au bleu, au vert et au rouge : lorsque ces cônes fonctionnent mal, certaines couleurs deviennent difficiles à distinguer.

Les situations les plus fréquentes touchent la distinction du rouge et du vert. Plus rarement, ce sont le bleu et le jaune qui sont confondus. Enfin, une forme complète, où aucune couleur n’est perçue, existe mais reste rare : la vision en noir et blanc intégral n’est donc pas la règle. L’intensité varie de légère à sévère, et beaucoup de personnes ignorent qu’elles sont concernées.

Dans les formes les plus sévères, le NEI mentionne aussi des mouvements rapides et involontaires des yeux (nystagmus) et une sensibilité à la lumière. Un document d’expertise de l’Inserm associe de même l’achromatopsie à une basse vision et à une photophobie, ce qui la distingue des formes rouge-vert, plus courantes.

Le daltonisme est-il héréditaire ?

Oui, dans la plupart des cas. Le NEI indique que la plupart des personnes naissent avec un daltonisme, car les formes courantes sont héréditaires et surviennent souvent dans plusieurs membres d’une même famille. La Mayo Clinic cite l’hérédité comme cause la plus fréquente.

La base de données de génétique MedlinePlus (National Library of Medicine, États-Unis) précise le mode de transmission. Les déficiences rouge-vert, ainsi que la forme rare appelée monochromatisme des cônes bleus, se transmettent sur le mode récessif lié à l’X. Les déficiences bleu-jaune, beaucoup plus rares, suivent un autre mode de transmission (autosomique dominant) et touchent aussi bien les hommes que les femmes.

Cette transmission liée au chromosome X explique l’écart entre les sexes. Selon MedlinePlus, les déficiences rouge-vert touchent environ 1 homme sur 12 et 1 femme sur 200 dans les populations d’origine nord-européenne, avec des taux plus faibles dans presque toutes les autres populations étudiées. Les déficiences bleu-jaune concernent moins d’une personne sur 10 000 dans le monde. Ce sont des ordres de grandeur, qui varient selon les populations.

Si le daltonisme est présent dans votre famille, le NEI recommande d’en parler à un ophtalmologue : un enfant peut ne pas réaliser, ou cacher, qu’il voit les couleurs différemment.

Comment dépiste-t-on le daltonisme ?

Le diagnostic repose sur des tests simples, réalisables par un ophtalmologue ou un opticien. Le NHS (service de santé britannique) cite le test d’Ishihara, qui consiste à repérer des chiffres ou des formes cachés dans des images composées de points colorés, et les tests de classement de couleurs, où il faut ranger des éléments par nuance. Le NEI décrit les mêmes principes et ajoute l’anomaloscope, qui demande d’ajuster deux lumières pour qu’elles paraissent identiques.

Le NEI précise que le test à planches de points colorés est le plus courant, et que les tests de classement de teintes servent souvent aux personnes qui ont besoin d’une perception des couleurs très précise dans leur métier, comme les graphistes.

En France, un ancien document de la Haute Autorité de santé sur le dépistage chez l’enfant (mis en ligne en 2005 et mis à jour en 2006) propose, si la vision des couleurs n’a pas déjà été testée, la réalisation unique d’un test d’Ishihara, possible en médecine scolaire. Ce texte est ancien et ne remplace pas l’avis de votre médecin. Le NHS indique par ailleurs que ce test ne fait pas partie de l’examen de vue de routine au Royaume-Uni et qu’il faut le demander.

Existe-t-il un traitement du daltonisme héréditaire ?

Non. Le NEI, le NHS et la Mayo Clinic sont concordants : il n’existe pas de traitement de la forme héréditaire, mais la plupart des personnes s’adaptent. Le NEI ajoute que la plupart des personnes concernées n’ont pas de difficulté dans leurs activités courantes.

Quelques aides existent, avec des limites. Le NEI mentionne des lunettes ou lentilles spéciales qui augmentent le contraste entre les couleurs, ainsi que des applications qui indiquent la couleur d’une zone touchée sur une photo. Les sources consultées ne les présentent ni comme une restauration de la vision normale des couleurs ni comme un traitement.

Concernant la thérapie génique, le NEI indique que la recherche la juge prometteuse pour un type sévère de déficience, mais qu’il s’agit à ce jour de recherche et non d’un traitement établi.

La situation est différente lorsque le daltonisme est acquis : traiter la maladie en cause, ou adapter le médicament en accord avec le médecin, peut améliorer la vision des couleurs, selon le NEI, le NHS et la Mayo Clinic.

Le daltonisme peut-il apparaître plus tard dans la vie ?

Oui. Le NHS rappelle que la déficience peut être présente à la naissance ou apparaître à tout âge. Les causes acquises citées par les sources sont variées :

  • des maladies oculaires ou générales : glaucome, diabète, maladie du foie, sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral (NHS) ; la Mayo Clinic cite aussi parmi les maladies associées la dégénérescence maculaire, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et l’anémie falciforme ;
  • des atteintes de l’œil, du nerf optique ou du cerveau : traumatisme, décollement de rétine, lésion par laser, radiothérapie, certaines tumeurs cérébrales (NEI, NHS, Mayo Clinic) ;
  • certains médicaments : la Mayo Clinic cite par exemple l’hydroxychloroquine, utilisée dans la polyarthrite rhumatoïde ;
  • le vieillissement : selon le NEI, la vision des couleurs se dégrade souvent avec l’âge, fréquemment à cause de la cataracte.

Un document d’expertise de l’Inserm (2002) indique que le suivi des traitements par antipaludéens de synthèse, comme l’hydroxychloroquine, comprend l’étude de la vision des couleurs. Si vous prenez un médicament au long cours, ne l’arrêtez jamais de votre propre initiative : signalez le changement à votre médecin.

Un changement récent de la perception des couleurs doit être évalué par un médecin : lorsque le daltonisme est acquis, la prise en charge de la cause peut améliorer la vision des couleurs.

Quelles conséquences au quotidien, à l’école et au travail ?

Le NEI et la Mayo Clinic soulignent que le daltonisme est souvent léger. Certaines personnes s’en aperçoivent à l’occasion de confusions avec des feux de signalisation ou des supports scolaires codés par couleur. Chez l’enfant, le NHS cite des dessins aux couleurs inhabituelles, une difficulté à trier des objets par couleur ou un moindre intérêt pour le coloriage.

À l’école, le NHS indique que la déficience peut affecter les résultats, et que l’établissement peut proposer des aménagements pour les cours et les examens lorsqu’il est informé. Les modalités en France n’ont pas été vérifiées pour cet article : le médecin scolaire est l’interlocuteur à solliciter.

Au travail, certains métiers peuvent être concernés. Le NHS cite l’exemple des pilotes et des conducteurs de train, pour des raisons de sécurité. Le document d’expertise de l’Inserm évoque, pour certaines formes de déficience, des professions déconseillées comme électricien, vétérinaire ou métiers de sécurité, et recommande un diagnostic précoce pour permettre une orientation professionnelle adaptée. Les exigences exactes dépendent du métier et de la réglementation : elles se vérifient auprès du médecin du travail ou de l’organisme de formation.

Connaître son daltonisme permet de s’organiser, par exemple en s’appuyant sur des repères autres que la couleur seule (position, forme, étiquette écrite). Ce conseil de bon sens ne repose pas sur une étude citée par les sources consultées.

Quand consulter ?

Consultez un ophtalmologue, ou un opticien dans un premier temps, dans les situations suivantes :

  • vous avez un doute sur votre vision des couleurs, ou sur celle de votre enfant ;
  • le daltonisme existe dans votre famille ;
  • votre perception des couleurs change, sans cause connue ;
  • une difficulté à distinguer les couleurs s’accompagne d’une baisse de vision, d’une gêne à la lumière ou de mouvements oculaires inhabituels.

La Mayo Clinic recommande de voir un ophtalmologue en cas de doute ou de changement, et d’examiner les enfants avec un test des couleurs avant l’entrée à l’école. Le NHS parle d’une consultation non urgente chez l’opticien. L’enjeu, pour la forme héréditaire, est de la repérer tôt et de s’adapter ; les approches de bien-être ne peuvent pas la corriger.

Questions fréquentes

Quelle est la proportion d’hommes et de femmes daltoniens ?

Selon MedlinePlus, les déficiences rouge-vert touchent environ 1 homme sur 12 et 1 femme sur 200 dans les populations d’origine nord-européenne, avec des taux plus faibles dans presque toutes les autres populations étudiées. Le NEI cite lui aussi environ 1 homme sur 12.

Les lunettes pour daltoniens permettent-elles de voir les couleurs normalement ?

Le NEI indique que des lunettes ou des lentilles spéciales augmentent le contraste entre les couleurs, ce qui peut aider à les distinguer. Les sources consultées ne disent pas qu’elles rétablissent une vision normale des couleurs.

La thérapie génique peut-elle supprimer le daltonisme ?

À ce jour, non, d’après les sources consultées. Le NEI indique que la thérapie génique est considérée comme prometteuse pour un type sévère de déficience de la vision des couleurs, mais qu’elle relève de la recherche et non d’un traitement établi. Les formes courantes n’ont pas de traitement disponible.

Un test en ligne suffit-il pour savoir si l’on est daltonien ?

Le NHS note que des tests en ligne existent, mais recommande l’avis d’un opticien en cas de doute. Un test à l’écran peut orienter, mais ne remplace pas un examen par un professionnel.

À quel âge faut-il faire tester la vision des couleurs d’un enfant ?

Les sources ne fixent pas toutes un âge précis. La Mayo Clinic recommande un examen complet incluant le test des couleurs avant l’entrée à l’école, et le NEI conseille un test si le daltonisme existe dans la famille ou si l’enfant éprouve des difficultés avec les couleurs. En cas de doute, parlez-en à votre médecin.

Des médicaments peuvent-ils modifier la perception des couleurs ?

Oui, certains peuvent le faire. La Mayo Clinic cite l’hydroxychloroquine, et le NHS évoque certains médicaments sans les nommer. N’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative : signalez le trouble à votre médecin, qui peut adapter la prise en charge.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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