Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le terme pubalgie est surtout employé pour une douleur de la région du pubis et de l’aine liée à l’effort ; les revues scientifiques parlent de douleur de l’aine du sportif (« groin pain »).
- Plusieurs structures peuvent être en cause (muscles, tendons, ligaments, os) : un avis médical est nécessaire pour préciser l’origine de la douleur.
- Pour la douleur de l’aine liée aux adducteurs, les revues indiquent un avantage de l’exercice actif sur les soins passifs, avec un niveau de preuve limité.
- Les preuves sur les autres traitements (infiltrations, techniques manuelles, chirurgie) restent faibles ou insuffisantes selon les revues consultées.
- Une douleur qui persiste, ou une boule visible dans l’aine, justifie de consulter ; certains signes (rougeur, vomissements, fièvre) nécessitent des soins immédiats.
La pubalgie désigne, dans le langage courant, une douleur de la région du pubis et de l’aine, fréquente chez les sportifs. Aucun traitement n’a de résultat garanti : les revues scientifiques montrent surtout que l’exercice actif encadré donne de meilleurs résultats que les soins passifs, avec un niveau de preuve limité.
Cet article s’appuie sur une revue Cochrane, sur une revue systématique publiée dans le British Journal of Sports Medicine, sur les pages du NHS et de la Mayo Clinic et sur l’Assurance maladie. Ces sources ne décrivent aucune approche naturopathique : le contenu se limite à ce que dit la recherche médicale.
Qu’est-ce que la pubalgie ?
Aucune des sources officielles françaises ouvertes pour cet article ne donne de définition de la pubalgie. La littérature scientifique parle de douleur de l’aine liée à l’exercice. La revue Cochrane consacrée au sujet l’envisage sous la forme de douleurs d’origine musculotendineuse, ligamentaire et osseuse provoquées par l’effort. Le terme recouvre donc plusieurs situations possibles qui se manifestent au même endroit.
La revue publiée en 2015 dans le British Journal of Sports Medicine distingue, entre autres, la douleur de l’aine liée aux adducteurs (les muscles de l’intérieur de la cuisse) et ce que les auteurs appellent la hernie du sportif. Le choix du traitement dépend de ce diagnostic, qui relève d’un médecin, souvent avec l’aide d’un spécialiste de la médecine du sport.
Quels sont les symptômes et comment éviter la confusion avec d’autres causes ?
Les revues scientifiques consultées ne détaillent pas de tableau clinique unique. Les essais de la revue Cochrane portent sur des sportifs, presque tous des hommes de 18 à 50 ans, souffrant d’une douleur de l’aine depuis au moins deux mois. Aucune source ouverte pour cet article ne décrit précisément les symptômes de la pubalgie : seul un examen médical permet de préciser l’origine d’une douleur de l’aine.
Une douleur de l’aine n’est pas toujours une pubalgie. La Mayo Clinic décrit la hernie inguinale, qui se manifeste par une bosse de chaque côté de l’os du pubis, plus visible debout, en toussant ou en forçant, avec une gêne ou une douleur de l’aine à la flexion, à la toux ou au port de charge. Elle recommande de consulter pour une bosse douloureuse ou visible dans l’aine.
Elle précise aussi les signes qui imposent des soins immédiats, par crainte d’une hernie étranglée : une bosse devenue rouge, violette ou foncée, des nausées ou des vomissements, de la fièvre, une douleur soudaine qui s’aggrave rapidement, ou l’impossibilité d’aller à la selle ou d’émettre des gaz.
Que montrent les études sur le traitement de la pubalgie ?
La revue Cochrane de 2013 (« Conservative treatment for exercise-related groin pain ») n’a retenu que deux essais, soit 122 participants. Les deux essais présentaient un risque de biais élevé, et les résultats n’ont pas été regroupés. Dans le premier essai, 68 sportifs ont reçu soit un programme d’exercices (renforcement des hanches et des abdominaux, coordination musculaire), soit une physiothérapie conventionnelle. À 16 semaines, le traitement a été jugé réussi chez 74 % des sportifs du groupe exercices, contre 29 % dans l’autre groupe, et 79 % contre 13 % étaient revenus à leur niveau sportif sans douleur de l’aine. À 8-12 ans, les différences n’étaient plus statistiquement significatives.
Le second essai (54 participants) comparait une prise en charge multimodale (chaleur, thérapie manuelle, étirements) à l’exercice : les résultats n’étaient pas significativement différents, bien que les sportifs ayant repris pleinement le sport après la prise en charge multimodale l’aient fait environ quatre semaines et demie plus tôt. Aucune complication n’a été rapportée.
La conclusion des auteurs est mesurée : les preuves sont insuffisantes pour recommander une modalité de traitement conservateur en particulier. Elles suggèrent seulement que l’exercice améliore les résultats à court terme et le retour au sport par rapport à une physiothérapie passive. Le niveau de certitude est faible et ne vaut que pour des sportifs.
Que dit la revue systématique la plus récente sur les différents traitements ?
La revue de Serner et collaborateurs, publiée en 2015 dans le British Journal of Sports Medicine, a analysé 72 études ; seules quatre ont été jugées de haute qualité, soit environ 6 % des publications. Les auteurs notent que les études de moindre qualité rapportent des taux de succès plus élevés et que la qualité des études ne s’est pas améliorée depuis 1985.
Malgré ces limites, ils retiennent un niveau de preuve modéré pour les constats suivants :
- pour la douleur de l’aine liée aux adducteurs, l’exercice actif donne de meilleurs résultats que les traitements passifs ;
- une prise en charge multimodale incluant une technique de thérapie manuelle permet un retour au sport plus rapide que l’exercice actif seul ;
- la ténotomie des adducteurs améliore les résultats au fil du temps ;
- pour la hernie du sportif, la chirurgie donne de meilleurs résultats que la prise en charge conservatrice.
Autrement dit, il n’existe pas de traitement unique et démontré de façon solide. Les décisions (rééducation, geste chirurgical) relèvent d’une évaluation individuelle par un médecin.
Repos, glace, médicaments : que peut-on faire dès les premiers jours ?
Les sources consultées ne proposent pas de protocole spécifique à la pubalgie. Pour une lésion tendineuse en général, le NHS recommande, pendant quelques jours, de ménager le tendon, d’appliquer du froid enveloppé dans un linge, puis de reprendre peu à peu des mouvements doux dès que la douleur le permet, en évitant les efforts violents, les prises serrées, les torsions et le sport jusqu’à la récupération. Un pharmacien peut conseiller sur les antalgiques et les gels anti-inflammatoires.
L’Assurance maladie, dans sa page consacrée à la déchirure musculaire, rappelle que la reprise du sport n’est possible que sur avis médical et après cicatrisation complète, et que le médecin évite l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens dans ce cas précis car ils peuvent ralentir la régénération du muscle. Cette consigne concerne une autre lésion et ne s’applique pas automatiquement à une pubalgie : demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de prendre un anti-inflammatoire.
Le point commun de ces sources est la prudence : ne pas insister sur une douleur de l’aine en espérant qu’elle passe, et faire examiner une douleur qui dure.
Quand reprendre le sport ?
Aucune source ouverte ne fixe de délai de reprise pour la pubalgie, et il serait trompeur d’en donner un. La revue Cochrane mesure le « retour au niveau sportif antérieur sans douleur de l’aine » comme critère de réussite, ce qui suggère de ne pas reprendre pleinement tant que la douleur persiste. Le NHS conseille d’éviter le sport jusqu’à la récupération d’un tendon irrité, et l’Assurance maladie confirme, pour une lésion musculaire, que la reprise se fait sur avis médical.
En pratique, la reprise progressive est à décider avec le médecin, le médecin du sport ou le kinésithérapeute, qui adaptent l’effort à votre situation. Les sources consultées ne démontrent pas de méthode de prévention précise de la pubalgie ; elles ne permettent donc pas d’affirmer qu’un échauffement ou un renforcement particulier évite la récidive.
Quand consulter ?
Consultez un médecin si la douleur de l’aine persiste, si elle gêne la marche ou l’activité quotidienne, ou si une bosse apparaît dans l’aine. Le NHS recommande de voir un médecin lorsqu’une douleur tendineuse ne s’est pas améliorée en quelques semaines, et d’obtenir une aide urgente en cas de douleur sévère ou de suspicion de rupture tendineuse.
Cherchez des soins immédiats si la douleur s’accompagne d’une bosse rouge, violette ou foncée, de nausées ou de vomissements, de fièvre, ou si elle s’aggrave brutalement, comme l’indique la Mayo Clinic pour la hernie étranglée. Ne reportez jamais une consultation parce que vous pensez à une « simple pubalgie ».
Questions fréquentes
La pubalgie est-elle une maladie unique ?
Non. La revue Cochrane la présente comme une douleur de l’aine liée à l’exercice, qui peut avoir une origine musculotendineuse, ligamentaire ou osseuse. La revue de Serner distingue notamment la douleur liée aux adducteurs et la hernie du sportif. Le diagnostic précis revient à un médecin.
L’exercice est-il meilleur que le repos pour la douleur de l’aine du sportif ?
Dans la revue Cochrane, un programme d’exercices ciblant hanches et abdominaux a donné de meilleurs résultats à 16 semaines que la physiothérapie conventionnelle. La revue de Serner va dans le même sens pour la douleur liée aux adducteurs. Le niveau de preuve reste limité, et le programme doit être encadré par un professionnel.
Faut-il prendre des anti-inflammatoires en cas de pubalgie ?
Les sources consultées ne donnent pas de recommandation propre à la pubalgie. Le NHS indique que le paracétamol et l’ibuprofène peuvent soulager une tendinite, tandis que l’Assurance maladie évite les anti-inflammatoires dans la déchirure musculaire. Demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien.
La chirurgie est-elle utile ?
Selon la revue de Serner, la chirurgie donne de meilleurs résultats que la prise en charge conservatrice dans la hernie du sportif, et la ténotomie des adducteurs améliore les résultats dans la douleur liée aux adducteurs, avec un niveau de preuve modéré. Ces conclusions viennent d’études de qualité globalement faible. La décision relève d’un chirurgien ou d’un médecin du sport.
Une bosse dans l’aine est-elle une pubalgie ?
Pas nécessairement. Une bosse visible dans l’aine évoque plutôt une hernie inguinale selon la Mayo Clinic, et justifie un avis médical. Si la bosse devient rouge, violette ou foncée, ou s’accompagne de vomissements, de fièvre ou de douleur soudaine, il faut des soins immédiats.
Quand peut-on reprendre le sport après une pubalgie ?
Aucune source consultée ne fixe de délai. La revue Cochrane retient comme succès le retour au niveau sportif sans douleur de l’aine, et l’Assurance maladie précise, pour une lésion musculaire, que la reprise se fait sur avis médical. Le calendrier est à définir avec votre médecin ou votre kinésithérapeute.
Pour aller plus loin
- Ondes de choc : tendinite et fasciite plantaire, les preuves
- Mal de dos et psoas : ce que disent les recommandations
- Tecarthérapie : principe, niveau de preuve et contre-indications
- Musicothérapie : ce que disent les études, limites et précautions
Sources
- Cochrane : Conservative treatment for exercise-related groin pain — revue de 2013, deux essais, exercice versus physiothérapie conventionnelle, niveau de preuve faible
- PubMed (British Journal of Sports Medicine, 2015) : Study quality on groin injury management remains low — revue systématique de 72 études, niveau de preuve modéré pour l’exercice actif et la chirurgie dans certaines indications
- Mayo Clinic : Inguinal hernia, symptoms and causes — signes d’une hernie inguinale et signes d’urgence
- NHS : Tendonitis — repos, froid, médicaments, kinésithérapie, quand consulter
- Assurance maladie : Déchirure musculaire, traitement, évolution, prévention — reprise du sport sur avis médical après cicatrisation, évitement des AINS dans la déchirure musculaire
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

