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Ashwagandha et thyroïde : ce que disent les sources

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • À ce jour, les données sur l’ashwagandha et la thyroïde reposent sur un petit essai et quelques cas rapportés : elles ne permettent pas de conclure à un bénéfice.
  • Des cas de thyrotoxicose (excès d’hormones thyroïdiennes) ont été décrits chez des femmes, et une interaction avec les médicaments thyroïdiens est possible, selon les National Institutes of Health (NIH).
  • Les NIH rapportent que l’Anses (2024) déconseille cette plante notamment pendant la grossesse et l’allaitement et en cas de trouble endocrinien.
  • L’hypothyroïdie se traite par un médicament prescrit, généralement à vie : aucune plante ne le remplace et il ne faut jamais l’arrêter sans avis médical.
  • Avant toute prise, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous avez un trouble thyroïdien ou un traitement en cours.

Ashwagandha et thyroïde : rien ne permet aujourd’hui de présenter cette plante comme un soutien fiable de la thyroïde, et plusieurs organismes de santé recommandent la prudence en cas de trouble thyroïdien. L’ashwagandha (Withania somnifera) est surtout étudiée pour le stress et le sommeil ; ses effets sur les hormones thyroïdiennes sont mal connus et ont, dans certains cas rapportés, été jugés préoccupants.

Cet article résume ce que disent les sources officielles consultées sur l’efficacité supposée de l’ashwagandha, sur son effet possible sur la thyroïde, sur les personnes qui doivent l’éviter et sur la prise en charge médicale des troubles thyroïdiens. Il ne propose ni dosage ni cure.

Qu’est-ce que l’ashwagandha et dans quel cadre est-elle consommée ?

L’ashwagandha (Withania somnifera) est une plante dont la racine est utilisée de façon traditionnelle. Elle est aujourd’hui surtout consommée sous forme de compléments alimentaires, c’est-à-dire de produits qui ne sont pas des médicaments et dont la composition peut varier d’une préparation à l’autre.

Saisie par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) en avril 2021, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rendu le 19 avril 2024 un avis sur les risques liés aux préparations de Withania somnifera dans les compléments alimentaires. Elle y estime souhaitable une standardisation des préparations et une indication précise des teneurs en withanolides, les principaux composés étudiés de la plante.

L’ashwagandha agit-elle sur le stress et le sommeil ?

Selon la fiche de synthèse des NIH, plusieurs petits essais contrôlés, le plus souvent courts et réalisés pour beaucoup en Inde, rapportent une baisse du stress perçu et de l’anxiété par rapport à un placebo. Pour le sommeil, les données sont limitées à un petit nombre d’études, qui évoquent une amélioration possible, plus nette chez les personnes souffrant d’insomnie.

Ces résultats sont à relativiser : les préparations et les quantités utilisées varient beaucoup d’une étude à l’autre, et un essai chez des adultes en surpoids et fatigués n’a pas montré de baisse du stress perçu. Les NIH précisent que la sécurité à long terme n’est pas établie. À ce jour, ces données ne suffisent donc pas à recommander la plante comme traitement du stress ou de l’insomnie.

Que sait-on de l’effet de l’ashwagandha sur la thyroïde ?

Les données humaines sont très limitées. Les NIH citent un essai de 50 participants atteints d’hypothyroïdie « subclinique » (une anomalie biologique légère, sans symptômes nets), dans lequel la TSH a diminué et les hormones T3 et T4 ont augmenté par rapport au placebo. Ils mentionnent aussi une légère hausse de la T4 chez trois hommes. Un seul petit essai ne permet pas de conclure à un bénéfice, et ces résultats ne concernent pas les personnes déjà traitées pour une maladie thyroïdienne.

À l’inverse, trois cas de thyrotoxicose ont été rapportés chez des femmes ; les symptômes ont disparu à l’arrêt de la plante. Les NIH en déduisent une possible interaction avec les médicaments à base d’hormones thyroïdiennes.

L’avis de l’Anses, dans la partie que nous avons pu consulter, indique que des modifications des hormones thyroïdiennes sont observées chez le rat et la souris, sans effet thyroïdien établi chez l’être humain dans cet extrait. Il fait état d’un cas de nutrivigilance chez une personne aux antécédents d’hypothyroïdie, dont le lien avec la plante est jugé « douteux ». En clair, l’effet sur la thyroïde reste incertain, dans un sens comme dans l’autre.

Qui doit éviter l’ashwagandha ?

Les NIH rapportent que l’Anses a émis en 2024 une recommandation de ne pas utiliser ces compléments dans certaines situations, notamment pendant la grossesse et l’allaitement et en cas de trouble endocrinien. L’Organisation mondiale de la santé, citée dans l’avis de l’Anses, contre-indique la racine pendant la grossesse et l’allaitement, en raison du manque de données de sécurité et d’un usage traditionnel comme abortif.

Les NIH signalent également :

  • des cas d’atteinte du foie liés à la plante, le plus souvent réversibles à l’arrêt, dans des produits dont le contenu n’était pas toujours vérifié ;
  • des interactions possibles avec les médicaments thyroïdiens, les antidiabétiques, les antihypertenseurs, les immunosuppresseurs et les sédatifs ;
  • une prudence en cas de cancer de la prostate hormono-dépendant, la plante pouvant augmenter la testostérone ;
  • des effets digestifs fréquents mais modérés (nausées, selles molles) et une somnolence possible.

Selon les NIH, le Danemark a interdit l’ashwagandha en 2023. En France, l’Anses a relevé dans son avis des troubles digestifs, cutanés et de la somnolence, ainsi qu’un cas d’hépatite aiguë jugé vraisemblablement lié à la plante.

Que recommande la médecine en cas de trouble thyroïdien ?

Le Manuel MSD décrit l’hypothyroïdie comme une thyroïde peu active, qui produit moins d’hormones. Les symptômes apparaissent progressivement et peuvent être confondus avec une dépression : fatigue, prise de poids, constipation, intolérance au froid, peau et cheveux secs, voix rauque. Le dosage sanguin de la TSH suffit généralement au diagnostic.

Le traitement de référence est la lévothyroxine, une hormone thyroïdienne de synthèse, qui doit généralement être prise à vie ; son dosage est ajusté par le médecin jusqu’à la normalisation de la TSH. L’Assurance maladie confirme que l’hypothyroïdie se traite par un médicament à prendre à vie. Non traitée, une hypothyroïdie très sévère peut conduire à une urgence vitale, le coma myxœdémateux.

À l’inverse, dans l’hyperthyroïdie, la thyroïde produit trop d’hormones ; l’Assurance maladie indique que l’endocrinologue peut proposer un traitement médical ou chirurgical. Dans les deux cas, une plante ne se substitue pas à ce suivi, et il ne faut jamais interrompre un traitement thyroïdien de sa propre initiative.

Quand consulter, et que dire à votre médecin ou à votre pharmacien ?

Consultez si vous ressentez une fatigue inhabituelle et durable, une prise de poids inexpliquée, une intolérance au froid, ou à l’inverse une nervosité, des palpitations ou un amaigrissement : seul un dosage sanguin permet de savoir si la thyroïde est en cause. Si vous avez déjà un trouble thyroïdien, signalez toute plante ou tout complément que vous envisagez, car certains peuvent modifier l’effet du traitement.

Si vous prenez déjà de l’ashwagandha et que surviennent des troubles digestifs persistants, une somnolence marquée, une jaunisse (coloration jaune de la peau ou des yeux) ou tout symptôme inhabituel, arrêtez le produit et demandez un avis médical. Informez aussi votre médecin si vous êtes enceinte, si vous allaitez ou si vous envisagez une grossesse.

Questions fréquentes

L’ashwagandha peut-elle remplacer la lévothyroxine ?

Non. Le Manuel MSD indique que la lévothyroxine est le traitement de référence de l’hypothyroïdie et qu’il se prend généralement à vie. Les NIH signalent une possible interaction de l’ashwagandha avec les hormones thyroïdiennes ; n’arrêtez ni ne modifiez jamais votre traitement sans avis médical.

L’ashwagandha est-elle sans danger en cas d’hyperthyroïdie ?

Les sources consultées ne contiennent aucune étude chez des personnes atteintes d’hyperthyroïdie. Des cas de thyrotoxicose ont en revanche été rapportés chez des femmes, selon les NIH, et l’Anses déconseille ces compléments en cas de trouble endocrinien. Demandez l’avis de votre endocrinologue.

L’ashwagandha peut-elle abîmer le foie ?

Les NIH rapportent des cas d’atteinte hépatique aiguë liés à l’ashwagandha, avec une amélioration après l’arrêt dans la plupart des cas. L’Anses fait état d’un cas d’hépatite aiguë jugé vraisemblablement lié à la plante. En cas de jaunisse ou de douleurs abdominales après sa prise, consultez rapidement.

Peut-on en prendre pendant la grossesse ou l’allaitement ?

Non, ce n’est pas recommandé. L’OMS, citée dans l’avis de l’Anses, contre-indique la racine pendant la grossesse et l’allaitement, et les NIH rapportent que l’Anses déconseille ces compléments dans ces situations. Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme.

Tous les produits à base d’ashwagandha se valent-ils ?

Non. Les NIH notent que le contenu des produits n’est pas toujours vérifié et que certains sont des mélanges. L’Anses juge souhaitable une standardisation des préparations et une indication précise des teneurs en withanolides, ce qui suppose qu’elles sont aujourd’hui variables.

Quels médicaments peuvent interagir avec l’ashwagandha ?

Selon les NIH, des interactions sont possibles avec les hormones thyroïdiennes, les antidiabétiques, les antihypertenseurs, les immunosuppresseurs et les sédatifs. Montrez toujours la liste de vos compléments à votre pharmacien avant de commencer un nouveau produit.

Pour aller plus loin

Sources

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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