Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le Reiki est une pratique d’origine japonaise, dite « énergétique », dans laquelle un praticien place les mains légèrement sur le corps ou juste au-dessus.
- Le NCCIH (agence de santé américaine) indique que le Reiki n’a pas été clairement démontré comme efficace pour un objectif de santé : les études, souvent de faible qualité, donnent des résultats incohérents.
- Une revue Cochrane sur l’anxiété et la dépression conclut à une preuve insuffisante pour dire si le Reiki est utile ou non.
- Aucun effet nocif n’a été mis en évidence dans les sources consultées, mais le Reiki ne remplace ni un diagnostic, ni un suivi, ni un traitement.
- Une séance peut être vécue comme un moment de détente ; ce ressenti est personnel et ne constitue pas une preuve d’effet thérapeutique.
Le Reiki est une pratique de bien-être d’origine japonaise, fondée sur l’idée qu’une énergie circule dans le corps et peut être « rééquilibrée » par l’imposition des mains. À ce jour, cette idée ne repose sur aucune démonstration scientifique, et l’efficacité du Reiki pour un problème de santé n’est pas établie.
Cet article décrit ce qu’est le Reiki, comment se déroule une séance, ce que disent les études, quelles précautions respecter et comment aborder le choix d’un praticien ou d’une initiation. Il s’appuie sur des organismes de santé et sur une revue Cochrane, et non sur les témoignages ou les discours des praticiens.
Qu’est-ce que le Reiki et d’où vient-il ?
Selon le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH), le Reiki est une approche de santé complémentaire dans laquelle le praticien place les mains légèrement sur la personne ou juste au-dessus d’elle. Elle repose sur une croyance d’origine orientale en une énergie censée soutenir les capacités naturelles de guérison du corps.
Cancer Research UK rapporte que cet « art de guérison japonais » a été développé par Mikao Usui au début du XXe siècle. Il s’agit d’une thérapie dite énergétique, dont l’un des objectifs principaux est la relaxation.
Dans le vocabulaire de nombreux praticiens, on rencontre aussi les notions de chakras (présentés comme des centres d’énergie) et d’aura. Ces notions viennent de traditions spirituelles : elles ne correspondent à aucune structure décrite par l’anatomie ou la physiologie. Le NCCIH précise d’ailleurs qu’il n’existe aucune preuve scientifique de l’existence du champ d’énergie auquel le Reiki fait référence.
Certains pratiquants présentent aussi le Reiki comme un art de vivre, associé à des valeurs de calme, de gratitude et de respect d’autrui. Cette dimension relève de la philosophie personnelle de chacun et n’est pas évaluée par les études médicales.
Comment se déroule une séance de Reiki ?
D’après Cancer Research UK, le praticien place ses mains sur le corps habillé de la personne, ou à proximité, dans le but déclaré de modifier et d’équilibrer ses « champs d’énergie ». Les sources consultées ne décrivent aucun geste médical.
Les ressentis rapportés varient d’une personne à l’autre : certaines évoquent de la chaleur, un apaisement ou une impression de relâchement, d’autres ne perçoivent rien de particulier. Ces impressions sont subjectives. Elles peuvent tenir au simple fait de s’accorder un moment au calme, et les études disponibles ne permettent pas d’en attribuer la cause au Reiki lui-même.
Certains praticiens enseignent aussi un autosoin, qui consiste à poser les mains sur soi-même dans un moment de calme. Aucune des sources consultées n’évalue cette pratique : elle doit donc être considérée comme une habitude de détente personnelle, sans effet démontré.
Que disent les études sur l’efficacité du Reiki ?
Le NCCIH indique que le Reiki « n’a pas été clairement démontré comme efficace pour un quelconque objectif de santé ». Il a été étudié dans des situations comme la douleur, l’anxiété et la dépression, mais l’essentiel de ces travaux est de faible qualité et leurs résultats sont incohérents. Cette fiche a été mise à jour pour la dernière fois en décembre 2018 ; des travaux plus récents peuvent exister.
La revue Cochrane consacrée au Reiki dans la dépression et l’anxiété (Joyce et Herbison, 2015) n’a retenu que trois essais randomisés, portant sur 62 personnes au total. Ses auteurs concluent qu’il n’y a pas assez de preuves pour dire si le Reiki est utile ou non chez les personnes de plus de 16 ans souffrant d’anxiété, de dépression ou des deux. Les résultats n’ont montré ni bénéfice ni préjudice clairement établis.
Cancer Research UK va dans le même sens pour les personnes atteintes de cancer : il n’existe aucune preuve scientifique que le Reiki puisse prévenir, traiter ou guérir un cancer ou toute autre maladie. Le petit nombre d’études disponibles présente des limites et ne permet pas de conclure. Une petite étude de 2021 menée auprès de 42 proches aidants de personnes atteintes de cancer a rapporté qu’ils trouvaient leur rôle moins stressant après des séances ; son effectif très réduit invite toutefois à la prudence. Une revue de 2014 évoque une possible aide sur la douleur et l’anxiété, mais elle ne portait que sur sept études, et des travaux de plus grande taille sont jugés nécessaires.
En pratique, la formulation la plus fidèle aux sources est donc la suivante : le Reiki peut être choisi comme un moment de détente, mais on ne peut pas affirmer qu’il agisse sur la douleur, l’anxiété ou la dépression au-delà de ce que produirait n’importe quel moment de calme.
Le Reiki présente-t-il des risques ?
Le NCCIH indique que le Reiki n’a pas été montré comme ayant des effets nocifs. Cancer Research UK précise que, de façon générale, il est sûr pour la plupart des personnes atteintes de cancer et qu’aucun effet secondaire nocif n’a été rapporté.
Le risque principal est donc indirect. Il survient lorsque le Reiki est présenté comme un moyen de guérir, ou lorsqu’il conduit à retarder un diagnostic, à espacer un suivi ou à interrompre un traitement. Ces situations sont à éviter : le Reiki ne remplace jamais une consultation médicale ni un traitement prescrit.
Quelques repères de bon sens :
- informez votre médecin des pratiques complémentaires que vous utilisez, comme le recommande Cancer Research UK ;
- ne modifiez et n’arrêtez aucun traitement sans l’avis du médecin qui l’a prescrit ;
- consultez un médecin si vous éprouvez une souffrance psychique durable, des douleurs qui persistent, un sommeil durablement perturbé ou tout symptôme nouveau ou inquiétant ;
- méfiez-vous de tout praticien qui promet une guérison, un résultat garanti ou qui déconseille de voir un médecin.
Comment choisir un praticien ou une initiation au Reiki ?
Cancer Research UK indique qu’au Royaume-Uni aucune loi n’impose de qualification particulière pour pratiquer le Reiki, et recommande de se tourner vers un praticien disposant d’au moins un niveau 2 de formation et, idéalement, inscrit auprès du Complementary and Natural Healthcare Council. Ces repères décrivent le contexte britannique : les sources consultées ne permettent pas de les transposer tels quels à la France, où il convient de vous renseigner directement auprès du praticien.
Avant de réserver une séance ou de vous inscrire à une initiation, vous pouvez poser quelques questions simples :
- Quelle est la formation du praticien ou de l’enseignant, et auprès de qui l’a-t-il suivie ?
- Quel est le déroulement exact de la séance ou le programme précis de l’initiation ?
- Quels sont les tarifs, annoncés clairement avant l’engagement ?
- Comment le praticien présente-t-il les limites de la pratique ? Un discours mesuré, sans promesse de résultat, est un bon signe.
- Y a-t-il une pression commerciale, par exemple pour acheter des séances à l’avance ou des formations successives ?
Une initiation au Reiki est un apprentissage de pratique personnelle ; elle ne confère pas de statut de professionnel de santé.
Questions fréquentes
Le Reiki est-il une religion ?
Les sources consultées présentent le Reiki comme une approche de santé complémentaire fondée sur la croyance en une énergie, et non comme une religion. Certaines personnes lui associent une dimension spirituelle, mais cela relève de leur choix personnel.
Combien de séances de Reiki faut-il ?
Aucune des sources consultées ne fixe de nombre de séances, puisque l’efficacité du Reiki n’est pas démontrée. Le rythme dépend de votre choix personnel ; si vous avez un problème de santé, c’est votre médecin qui définit le suivi nécessaire.
Le Reiki peut-il remplacer un traitement médical ?
Non. Cancer Research UK précise que le Reiki ne peut ni traiter ni guérir le cancer, et qu’il vise tout au plus à soutenir la relaxation et le bien-être en complément des soins. Il ne doit jamais se substituer à un diagnostic, à un suivi ou à un traitement prescrit.
Le Reiki est-il compatible avec un cancer ou un traitement en cours ?
Selon Cancer Research UK, le Reiki est généralement sûr pour la plupart des personnes atteintes de cancer et aucun effet secondaire nocif n’a été rapporté. Parlez-en à votre équipe soignante avant de commencer : elle pourra vous conseiller en fonction de votre situation.
Peut-on pratiquer le Reiki sur soi-même ?
Certains praticiens proposent un autosoin, qui consiste à poser les mains sur soi dans un moment de calme. Aucune source consultée n’évalue cette pratique ; elle peut être vécue comme une habitude de détente, mais sans effet thérapeutique démontré.
Faut-il croire au Reiki pour ressentir quelque chose ?
Les sources consultées ne répondent pas à cette question. Les ressentis rapportés sont personnels et variables, et peuvent être liés au simple fait de se détendre ; ils ne prouvent ni n’excluent un effet propre du Reiki.
Pour aller plus loin
- Magnétisme et naturopathie : ce que disent les sources de santé
- Réflexologie plantaire : principe, preuves et précautions
- Sophrologie : définition, séance et niveau de preuve scientifique
- Naturopathie énergétique : principes, limites et preuves
Sources
- NCCIH (National Institutes of Health) : Reiki — définition, absence de démonstration d’efficacité, qualité des études, absence de preuve du champ d’énergie, absence d’effets nocifs montrés (mise à jour de décembre 2018)
- Cancer Research UK : Reiki — origine (Mikao Usui), déroulement habillé, absence de preuve de traitement du cancer, sécurité générale, qualifications au Royaume-Uni, information du médecin
- Cochrane : Reiki pour la dépression et l’anxiété — trois essais, 62 personnes, preuve insuffisante pour conclure à une utilité ou non
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

