Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le terme eczéma recouvre plusieurs maladies de peau qui démangent : les principaux types sont l’eczéma atopique, l’eczéma de contact, l’eczéma nummulaire, la forme dyshidrosique et l’eczéma de stase.
- Le type d’eczéma oriente la prise en charge : éviter la substance responsable pour un eczéma de contact, soigner la circulation des jambes pour un eczéma de stase, hydrater et traiter les poussées pour un eczéma atopique.
- Les soins de référence décrits par le NHS et le Manuel MSD sont locaux : émollients au quotidien, dermocorticoïdes prescrits pendant les poussées, parfois antihistaminiques ou photothérapie selon les cas.
- Aucune des sources consultées ne présente de plante, d’huile essentielle ou de régime comme traitement de l’eczéma ; le NHS conseille de ne pas modifier l’alimentation sans avis médical.
- Une peau qui suinte, se couvre de croûtes jaunes ou devient douloureuse, une poussée brutale ou une fièvre imposent une consultation rapide.
Il n’existe pas un eczéma, mais plusieurs : la forme atopique est la plus connue, mais l’eczéma de contact, l’eczéma nummulaire, la forme dyshidrosique et l’eczéma de stase ont des causes, des localisations et des soins différents. Les distinguer aide à comprendre pourquoi une même crème ou un même geste ne convient pas à tous.
Cet article présente ces types d’après l’Assurance maladie, le Manuel MSD, le service de santé britannique (NHS) et la Mayo Clinic. Il décrit ce que ces sources disent des symptômes, des déclencheurs et des soins, ainsi que des situations qui justifient un avis médical. Il ne remplace pas un diagnostic : plusieurs maladies de peau se ressemblent et seul un professionnel de santé peut les distinguer.
Quels sont les principaux types d’eczéma ?
Les sources médicales décrivent plusieurs formes, qui partagent des démangeaisons, des rougeurs ou des changements de couleur de la peau, et souvent une peau sèche ou des vésicules :
- l’eczéma atopique, fréquent chez l’enfant, qui évolue par poussées ;
- l’eczéma de contact, déclenché par une substance à laquelle la peau réagit ;
- l’eczéma nummulaire, en plaques arrondies en forme de pièce de monnaie ;
- la dermatite dyshidrosique, avec des cloques sur les mains et les pieds ;
- l’eczéma de stase, aux jambes, lié à la circulation veineuse ;
- la dermatite séborrhéique, qui touche surtout le cuir chevelu et le visage et est parfois rapprochée de l’eczéma.
Le diagnostic repose sur l’aspect de la peau, la localisation et les antécédents (Manuel MSD, NHS). Le NHS rappelle que d’autres affections, comme le psoriasis ou la teigne, peuvent ressembler à un eczéma et déconseille de s’autodiagnostiquer.
Comment reconnaître un eczéma atopique ?
Selon le NHS, l’eczéma atopique provoque une peau qui démange, qui peut être sèche, craquelée, croûteuse, squameuse ou épaissie, avec parfois des vésicules ou des saignements. La couleur varie selon la carnation : plaques rouges, blanches, violettes ou grises, ou peau plus claire ou plus foncée que la zone voisine. Les zones habituelles sont les coudes, les genoux et les mains ; chez le nourrisson et le jeune enfant, le visage est souvent touché.
Les symptômes débutent généralement dans l’enfance et tendent à s’améliorer avec l’âge, avec des poussées suivies de périodes plus calmes. Le risque est plus élevé si un parent a un eczéma atopique ou si vous ou un proche avez de l’asthme ou un rhume des foins. L’eczéma atopique n’est pas contagieux (NHS).
Le NHS cite parmi les déclencheurs possibles le savon, les détergents, les animaux, certains tissus, le pollen, les acariens, certains aliments, la chaleur ou les variations de température, les infections cutanées, le stress et les changements hormonaux. Ces déclencheurs varient d’une personne à l’autre.
Qu’est-ce qui caractérise l’eczéma de contact ?
Pour l’Assurance maladie, l’eczéma de contact est une réaction inflammatoire et allergique de la peau survenant après contact avec un allergène. Elle se déroule en deux temps : une phase de sensibilisation sans symptôme, puis une phase de révélation quand le même allergène retouche la peau. La sensibilisation est définitive, et l’eczéma réapparaît à chaque nouvelle exposition.
Les allergènes courants sont issus des vêtements et accessoires (teintures, nickel), des cosmétiques et parfums, de certains produits appliqués sur la peau, des tatouages éphémères au henné noir et du milieu professionnel. Les lésions commencent au point de contact : plaques rouges et sèches, démangeaisons fortes, vésicules qui suintent puis forment des croûtes. Si le contact se poursuit, l’eczéma peut devenir chronique, avec une peau craquelée et épaissie, surtout aux mains et aux pieds.
L’Assurance maladie distingue cet eczéma allergique de la dermatite d’irritation, qui provoque surtout des sensations de brûlure ; d’autres sources regroupent les deux sous le terme de dermatite de contact. Dans tous les cas, identifier et éviter la substance en cause est l’étape décisive, et un avis médical ou dermatologique peut aider à la repérer.
Que savoir des eczémas nummulaire, dyshidrosique et de stase ?
L’eczéma nummulaire se manifeste, selon le Manuel MSD, par des plaques rouges et squameuses, très démangeantes, en forme de pièce de monnaie, bien délimitées, surtout sur les faces d’extension des membres, les fesses et le tronc. Sur peau foncée, la rougeur est peu visible et les lésions paraissent plutôt épaissies et plus pigmentées. Il survient surtout chez l’adulte d’âge moyen et la personne âgée. Chez de nombreux patients, il s’agit d’une forme localisée d’eczéma atopique ; chez les autres, la cause reste mal comprise. Le diagnostic est clinique, car le psoriasis, l’impétigo et la teigne peuvent ressembler à cette forme.
La dermatite dyshidrosique (ou dermatite des mains et des pieds) touche les mains, les pieds, ou les deux. Le Manuel MSD décrit des cloques démangeantes sur les paumes, les côtés des doigts ou la plante des pieds, qui peuvent se rompre, suinter et former des croûtes. Le terme « dyshidrosique » est trompeur : l’affection n’a rien à voir avec la transpiration. Un contact fréquent ou prolongé avec l’eau et les détergents est un déclencheur courant, notamment chez les personnes atopiques. La forme la plus sévère, appelée pompholyx, associe de minuscules cloques qui fusionnent.
L’eczéma de stase (ou eczéma variqueux) touche le bas des jambes. D’après le NHS, la peau peut devenir démangeante, gonflée, sèche, squameuse, croûteuse ou cloquée, avec des changements de couleur ; les jambes peuvent gonfler en fin de journée ou après une station debout prolongée. Il est lié à une pression accrue dans les veines des jambes et est fréquent chez les personnes ayant des varices. Non traité, il peut conduire à des ulcères de jambe.
La dermatite séborrhéique, d’après la Mayo Clinic, est une affection courante et non contagieuse qui touche surtout le cuir chevelu, avec des pellicules ou des plaques grasses à squames blanches ou jaunes sur le visage, les oreilles ou la poitrine. Sa cause exacte n’est pas claire ; elle peut disparaître sans traitement ou nécessiter des shampoings ou produits médicamenteux pour contrôler les symptômes.
Quels soins décrivent les sources médicales ?
Le NHS décrit deux piliers pour l’eczéma atopique : les émollients (crèmes, lotions, pommades ou gels hydratants, utilisés aussi à la place du savon) et les dermocorticoïdes, des corticoïdes appliqués sur la peau. Selon la gravité, d’autres options existent : pansements spéciaux ou médicaments prescrits par un médecin ou un dermatologue. Pour la dermatite dyshidrosique, le Manuel MSD cite l’évitement de l’eau et des détergents, les corticoïdes locaux, les antihistaminiques contre les démangeaisons, la photothérapie, et, dans les formes sévères, des traitements plus lourds sous contrôle médical ; des antibiotiques sont prescrits en cas d’infection. Pour l’eczéma nummulaire, le Manuel MSD cite surtout des corticoïdes locaux et, selon les cas, la photothérapie.
Pour l’eczéma de stase, le NHS décrit l’association de mesures d’hygiène de vie (rester actif, surélever les jambes), d’émollients, de dermocorticoïdes et de bas de contention, ces derniers pouvant être contre-indiqués selon l’état de la circulation, ce qui justifie un avis médical avant d’en porter.
Ces traitements relèvent d’une prescription ou d’un conseil de pharmacien ; il ne faut pas les arrêter ou les remplacer sans avis médical. Aucune des sources consultées ne présente une plante, une huile essentielle ou un régime comme traitement de l’eczéma. À ce jour, nous ne pouvons donc rien affirmer à leur sujet.
Quels gestes du quotidien aident à limiter les poussées ?
Le NHS propose, pour l’eczéma atopique, plusieurs gestes d’hygiène de vie :
- éviter les déclencheurs connus (certains savons, détergents, tissus ou animaux) ;
- hydrater la peau régulièrement, y compris quand elle va mieux, et utiliser un émollient à la place du savon pour la toilette ;
- garder la peau au frais, la chaleur pouvant augmenter les démangeaisons ;
- garder les ongles courts et éviter de gratter ; frotter doucement la zone avec le doigt peut soulager ;
- ne pas partager les émollients ni plonger les doigts dans le pot ;
- ne pas changer son alimentation sans avis médical, y compris pendant l’allaitement.
Le NHS signale aussi un point de sécurité : les émollients peuvent faire prendre feu plus facilement aux vêtements, à la literie et aux pansements ; il ne faut ni fumer ni s’approcher d’une flamme nue quand on en utilise.
Pour les mains et les pieds, le Manuel MSD insiste sur la réduction du contact avec l’eau et les détergents. L’Assurance maladie rappelle pour l’eczéma de contact que les détergents, les solvants et le port de gants irritent la peau et facilitent le passage de l’allergène.
Quand faut-il consulter pour un eczéma ?
Le NHS recommande de consulter un médecin en cas de symptômes évocateurs d’un eczéma atopique ou lorsque les traitements ne suffisent pas. Un avis rapide est nécessaire si la peau présente des signes d’infection :
- cloques, croûtes, suintement ou boutons contenant du pus ;
- zone douloureuse, gonflée ou chaude ;
- aggravation soudaine ou extension de la poussée ;
- fièvre ou état général altéré.
Ces signes peuvent correspondre à une surinfection ou à une complication plus grave appelée eczéma herpétique, qui peut nécessiter des antibiotiques ou d’autres soins. Consultez aussi si vous n’êtes pas certain du diagnostic, si les poussées sont fréquentes ou étendues, si les symptômes touchent les jambes avec gonflement, ou si l’aspect évoque une autre maladie de peau (psoriasis, mycose). La Mayo Clinic recommande également un avis médical lorsque la dermatite séborrhéique gêne le sommeil ou la vie quotidienne, ou en cas de doute sur une infection.
Questions fréquentes
L’eczéma est-il contagieux ?
Non. Le NHS indique que l’eczéma atopique n’est pas contagieux, et la Mayo Clinic précise que la dermatite séborrhéique ne l’est pas non plus. En revanche, une peau lésée peut s’infecter, et cette infection nécessite alors un avis médical.
L’eczéma atopique disparaît-il avec l’âge ?
Souvent, les symptômes s’améliorent avec l’âge, selon le NHS, mais la maladie peut persister ou réapparaître chez l’adulte et évolue par poussées. Un suivi médical permet d’adapter les soins à chaque période.
Quelle différence entre eczéma atopique et eczéma de contact ?
L’eczéma de contact est déclenché par une substance précise à laquelle la peau s’est sensibilisée, et les lésions commencent à l’endroit du contact (Assurance maladie). L’eczéma atopique est une maladie à poussées, associée à une prédisposition familiale, à de l’asthme ou à un rhume des foins (NHS).
Comment distinguer un eczéma d’une mycose ou d’un psoriasis ?
L’aspect peut être trompeur : le NHS note que des plaques d’eczéma nummulaire peuvent être confondues avec une teigne, et le Manuel MSD demande d’écarter le psoriasis, l’impétigo et la teigne pour ce type. Un médecin pose le diagnostic en examinant la peau ; ne traitez pas par vous-même une lésion dont vous ne connaissez pas la nature.
Faut-il changer d’alimentation en cas d’eczéma ?
Le NHS conseille de ne pas modifier son alimentation sans avis médical, y compris pendant l’allaitement, tout en citant certains aliments parmi les déclencheurs possibles selon les personnes. En cas de suspicion d’allergie alimentaire, un médecin peut orienter vers un bilan.
Que faire si l’eczéma suinte ou se couvre de croûtes jaunes ?
Ces signes peuvent traduire une infection. Le NHS conseille de demander un avis médical rapidement, notamment en cas de douleur, de gonflement, de chaleur, de fièvre ou d’aggravation soudaine, car un traitement spécifique, par exemple des antibiotiques, peut être nécessaire. Ne percez pas les cloques et ne grattez pas.
Pour aller plus loin
- Eczéma atopique : définition, symptômes, causes et prise en charge
- Eczéma des pieds et chaussures : que choisir, qu’éviter ?
- Eczéma atopique : soins de la peau, déclencheurs et suivi médical
- Eczéma et solutions naturelles : soins de base, limites et précautions
Sources
- NHS : Atopic eczema — symptômes, déclencheurs, émollients, dermocorticoïdes, conseils quotidiens, signes d’infection
- Assurance maladie : Eczéma de contact, causes, symptômes et évolution — mécanisme allergique, allergènes courants, évolution, dermatite d’irritation
- Manuel MSD (professionnel) : Dermatite nummulaire — aspect, localisation, causes possibles, prise en charge
- Manuel MSD (grand public) : Dermatite des mains et des pieds — dermatite dyshidrosique, déclencheurs, traitements
- NHS : Varicose eczema — eczéma de stase, causes, bas de contention, ulcères
- Mayo Clinic : Seborrheic dermatitis — symptômes, causes possibles, quand consulter
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

