Mis à jour le 9 octobre 2026
- Le régime Natman est un programme minceur express, diffusé sur Internet, qui annonce jusqu’à 4 kg perdus en 4 jours en réduisant fortement les calories.
- Aucune des sources officielles consultées (ANSES, HAS, Assurance maladie) ne l’évalue : il ne figure pas parmi les quinze régimes étudiés par l’ANSES.
- Selon l’ANSES, la perte de poids initiale d’un régime restrictif vient surtout du glycogène et de l’eau qui y est liée, pas de la graisse.
- Les régimes restrictifs exposent à des carences, à une perte de muscle et à une reprise de poids fréquente (effet yoyo) ; les régimes très hypocaloriques présentent les risques les plus sérieux.
- Pour perdre du poids durablement, la HAS et l’Assurance maladie recommandent un suivi par le médecin traitant et des changements d’habitudes durables.
Le régime Natman est présenté comme une méthode de quatre jours qui permettrait de perdre jusqu’à 4 kg grâce à des protéines maigres, des légumes et très peu de glucides. Aucune autorité de santé ne l’a évalué, et cette promesse chiffrée ne repose sur aucune donnée vérifiable dans les sources officielles.
Cet article explique ce qui se joue réellement lors d’un régime express, quels risques les agences sanitaires identifient pour les régimes restrictifs et comment aborder une perte de poids de façon plus sûre.
Qu’est-ce que le régime Natman ?
Le régime Natman circule sous la forme d’un programme de quatre jours, très pauvre en calories, qui associe protéines maigres, légumes peu énergétiques et réduction des féculents, des sucres et des graisses. Son origine et son auteur varient selon les sites qui le décrivent, et nous n’avons trouvé aucune publication officielle ou scientifique qui le documente.
Un point de repère utile : en 2010, l’ANSES a évalué quinze régimes populaires choisis d’après leur citation sur Internet ou leurs ventes en librairie (Atkins, Dukan, Montignac, Weight Watchers, Cohen, soupe au chou, etc.). Le régime Natman n’en fait pas partie. Il n’existe donc pas d’analyse indépendante de sa composition nutritionnelle.
En l’absence de données, la prudence consiste à lui appliquer ce que les agences disent des régimes restrictifs en général.
Peut-on vraiment perdre 4 kg en 4 jours ?
Une baisse rapide sur la balance est possible lors d’une restriction brutale, mais elle ne correspond pas à une perte de graisse. L’ANSES explique que la perte de poids initiale vient surtout du glycogène, une réserve de sucre stockée dans le foie et les muscles, et de l’eau qui lui est associée. Les réserves de graisse ne sont mobilisées que plus tard.
Passé ce stade, l’organisme s’adapte : l’ANSES décrit une baisse du métabolisme de repos, et une perte de graisse accompagnée d’une perte de muscle. Ce muscle perdu réduit à son tour la dépense énergétique, ce qui prépare la reprise de poids.
Un chiffre annoncé sur quelques jours est donc, au mieux, un résultat transitoire. Aucune source officielle ne confirme qu’un programme précis permette de perdre 4 kg de masse grasse en 4 jours.
Quels risques présentent les régimes restrictifs ?
Dans son dossier de 2010 sur les pratiques d’amaigrissement, l’ANSES identifie, pour la population générale, plusieurs risques :
- une perte de masse musculaire et une baisse de la densité osseuse ;
- une reprise de poids, souvent plus importante que la perte initiale ;
- des troubles digestifs, comme la constipation avec les régimes pauvres en glucides ;
- un risque de dépression, de perte d’estime de soi et de troubles du comportement alimentaire.
Les régimes très hypocaloriques concentrent les risques les plus sérieux : l’ANSES cite la mort subite liée à des troubles du rythme cardiaque, des atteintes du foie et des calculs biliaires. Pour les régimes riches en protéines, elle recommande un bilan rénal préalable chez les personnes exposées à une insuffisance rénale. Le niveau calorique exact du régime Natman n’étant documenté par aucune source officielle, il est impossible de dire s’il relève de cette catégorie.
L’Assurance maladie rappelle de son côté que les régimes peu variés peuvent entraîner des carences, par exemple en calcium ou en vitamines. La HAS demande aux médecins de mettre en garde contre les régimes successifs, qui provoquent des fluctuations de poids dangereuses pour la santé, et de signaler comme risqués les régimes trop restrictifs et déséquilibrés.
Qui ne devrait pas suivre ce type de régime ?
L’ANSES juge qu’une perte de poids sans excès pondéral effectif est à risque, que le régime soit proposé par un médecin ou non. Elle signale aussi des risques particuliers chez plusieurs publics :
- les enfants et les adolescents, avec un ralentissement possible de la croissance ;
- les adolescentes et les sportives, avec des troubles hormonaux possibles ;
- les femmes enceintes, chez qui une restriction énergétique peut ralentir la croissance du fœtus ;
- les personnes âgées, exposées à la dénutrition.
Si vous avez une maladie chronique, un traitement en cours ou des antécédents de troubles du comportement alimentaire, parlez-en à votre médecin avant toute restriction. Ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative pour accompagner un régime.
Comment éviter l’effet yoyo après un régime court ?
L’effet yoyo est la règle plutôt que l’exception : l’ANSES rapporte que 80 % des personnes reprennent du poids un an après un régime, et 95 % dans les cinq ans. L’Assurance maladie met en garde contre les « régimes miracle » dont les kilos perdus reviennent souvent très vite.
Les recommandations convergent vers une autre logique :
- d’abord stabiliser le poids, puis perdre progressivement jusqu’à un poids de forme où l’on se sent bien physiquement et psychologiquement (Assurance maladie) ;
- fixer des objectifs réalistes, car des cibles inatteignables conduisent au sentiment d’échec (Assurance maladie) ;
- modifier durablement ses habitudes de vie, avec une éducation diététique, de l’activité physique et, si besoin, un soutien psychologique (HAS) ;
- privilégier un accompagnement individualisé plutôt qu’un régime perçu comme transitoire (ANSES).
Quand consulter avant ou pendant un régime ?
L’Assurance maladie recommande d’en parler à votre médecin traitant dès que vous avez un surpoids ou une obésité : il fixe les objectifs avec vous et vous oriente vers un diététicien, un médecin nutritionniste ou un psychologue si nécessaire. Selon la HAS, si les objectifs ne sont pas atteints après plusieurs mois, le médecin peut faire appel à ces professionnels.
Consultez aussi sans attendre en cas de fatigue importante, de malaise, de palpitations ou de signes de déshydratation pendant une restriction alimentaire, ou si l’alimentation devient une source d’angoisse ou de culpabilité.
Questions fréquentes
Perd-on 4 kg de graisse en 4 jours avec le régime Natman ?
Non, les sources officielles ne le démontrent pas. L’ANSES explique que la perte initiale d’un régime restrictif correspond surtout à du glycogène et à de l’eau. Les réserves de graisse ne sont mobilisées que plus tard, avec une perte de muscle associée.
Le régime Natman est-il validé par une autorité de santé ?
Non. Il n’apparaît pas parmi les quinze régimes évalués par l’ANSES en 2010, et les recommandations de la HAS sur la prise en charge du surpoids ne le mentionnent pas. Aucune étude indépendante sur ce programme n’a été trouvée.
Pourquoi reprend-on du poids après un régime court ?
Selon l’ANSES, le métabolisme de repos baisse et une partie de la perte correspond à du muscle, ce qui réduit la dépense énergétique. Elle rapporte que 80 % des personnes reprennent du poids un an après un régime, et 95 % dans les cinq ans.
Un régime hypocalorique est-il dangereux ?
Les régimes très hypocaloriques sont ceux pour lesquels l’ANSES décrit les risques les plus graves : troubles du rythme cardiaque, atteintes du foie, calculs biliaires. Ils doivent rester médicalement encadrés, particulièrement chez les personnes fragiles ou malades.
Que recommande l’Assurance maladie pour perdre du poids ?
D’en parler à votre médecin traitant, de viser d’abord la stabilisation du poids puis une perte progressive, et de miser sur une modification durable des habitudes de vie. Elle met en garde contre les régimes miracle et les régimes peu variés, sources de carences.
Qui consulter avant de commencer un régime ?
Votre médecin traitant en premier lieu. Il peut vous orienter vers un diététicien, un médecin nutritionniste, un psychologue ou un professionnel d’activité physique adaptée selon votre situation et vos objectifs.
Pour aller plus loin
- Régime Cohen : principes, phases et limites selon l’ANSES
- Régime Cohen : principes, limites et recommandations officielles
- Rééquilibrage alimentaire et perte de poids : quel accompagnement ?
- Graisse abdominale : ce que disent les sources pour réduire le ventre
Sources
- ANSES : Risques sanitaires liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement (dossier de presse, novembre 2010) — liste des régimes évalués, risques des régimes restrictifs et très hypocaloriques
- ANSES : L’illusion perdue des régimes amaigrissants — origine de la perte de poids initiale, métabolisme de repos, reprise de poids
- Haute Autorité de santé : Surpoids et obésité de l’adulte, prise en charge médicale de premier recours — mise en garde contre les régimes restrictifs et successifs, accompagnement
- Assurance maladie : Surpoids ou obésité de l’adulte, se préparer à perdre du poids — objectifs réalistes, régimes miracle, carences, accompagnement
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

