Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les ventouses thérapeutiques (cupping) consistent à poser sur la peau des coupelles dans lesquelles un vide est créé ; elles ne figurent pas parmi les options citées par le NHS pour le mal de dos.
- Selon le NCCIH, la recherche est limitée et le plus souvent de faible qualité ; pour la douleur, les preuves ne sont pas très solides, et pour les autres affections, elles ne permettent pas de conclure.
- Les effets secondaires cités comprennent décoloration persistante de la peau, cicatrices, brûlures et infections ; les marques temporaires sont fréquentes.
- Du matériel partagé sans stérilisation peut transmettre des maladies par le sang, et la pratique peut aggraver un eczéma ou un psoriasis.
- Une douleur de dos qui persiste, qui s’aggrave la nuit ou s’accompagne de fièvre, de faiblesse ou de troubles urinaires impose de consulter un médecin.
Les ventouses thérapeutiques ne disposent pas de preuves solides d’efficacité. Le centre américain de santé complémentaire NCCIH indique que la recherche est limitée et le plus souvent de faible qualité : pour la douleur, les données ne sont pas très solides, et pour les autres affections, elles ne suffisent pas pour conclure. La pratique expose en outre à des effets secondaires, parfois sérieux.
Cet article présente ce que disent les sources de santé sur le principe des ventouses, les preuves disponibles, les risques, les précautions utiles et les situations qui relèvent d’un avis médical. Il n’établit aucun protocole, car aucune source ouverte n’en valide un.
En quoi consistent les ventouses thérapeutiques ?
Les ventouses, ou cupping, consistent à poser sur la peau des coupelles dans lesquelles on crée un vide, ce qui aspire la peau. Selon le NCCIH, le vide peut être obtenu avec une flamme. On distingue les ventouses sèches des ventouses humides : dans ces dernières, la peau est percée et du sang entre dans la coupelle.
Ces gestes sont proposés dans un cadre de soins complémentaires. Le NHS rappelle que les thérapies complémentaires ne font pas partie de la médecine habituelle et qu’elles ne sont pas testées de la même manière que les médicaments. Le NCCIH invite à discuter de toute décision de soins avec un professionnel de santé.
Que disent les études sur l’efficacité des ventouses ?
Le NCCIH résume ainsi l’état des connaissances : la recherche est limitée et la plupart des travaux sont de faible qualité. Pour la douleur, la page indique que les preuves ne sont pas très solides, ce qui laisse penser à un effet possible mais incertain. Pour les autres affections, il n’existe pas assez de recherches de qualité pour tirer des conclusions.
La base PubMed recense plusieurs revues systématiques sur les ventouses : douleur du cou, rééducation musculo-squelettique, urticaire chronique, migraine ou encore effet sur le poids. Les extraits consultés ne permettent pas d’en détailler les conclusions. Le résumé d’une revue de 2023 sur la rééducation évoque une incidence très faible d’événements indésirables, ce qui ne contredit pas forcément le NCCIH ; les deux constats ne portent pas sur les mêmes travaux, et la question de la sécurité reste donc à nuancer selon les pratiques et le matériel.
En pratique, à ce jour, les ventouses ne peuvent être présentées comme un traitement démontré d’une maladie ou d’une douleur. Les sensations de détente ou de soulagement rapportées par certaines personnes relèvent de l’expérience individuelle et ne remplacent pas une évaluation médicale.
Quels sont les effets secondaires et les risques ?
Le NCCIH indique que les ventouses peuvent provoquer des effets secondaires : décoloration persistante de la peau, cicatrices, brûlures et infections. Les brûlures sont citées parmi les risques, la flamme pouvant être employée pour créer le vide. La pratique peut aussi aggraver un eczéma ou un psoriasis.
Des cas rares mais graves sont mentionnés : un saignement à l’intérieur du crâne après des ventouses posées sur le cuir chevelu, et une anémie après des ventouses humides répétées. Pour les ventouses humides, la peau est percée : si le matériel est partagé entre plusieurs personnes sans stérilisation, des maladies transmises par le sang peuvent se propager.
Les marques sur la peau sont-elles normales ?
Des marques temporaires sur la peau sont une conséquence connue de la technique. Le NCCIH recommande de les signaler aux soignants qui pourraient les voir, afin qu’elles ne soient pas confondues avec des signes de maltraitance physique.
Une décoloration qui persiste, une plaie, une cloque, des signes d’infection, comme une rougeur qui s’étend, une chaleur locale ou de la fièvre, ou une aggravation d’une maladie de peau justifient de consulter un médecin plutôt que de renouveler les séances. Ne percez pas vous-même une cloque et n’appliquez pas de produits sur une peau lésée sans avis d’un pharmacien ou d’un médecin.
Qui doit être particulièrement prudent ?
Le NCCIH ne définit pas de groupes de personnes qui doivent éviter les ventouses, mais il invite à discuter de la décision avec un professionnel de santé. Le NHS conseille, pour toute thérapie complémentaire, de signaler vos problèmes de santé au praticien, et d’informer tout médecin ou professionnel de santé qui vous suit de la thérapie que vous suivez.
Si vous avez une maladie de peau comme l’eczéma ou le psoriasis, des troubles de la coagulation, une anémie, si vous prenez un traitement, si vous êtes enceinte ou si la personne concernée est un enfant, demandez l’avis de votre médecin avant toute séance. Cette recommandation de prudence découle des risques décrits ci-dessus ; les sources consultées n’établissent pas de liste de contre-indications. Vérifiez enfin que le praticien utilise du matériel propre, à usage unique ou stérilisé entre deux personnes, surtout pour les ventouses humides.
Que recommande-t-on en cas de mal de dos et quand consulter ?
Pour la douleur de dos, le NHS recommande de rester actif et de poursuivre ses activités quotidiennes, en évitant de rester alité longtemps. Il précise que la marche, la natation, le yoga et le pilates peuvent aider. Si la douleur ne s’améliore pas après quelques semaines, il cite la kinésithérapie, les séances d’exercice en groupe, la thérapie manuelle, où un thérapeute formé masse et mobilise les muscles, les os et les articulations, et la thérapie cognitivo-comportementale. Les ventouses n’apparaissent pas parmi ces options.
Consultez un médecin généraliste si la douleur ne s’améliore pas après quelques semaines de soins à domicile, si elle gêne les activités quotidiennes, si elle est pire la nuit ou au repos, ou en cas de perte de poids inexpliquée. Un avis rapide est nécessaire en cas de fièvre, de frissons ou de malaise général, ou de douleur intense apparue brutalement. Les services d’urgence sont à contacter en cas de faiblesse ou d’engourdissement dans les deux jambes, de perte de sensibilité autour des organes génitaux ou de l’anus, de troubles urinaires ou intestinaux, ou de douleur thoracique.
Questions fréquentes
Les ventouses soulagent-elles vraiment la douleur ?
Selon le NCCIH, la recherche est limitée et le plus souvent de faible qualité ; pour la douleur, les preuves ne sont pas très solides. Les ventouses ne peuvent donc pas être présentées comme un traitement démontré.
Les ventouses laissent-elles des marques ?
Oui, des marques temporaires sont fréquentes. Le NCCIH recommande de les signaler aux soignants pour qu’elles ne soient pas prises pour des signes de maltraitance, et mentionne aussi des décolorations persistantes et des cicatrices possibles.
Les ventouses sont-elles dangereuses ?
Le NCCIH cite des brûlures, des infections, des cicatrices et une aggravation possible d’un eczéma ou d’un psoriasis, ainsi que des cas rares graves. Le risque dépend notamment du matériel et du praticien.
Quelle différence entre ventouses sèches et ventouses humides ?
Avec les ventouses humides, la peau est percée et du sang entre dans la coupelle. Le NCCIH souligne que du matériel partagé sans stérilisation peut transmettre des maladies par le sang.
Peut-on faire des ventouses avec de l’eczéma ou du psoriasis ?
Le NCCIH indique que la pratique peut aggraver ces maladies de peau. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre dermatologue avant toute séance.
Les ventouses peuvent-elles remplacer un suivi médical pour le dos ?
Non. Pour le mal de dos, le NHS recommande de rester actif et cite d’autres options, comme la kinésithérapie, si la douleur persiste. Consultez en cas de douleur intense, de fièvre ou de troubles neurologiques ou urinaires.
Pour aller plus loin
- Cataplasmes naturels : ce que disent les sources de santé
- Endométriose et cupping thérapie : ce que disent les études
- Yoga et naturopathie : ce que disent les sources de santé
- Réflexologie palmaire : ce que disent les sources
Sources
- NCCIH : Cupping — qualité limitée des preuves, effets secondaires, risques des ventouses humides et du matériel partagé, marques temporaires
- NHS : Complementary and alternative medicines — statut des thérapies complémentaires, évaluation différente des médicaments, informer son médecin
- NHS : Back pain — rester actif, options en cas de douleur persistante, signes d’alerte et motifs de consultation
- PubMed : revues systématiques sur les ventouses (page de résultats) — existence de revues systématiques sur les ventouses selon les indications, sans détail des conclusions
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

