Mis à jour le 9 octobre 2026
- La valériane (Valeriana officinalis) est une plante dont la racine est utilisée pour la détente et le sommeil.
- L’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît un usage bien établi pour un extrait sec éthanolique précis, et un usage traditionnel pour d’autres préparations : tension nerveuse légère et aide au sommeil.
- Les preuves sur le sommeil restent incohérentes selon le NCCIH, et une société savante américaine déconseille la valériane dans l’insomnie chronique de l’adulte.
- Elle peut provoquer maux de tête, troubles digestifs et somnolence ; elle est déconseillée pendant la grossesse, l’allaitement et avant 12 ans.
- Évitez de l’associer à l’alcool ou à des sédatifs, et consultez si les troubles persistent plus de deux semaines.
La valériane est l’une des plantes les plus connues pour accompagner le sommeil, mais les preuves de son intérêt restent contrastées : l’Agence européenne des médicaments lui reconnaît un usage pour la tension nerveuse légère et les troubles du sommeil, tandis que le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH) juge les résultats des études incohérents.
Cet article fait le point sur ces deux lectures, sur les effets indésirables, les interactions et les personnes pour lesquelles la valériane n’est pas adaptée. Il fait partie de notre dossier sur la phytothérapie et les usages traditionnels des plantes.
Qu’est-ce que la valériane et quelle partie de la plante utilise-t-on ?
La valériane officinale est une plante vivace d’Europe et d’Asie. C’est sa racine (Valerianae radix) qui est utilisée, séchée, en tisane, en poudre, en extrait ou en teinture. La monographie européenne distingue plusieurs préparations : l’extrait sec éthanolique, le jus, les extraits aqueux, les extraits méthanoliques et les teintures. Le point compte, car le niveau de reconnaissance diffère d’une préparation à l’autre.
Que reconnaît l’Agence européenne des médicaments ?
Selon la page de l’EMA consacrée à la racine de valériane, deux niveaux de reconnaissance coexistent :
- un usage « bien établi » pour un extrait sec éthanolique de racine, dans le soulagement de la tension nerveuse légère et des troubles du sommeil ; la page précise que des études cliniques soutiennent cet usage, qui est documenté depuis au moins dix ans dans l’Union européenne ;
- un usage traditionnel pour d’autres préparations (jus, extraits aqueux ou méthanoliques, teintures), dans le soulagement des symptômes légers de stress mental et l’aide au sommeil ; ici, la reconnaissance repose sur une longue utilisation et non sur des études cliniques.
L’EMA indique que la valériane n’est pas destinée aux enfants de moins de 12 ans et qu’il faut consulter un médecin ou un pharmacien si les troubles persistent ou s’aggravent après deux semaines d’utilisation continue. Les monographies sont en cours de réexamen périodique : la page mentionne un appel à données scientifiques ouvert début 2025.
Que disent les études sur la valériane et le sommeil ?
Le NCCIH est nettement plus réservé que l’EMA. Il écrit que les données sur l’utilité de la valériane pour les troubles du sommeil sont « inconsistantes » et qu’elles ne permettent pas de conclure pour l’anxiété. Il rapporte aussi que l’American Academy of Sleep Medicine a recommandé de ne pas utiliser la valériane dans l’insomnie chronique de l’adulte. Plus globalement, le NCCIH estime qu’il n’y a pas assez d’éléments pour dire si la valériane est utile pour une quelconque affection.
Ces positions ne sont pas contradictoires : l’EMA évalue des préparations précises dans un cadre réglementaire, le NCCIH apprécie la qualité de l’ensemble de la littérature clinique. Retenez que, si un effet existe, il n’est pas démontré de façon constante, et qu’il ne s’agit pas d’une réponse à l’insomnie chronique.
Quelle place pour la valériane par rapport à l’hygiène du sommeil ?
Les produits à base de plantes ne remplacent pas les mesures de base. Le NHS recommande notamment de garder un horaire de lever régulier, de se détendre au moins une heure avant le coucher, de faire de l’exercice dans la journée, de garder une chambre calme et sombre, et d’éviter alcool, thé, café et tabac dans les six heures avant le coucher, ainsi que les écrans juste avant de dormir.
Pour l’insomnie persistante, le NHS indique que les produits de pharmacie à base de plantes, comme la valériane, ne règlent pas le problème et ne doivent pas être pris plus d’une à deux semaines, et que la thérapie cognitivo-comportementale peut aider à modifier les pensées et comportements qui entretiennent les difficultés de sommeil. Des plantes plus douces et plus courantes sont présentées dans nos articles sur la mélisse et le tilleul, avec leurs propres limites.
Quels sont les effets indésirables de la valériane ?
L’EMA mentionne des nausées et des crampes abdominales, de fréquence inconnue. Le NCCIH ajoute des maux de tête, des maux d’estomac, une impression d’engourdissement mental, de l’excitation, de l’inquiétude et des rêves très vivides. Il considère la valériane comme généralement sûre à court terme chez la plupart des adultes, mais précise que sa sécurité à long terme est inconnue.
Deux points demandent une attention particulière :
- le foie : le NCCIH rapporte de très rares cas d’atteinte hépatique, le plus souvent avec des produits associant plusieurs plantes. En cas de fatigue inhabituelle, de nausées persistantes, d’urines foncées ou de jaunisse, arrêtez la prise et consultez ;
- l’arrêt après un usage prolongé : le NCCIH signale qu’un arrêt brutal peut provoquer anxiété, irritabilité et insomnie. Un usage prolongé n’est donc pas à recommander sans avis médical.
La valériane interagit-elle avec l’alcool et les médicaments ?
Les deux sources n’ont pas la même formulation. L’EMA indique qu’aucune interaction médicamenteuse n’avait été décrite dans la littérature au moment de l’évaluation. Le NCCIH, lui, déconseille d’associer la valériane à l’alcool ou à des sédatifs, car elle pourrait avoir un effet endormant. Par prudence, tenez-vous à la lecture la plus protectrice : évitez l’alcool pendant la prise et demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien si vous prenez un somnifère, un anxiolytique ou tout médicament qui diminue la vigilance.
La monographie européenne précise par ailleurs de ne pas conduire ni utiliser de machines, car le produit peut affecter ces capacités. Le NCCIH rappelle de son côté qu’il faut informer ses professionnels de santé de tous les compléments pris, y compris avant une intervention chirurgicale.
Qui ne doit pas prendre de valériane ?
- Grossesse et allaitement : l’EMA indique de ne pas utiliser la valériane, et le NCCIH note que l’on sait peu de chose sur sa sécurité dans ces situations.
- Enfants de moins de 12 ans : non recommandé selon l’EMA.
- Personnes ayant une maladie du foie : demandez un avis médical, au vu des rares cas d’atteinte hépatique rapportés.
- Personnes qui prennent des sédatifs ou boivent de l’alcool : voir plus haut.
- Bains à la valériane : l’EMA les contre-indique en cas de plaies ouvertes, de problèmes cutanés, de forte fièvre, d’infection sévère ou de maladie cardiovasculaire grave.
Comment choisir un produit à base de valériane ?
Les produits sont nombreux et leur qualité varie. D’après le NCCIH, les compléments alimentaires ne sont pas approuvés par l’autorité sanitaire américaine avant leur vente, les fabricants sont responsables de la sécurité et de l’étiquetage de leurs produits, et la mention « standardisé » ne garantit pas la qualité. Vérifiez la composition, la présence éventuelle d’autres plantes et suivez les indications de l’emballage. Ne cumulez pas plusieurs produits contenant de la valériane. Votre pharmacien est l’interlocuteur adapté, surtout si vous suivez un traitement.
Quand consulter un médecin ?
Consultez si les troubles du sommeil ou la tension nerveuse persistent ou s’aggravent après deux semaines (EMA), si vos habitudes ont changé sans effet, si l’insomnie dure depuis des mois ou gêne votre vie quotidienne (NHS), ou si un effet indésirable apparaît après la prise. Des troubles du sommeil durables peuvent avoir des causes qui demandent une prise en charge spécifique. Ne remplacez jamais un traitement prescrit par une plante et ne l’arrêtez pas sans avis médical.
Questions fréquentes
La valériane est-elle efficace pour dormir ?
Les données sont contrastées. L’EMA reconnaît un usage pour un extrait précis dans les troubles du sommeil légers, mais le NCCIH juge les résultats des études inconsistants. Pour une insomnie chronique, l’American Academy of Sleep Medicine a recommandé de ne pas utiliser la valériane chez l’adulte.
Combien de temps peut-on prendre de la valériane ?
L’EMA indique de consulter un médecin ou un pharmacien si les troubles persistent ou s’aggravent après deux semaines d’utilisation continue. Le NCCIH précise que la sécurité d’un usage à long terme est inconnue.
La valériane a-t-elle des effets secondaires ?
Elle peut provoquer nausées, crampes abdominales, maux de tête, maux d’estomac ou somnolence. Le NCCIH signale de très rares cas d’atteinte du foie, le plus souvent avec des produits associant plusieurs plantes.
Peut-on prendre de la valériane avec un somnifère ou de l’alcool ?
Le NCCIH déconseille de l’associer à l’alcool ou à des sédatifs. Demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant toute association, car la somnolence et la baisse de vigilance peuvent s’additionner.
La valériane est-elle adaptée aux enfants et aux femmes enceintes ?
Non. L’EMA indique qu’elle n’est pas destinée aux enfants de moins de 12 ans et qu’elle ne doit pas être utilisée pendant la grossesse ni l’allaitement. Demandez conseil à un professionnel de santé.
Peut-on conduire après avoir pris de la valériane ?
La monographie européenne indique de ne pas conduire ni utiliser de machines, car le produit peut affecter ces capacités. En cas de somnolence, abstenez-vous de conduire.
Pour aller plus loin
- Valériane et sommeil : effets, limites et précautions
- Bienfaits du gingembre : preuves, usages et précautions
- Aubépine et cœur : ce que disent les sources officielles
- Curcuma : usages traditionnels, études et précautions
Sources
- EMA : Valerian root (Valerianae radix), page de la monographie européenne — usages bien établi et traditionnel, âge, grossesse, effets indésirables, délai de consultation, conduite
- NCCIH : Valerian — niveau de preuve sur le sommeil et l’anxiété, sécurité à court et long terme, atteintes hépatiques rares, alcool et sédatifs
- NHS : Insomnia — limites des produits à base de plantes, hygiène du sommeil, thérapie cognitivo-comportementale, quand consulter
- NCCIH : Using Dietary Supplements Wisely — qualité des compléments, interactions, information des professionnels de santé avant une intervention
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

