Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’infertilité se définit par l’absence de grossesse après 12 mois ou plus de rapports réguliers non protégés ; elle touche environ une personne en âge de procréer sur six dans le monde, selon l’OMS.
- Les causes sont multiples, féminines, masculines ou mixtes, et restent inexpliquées dans un quart des cas environ selon le NHS : un bilan médical des deux partenaires est la première étape.
- Les sources médicales reconnaissent le rôle de facteurs de mode de vie : tabac, alcool excessif, poids, exposition à certaines substances, chaleur testiculaire.
- Les sources consultées n’évaluent pas la naturopathie dans la fertilité et aucune ne démontre qu’elle améliore les chances de conception.
- Quelle que soit l’approche choisie, elle ne doit pas retarder la consultation, notamment après 35 ans.
Naturopathie et fertilité : les sources médicales consultées ne rapportent, à ce jour, aucune preuve établie d’amélioration des chances de conception par la naturopathie. En revanche, plusieurs facteurs d’hygiène de vie sont reconnus comme pouvant influencer la capacité à concevoir, et c’est sur eux que repose l’essentiel de ce que l’on peut faire de façon raisonnable avant ou pendant un parcours médical.
Cet article fait le point, à partir de l’Organisation mondiale de la santé, de la Mayo Clinic et du National Health Service britannique, sur la notion d’infertilité, ses causes, les facteurs de mode de vie documentés et la place que peut occuper une démarche de bien-être en complément d’un suivi médical.
Qu’appelle-t-on infertilité et quand faut-il consulter ?
L’OMS définit l’infertilité comme l’absence de grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels réguliers non protégés. Elle parle d’infertilité primaire lorsqu’aucune grossesse n’a jamais été obtenue, et d’infertilité secondaire lorsqu’il y en a déjà eu au moins une. Selon l’OMS, environ une personne en âge de procréer sur six dans le monde est concernée au cours de sa vie.
Le NHS rappelle qu’avoir des difficultés à concevoir est fréquent : environ un couple sur sept y est confronté, et plus de huit couples sur dix dans lesquels la femme a moins de 40 ans conçoivent naturellement en un an. Il recommande de consulter un médecin généraliste si la grossesse n’est pas survenue après un an d’essais, et plus tôt pour les femmes de 36 ans et plus ou en cas de problème de fertilité déjà connu.
La Mayo Clinic détaille des repères par âge pour la femme :
- avant 35 ans, la plupart des médecins recommandent d’essayer pendant au moins un an avant un bilan ou un traitement ;
- entre 35 et 40 ans, il est conseillé d’en parler à un médecin après environ six mois d’essais ;
- au-delà de 40 ans, un bilan ou une prise en charge peuvent être proposés d’emblée.
Une évaluation plus précoce est également justifiée en cas de règles irrégulières ou douloureuses, d’infection pelvienne, de fausses couches répétées, de traitement contre le cancer ou d’endométriose. Pour l’homme, la même source conseille de consulter après un an sans grossesse, ou après six mois si la partenaire a plus de 35 ans.
Quelles sont les causes possibles d’une infertilité ?
Les causes sont variées et peuvent concerner l’un, l’autre ou les deux partenaires. L’OMS cite chez la femme les atteintes des trompes, les anomalies de l’utérus (endométriose, fibromes, malformations), les troubles ovariens comme le syndrome des ovaires polykystiques, et les déséquilibres hormonaux. Chez l’homme, elle mentionne les obstructions des voies génitales, les troubles hormonaux, la défaillance de la production de spermatozoïdes et les anomalies de forme ou de mobilité des spermatozoïdes.
La Mayo Clinic indique que les troubles de l’ovulation expliquent la plupart des cas d’infertilité féminine. Le NHS indique que l’ovulation irrégulière ou absente, une mauvaise qualité du sperme et des trompes bouchées ou abîmées comptent parmi les causes courantes, et que, dans environ un quart des cas, la cause n’est pas identifiée.
Ces éléments expliquent pourquoi un bilan médical des deux partenaires est la première étape : aucune mesure de bien-être ne peut identifier une trompe obstruée, un trouble hormonal ou une anomalie du sperme.
Quels facteurs de mode de vie influencent la fertilité ?
Les trois sources s’accordent sur plusieurs points, avec des nuances selon le sexe.
- Le tabac : l’OMS cite le tabagisme parmi les facteurs pouvant affecter la fertilité. Le NHS indique que fumer, y compris passivement, diminue les chances de conception et peut réduire la qualité du sperme ; la Mayo Clinic recommande aux femmes d’arrêter de fumer avant un traitement de fertilité.
- L’alcool : l’OMS cite la consommation excessive d’alcool. Le NHS indique que le plus sûr est de ne pas boire du tout en cas de projet de grossesse ; la Mayo Clinic évoque une baisse de la testostérone et du nombre de spermatozoïdes chez l’homme.
- Le poids : l’OMS cite l’obésité. Selon la Mayo Clinic et le NHS, le surpoids ou une insuffisance pondérale importante peuvent perturber l’ovulation chez la femme.
- L’activité physique : la Mayo Clinic associe un entraînement très intense et prolongé à une diminution de l’ovulation.
- La chaleur : la Mayo Clinic indique que des températures élevées peuvent altérer la production et le fonctionnement des spermatozoïdes. Saunas et bains chauds peuvent réduire temporairement leur nombre.
- Les stéroïdes anabolisants et certaines drogues : ils peuvent réduire le volume des testicules et le nombre de spermatozoïdes, d’après la Mayo Clinic ; le cannabis et la cocaïne peuvent diminuer temporairement leur nombre et leur qualité.
- Les polluants et toxiques : l’OMS note que l’exposition à des polluants environnementaux peut endommager les ovocytes et les spermatozoïdes. La Mayo Clinic cite pesticides, solvants, peintures et métaux lourds.
L’âge pèse aussi : la quantité et la qualité des ovocytes déclinent avec l’âge, et plus nettement à partir du milieu de la trentaine selon la Mayo Clinic.
Le stress et le sommeil jouent-ils un rôle ?
Le NHS indique que le stress peut affecter la relation du couple et le désir sexuel et que, dans les cas sévères, il peut perturber l’ovulation et la production de spermatozoïdes. La Mayo Clinic précise que, selon certaines études, le stress est associé à de moins bons résultats des traitements de l’infertilité.
Ces sources ne démontrent pas pour autant que réduire son stress augmente les chances de grossesse, et elles ne se prononcent pas sur le sommeil. Prendre soin de son équilibre de vie reste légitime en soi, mais il serait inexact de présenter la gestion du stress comme une méthode établie pour concevoir.
Que peut apporter la naturopathie dans un projet de conception ?
Les sources médicales consultées n’évaluent pas la naturopathie dans la fertilité : elles ne la recommandent pas comme moyen d’améliorer les chances de conception, et aucune ne rapporte de bénéfice démontré. Ce qu’elles documentent, ce sont des facteurs de mode de vie : arrêt du tabac, modération de l’alcool, poids, exposition à certains toxiques.
Une consultation de naturopathie peut éventuellement servir de cadre pour travailler sur ces points d’hygiène de vie, à condition de respecter quelques principes :
- ne pas différer le bilan médical, surtout après 35 ans ou en cas de signe d’alerte ;
- ne pas interrompre ni remplacer un traitement ou un suivi prescrit ;
- se méfier de toute promesse de résultat sur la conception, qu’aucune des sources consultées ne permet de soutenir ;
- informer l’équipe médicale de toute démarche entreprise en parallèle.
Plantes et compléments : faut-il en prendre ?
Aucune des sources consultées ne recommande de plante ou de complément alimentaire particulier pour améliorer la fertilité. Dans un contexte de projet de grossesse, chaque produit doit donc être discuté avec un médecin, une sage-femme ou un pharmacien, d’autant plus en cas de traitement en cours, de grossesse débutante possible ou de parcours de procréation médicalement assistée.
La mention de produits « boosters de fertilité » n’a pas de base médicale dans les sources utilisées ici. Pour toute question sur les apports conseillés avant une grossesse, adressez-vous à votre médecin ou à votre sage-femme.
Questions fréquentes
L’âge de la femme change-t-il vraiment les chances de grossesse ?
Oui. La Mayo Clinic indique que la quantité et la qualité des ovocytes déclinent avec l’âge, avec une baisse plus rapide à partir du milieu de la trentaine. Le NHS souligne aussi que la fertilité diminue avec l’âge et conseille aux femmes de 36 ans et plus de consulter plus tôt.
Le sport intensif peut-il nuire à la fertilité ?
Selon la Mayo Clinic, un entraînement très intense et prolongé a été associé à une diminution de l’ovulation. Cela ne remet pas en cause l’intérêt d’une activité physique régulière et modérée pour la santé générale. En cas de cycles irréguliers, parlez-en à votre médecin.
La chaleur ou l’ordinateur portable affectent-ils la fertilité masculine ?
La Mayo Clinic indique que des températures élevées peuvent altérer la production de spermatozoïdes et que saunas et bains chauds peuvent réduire temporairement leur nombre. Elle évoque aussi l’usage prolongé d’un ordinateur portable ou des vêtements serrés, tout en précisant que des recherches complémentaires sont nécessaires.
Que faire quand aucune cause n’est trouvée ?
Le NHS indique que, dans environ un quart des cas, la cause de l’infertilité n’est pas identifiée. La Mayo Clinic parle d’infertilité inexpliquée, qui peut résulter de plusieurs facteurs mineurs chez les deux partenaires. Un suivi avec un médecin ou un centre spécialisé permet de discuter des options adaptées.
L’alcool doit-il être arrêté complètement quand on veut un enfant ?
Le NHS indique que l’approche la plus sûre est de ne pas boire d’alcool du tout lorsque l’on essaie de concevoir. La Mayo Clinic signale qu’une consommation excessive peut réduire la fertilité des deux sexes. Un professionnel de santé peut vous accompagner si l’arrêt est difficile.
Peut-on consulter un naturopathe pendant un parcours de procréation médicale ?
Les sources consultées ne traitent pas de cette question. Par prudence, informez votre équipe médicale de toute démarche ou de tout produit utilisé en parallèle, et ne modifiez aucun traitement de votre propre initiative. La naturopathie ne remplace pas le bilan ni la prise en charge médicale.
Pour aller plus loin
- Fertilité masculine : facteurs, mode de vie et quand consulter
- Fertilité et naturopathie : ce que disent les études
- Zinc et fertilité : ce que disent les sources, sans promesse
- Endométriose et naturopathie : ce que disent les sources
Sources
- OMS : Infertility — définition de l’infertilité, fréquence, causes féminines et masculines, facteurs de mode de vie
- Mayo Clinic : Female infertility — repères de consultation par âge, facteurs de risque, causes, stress et traitement
- Mayo Clinic : Male infertility — repères de consultation, alcool, tabac, chaleur, stéroïdes, toxiques
- NHS : Infertility — fréquence, quand consulter, causes, facteurs de mode de vie (poids, tabac, alcool, stress)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

