Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’endométriose est une maladie gynécologique chronique qui concernerait environ une femme sur dix en âge de procréer (OMS, Inserm).
- Il n’existe pas de traitement curatif : la prise en charge médicale vise à contrôler les symptômes (douleurs, fertilité) et repose sur des médicaments, parfois sur la chirurgie.
- À ce jour, les sources officielles consultées ne citent pas la naturopathie parmi les prises en charge de l’endométriose ; les approches complémentaires disposent de peu de données.
- Kinésithérapie, thérapie cognitivo-comportementale et groupes de soutien sont mentionnés par l’OMS comme compléments d’une prise en charge pluridisciplinaire.
- Des douleurs de règles qui empêchent vos activités, des douleurs pelviennes persistantes ou une difficulté à concevoir justifient une consultation.
L’endométriose est une maladie chronique dans laquelle du tissu semblable à la muqueuse de l’utérus se développe en dehors de celui-ci, provoquant inflammation et douleurs. Selon l’OMS, elle concerne environ 10 % des femmes en âge de procréer dans le monde, et aucune méthode actuelle ne la supprime définitivement.
La question « endométriose et naturopathie » revient souvent chez les personnes qui cherchent à compléter leur suivi. Cet article fait le point sur ce que disent l’OMS, l’Inserm, le NHS britannique et la Mayo Clinic : ce qui est établi, ce qui ne l’est pas, et les précautions à connaître. Il ne propose aucun protocole et ne remplace pas l’avis de votre gynécologue.
Qu’est-ce que l’endométriose et comment se manifeste-t-elle ?
L’endométriose correspond à la présence, hors de l’utérus, de tissu proche de la muqueuse utérine. Selon l’Inserm, ces lésions réagissent aux hormones ovariennes et saignent à chaque cycle. L’OMS précise qu’elles entraînent une inflammation et la formation de tissu cicatriciel. Les symptômes tendent à diminuer après la ménopause, d’après l’Inserm.
Les manifestations varient beaucoup d’une personne à l’autre. Les plus fréquemment décrites sont :
- des douleurs de règles intenses, parfois très invalidantes ;
- des douleurs pelviennes chroniques, qui persistent en dehors des règles ;
- des douleurs pendant ou après les rapports sexuels ;
- des douleurs lors des selles ou de la miction, surtout autour des règles ;
- des règles abondantes, une grande fatigue, des ballonnements ou des nausées ;
- une difficulté à obtenir une grossesse, qui est parfois le premier signe découvert lors d’un bilan de fertilité.
Certaines femmes n’ont aucun symptôme. La Mayo Clinic souligne par ailleurs que l’intensité de la douleur ne reflète pas de façon fiable l’étendue des lésions : une douleur forte n’indique pas forcément une maladie étendue, et inversement.
Les causes exactes restent inconnues. L’hypothèse la plus étudiée, selon l’Inserm, est celle des règles rétrogrades, où du sang menstruel remonte dans la cavité abdominale. Environ 90 % des femmes en présentent, mais seulement 10 % développent des lésions, ce qui suggère que d’autres facteurs interviennent : prédispositions génétiques, fonctionnement du système immunitaire, perturbateurs endocriniens. Ces pistes restent des hypothèses de recherche.
Quand consulter et comment le diagnostic est-il posé ?
Consultez dès que des symptômes apparaissent. Le site sante.fr invite à en parler à son médecin traitant, à son gynécologue ou à sa sage-femme, et insiste sur le fait de ne pas rester seule face à ces symptômes. Le NHS recommande de consulter si vous pensez avoir une endométriose, si les symptômes gênent votre vie quotidienne, votre travail ou vos relations, si un premier traitement n’a pas aidé ou si les symptômes s’aggravent.
Le diagnostic est souvent tardif. L’OMS évoque un délai moyen de 4 à 12 ans, car les symptômes sont variés et ressemblent à ceux d’autres affections (le NHS cite l’adénomyose, les fibromes, les infections pelviennes et le syndrome de l’intestin irritable). Il n’existe pas de dépistage dans la population générale : selon l’Inserm, la maladie n’est recherchée que chez les patientes qui ont des symptômes.
Le parcours repose en général sur :
- un interrogatoire détaillé (histoire des règles, douleurs, antécédents familiaux) et un examen clinique ;
- une imagerie : échographie, puis IRM si nécessaire. Selon la Mayo Clinic, une échographie standard ne suffit pas à elle seule à confirmer la maladie ;
- parfois une cœlioscopie, qui permet de visualiser les lésions et d’en prélever. L’Inserm la recommande en cas de douleurs intenses résistant aux traitements ou de désir de grossesse.
Le professionnel de premier recours peut orienter vers la filière endométriose de votre région, qui assure le diagnostic, le bilan d’extension et une prise en charge adaptée (sante.fr).
Quelle est la prise en charge médicale de référence ?
L’OMS et le NHS sont clairs : il n’existe pas de traitement curatif, mais des traitements permettent de contrôler les symptômes. Le choix dépend de la gravité, des effets secondaires, des préférences de la patiente et d’un éventuel désir de grossesse.
- Antalgiques et anti-inflammatoires : l’ibuprofène ou le naproxène, ainsi que d’autres antalgiques, sont cités comme premier recours pour la douleur (OMS, NHS, Mayo Clinic).
- Traitements hormonaux : contraceptifs hormonaux, progestatifs, analogues de la GnRH. L’Inserm les indique en première intention. La Mayo Clinic précise que les symptômes peuvent réapparaître à l’arrêt, un traitement hormonal n’étant pas une solution permanente. Le NHS ajoute qu’ils ne sont pas prescrits en cas de projet de grossesse.
- Chirurgie : elle retire les lésions, les adhérences ou les kystes ovariens. Elle est envisagée quand les médicaments ne suffisent pas, et une nouvelle intervention peut être nécessaire si les symptômes reviennent (NHS). L’hystérectomie, parfois avec ablation des ovaires, est considérée comme un dernier recours, sans garantie (OMS, Mayo Clinic).
- Aide à la procréation : stimulation ovarienne, insémination ou fécondation in vitro en cas de difficulté à concevoir (OMS, Mayo Clinic).
Cette liste n’est pas un choix à faire seule : l’équilibre entre ces options se décide avec l’équipe médicale. Si un traitement vous paraît mal toléré ou insuffisant, parlez-en à votre médecin plutôt que de l’interrompre de votre propre initiative.
Que disent les sources de la naturopathie et des approches complémentaires ?
Aucune des pages officielles consultées pour cet article (OMS, Inserm, NHS, sante.fr, Mayo Clinic) ne cite la naturopathie parmi les prises en charge de l’endométriose. Elles ne la déconseillent pas non plus de façon explicite : elles n’en parlent tout simplement pas.
Pour les approches complémentaires au sens large, la Mayo Clinic est la seule source consultée qui les aborde. Elle indique que des personnes ont recours à l’acupuncture, à la chiropraxie, à certaines plantes ou à des compléments (vitamine B1, magnésium, oméga-3), que l’acupuncture a montré un certain intérêt pour atténuer la douleur, mais que les recherches sur l’ampleur du soulagement apportée par la médecine alternative restent peu nombreuses. Cela signifie que les preuves sont limitées, pas qu’elles sont nulles ou démontrées.
Pour l’alimentation, les pages consultées ne contiennent pas de recommandation alimentaire spécifique à l’endométriose. Des études sur le sujet existent, mais aucune source officielle consultée n’en tire de recommandation ; cet article ne reprend donc aucune promesse du type « régime anti-inflammatoire » ou « aliment à éviter ». Si vous envisagez de modifier votre alimentation de façon marquée, un médecin ou un diététicien peut vous aider à le faire sans vous exposer à des carences.
Une démarche de bien-être peut avoir sa place à côté du suivi, par exemple pour mieux dormir ou gérer le stress, à condition qu’elle ne retarde ni le diagnostic ni les traitements prescrits, et qu’elle ne soit pas présentée comme un moyen d’agir sur la maladie elle-même.
Que peut-on faire au quotidien en complément du suivi médical ?
Parmi les mesures mentionnées par les sources officielles, plusieurs ne relèvent pas du médicament :
- La chaleur : la Mayo Clinic indique que les bains chauds et les bouillottes peuvent détendre les muscles du bassin et réduire les crampes.
- La kinésithérapie : la Mayo Clinic cite la rééducation du plancher pelvien comme piste pour atténuer les douleurs pelviennes ; l’OMS mentionne la kinésithérapie dans une prise en charge pluridisciplinaire de la douleur.
- La thérapie cognitivo-comportementale : citée par l’OMS comme soutien dans la gestion de la douleur chronique.
- Les groupes de soutien : l’OMS, le NHS et la Mayo Clinic évoquent l’intérêt de rejoindre un groupe de patientes ou une association, en ligne ou en présentiel. Le site sante.fr oriente aussi vers des associations.
La maladie a un retentissement possible sur la santé mentale : l’OMS cite la dépression et l’anxiété. Si vous vous sentez dépassée par la douleur ou la fatigue, signalez-le à votre médecin : un soutien psychologique fait partie de l’accompagnement possible (NHS).
Un carnet de suivi (dates des règles, intensité et localisation des douleurs, effet des antalgiques) peut aider à préparer les consultations. Ce conseil pratique n’est pas tiré d’une étude : il facilite simplement le dialogue avec le médecin.
Plantes et compléments alimentaires : quelles précautions prendre ?
« Naturel » ne signifie pas sans risque. La Mayo Clinic rappelle que les plantes et les compléments peuvent interagir avec les traitements habituels, et conseille d’en parler à l’équipe soignante avant d’en prendre. Cette démarche est d’autant plus utile si vous suivez un traitement, si vous avez un projet de grossesse, si vous êtes enceinte ou si vous allaitez : un médecin ou un pharmacien pourra vérifier la compatibilité.
Avant tout produit, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien, et signalez-leur tout ce que vous consommez, y compris les tisanes et les huiles essentielles. Évitez d’acheter sur la foi d’une promesse de soulagement ou de « terrain à rééquilibrer » : aucune des sources consultées n’étaye de telles allégations pour l’endométriose.
N’arrêtez jamais un traitement prescrit pour le remplacer par une approche complémentaire sans en avoir discuté avec le médecin qui vous suit.
Questions fréquentes
Existe-t-il un traitement qui supprime définitivement l’endométriose ?
Non, il n’existe pas de traitement curatif à ce jour (OMS, NHS). Les traitements visent à contrôler les symptômes. Selon la Mayo Clinic, ils peuvent reprendre à l’arrêt d’un traitement hormonal, et le NHS indique qu’une nouvelle chirurgie peut être nécessaire si les symptômes reviennent.
Une alimentation particulière peut-elle améliorer l’endométriose ?
Les pages officielles consultées (OMS, Inserm, NHS, Mayo Clinic) ne formulent pas de recommandation alimentaire spécifique à l’endométriose. Parlez-en à votre médecin ou à un diététicien avant de supprimer des aliments, afin d’éviter les carences.
L’intensité de la douleur indique-t-elle la gravité de l’endométriose ?
Pas de façon fiable. La Mayo Clinic précise que la sévérité de la douleur ne reflète pas forcément le nombre ou l’étendue des lésions. Certaines personnes ont des lésions étendues avec peu de douleur, d’autres l’inverse.
L’endométriose empêche-t-elle d’avoir un enfant ?
Pas systématiquement. Selon l’Inserm, l’infertilité concerne 30 à 40 % des femmes atteintes. La Mayo Clinic précise que beaucoup de femmes ayant une forme légère à modérée peuvent concevoir. En cas de difficulté, un bilan et une aide médicale à la procréation peuvent être proposés.
Peut-on avoir de l’endométriose sans douleur ?
Oui. L’OMS, l’Inserm et la Mayo Clinic indiquent que certaines femmes n’ont aucun symptôme. La maladie est alors découverte par hasard, par exemple lors d’un bilan de fertilité ou d’une imagerie.
L’endométriose augmente-t-elle le risque de cancer ?
Selon l’Inserm, le risque de cancer de l’ovaire est multiplié par deux, mais le risque absolu reste faible : 2,5 % contre 1,3 % dans la population générale. La Mayo Clinic décrit également un risque global faible. Parlez-en à votre médecin si cela vous inquiète.
Pour aller plus loin
- Endométriose et cupping thérapie : ce que disent les études
- Endométriose et alimentation : ce que disent les sources médicales
- Endométriose et naturopathie : ce que disent les sources
- Qu’est-ce que l’endométriose ? Symptômes, diagnostic, prise en charge
Sources
- OMS : Endométriose (fiche d’information) — définition, prévalence, symptômes, délai diagnostique, absence de traitement curatif, kinésithérapie et TCC
- Inserm : Endométriose — fréquence, causes supposées, diagnostic, infertilité, risque de cancer de l’ovaire
- sante.fr : Endométriose — quand consulter, parcours de soins et filière endométriose
- NHS : Endometriosis — symptômes, quand consulter, diagnostic, traitements médicaux et chirurgicaux
- Mayo Clinic : Endometriosis, symptoms and causes — symptômes, absence de lien entre douleur et étendue, causes, complications
- Mayo Clinic : Endometriosis, diagnosis and treatment — traitements, chaleur, kinésithérapie, preuves limitées sur les approches alternatives
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

