Mis à jour le 9 octobre 2026
- À ce jour, les sources consultées ne démontrent pas que la naturopathie, en tant que telle, améliore la fertilité ; aucune plante ni aucun complément n’y est présenté comme efficace.
- Certains facteurs de mode de vie sont décrits comme liés à la fertilité : tabac, alcool, poids très élevé ou très bas, chaleur excessive pour les spermatozoïdes, certaines expositions professionnelles.
- Une revue Cochrane (2021) conclut que les conseils de mode de vie avant la conception pour des personnes infertiles pourraient n’avoir que peu ou pas d’effet sur les naissances vivantes, avec un niveau de preuve faible à très faible.
- Les deux partenaires sont concernés : des facteurs masculins interviennent dans jusqu’à la moitié des cas d’infertilité selon la Mayo Clinic.
- Une consultation médicale est conseillée après un an d’essais sans grossesse, et plus tôt dans certaines situations (âge, trouble connu).
Fertilité et naturopathie : les études consultées ne montrent pas que la naturopathie améliore la fertilité, mais elles décrivent bien des facteurs de mode de vie qu’il est utile de connaître quand on espère concevoir, comme le tabac, l’alcool ou le poids.
Cet article fait le point sur ce qui est établi, ce qui ne l’est pas, et sur le moment où un avis médical devient nécessaire. Il s’appuie sur une revue Cochrane et sur des pages du NHS (service de santé britannique) et de la Mayo Clinic. Une démarche de naturopathie ne remplace ni le bilan médical ni la prise en charge d’une infertilité.
Que disent les études sur la fertilité et la naturopathie ?
La naturopathie est souvent présentée comme une approche globale d’hygiène de vie : alimentation, gestion du stress, sommeil, activité physique. Ces thèmes ne sont pas contestables en soi, mais aucune des sources ouvertes pour cet article n’évalue la naturopathie comme méthode pour favoriser la conception.
La meilleure synthèse consultée est une revue Cochrane publiée le 29 avril 2021 (Boedt et al.), qui porte sur les conseils de mode de vie avant la conception pour les personnes présentant une infertilité. Elle inclut sept essais randomisés, soit 2 130 participants, dont un seul incluait des partenaires masculins. Ses principaux constats :
- des conseils portant sur plusieurs sujets pourraient avoir peu ou pas d’effet sur les naissances vivantes (RR 0,93 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,79 à 1,10 ; un essai, 626 participantes) ;
- des conseils centrés sur le poids chez des femmes infertiles et en situation d’obésité pourraient réduire légèrement l’indice de masse corporelle, mais leur effet sur les naissances vivantes, les complications ou les fausses couches reste incertain ;
- le niveau de certitude des preuves est qualifié de faible à très faible.
Les auteurs écrivent que la revue ne fournit pas de recommandation claire pour la pratique clinique et appellent à de nouveaux essais de qualité chez les hommes comme chez les femmes. En clair : l’absence de preuve ne signifie pas que les conseils d’hygiène de vie sont inutiles pour la santé générale, mais ils ne constituent pas un moyen démontré d’obtenir une grossesse.
Quand consulter un médecin pour un projet de grossesse ?
D’après la Mayo Clinic, l’infertilité se définit par l’absence de grossesse après au moins un an de rapports fréquents sans protection. Les causes féminines représentent environ un tiers des cas, les causes à la fois féminines et masculines environ un autre tiers, le reste étant inexpliqué ou combiné. Pour les hommes, la Mayo Clinic indique que des facteurs masculins interviennent dans jusqu’à la moitié des cas.
Les repères de consultation varient selon la source et le pays :
- le NHS recommande de consulter un médecin généraliste si la grossesse n’est pas survenue après un an d’essais, et plus tôt pour les femmes de 36 ans et plus ou en cas de problème de fertilité déjà connu ;
- la Mayo Clinic indique d’essayer au moins un an avant bilan ou traitement jusqu’à 35 ans, d’en parler à un médecin après six mois entre 35 et 40 ans, et qu’un médecin peut proposer un bilan d’emblée au-delà de 40 ans ;
- pour un homme dont la partenaire a plus de 35 ans, la Mayo Clinic mentionne un délai de six mois.
Une consultation plus précoce est aussi envisageable en cas de cycles irréguliers ou douloureux, d’antécédents d’infection pelvienne, de fausses couches répétées, d’endométriose ou de traitement anticancéreux passé, selon la Mayo Clinic. Ces seuils sont issus de sources britannique et américaine : votre médecin ou votre sage-femme vous indiquera le repère adapté à votre situation en France.
Quels facteurs de mode de vie sont liés à la fertilité ?
Les pages du NHS et de la Mayo Clinic décrivent plusieurs facteurs associés à la fertilité. Ils concernent surtout des habitudes que l’on peut discuter avec un professionnel de santé :
- Le poids. Selon le NHS, un indice de masse corporelle de 30 ou plus réduit la fertilité, et chez la femme un poids très bas peut aussi perturber l’ovulation. La Mayo Clinic évoque de même un possible effet d’un poids très élevé ou très bas sur l’ovulation, et de l’obésité sur les spermatozoïdes.
- Le tabac. Le NHS indique que le tabagisme, y compris passif, affecte les chances de concevoir et peut réduire la qualité du sperme. La Mayo Clinic ajoute que le tabac peut abîmer le col de l’utérus et les trompes et augmente le risque de fausse couche et de grossesse extra-utérine.
- L’alcool. Le NHS estime que l’approche la plus sûre est de ne pas boire d’alcool lors d’un projet de grossesse ; une consommation importante peut altérer la qualité du sperme.
- L’activité physique. La Mayo Clinic mentionne qu’un exercice intense de plus de cinq heures par semaine a été associé à une baisse de l’ovulation, et recommande un exercice modéré en cas de perte de poids.
- La chaleur chez l’homme. Sauna et bain chaud peuvent réduire temporairement le nombre de spermatozoïdes, selon la Mayo Clinic ; les effets d’une position assise prolongée ou de vêtements serrés restent à confirmer.
- Les expositions et infections. Pesticides, solvants et métaux, notamment chez l’homme, ainsi que les infections sexuellement transmissibles comme la chlamydia, sont cités par le NHS.
- Certains médicaments et substances. La Mayo Clinic cite, côté masculin, la testostérone de substitution, les stéroïdes anabolisants au long cours, certains traitements de chimiothérapie, ainsi que la cocaïne et le cannabis. Ne modifiez jamais un traitement sans l’avis du médecin qui le prescrit.
Le stress, l’alimentation et le sommeil jouent-ils un rôle ?
Le NHS indique que le stress peut peser sur la relation et la libido et que, dans les cas sévères, il peut affecter l’ovulation et la production de spermatozoïdes. La Mayo Clinic note de son côté que certaines études associent le stress à de moins bons résultats des traitements de l’infertilité, sans le classer parmi les facteurs de risque. Le stress n’apparaît donc pas comme une cause unique et démontrée d’infertilité, mais une période d’essais prolongée peut être éprouvante pour le couple.
Sur l’alimentation et le sommeil, les pages consultées ne détaillent pas de régime ou de nutriment qui augmenterait les chances de grossesse. Des conseils d’hygiène de vie courants (alimentation variée, sommeil suffisant, activité physique modérée) restent compatibles avec une bonne santé générale, mais cet article ne leur attribue pas d’effet démontré sur la fertilité. Si le stress ou l’anxiété vous pèsent, un professionnel de santé peut vous orienter vers un accompagnement adapté.
Les plantes et les compléments aident-ils à concevoir ?
Les plantes citées dans l’article d’origine, comme le gattilier, la maca, l’ortie ou le shatavari, ne figurent dans aucune des sources consultées. À ce jour, ces sources ne présentent aucune plante ni aucun complément comme ayant un effet démontré sur la fertilité. La page de la Mayo Clinic sur l’infertilité masculine ne mentionne pas non plus les compléments.
Une plante n’est pas inoffensive parce qu’elle est naturelle : certaines peuvent interagir avec des médicaments ou être déconseillées pendant la grossesse. Avant toute plante ou tout complément, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous suivez un traitement ou un parcours de procréation médicalement assistée, et si une grossesse est possible.
Quelle place pour un accompagnement naturopathique ?
Une démarche de naturopathie peut, selon les praticiens, aider à structurer des habitudes de vie (arrêt du tabac, activité physique modérée, régularité des repas). Elle n’établit pas de diagnostic et ne se substitue ni à un bilan de fertilité ni à un traitement.
Si vous vous faites accompagner, quelques points de prudence s’imposent : parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme, ne retardez pas une consultation lorsque les repères de délai sont atteints, et méfiez-vous de toute promesse de résultat rapide. Sites cités dans l’article d’origine : https://www.sante.gouv.fr/, https://www.medisite.fr/ et https://www.pourquoidocteur.fr/.
Questions fréquentes
Combien de temps attendre avant de consulter pour un projet de grossesse ?
Le NHS conseille de consulter après un an d’essais sans grossesse, et plus tôt à partir de 36 ans pour la femme ou en cas de trouble connu. La Mayo Clinic propose six mois entre 35 et 40 ans. Votre médecin adaptera le délai à votre situation.
L’infertilité concerne-t-elle seulement les femmes ?
Non. Selon la Mayo Clinic, des facteurs masculins interviennent dans jusqu’à la moitié des cas d’infertilité. Le NHS rappelle que les difficultés de fertilité peuvent concerner l’un ou l’autre des partenaires.
Le stress peut-il empêcher de tomber enceinte ?
Le NHS indique que le stress peut affecter la libido et la relation, et, dans les cas sévères, l’ovulation et la production de spermatozoïdes. Il n’est pas présenté comme une cause unique et démontrée d’infertilité.
Le sport intensif peut-il gêner la conception ?
La Mayo Clinic indique qu’un exercice intense de plus de cinq heures par semaine a été associé à une baisse de l’ovulation. Elle recommande un exercice modéré, notamment en cas de perte de poids. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin.
Le gattilier ou la maca améliorent-ils la fertilité ?
Ces plantes ne sont mentionnées dans aucune des sources consultées, et aucune plante n’y est présentée comme ayant un effet démontré sur la fertilité. Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant d’en consommer, en particulier si une grossesse est possible.
La chaleur peut-elle affecter la fertilité masculine ?
Selon la Mayo Clinic, des températures élevées peuvent nuire à la production de spermatozoïdes, et les saunas ou bains chauds peuvent réduire temporairement leur nombre. Pour la position assise prolongée ou les vêtements serrés, l’effet reste à confirmer.
Pour aller plus loin
- Fertilité masculine : facteurs, mode de vie et quand consulter
- Naturopathie et fertilité : ce que disent les sources médicales
- Zinc et fertilité : ce que disent les sources, sans promesse
- Hypnose pour arrêter de fumer : preuves, limites et alternatives
Sources
- Cochrane : Conseils de mode de vie avant la conception pour les personnes présentant une infertilité (Boedt et al., 2021) — niveau de preuve des conseils de mode de vie sur les naissances vivantes
- NHS : Infertility — repères de consultation, causes, poids, tabac, alcool, stress, expositions
- Mayo Clinic : Female infertility — définition, seuils de consultation selon l’âge, facteurs de risque féminins
- Mayo Clinic : Male infertility — facteurs masculins, chaleur, substances, délai de consultation
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

