Mis à jour le 9 octobre 2026
- À ce jour, les sources consultées ne montrent pas que la naturopathie améliore la confiance en soi des jeunes ; la page du NCCIH sur la naturopathie ne traite d’ailleurs pas des enfants.
- Pour le bien-être psychique des adolescents, l’OMS met en avant le sommeil, l’activité physique, l’apprentissage de compétences pour gérer ses émotions et un entourage soutenant.
- Les adolescents ont besoin de plus de sommeil que les adultes : les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) indiquent environ huit à dix heures par jour pour les 13-17 ans.
- Un manque de confiance qui s’accompagne de tristesse persistante, de retrait social ou de refus d’aller à l’école justifie d’en parler à un médecin.
- Une approche de bien-être peut accompagner un suivi, jamais le remplacer.
À ce jour, les sources médicales consultées ne démontrent pas que la naturopathie renforce la confiance en soi des jeunes. Ce qui est documenté, c’est l’intérêt de bases simples pour le bien-être psychique des adolescents : un sommeil suffisant, de l’activité physique, des compétences pour gérer les émotions et un entourage qui soutient.
L’article d’origine affirmait que la naturopathie améliorait l’estime de soi par l’alimentation, le sommeil et la gestion du stress. Cette version distingue ce qui est établi de ce qui ne l’est pas, et rappelle les signes qui justifient de consulter.
Que sait-on de la naturopathie et de la confiance en soi des jeunes ?
Le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH, États-Unis) décrit la naturopathie comme une approche qui vise à prévenir et à traiter les maladies en agissant sur leurs causes, avec des méthodes dites holistiques : exercice, alimentation, gestion du stress, mais aussi plantes, compléments, homéopathie ou thérapies manuelles. Sa page ne présente pas de résultats cliniques sur l’efficacité de la naturopathie, ne traite pas des enfants et rappelle que les réglementations, licences ou certificats ne garantissent pas un traitement sûr et efficace. Elle recommande d’en parler à ses professionnels de santé.
Autrement dit, aucune des sources consultées ne relie la naturopathie à une amélioration de la confiance en soi chez les adolescents. Cela ne signifie pas que les conseils d’hygiène de vie sont inutiles : plusieurs sont soutenus par l’OMS et les CDC, comme on le verra plus bas. Mais le bénéfice sur la confiance en soi, lui, n’est pas démontré, et une démarche de bien-être ne remplace ni l’écoute d’un proche ni, si besoin, l’avis d’un professionnel de santé.
Qu’est-ce qui soutient réellement le bien-être psychique des adolescents ?
Dans sa fiche sur la santé mentale des adolescents, l’OMS cite plusieurs leviers de promotion et de prévention :
- installer des habitudes de sommeil saines ;
- pratiquer une activité physique régulière ;
- développer des compétences psychosociales : faire face aux difficultés, résoudre des problèmes, nouer des relations, apprendre à gérer ses émotions ;
- renforcer le soutien de la famille, de l’école et de la communauté ;
- privilégier les approches non médicamenteuses et éviter la sur-médicalisation.
La même fiche liste aussi des facteurs de risque qui pèsent sur l’image de soi et le moral : la violence, le harcèlement, la stigmatisation ou la discrimination, les difficultés familiales ou économiques, la pression des pairs, et des normes véhiculées par les médias ou liées au genre qui creusent l’écart entre la réalité et les attentes. Plus un adolescent cumule de facteurs de risque, plus l’impact potentiel sur sa santé mentale est important. Un manque de confiance en soi peut donc avoir des causes extérieures (harcèlement, discrimination) qui relèvent d’une réponse de l’entourage et de l’école, pas d’un simple ajustement d’hygiène de vie.
Quel rôle pour le sommeil ?
Selon les CDC, les adolescents de 13 à 17 ans ont besoin d’environ huit à dix heures de sommeil par jour. Un sommeil suffisant est associé à moins de stress et à une meilleure humeur, ainsi qu’à une meilleure attention et mémoire. Les CDC proposent des repères simples :
- se coucher et se lever à heures régulières ;
- garder une chambre calme, détendante et fraîche ;
- éteindre les écrans avant le coucher ;
- éviter les repas copieux et l’alcool le soir, ainsi que la caféine en fin de journée ;
- faire de l’exercice régulièrement et manger de façon équilibrée.
Les CDC décrivent un mauvais sommeil par des difficultés d’endormissement, des réveils fréquents ou une fatigue malgré une durée suffisante. Si ces troubles persistent, ils justifient d’en parler à un médecin, sans présumer d’une cause.
Que dit-on de l’activité physique ?
L’OMS rapporte qu’environ 80 % des adolescents n’atteignent pas les niveaux d’activité recommandés, et que les filles sont moins actives que les garçons (85 % contre 78 % n’atteignent pas ces niveaux). Chez les enfants et les adolescents, une activité physique régulière est associée à de meilleurs résultats sur la santé mentale et les fonctions cognitives, tandis qu’un temps sédentaire élevé est associé à davantage de difficultés comportementales et à un sommeil plus court. L’OMS rappelle que toute activité vaut mieux que rien et que toute activité compte : l’objectif n’est pas la performance, mais le mouvement. Pour un jeune peu sûr de lui, une activité choisie, pratiquée avec d’autres et sans comparaison, peut aussi être l’occasion de vivre des réussites concrètes, même si les sources ne mesurent pas cet effet sur la confiance en soi.
Comment l’entourage peut-il aider ?
Les leviers cités par l’OMS tiennent beaucoup à l’environnement : famille, école, communauté. Concrètement, un parent ou un accompagnant peut :
- ouvrir la discussion sans minimiser ni dramatiser, et rester disponible ;
- repérer ce qui nourrit le manque de confiance (moqueries, harcèlement, pression, discrimination) et, si besoin, alerter l’établissement scolaire ;
- soutenir les habitudes de sommeil et de mouvement plutôt que d’imposer des règles rigides ;
- encourager les activités où le jeune apprend à faire face aux difficultés et à gérer ses émotions, ce que l’OMS rattache aux compétences psychosociales ;
- proposer un avis médical si les difficultés durent ou s’aggravent.
L’OMS souligne enfin que la stigmatisation peut décourager la demande d’aide : montrer qu’on peut parler de ce qu’on ressent fait partie du soutien.
Quand s’inquiéter et qui consulter ?
L’OMS estime qu’environ un adolescent de 10 à 19 ans sur sept (14,3 %) présente un trouble de santé mentale, et que la plupart de ces troubles ne sont ni reconnus ni traités. L’anxiété et la dépression peuvent affecter la fréquentation scolaire et les résultats, et le retrait social peut aggraver l’isolement. Il est donc utile de consulter un médecin si, en plus du manque de confiance, vous constatez de façon durable :
- une humeur triste, irritable ou un sentiment de vide ;
- une perte d’intérêt ou de plaisir pour les activités habituelles ;
- des troubles du sommeil ou de l’appétit, une fatigue ;
- un retrait social ou un refus d’aller à l’école ;
- des propos de désespoir ou des pensées de mort.
Ces signes correspondent aux symptômes de dépression décrits par l’OMS, qui précise que les psychothérapies sont le traitement de première intention, que les antidépresseurs ne doivent pas être utilisés chez l’enfant et sont à manier avec prudence chez l’adolescent. La décision revient toujours à un médecin. Le suicide est la troisième cause de décès chez les 15-29 ans (OMS) : si un jeune évoque l’envie de mourir, ne restez pas seul avec cette information. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit, accessible jour et nuit, et s’adresse aussi à l’entourage. En cas de danger immédiat, appelez les services d’urgence.
Sites cités dans l’article d’origine : https://www.sante.gouv.fr/naturopathie-et-sante, https://www.pubmed.gov/naturopathy-youth-confidence et https://www.inserm.fr/publications/naturopathie-et-bien-etre.
Questions fréquentes
De combien d’heures de sommeil un adolescent a-t-il besoin ?
Les CDC indiquent qu’un adolescent de 13 à 17 ans a besoin d’environ huit à dix heures de sommeil par jour. Des horaires réguliers, une chambre calme et fraîche et des écrans éteints avant le coucher font partie des repères proposés.
Le sport améliore-t-il la confiance en soi ?
Les sources associent l’activité physique régulière à de meilleurs résultats sur la santé mentale chez les enfants et les adolescents (OMS), mais elles ne mesurent pas spécifiquement la confiance en soi. Toute activité compte, et le plaisir de pratiquer prime sur la performance.
Les écrans et les réseaux sociaux jouent-ils un rôle ?
L’OMS cite parmi les facteurs de risque des normes véhiculées par les médias qui creusent l’écart entre la réalité et les attentes. Les CDC conseillent d’éteindre les écrans avant le coucher. Les sources consultées ne chiffrent pas l’effet des réseaux sociaux sur la confiance en soi.
Comment savoir si le manque de confiance cache un problème plus sérieux ?
Une tristesse persistante, une perte d’intérêt, des troubles du sommeil ou de l’appétit, un retrait social, un refus d’aller à l’école ou des propos de désespoir justifient d’en parler à un médecin (symptômes décrits par l’OMS). Des pensées de mort exigent une aide immédiate, par exemple le 3114.
Peut-on donner des plantes ou des compléments à un adolescent pour l’aider ?
Aucune source consultée ne montre qu’une plante ou un complément renforce la confiance en soi. Avant d’en donner à un mineur, demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, en particulier si le jeune suit un traitement.
Un naturopathe peut-il remplacer un psychologue ou un médecin ?
Non. Le NCCIH rappelle que les licences ou certificats ne garantissent pas un traitement sûr et efficace, et recommande d’en parler à ses professionnels de santé. Pour une souffrance psychique durable, l’OMS indique que les psychothérapies sont le traitement de première intention.
Pour aller plus loin
- Naturopathie à Nantes : démarche, limites et précautions
- Naturopathie et science : ce qui est prouvé, ce qui ne l’est pas
- Naturopathie pour qui ? Femmes, seniors, sportifs, enfants
- Alimentation naturopathique pendant la grossesse : ce qui est validé
Sources
- OMS : Santé mentale des adolescents — fréquence des troubles, facteurs de risque, promotion de la santé mentale (sommeil, activité physique, compétences psychosociales)
- OMS : Dépression (trouble dépressif) — symptômes, psychothérapies en première intention, précautions sur les antidépresseurs chez l’enfant et l’adolescent
- Centers for Disease Control and Prevention : À propos du sommeil — besoin de sommeil des 13-17 ans, repères d’hygiène du sommeil, lien avec le stress et l’humeur
- OMS : Activité physique — niveaux d’activité des adolescents, lien avec la santé mentale
- NCCIH (National Institutes of Health) : Naturopathy — définition de la naturopathie, régulation, discussion avec les professionnels de santé ; la page ne traite pas des enfants
- 3114 : Numéro national de prévention du suicide — numéro gratuit, accessible jour et nuit, ouvert aussi à l’entourage
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

