Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les baisses passagères de concentration et de mémoire sont souvent liées au sommeil, au stress, à l’anxiété ou à certains médicaments ; il convient d’abord de s’intéresser à ces causes.
- Selon l’Inserm, le sommeil intervient dans la concentration, l’apprentissage et la mémorisation, et le manque de sommeil les altère.
- La Mayo Clinic cite l’activité physique, l’activité mentale, les liens sociaux, l’organisation, le sommeil et une alimentation variée comme repères pour entretenir la mémoire.
- Pour le ginkgo, la Mayo Clinic indique que la plupart des études montrent peu ou pas d’effet sur la mémoire, et qu’il comporte des risques d’interactions et de saignement.
- Un complément alimentaire n’est pas sans risque ; en cas de gêne persistante ou qui s’aggrave, consultez votre médecin.
Pour soutenir votre concentration et votre mémoire, les sources consultées mettent en avant des leviers de vie courante : un sommeil suffisant, la gestion du stress, l’activité physique, la stimulation intellectuelle, le lien social et une alimentation variée. Pour les plantes et les compléments, le niveau de preuve est faible ou absent, et des précautions s’imposent.
Sur le sujet « concentration et mémoire », cet article fait le point sur ce que disent l’Inserm, la Mayo Clinic, le NHS et l’Anses. Il ne promet aucun résultat, ne propose aucune posologie et rappelle quand une gêne de concentration ou de mémoire justifie un avis médical.
Pourquoi la concentration et la mémoire baissent-elles parfois ?
Une baisse passagère d’attention a le plus souvent des causes ordinaires. Le NHS cite les difficultés de concentration parmi les signes d’anxiété, au même titre que la fatigue, l’irritabilité, un sommeil perturbé, des inquiétudes persistantes ou des maux de tête. La Mayo Clinic rappelle de son côté que la dépression et le stress peuvent contribuer à des troubles de la mémoire, et que certains médicaments peuvent aussi l’affecter.
Plusieurs pathologies chroniques sont également citées parmi les facteurs à prendre en charge pour préserver la mémoire : hypertension, diabète, dépression, perte d’audition, surpoids. L’enjeu est donc d’identifier ce qui pèse sur votre attention avant de chercher un produit, et de discuter avec votre médecin d’une revue de vos médicaments lorsque vous soupçonnez un effet sur la mémoire.
Le sommeil est l’un des facteurs les mieux documentés : c’est l’objet de la section suivante.
Quel est le rôle du sommeil ?
Selon l’Inserm, le sommeil joue un rôle dans les phénomènes de concentration, d’apprentissage, de mémorisation et d’orientation. L’institut cite des travaux d’imagerie montrant, après un nouvel apprentissage, une augmentation des épines dendritiques, ces connexions entre neurones, au cours de la nuit suivante. Le sommeil paradoxal semble par ailleurs important pour la mémoire émotionnelle.
À l’inverse, les études confirment que le manque de sommeil altère la concentration, l’apprentissage et la mémorisation. Chez l’adulte, l’Inserm note que la durée moyenne de sommeil en semaine est inférieure à la durée minimale habituellement recommandée. L’institut précise aussi que des troubles du sommeil sont associés à une altération des capacités cognitives, sans que l’on sache encore si les troubles causent le déclin cognitif ou l’inverse.
Pour favoriser l’endormissement, le NHS recommande notamment :
- des horaires de coucher et de lever réguliers, y compris les jours de repos ;
- d’éviter les écrans avant de dormir et de privilégier la lecture, la respiration ou une musique calme ;
- d’écrire ses tâches du lendemain pour libérer son esprit si les soucis vous gardent éveillé ;
- d’éviter les repas copieux tardifs, la caféine, l’alcool et la nicotine en soirée ;
- de garder une chambre calme, sombre et fraîche.
La Mayo Clinic signale que des ronflements peuvent révéler un trouble du sommeil comme l’apnée du sommeil : dans ce cas, parlez-en à votre équipe soignante.
Que peut-on faire au quotidien pour entretenir sa mémoire ?
La Mayo Clinic propose sept repères, qui ne constituent pas un traitement mais une hygiène de vie :
- rester physiquement actif au quotidien, l’activité augmentant le flux sanguin vers le cerveau ;
- rester mentalement actif, par exemple avec la lecture, les jeux, un nouvel apprentissage ou une activité bénévole ;
- passer du temps avec d’autres personnes, le contact social contribuant à réduire la dépression et le stress ;
- s’organiser : agenda, listes de tâches à jour, objets essentiels toujours rangés au même endroit, limitation des distractions ;
- bien dormir ;
- adopter une alimentation favorable au cerveau ;
- suivre les conseils de son équipe soignante pour les maladies chroniques.
Sur le plan de l’organisation, répéter une information au moment où on la reçoit figure aussi parmi les conseils de la Mayo Clinic. Ces gestes simples ne promettent pas de résultat, mais ils agissent sur plusieurs des causes ordinaires d’une baisse de concentration.
Pour le stress, le NHS cite les exercices de respiration et de relaxation parmi les moyens qui peuvent aider à calmer l’anxiété. Si le stress ou l’anxiété affectent votre quotidien, le NHS recommande d’en parler à un médecin.
L’alimentation peut-elle agir sur la mémoire et la concentration ?
La Mayo Clinic recommande une alimentation riche en fruits, légumes, céréales complètes et protéines maigres, avec une consommation d’alcool modérée. C’est le repère le mieux documenté parmi les sources consultées.
L’article d’origine attribuait des effets à des nutriments précis (oméga-3, magnésium, vitamines B6, B12, E) et donnait un tableau de teneurs par aliment. Aucune des sources ouvertes pour cet article ne démontre qu’un apport supplémentaire de l’un de ces nutriments améliore la concentration ou la mémoire chez une personne qui n’en manque pas. Les chiffres du tableau n’ont pas pu être vérifiés dans une source ouverte et ont donc été retirés.
En cas de suspicion de carence ou de régime restrictif, par exemple végétalien, parlez-en à votre médecin : un bilan est préférable à une supplémentation décidée seul.
Le ginkgo et les autres plantes améliorent-ils la mémoire ?
La Mayo Clinic indique que la plupart des études concluent que le ginkgo n’aide que peu ou pas la mémoire. Certaines suggèrent un léger bénéfice chez des adultes en bonne santé, mais la majorité ne montre pas d’amélioration de la mémoire, de l’attention ou des fonctions cérébrales. Il peut atténuer certains symptômes de démence, mais ne prévient ni ne ralentit la maladie : la recherche ne soutient pas cet usage.
Le ginkgo n’est pas anodin. D’après la Mayo Clinic :
- les effets indésirables possibles comprennent maux de tête, vertiges, troubles digestifs, palpitations, saignements et allergies cutanées ;
- il peut augmenter le risque de saignement en association avec des anticoagulants ou des antiplaquettaires, y compris l’ibuprofène ;
- il est déconseillé pendant la grossesse et en cas de maladie hémorragique, et il doit être signalé avant une intervention chirurgicale ;
- il peut interagir avec certains antidépresseurs, certaines statines, des anticonvulsivants et l’alprazolam, et peut influencer la réponse aux traitements du diabète ;
- les graines crues ou grillées peuvent être toxiques, et de fortes quantités peuvent augmenter le risque de crise chez les personnes épileptiques.
Pour la rhodiola, le bacopa, l’ashwagandha et le romarin, également cités dans l’article d’origine, aucune source ouverte pour cet article ne permet d’attester un bénéfice sur la mémoire ou la concentration ; ils ne sont donc pas présentés ici comme des solutions.
Quelles précautions prendre avec les compléments alimentaires ?
L’Anses rappelle que les compléments alimentaires, souvent perçus comme naturels et sans danger, peuvent provoquer des effets indésirables graves, y compris lorsque leurs ingrédients sont naturels. Ils peuvent aussi majorer les effets indésirables d’un traitement en cours ou en réduire l’efficacité.
Les compléments sont classés comme des aliments : ils ne sont pas évalués avant leur mise sur le marché, les fabricants devant seulement les déclarer à la DGAL. L’Anses coordonne un dispositif de nutrivigilance qui permet de signaler les effets indésirables, et a observé des produits contenant des substances actives non autorisées.
Avant tout complément, demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien, surtout si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, si vous prenez des médicaments, ou si vous êtes suivi pour une maladie chronique. Ne remplacez et n’arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative.
Quand faut-il consulter pour des problèmes de mémoire ou de concentration ?
La Mayo Clinic conseille de consulter si vous êtes inquiet de votre mémoire, si elle gêne les activités de la vie quotidienne, si la gêne s’aggrave, ou si un proche s’en inquiète. L’évaluation comprend généralement un examen clinique et des tests de mémoire et de résolution de problèmes, la prise en charge dépendant de la cause.
De même, le NHS recommande de contacter un médecin lorsque l’anxiété affecte la vie quotidienne. Parlez aussi à votre médecin d’un sommeil perturbé durablement ou de ronflements importants, qui peuvent révéler un trouble à explorer.
Ces conseils concernent des troubles qui s’installent ou qui gênent : ils ne remplacent pas l’avis d’un médecin, seul à même d’en identifier la cause.
Questions fréquentes
Comment améliorer sa concentration sans médicament ?
Les sources consultées mettent en avant le sommeil, la gestion du stress, l’activité physique, l’organisation du quotidien et la limitation des distractions. Ces repères soutiennent l’attention sans promettre de résultat. Si la gêne persiste ou s’aggrave, un avis médical permet d’en chercher la cause.
Le manque de sommeil altère-t-il vraiment la mémoire ?
Oui, selon l’Inserm, les études confirment un effet du manque de sommeil sur la concentration, l’apprentissage et la mémorisation. L’institut précise en revanche que, pour les troubles du sommeil associés à un déclin cognitif, on ne sait pas encore lequel est la cause de l’autre.
Le ginkgo biloba aide-t-il à mémoriser ?
D’après la Mayo Clinic, la plupart des études montrent peu ou pas d’effet du ginkgo sur la mémoire, l’attention ou les fonctions cérébrales. Il peut en outre augmenter le risque de saignement avec certains médicaments : demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin avant d’en prendre.
Faut-il prendre des vitamines pour la mémoire ?
Aucune source ouverte pour cet article ne démontre qu’une vitamine supplémentaire améliore la mémoire chez une personne qui n’est pas carencée. En cas de doute sur une carence, un régime restrictif ou une fatigue persistante, parlez-en à votre médecin plutôt que de vous supplémenter seul.
Le stress peut-il expliquer des trous de mémoire ?
La Mayo Clinic indique que le stress et la dépression peuvent contribuer aux troubles de la mémoire, et le NHS cite les difficultés de concentration parmi les signes d’anxiété. Si cela affecte votre quotidien, parlez-en à votre médecin, qui pourra évaluer la situation.
Quand s’inquiéter d’un trouble de la mémoire ?
La Mayo Clinic recommande de consulter si vous êtes inquiet, si la mémoire gêne vos activités quotidiennes, si le trouble s’aggrave ou si un proche s’en inquiète. Le médecin réalise un examen et des tests pour en rechercher la cause.
Pour aller plus loin
- Améliorer sa concentration : sommeil, activité, repères et limites
- Sommeil et santé : pourquoi bien dormir est important
- Fatigue scolaire : causes possibles et habitudes qui aident
- Prévenir la perte de mémoire : ce que disent les sources
Sources
- Inserm : Sommeil, dossier d’information — le rôle du sommeil dans la concentration, l’apprentissage et la mémorisation, et les effets du manque de sommeil
- Mayo Clinic : Memory loss, 7 tips to improve your memory — les repères d’hygiène de vie et les situations qui justifient de consulter
- Mayo Clinic : Ginkgo — le niveau de preuve du ginkgo sur la mémoire, ses effets indésirables et ses interactions
- NHS : Anxiety, Every Mind Matters — les difficultés de concentration parmi les signes d’anxiété, la respiration et la relaxation, le moment de consulter
- NHS : How to fall asleep faster and sleep better — les conseils pour favoriser l’endormissement
- Anses : Aiguiser son esprit critique concernant la consommation de compléments alimentaires — les risques, interactions et le cadre de nutrivigilance des compléments
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

