Mis à jour le 9 octobre 2026
- Les repères officiels reposent sur des repas réguliers pris à table, une place quotidienne pour les fruits et légumes, les produits laitiers et les féculents, et des produits sucrés ou gras limités.
- Chez l’enfant de 4 à 11 ans, Santé publique France recommande de faire confiance à l’appétit de l’enfant et de ne jamais le forcer à manger ; Santé.fr déconseille aussi de punir ou de récompenser par la nourriture.
- L’eau est la boisson de référence ; un jus de fruit ne compte pas comme une portion de fruits et doit rester limité.
- L’OMS recommande de limiter les sucres libres, le sel, les graisses trans industrielles et les aliments très transformés tout au long de l’enfance.
- La croissance doit être suivie par un professionnel de santé ; un enfant en surpoids ne doit pas être mis au régime sans avis médical.
L’alimentation saine des enfants repose moins sur des aliments « miracles » que sur un cadre régulier : des repas pris assis, des fruits et légumes à chaque repas, des produits laitiers, des féculents, des portions adaptées à l’âge et des produits sucrés ou gras réservés à l’occasionnel.
Cet article rassemble les repères publiés par Santé publique France, Santé.fr et l’Organisation mondiale de la santé. Il explique ce qu’est un repas équilibré, comment organiser boissons et goûters, comment réagir quand un enfant refuse un aliment et à quel moment demander l’avis d’un professionnel de santé.
Que recommandent les autorités de santé pour l’alimentation des enfants ?
En France, les recommandations pour les enfants de 4 à 11 ans sont portées par Santé publique France dans le cadre du Programme national nutrition santé. Elles s’appuient sur un constat : d’après l’enquête Esteban (2014-2016), seul un enfant de 6 à 10 ans sur quatre environ consommait assez de fruits et de légumes en 2015, plus de trois enfants sur quatre mangeaient trop de sucres simples et près de la moitié étaient trop sédentaires.
Pour les enfants de moins de 3 ans, Santé publique France a élaboré des repères spécifiques sur la diversification alimentaire, fondés sur des avis de l’Anses et du Haut Conseil de la santé publique. Ils figurent dans le carnet de santé et dans le guide « Pas à pas, votre enfant mange comme un grand » : pour un nourrisson, ces documents et votre médecin ou votre pédiatre restent la référence.
À quoi ressemble un repas équilibré pour un enfant ?
Santé.fr propose pour les enfants de plus de 3 ans un schéma simple, à adapter à l’appétit de chacun :
- Des fruits et des légumes à chaque repas, frais, surgelés ou en conserve, crus ou cuits. Le repère national est de cinq portions par jour, en variant les produits et en suivant les saisons. Santé publique France invite à installer cette habitude dès l’enfance pour s’approcher de ce repère à l’âge adulte.
- Des féculents à chaque repas, avec une préférence pour le pain et les céréales complets ; les céréales de petit-déjeuner sucrées sont déconseillées.
- Des produits laitiers : Santé publique France indique trois par jour entre 4 et 11 ans, contre deux chez l’adulte, pour les apports en calcium. Chez les enfants de moins de 5 ans, le lait cru et les fromages au lait cru sont à éviter, à l’exception de l’emmental et du comté.
- De la viande, du poisson ou des œufs en petite quantité ; un œuf peut remplacer la viande ou le poisson. Santé.fr conseille du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras pour ses oméga-3.
Les portions évoluent avec l’âge : de 4 à 6 ans, elles représentent environ la moitié d’une portion d’adulte (par exemple un œuf au lieu de deux) ; elles augmentent à partir de 7 ans pour atteindre la taille adulte vers 11 ans, selon Santé publique France.
Que boire et que proposer au goûter ?
Pour Santé.fr, l’eau est la boisson de référence. Les sodas sont réservés aux occasions particulières, les jus de fruits sont à limiter et l’ajout de sirop dans l’eau est déconseillé. Santé publique France précise qu’un jus de fruit ne compte pas comme une portion de fruits ; s’il est proposé, mieux vaut un jus pressé, en petite quantité (au plus un demi-verre par jour avant 11 ans, un verre ensuite).
Côté goûter, Santé publique France suggère du pain avec un peu de chocolat, de beurre ou de confiture, un fruit frais ou en compote, ou un produit laitier. Il recommande de limiter les viennoiseries et les produits gras ou sucrés, et d’éviter les biscuits dont le Nutri-Score est E. Santé.fr décrit quatre repas par jour à cet âge, pris assis et sans télévision.
Que faire quand un enfant refuse certains aliments ?
Les deux sources françaises convergent : il ne faut ni forcer, ni punir, ni récompenser. Santé publique France invite à faire confiance à l’appétit de l’enfant et à ne jamais le contraindre à manger ; Santé.fr explique que l’organisme de l’enfant signale ce dont il a besoin et qu’il n’existe pas de quantité imposée, certains enfants étant de « petits » mangeurs et d’autres de « gros » mangeurs, sans que l’un soit préférable à l’autre.
Pour rendre les repas plus sereins, les mêmes sources proposent des pistes pratiques :
- manger ensemble, à table, sans écran ;
- cuisiner avec l’enfant, ce qui l’aide à développer ses goûts ;
- servir les plats les uns après les autres plutôt que de laisser sur la table beurre, fromage, ketchup ou mayonnaise ;
- garder une activité physique quotidienne : Santé.fr indique environ 30 minutes de marche par jour et un temps d’écran inférieur au temps d’activité.
Les sources consultées ne chiffrent pas le nombre de présentations nécessaires pour qu’un enfant accepte un nouvel aliment : cette donnée, souvent avancée, n’est donc pas reprise ici.
Quelle place pour le sucre, le sel et les produits très transformés ?
L’OMS recommande de limiter les sucres libres tout au long de l’enfance, à moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien, avec un possible bénéfice supplémentaire à descendre sous 5 %, et d’éviter les boissons et aliments très sucrés. Elle conseille aussi d’éviter les aliments riches en sel, qui sont souvent des produits transformés, car l’apport maximal en sodium des enfants est inférieur à celui des adultes.
Sur les graisses, l’OMS note que les enfants ont des besoins énergétiques particuliers liés à la croissance et qu’un apport total en graisses un peu plus élevé peut être acceptable ; elle recommande de privilégier les graisses insaturées (poissons, avocat, noix, huiles végétales) et d’éviter les graisses trans industrielles, présentes dans de nombreux produits de boulangerie-pâtisserie, fritures et snacks préemballés. Elle invite enfin à limiter les aliments très transformés, souvent riches en sodium, en sucres ou en mauvaises graisses.
Pour les jeunes enfants, l’OMS précise qu’il ne faut pas ajouter de sel ni de sucre aux aliments de diversification introduits à partir de 6 mois.
Comment suivre la croissance et quand demander un avis ?
Santé.fr recommande de peser et de mesurer l’enfant au moins tous les six mois et de reporter l’indice de masse corporelle sur la courbe de croissance du carnet de santé. Cette courbe permet à votre médecin de repérer un écart à la trajectoire habituelle de l’enfant.
En cas de surpoids, Santé.fr conseille de limiter le grignotage entre les repas, d’éviter les resservis, de servir des portions plus petites, de terminer le repas par un fruit et de consulter un médecin pour être accompagné. Un enfant ne doit pas être mis au régime. Un avis médical est aussi utile pour toute inquiétude durable concernant l’appétit, le poids ou la croissance de votre enfant.
Questions fréquentes
Combien de produits laitiers un enfant doit-il consommer par jour ?
Santé publique France indique trois produits laitiers par jour pour les enfants de 4 à 11 ans, contre deux pour un adulte, afin de couvrir les besoins en calcium. Santé.fr donne un repère équivalent d’environ un demi-litre de lait ou de produits laitiers par jour à partir de 3 ans.
Un jus de fruit compte-t-il comme une portion de fruits ?
Non. Santé publique France précise que le jus de fruit ne compte pas comme une portion de fruits. S’il est proposé, il doit rester limité (au plus un demi-verre par jour avant 11 ans) et un jus pressé est préférable. L’eau reste la boisson de référence.
Faut-il obliger un enfant à finir son assiette ?
Non. Santé publique France recommande de ne jamais forcer un enfant à manger, et Santé.fr déconseille de punir ou de récompenser par la nourriture. L’enfant régule ses quantités selon sa faim : l’objectif est de lui proposer des repas variés dans un climat apaisé.
Quel goûter proposer à un enfant ?
Santé publique France cite du pain avec un peu de chocolat, de beurre ou de confiture, un fruit frais ou une compote, ou un produit laitier. Les viennoiseries et les produits très gras ou très sucrés sont à limiter, et les biscuits classés E au Nutri-Score à éviter.
À quelle fréquence faut-il peser et mesurer son enfant ?
Santé.fr recommande de le faire au moins tous les six mois et de reporter l’indice de masse corporelle sur la courbe de croissance du carnet de santé. En cas de doute sur le poids ou la croissance, parlez-en à votre médecin plutôt que de modifier l’alimentation de façon restrictive.
Combien de fois par semaine un enfant peut-il manger du poisson ?
Santé.fr conseille du poisson deux fois par semaine pour les enfants de plus de 3 ans, dont un poisson gras en raison de sa richesse en oméga-3. Les œufs peuvent remplacer la viande ou le poisson chez les enfants qui n’aiment pas ces aliments.
Pour aller plus loin
- Les bases de la nutrition pour les enfants : repères officiels
- Alimentation équilibrée des ados : repères et habitudes simples
- Alimentation équilibrée : les bases et les repères au quotidien
- Alimentation et santé : comprendre les repères pour mieux manger
Sources
- Santé publique France : Nutrition des enfants de 4 à 11 ans, campagne d’information destinée aux parents — repères sur fruits et légumes, laitages, goûters, portions, appétit de l’enfant, état des consommations
- Santé.fr : Les repas dès 3 ans, trouver la bonne quantité — organisation des repas, boissons, poisson, surveillance de la croissance, conduite en cas de surpoids
- OMS : Healthy diet (régime alimentaire sain) — sucres libres, sel, graisses, aliments très transformés, alimentation du jeune enfant
- Manger Bouger : Les recommandations sur la diversification alimentaire des enfants jusqu’à 3 ans — cadre des repères pour les moins de 3 ans (Santé publique France, Anses, HCSP)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

