Mis à jour le 9 octobre 2026
- Naturel ne veut pas dire anodin : certaines plantes stimulent l’utérus, interagissent avec des médicaments ou sont déconseillées après un cancer hormono-dépendant.
- À la ménopause, Santé.fr juge « assez limitée » l’efficacité clinique des compléments à base d’isoflavones (soja, trèfle rouge, houblon, cimicifuga, lin) ; l’hygiène de vie passe en premier.
- Pour les règles douloureuses, Santé.fr décrit surtout des antalgiques, des anti-inflammatoires et des mesures simples ; aucune plante n’y est présentée comme efficace.
- Pendant la grossesse et l’allaitement, le Vidal demande un avis médical ou celui d’une sage-femme avant toute plante, et déconseille de nombreuses plantes, dont la sauge.
- Quel que soit le projet, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout en cas de traitement en cours, de cancer du sein ou de grossesse.
Plantes et santé des femmes : les sources officielles consultées montrent un niveau de preuve limité pour la plupart des usages courants (ménopause, règles douloureuses) et rappellent que les plantes ne sont pas sans risque, en particulier pendant la grossesse, l’allaitement ou en présence de certains médicaments ou antécédents de cancer.
Cet article reprend, étape par étape, ce que disent Santé.fr, le Vidal, l’ANSM et les National Institutes of Health sur la ménopause, les règles douloureuses, la grossesse et l’ashwagandha. Il ne propose aucun dosage ni aucune cure, et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
Les plantes peuvent-elles aider à traverser la ménopause ?
Santé.fr indique que l’hygiène de vie passe en premier (arrêt du tabac, alcool limité, alimentation équilibrée, activité physique), que la plupart des produits « naturels » n’ont pas d’efficacité prouvée et que tout usage doit être encadré médicalement.
Concernant les compléments à base d’isoflavones (soja, houblon, trèfle rouge, cimicifuga ou actée à grappes noires, lin), Santé.fr juge leur efficacité clinique « assez limitée » et indique qu’en 2012 les autorités européennes ont interdit de leur attribuer un effet sur les symptômes de la ménopause. Leurs effets à long terme, y compris sur le risque de cancer du sein, sont mal évalués ; ils sont à éviter après un cancer du sein ou gynécologique, et il vaut mieux ne pas cumuler plusieurs sources de phytoestrogènes.
Le Vidal présente un tableau un peu plus nuancé : l’actée à grappes noires y est « considérée comme cliniquement prouvée » contre les symptômes gênants de la ménopause, mais les études récentes suggèrent des effets d’ordre psychologique plutôt qu’hormonal et des études complémentaires sont nécessaires. Pour le soja, aucune étude n’a porté sur l’usage à long terme. La sauge officinale est utilisée contre la transpiration excessive, mais son usage repose surtout sur la tradition, avec quelques petites études. Santé.fr cite par ailleurs deux essais contrôlés suggérant un bénéfice possible de l’association actée à grappes noires et millepertuis sur les bouffées de chaleur, tout en signalant que le millepertuis interagit avec de nombreux médicaments.
En pratique : ces plantes ne doivent être utilisées que sous contrôle médical, sur une durée limitée, et pas après un antécédent de cancer du sein ou de l’utérus. Santé.fr écarte aussi le DHEA, l’igname sauvage, la vitamine E et l’homéopathie comme options sans intérêt démontré ou potentiellement nuisibles.
Que faire en cas de règles douloureuses ?
Santé.fr rappelle que les règles douloureuses (dysménorrhées) touchent une grande part des jeunes femmes et sont invalidantes pour environ 15 % d’entre elles. Elles sont le plus souvent sans gravité, mais peuvent révéler une maladie comme l’endométriose ou des polypes de l’utérus.
La prise en charge décrite repose sur les antalgiques (comme le paracétamol) ou les antispasmodiques, et sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens, traitement de choix en l’absence de contre-indication, à prendre dès le début des règles. L’aspirine est déconseillée. Si cela ne suffit pas, le médecin peut proposer un progestatif ou une pilule œstroprogestative.
Santé.fr décrit aussi des mesures simples : se reposer et bien dormir, bouger ou pratiquer un sport doux, appliquer une bouillotte sur le ventre ou prendre un bain chaud, éviter l’alcool, le café et le tabac avant et pendant les règles. Aucune des sources ouvertes pour cet article ne présente une plante, une tisane ou une huile essentielle comme ayant un effet démontré sur les règles douloureuses : l’article ne les recommande donc pas.
Quelles plantes en cas de grossesse ou d’allaitement ?
Le Vidal est catégorique sur la méthode : il est impératif de consulter un médecin ou une sage-femme avant tout recours aux plantes. Certaines plantes stimulent les muscles de l’utérus et peuvent provoquer une fausse couche ; seules de rares plantes sont couramment conseillées par les professionnels, et utilisées seules, sans produit manufacturé ni mélange. Les mêmes précautions valent pour l’allaitement, car les substances ingérées par la mère peuvent passer dans le lait.
Parmi les plantes citées par le Vidal : la tisane de gingembre est souvent proposée contre les nausées ; les graines de lin ou de psyllium peuvent soulager la constipation ; les feuilles de framboisier sont réputées utiles en fin de grossesse, mais les études cliniques n’ont montré aucun effet. À éviter : les plantes amères (armoise, tanaisie, rue, gentiane jaune…), les laxatifs irritants (aloès, séné, rhubarbe…) et de nombreuses autres, dont la sauge, le genévrier, la menthe pouliot et l’achillée millefeuille.
Les huiles essentielles ne doivent jamais être prises par voie orale pendant la grossesse selon le Vidal, et celles de genévrier, de menthe pouliot, de muscade et de thuya sont formellement exclues. L’ANSM précise que chez la femme enceinte, un avis médical préalable est nécessaire, surtout par voie orale.
L’ashwagandha, la maca et d’autres plantes de l’énergie ou de la libido sont-elles utiles ?
Pour l’ashwagandha, les NIH décrivent des petits essais, souvent courts, qui évoquent une baisse du stress et de l’anxiété, sans pouvoir conclure sur la sécurité à long terme. Ils signalent des cas d’atteinte du foie, des interactions avec plusieurs médicaments (hormones thyroïdiennes, antidiabétiques, antihypertenseurs, immunosuppresseurs, sédatifs) et des réserves de l’Anses en 2024 pour les femmes enceintes ou allaitantes et les personnes ayant un trouble endocrinien.
Pour la libido et l’énergie, ainsi que pour la maca, aucune des sources ouvertes pour cet article ne fournit de données : l’article ne leur attribue donc aucun effet. Une fatigue persistante ou une baisse brutale du désir justifie un avis médical, car elle peut avoir de nombreuses causes.
Quelles précautions prendre avec toute plante ?
Quelques règles ressortent des sources consultées :
- Interactions : le millepertuis interagit avec de nombreux médicaments (pilule, antidépresseurs, anticoagulants, selon Santé.fr). Signalez toute plante ou tout complément à votre médecin et à votre pharmacien.
- Antécédents hormono-dépendants : les plantes à phytoestrogènes sont déconseillées en cas d’antécédent de cancer du sein ou de l’utérus (Vidal, Santé.fr). Le gattilier est contre-indiqué après un cancer du sein, en cas de prédisposition génétique, de troubles de l’hypophyse ou de traitement hormonal (Santé.fr).
- Durée : l’usage prolongé de phytoestrogènes n’a pas été étudié ; il ne devrait se faire que sous contrôle médical, sur une durée limitée (Vidal).
- Statut des produits : l’ANSM rappelle que les substances actives des plantes et des huiles essentielles peuvent provoquer des effets indésirables graves en cas d’usage inadapté ; demandez conseil à un pharmacien.
Quand consulter ?
Consultez si vos douleurs avant ou pendant les règles sont inhabituelles, deviennent difficiles à supporter ou apparaissent après plusieurs années de règles peu douloureuses (Santé.fr). Si vous suivez un traitement hormonal ou envisagez des compléments à base de phytoestrogènes, un suivi médical est nécessaire, comme le rappelle le Vidal. Une grossesse en cours ou envisagée, ou un traitement chronique, impose de demander l’avis d’un professionnel avant toute plante.
Liens cités dans l’article d’origine : https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/women-s-health, https://www.lemonde.fr/argent/article/2022/05/01/les-plantes-medicinales-quand-l-harmonisation-des-hormones-c-est-naturel_6123400_1656978.html et https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6315719/.
Questions fréquentes
Le millepertuis peut-il être pris avec la pilule ?
Santé.fr signale que le millepertuis interagit avec de nombreux médicaments, parmi lesquels la pilule, les antidépresseurs et les anticoagulants. Ne l’associez à aucun traitement sans l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.
Le soja et le trèfle rouge sont-ils sans risque à la ménopause ?
Pas nécessairement. Santé.fr juge leur efficacité clinique limitée, note que leurs effets à long terme sont mal évalués et les déconseille après un cancer du sein ou gynécologique. Le Vidal recommande d’éviter de cumuler plusieurs sources de phytoestrogènes.
Le gingembre est-il possible pendant la grossesse ?
Le Vidal indique que la tisane de gingembre est souvent proposée contre les nausées de la grossesse, utilisée seule et sans produit manufacturé. Il faut toutefois toujours demander l’avis d’un médecin ou d’une sage-femme avant de recourir à une plante.
Quelles plantes faut-il éviter pendant la grossesse ?
Le Vidal cite les plantes amères (armoise, tanaisie, rue, gentiane jaune), les laxatifs irritants (aloès, séné, rhubarbe) et de nombreuses autres, dont la sauge, le genévrier, la menthe pouliot et l’achillée millefeuille. La liste n’est pas exhaustive : demandez conseil.
Peut-on utiliser des huiles essentielles pendant la grossesse ?
Le Vidal indique qu’elles ne doivent jamais être prises par voie orale pendant la grossesse et que celles de genévrier, de menthe pouliot, de muscade et de thuya sont formellement exclues. L’ANSM demande un avis médical préalable chez la femme enceinte.
L’aspirine peut-elle soulager des règles douloureuses ?
Santé.fr indique que l’aspirine est déconseillée dans cette situation, en raison de son effet sur la fluidité du sang. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, pris dès le début des règles, sont le traitement de choix en l’absence de contre-indication ; demandez conseil à un pharmacien ou à un médecin.
Pour aller plus loin
- Règles douloureuses et ménopause : que valent les plantes ?
- Ménopause et naturopathie : ce que disent les sources médicales
- Naturopathie femme : hygiène de vie à chaque étape et limites
- Ménopause et naturopathie : ce que disent les sources médicales
Sources
- Santé.fr : existe-t-il des traitements naturels contre les troubles de la ménopause ? — hygiène de vie, efficacité limitée des isoflavones, millepertuis, gattilier, précautions
- Vidal : la phytothérapie dans le traitement de la ménopause — actée à grappes noires, soja, sauge, contre-indications, durée sous contrôle médical
- Vidal : peut-on utiliser la phytothérapie en cas de grossesse ? — plantes à éviter, gingembre, huiles essentielles, avis médical
- Santé.fr : règles douloureuses (dysménorrhées) — causes, traitements, mesures simples, quand consulter
- National Institutes of Health (États-Unis), Office of Dietary Supplements : Ashwagandha — niveau de preuve, effets indésirables, interactions, réserves de l’Anses
- ANSM : médicaments à base de plantes et huiles essentielles — effets indésirables possibles, avis médical pendant la grossesse
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

