Mis à jour le 9 octobre 2026
- La créatinine est un déchet issu du métabolisme des muscles, que les reins éliminent dans les urines ; son dosage sert à évaluer la fonction rénale.
- La créatininémie est le dosage dans le sang ; elle permet d’estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG). La créatininurie est le dosage dans les urines.
- Un taux élevé peut signaler un fonctionnement insuffisant des reins, mais le résultat doit être interprété avec le DFG estimé, l’albuminurie et le contexte.
- La maladie rénale chronique est longtemps silencieuse : chez les personnes diabétiques ou hypertendues, un suivi régulier est recommandé.
- Niveau de preuve : sources médicales ouvertes (Assurance maladie, Mayo Clinic, NHS) ; aucun aliment ni complément n’est présenté comme capable de protéger ou de réparer les reins.
La créatinine est une substance produite par les muscles, que des reins en bonne santé éliminent du sang. Son taux dans le sang, la créatininémie, est l’un des examens les plus courants pour estimer le fonctionnement des reins ; son dosage dans les urines, la créatininurie, sert à d’autres calculs.
Cet article explique ce que mesurent ces deux examens, comment on passe de la créatinine au débit de filtration glomérulaire, quels facteurs peuvent modifier le résultat et dans quels cas consulter. Il s’appuie sur des sources médicales ouvertes citées en fin de page.
Qu’est-ce que la créatinine ?
La Mayo Clinic décrit la créatinine comme un composé chimique résiduel des processus de production d’énergie dans les muscles. Des reins en bonne santé la retirent du sang, et elle quitte le corps dans l’urine. Selon la Mayo Clinic, une hausse du taux sanguin peut être le signe que les reins ne fonctionnent pas comme ils le devraient : le dosage est donc un indicateur de la fonction rénale.
Ce dosage ne pose pas à lui seul un diagnostic. La Mayo Clinic le décrit comme un moyen de vérifier la fonction rénale, notamment en présence de symptômes, chez les personnes ayant un diabète ou une hypertension, pour surveiller une maladie rénale connue ou son traitement, pour repérer des effets indésirables de médicaments et pour suivre un rein transplanté.
Que mesurent la créatininémie et la créatininurie ?
La créatininémie est la concentration de créatinine dans le sang, mesurée lors d’une prise de sang. L’Assurance maladie précise qu’elle sert à estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG) par l’équation CKD-EPI. La créatininurie est la créatinine dosée dans les urines. Selon l’Assurance maladie, le dosage de l’albuminurie et de la créatininurie permet de calculer le rapport albuminurie/créatininurie (RAC), utilisé pour dépister l’atteinte des reins.
La Mayo Clinic décrit aussi la clairance de la créatinine, qui compare la créatinine d’un recueil d’urines de 24 heures à celle d’un échantillon sanguin prélevé sur la même période : la précision du recueil est alors essentielle. Elle décrit enfin le rapport albumine/créatinine urinaire : des valeurs inférieures à 17 mg/g chez l’homme et à 25 mg/g chez la femme sont considérées comme normales, et une valeur plus élevée peut évoquer une maladie rénale, y compris diabétique.
Quelles sont les valeurs de référence ?
Les valeurs normales varient selon le laboratoire, l’âge, le sexe et la méthode de dosage ; comparez toujours votre résultat avec les valeurs de votre compte rendu. À titre d’exemple, la Mayo Clinic indique des intervalles de créatinine sanguine de 0,74 à 1,35 mg/dL (65,4 à 119,3 µmol/L) chez l’homme adulte et de 0,59 à 1,04 mg/dL (52,2 à 91,9 µmol/L) chez la femme adulte.
La Mayo Clinic note que la créatinine varie d’une personne à l’autre, et que pour cette raison le DFG estimé peut fournir une lecture plus précise de la fonction rénale. Un résultat « dans la norme » ou « hors norme » ne suffit donc pas pour conclure. Seul un médecin peut l’interpréter, avec le DFG estimé, les urines et votre contexte.
Comment passe-t-on de la créatinine au DFG ?
Le DFG estimé est calculé à partir de la créatininémie et de facteurs comme l’âge et le sexe, précise la Mayo Clinic. Selon l’Assurance maladie, le diagnostic de maladie rénale chronique repose sur deux examens successifs réalisés dans les trois mois, de préférence dans le même laboratoire : un DFG inférieur à 60 ml/min/1,73 m² et/ou une protéinurie ou une albuminurie au-dessus des valeurs seuils. L’Assurance maladie précise que ces marqueurs doivent être présents pendant plus de trois mois pour parler de maladie rénale chronique.
L’Assurance maladie décrit cinq stades selon le DFG, en ml/min/1,73 m² :
- stade 1, fonction normale : 90 ou plus ;
- stade 2, légère diminution : 60 à 89 ;
- stade 3, insuffisance modérée : 30 à 59 ;
- stade 4, insuffisance sévère : 15 à 29 ;
- stade 5, insuffisance terminale : moins de 15.
Pour les personnes à risque, un score nommé KFRE, calculé à partir de l’âge, du sexe, de la créatininémie et de l’albuminurie, peut être réalisé par le biologiste, selon l’Assurance maladie.
Qu’est-ce qui peut modifier la créatinine ?
Certaines situations pratiques peuvent influencer le dosage. La Mayo Clinic indique que le médecin peut demander d’arrêter de manger de la viande pendant une période avant l’examen, ou d’être à jeun, et que la créatine, un complément alimentaire, peut affecter les taux de créatinine : si vous en prenez, vous devrez probablement l’arrêter avant le test. Signalez toujours à votre médecin les compléments et médicaments que vous prenez et suivez ses consignes de préparation.
La Mayo Clinic précise aussi que le dosage permet de surveiller les effets de certains médicaments sur le rein. Le NHS cite, parmi les causes de maladie rénale chronique, la prise prolongée de certains médicaments comme le lithium et les anti-inflammatoires non stéroïdiens. N’arrêtez jamais un médicament de votre propre initiative : parlez-en au médecin ou au pharmacien.
Enfin, les causes les plus fréquentes de maladie rénale chronique sont l’hypertension artérielle et le diabète, selon l’Assurance maladie. Le NHS cite aussi le cholestérol élevé, les infections rénales, l’inflammation des reins, les maladies héréditaires comme la polykystose et les obstacles sur les voies urinaires.
Quand consulter et comment suivre ses reins ?
Selon l’Assurance maladie, la maladie rénale chronique est longtemps silencieuse et souvent découverte lors d’un bilan sanguin effectué pour une autre raison. Chez les personnes à risque, notamment diabétiques ou hypertendues, une surveillance annuelle associe l’albuminurie et la créatininémie. Les symptômes sont peu spécifiques : fatigue, pâleur liée à l’anémie, troubles digestifs, amaigrissement, crampes, démangeaisons, œdèmes, troubles du sommeil. Le NHS cite à un stade avancé la fatigue, un gonflement des chevilles, des pieds ou des mains, l’essoufflement, des nausées et du sang dans les urines.
Le NHS conseille de consulter un médecin en cas de symptômes persistants ou inquiétants pouvant être liés à une maladie des reins. L’Assurance maladie indique qu’uriner normalement ne permet pas de savoir si les reins fonctionnent bien. En cas d’anomalie confirmée, la progression peut être ralentie en traitant la cause, comme le diabète ou l’hypertension, et par une alimentation équilibrée, une activité physique, le contrôle du poids et l’arrêt du tabac, selon l’Assurance maladie. Ces mesures accompagnent le suivi du médecin ou du néphrologue, elles ne le remplacent pas.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre créatininémie et créatininurie ?
La créatininémie est la créatinine mesurée dans le sang, qui sert à estimer le débit de filtration glomérulaire. La créatininurie est la créatinine mesurée dans les urines, utilisée notamment pour calculer le rapport albuminurie/créatininurie, selon l’Assurance maladie.
Une créatinine élevée veut-elle dire insuffisance rénale ?
Pas forcément. La Mayo Clinic indique qu’une hausse peut être le signe que les reins ne fonctionnent pas comme ils le devraient, et que la créatinine varie d’une personne à l’autre, d’où l’intérêt du DFG estimé. Le diagnostic repose sur deux examens successifs dans les trois mois, selon l’Assurance maladie.
Faut-il être à jeun pour doser la créatinine ?
La Mayo Clinic indique que le médecin peut demander d’être à jeun ou d’arrêter la viande pendant une période avant l’examen, et d’arrêter un complément de créatine. Suivez les consignes données pour votre prélèvement.
À partir de quel DFG parle-t-on de maladie rénale chronique ?
Selon l’Assurance maladie, le seuil est un DFG inférieur à 60 ml/min/1,73 m², constaté deux fois dans un délai de trois mois, et/ou une albuminurie ou une protéinurie au-dessus des valeurs seuils. Seul un médecin peut poser ce diagnostic.
La maladie rénale chronique donne-t-elle des symptômes ?
Souvent pas au début. Le NHS indique qu’il n’y a généralement pas de symptômes aux stades précoces, et l’Assurance maladie qu’elle est longtemps silencieuse. D’où l’intérêt d’un suivi régulier en cas de diabète ou d’hypertension.
Les compléments ou l’alimentation peuvent-ils faire baisser la créatinine ?
Les sources consultées ne le démontrent pas. Elles indiquent plutôt que la créatine, un complément, peut modifier le dosage, et que la prise en charge repose sur le traitement de la cause (diabète, hypertension) et sur une hygiène de vie équilibrée. Demandez l’avis d’un médecin avant tout complément.
Pour aller plus loin
- Ferritinémie : comprendre le dosage de la ferritine et son résultat
- Comment protéger ses reins au quotidien : repères de prévention
- Protéine C-réactive (CRP) : comprendre le taux et les résultats
- Transaminases élevées : comprendre ALAT, ASAT et vos résultats
Sources
- Mayo Clinic : Creatinine test — définition de la créatinine, indications, valeurs indicatives, DFG, urines, facteurs d’influence
- Assurance maladie (ameli) : Dépistage, symptômes, diagnostic et évolution de la maladie rénale chronique (8 janvier 2025) — créatininémie, DFG CKD-EPI, seuil de 60, stades, suivi
- Assurance maladie (ameli) : Maladie rénale chronique – mémo pour les laboratoires (mars 2026) — définition de la maladie rénale chronique, créatininémie, RAC, score KFRE
- Assurance maladie (ameli) : Maladie rénale chronique — hypertension et diabète, causes les plus fréquentes
- NHS : Chronic kidney disease — symptômes, causes, diagnostic, consultation
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

