Mis à jour le 9 octobre 2026
- La TCMH indique la quantité moyenne d’hémoglobine dans un globule rouge ; la CCMH mesure la concentration d’hémoglobine dans les globules rouges.
- Ce sont des valeurs calculées à partir de la numération formule sanguine (NFS) : aucun prélèvement supplémentaire n’est nécessaire.
- Elles n’ont pas de sens isolées : le diagnostic d’anémie repose d’abord sur le taux d’hémoglobine, complété par le VGM, les réticulocytes et la recherche de la cause.
- Une CCMH basse définit une hypochromie, que l’on rencontre notamment dans la carence en fer et la thalassémie, selon les références médicales.
- Niveau de preuve : sources médicales ouvertes (Manuel Merck et MSD, Assurance maladie, Mayo Clinic, NHS) ; les valeurs normales dépendent du laboratoire.
Sur un compte rendu de prise de sang, la TCMH et la CCMH figurent dans la numération formule sanguine, à côté de l’hémoglobine et du VGM. La TCMH correspond à la teneur moyenne en hémoglobine d’un globule rouge, la CCMH à la concentration de cette hémoglobine dans les globules rouges.
Un résultat signalé hors norme n’est pas un diagnostic. Cet article explique comment ces indices sont obtenus, ce qu’ils peuvent évoquer et pourquoi un médecin les lit toujours avec les autres paramètres. Il s’appuie sur des sources médicales ouvertes citées en fin de page.
Que signifient TCMH et CCMH ?
TCMH signifie teneur (ou taux) corpusculaire moyenne en hémoglobine ; CCMH signifie concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine. En anglais, on parle de MCH et de MCHC. Le Manuel Merck, édition professionnelle, les définit ainsi : le MCH mesure la quantité d’hémoglobine contenue dans chaque globule rouge, et le MCHC la concentration d’hémoglobine à l’intérieur des globules rouges.
Ces deux indices complètent le VGM (volume globulaire moyen), qui mesure la taille des globules rouges. Selon l’Assurance maladie, la NFS fournit la taille des globules rouges, ce qui permet de distinguer les anémies à petits globules (microcytaires) des anémies à gros globules (macrocytaires). Le Manuel Merck qualifie les globules rouges de microcytaires lorsque le VGM est inférieur à 80 fL et de macrocytaires lorsqu’il dépasse 100 fL.
Comment ces indices sont-ils obtenus ?
Le Manuel Merck explique que l’automate d’analyse mesure directement l’hémoglobine, le nombre de globules rouges, celui des globules blancs, les plaquettes et le VGM, tandis que l’hématocrite, la TCMH et la CCMH sont des valeurs calculées. Aucun examen spécifique n’est donc nécessaire pour les obtenir : ils sortent de la même prise de sang que la NFS.
Le prélèvement est réalisé au pli du coude. D’après la Mayo Clinic, vous pouvez en général manger et boire normalement avant une numération sanguine, sauf si d’autres analyses réclament un jeûne, et reprendre vos activités aussitôt après.
Quelles sont les valeurs normales ?
Les intervalles de référence dépendent du laboratoire, de la technique et du profil de la personne. Les chiffres imprimés sur votre compte rendu font foi : comparez votre résultat à ceux-là et non à des tableaux trouvés en ligne. La Mayo Clinic précise que les résultats situés en dehors des intervalles standard doivent être interprétés par un professionnel de santé, la numération sanguine n’étant pas un examen diagnostique complet à elle seule.
Un seul repère chiffré figure dans les sources ouvertes pour la CCMH : le Manuel Merck définit l’hypochromie par une CCMH inférieure à 30, valeur exprimée en pourcentage dans cette source. L’unité peut différer selon les comptes rendus ; ce repère ne remplace pas la valeur de référence de votre laboratoire.
Que peut évoquer une CCMH ou une TCMH basse ?
Des globules rouges pauvres en hémoglobine sont dits hypochromes. Le Manuel MSD, dans sa page sur l’anémie par carence en fer, indique qu’à un stade avancé de la carence les globules rouges sont microcytaires et hypochromes. Le Manuel Merck précise que les globules rouges préservent leur CCMH au détriment de leur taille : une microcytose se rencontre donc en cas de carence en fer ou de trouble de la synthèse de l’hémoglobine, dont la thalassémie. Une anémie des maladies chroniques peut aussi être microcytaire ou à la limite de la microcytose.
Une hypochromie ne désigne pas une cause unique. Pour la préciser, le médecin s’appuie sur le bilan du fer : selon le Manuel MSD, la carence en fer se traduit par une ferritine basse, un fer sérique bas et une saturation de la transferrine basse. Le Manuel MSD cite aussi parmi les diagnostics à écarter les anémies des maladies chroniques, les hémoglobinopathies et les thalassémies.
Le NHS rappelle que les causes les plus fréquentes d’une carence en fer sont les règles abondantes, la grossesse et les saignements digestifs. Ne prenez pas de fer à titre préventif ou « pour corriger l’indice » sans avis médical : le choix dépend de la cause identifiée.
Que peut évoquer une valeur élevée ?
Les pages ouvertes décrivent peu l’interprétation d’une TCMH ou d’une CCMH élevée. Le Manuel Merck indique seulement que des sphérocytes (globules rouges de forme sphérique) peuvent s’accompagner d’une CCMH augmentée. Pour les anémies à gros globules, c’est le VGM qui oriente le diagnostic : le Manuel Merck évoque une carence en vitamine B12 ou en folates, certains médicaments et une consommation d’alcool problématique.
Une valeur élevée isolée n’est donc pas interprétable seule. Le Manuel Merck ajoute que l’examen du frottis sanguin peut révéler des anomalies de structure des globules rouges que les automates ne détectent pas, et qu’une grande variabilité de taille des cellules (RDW élevé) peut donner un VGM moyen d’apparence normale. Si un résultat vous inquiète, évoquez-le avec votre médecin.
Quand consulter et quels examens complémentaires ?
Les indices s’interprètent avec l’hémoglobine. L’Assurance maladie retient l’anémie lorsque l’hémoglobine est inférieure à 13 g/dl chez l’homme, à 12 g/dl chez la femme et à 10,5 g/dl chez la femme enceinte à partir du deuxième trimestre. Elle précise que la NFS fournit aussi le taux de réticulocytes, qui indique si la moelle osseuse produit activement des globules rouges. Pour trouver la cause, le médecin peut prescrire un bilan du fer, un dosage des vitamines B12 et B9 et rechercher un saignement ou une maladie sous-jacente. Le Manuel Merck qualifie le comptage des réticulocytes de test essentiel dans l’évaluation d’une anémie : il aide à distinguer une production insuffisante de globules rouges d’une destruction ou d’une perte excessive.
Consultez si vous avez des symptômes évocateurs d’anémie : pâleur, essoufflement d’abord à l’effort, fatigue persistante, palpitations, maux de tête, vertiges. L’Assurance maladie indique que, devant un ou plusieurs de ces symptômes, il est nécessaire de consulter. Des indices anormaux sans symptôme justifient aussi d’en parler lors d’une consultation, puisqu’une anémie légère peut passer inaperçue.
Questions fréquentes
TCMH et CCMH, est-ce la même chose ?
Non. Selon le Manuel Merck, la TCMH mesure la quantité d’hémoglobine contenue dans chaque globule rouge, tandis que la CCMH mesure la concentration d’hémoglobine à l’intérieur des globules rouges. Elles sont toutes deux calculées à partir de la même prise de sang.
Faut-il un examen spécial pour connaître sa TCMH et sa CCMH ?
Non. D’après le Manuel Merck, ce sont des valeurs calculées à partir des mesures de la numération formule sanguine. Elles figurent sur le même compte rendu que l’hémoglobine et le VGM.
Une CCMH basse signifie-t-elle forcément une anémie ?
Non. L’anémie est confirmée par un faible taux d’hémoglobine, selon le Manuel MSD et l’Assurance maladie. Une CCMH basse correspond à une hypochromie, que le médecin interprète avec l’hémoglobine, le VGM et le bilan du fer.
Quel est le lien entre ces indices et la carence en fer ?
Le Manuel MSD indique que les globules rouges deviennent microcytaires et hypochromes à un stade avancé de carence en fer. Seul le bilan du fer, dont la ferritine, permet d’étayer cette cause, qui n’est pas la seule possible.
Les valeurs normales sont-elles les mêmes dans tous les laboratoires ?
Non. Elles dépendent de la technique d’analyse et du profil de la personne. Référez-vous aux valeurs de référence imprimées sur votre compte rendu et demandez à votre médecin de les commenter, comme le recommande la Mayo Clinic.
Que faire si ces indices sont anormaux sans symptôme ?
Montrez le compte rendu à votre médecin, qui décidera d’un éventuel contrôle ou d’examens complémentaires. Ne commencez pas de complément de fer ou de vitamines de votre propre initiative : la cause doit être identifiée d’abord.
Pour aller plus loin
- Hématocrite anormal : causes, interprétation et quand consulter
- Hématies (globules rouges) : rôle, production et anomalies
- Ferritinémie : comprendre le dosage de la ferritine et son résultat
- Anémie et alimentation : causes, apports en fer et suivi médical
Sources
- Manuel Merck (édition professionnelle) : Evaluation of Anemia — définitions du MCH et du MCHC, valeurs calculées, hypochromie, interprétation des indices
- Manuel MSD (édition professionnelle) : Anémie ferriprive — globules rouges microcytaires et hypochromes, bilan du fer, diagnostics à écarter
- Assurance maladie (ameli) : Symptômes et diagnostic de l’anémie — seuils d’hémoglobine, VGM, réticulocytes, bilan, consultation
- Mayo Clinic : Complete blood count (CBC) — déroulement de la numération sanguine, interprétation par un professionnel
- NHS : Iron deficiency anaemia — causes fréquentes de carence en fer, numération sanguine, consultation
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

