Mis à jour le 9 octobre 2026
- La bursite du coude (olécrânienne) est l’inflammation de la petite poche de liquide située à la pointe du coude ; elle se manifeste souvent par un gonflement plus que par une douleur.
- Les causes les plus fréquentes sont un traumatisme ou une pression répétée, mais une infection ou une maladie inflammatoire comme la goutte peuvent être en cause.
- Une peau rouge et chaude, une douleur qui augmente ou de la fièvre doivent conduire à consulter rapidement : une bursite infectieuse demande un traitement spécifique.
- La prise en charge dépend de la cause : repos, glace et anti-inflammatoires pour une forme non infectée ; ponction, antibiotiques ou, rarement, chirurgie dans d’autres situations.
- Les sources consultées ne mentionnent aucune méthode naturelle de remplacement : l’avis d’un médecin reste nécessaire dès que le gonflement persiste, revient ou s’accompagne de signes d’alerte.
La bursite du coude est l’inflammation d’une bourse séreuse, une poche plate remplie de liquide qui réduit les frottements entre la peau, les tendons et l’os à la pointe du coude. Les Manuels MSD notent que cette bourse, dite olécrânienne, fait partie des bourses superficielles les plus souvent touchées.
Un gonflement du coude n’a pas toujours la même signification : il peut résulter d’un choc ou d’une pression répétée, mais aussi d’une infection ou d’une maladie inflammatoire. Cet article décrit les causes, les signes qui doivent alerter, les examens possibles et la prise en charge décrite par les Manuels MSD et la Mayo Clinic, sans proposer de dosage ni de promesse de résultat.
Qu’est-ce que la bursite du coude ?
Une bourse est un petit sac rempli de liquide qui amortit les frottements entre des structures voisines : peau, muscles, tendons et os. La bursite correspond à l’inflammation aiguë ou chronique de cette poche. Au coude, la bourse concernée est située à l’arrière de l’articulation, sur l’olécrâne, d’où le nom de bursite olécrânienne.
Les Manuels MSD précisent que la bursite touche surtout l’épaule, mais aussi les coudes, les hanches, les genoux, les orteils et les talons. Une forme aiguë provoque une douleur au toucher ou au mouvement ; une forme chronique, issue d’épisodes ou de traumatismes répétés, peut durer des mois et récidiver.
Quelles sont les causes d’une bursite du coude ?
Dans de nombreux cas, la cause exacte reste inconnue. Selon la version destinée aux professionnels des Manuels MSD, les causes traumatiques ou idiopathiques (sans cause identifiée) sont de loin les plus fréquentes. La surutilisation ou une pression chronique sont également citées. La Mayo Clinic mentionne notamment le fait de s’appuyer longtemps sur les coudes.
D’autres origines sont possibles :
- une infection, le plus souvent par Staphylococcus aureus dans les formes aiguës, la bourse du coude étant l’une de celles qui y sont le plus exposées ;
- une maladie inflammatoire ou métabolique : goutte, pseudogoutte, polyarthrite rhumatoïde, arthrose, rhumatisme psoriasique ;
- un saignement dans la bourse, la forme hémorragique, qui doit être distinguée d’une forme infectée, notamment chez les personnes sous anticoagulants.
La Mayo Clinic cite aussi comme facteurs de risque l’âge, ainsi que certains métiers, loisirs ou sports qui impliquent des mouvements répétés ou une pression sur l’articulation.
Quels sont les symptômes et lesquels doivent alerter ?
Le signe le plus visible est un gonflement à la pointe du coude. Les Manuels MSD soulignent que, dans la bursite olécrânienne, le gonflement peut dominer la douleur. La zone peut être sensible à la pression ou à l’étirement et le mouvement peut être limité. La Mayo Clinic ajoute que l’articulation peut sembler douloureuse ou raide, et que la peau peut être rouge ; sur une peau noire ou brune, la rougeur peut être plus difficile à voir.
Une peau rouge et chaude, un gonflement très marqué ou une douleur qui augmente rapidement peuvent évoquer une forme infectée ou une crise de goutte, deux situations qui exigent un traitement spécifique. La Mayo Clinic cite parmi les signes qui justifient d’appeler un professionnel de santé la fièvre, un gonflement important, des rougeurs, des ecchymoses ou une éruption cutanée au niveau de la zone atteinte.
Comment le diagnostic est-il établi ?
Le diagnostic repose avant tout sur l’interrogatoire et l’examen clinique. L’échographie ou l’IRM servent surtout à explorer les bourses profondes. Des radiographies peuvent être demandées si le traitement ne suffit pas, si la bursite revient ou si une arthrite est suspectée.
Lorsque le médecin soupçonne une infection, un saignement ou une cause de type goutte, il peut ponctionner la bourse pour analyser le liquide : numération des cellules, examen des bactéries, culture et recherche de cristaux. Les Manuels MSD précisent qu’en cas de forte suspicion d’infection, la bourse doit être ponctionnée même si la peau voisine présente une cellulite. Ce geste relève du médecin et ne doit pas être tenté seul.
Quelle prise en charge selon la forme de bursite ?
Le traitement dépend de la cause, ce qui rend le diagnostic essentiel. Pour une bursite aiguë non infectieuse, les Manuels MSD décrivent le repos (parfois une immobilisation temporaire avec une attelle), la glace sur la zone douloureuse, les anti-inflammatoires non stéroïdiens et, si besoin, des antalgiques. Ces médicaments se prennent selon l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, notamment en cas de grossesse, de maladie chronique ou de traitement en cours. Une ponction du liquide peut aider à réduire la douleur, et une kinésithérapie est proposée après la phase de repos pour retrouver la mobilité.
Pour une bursite infectée, la prise en charge comprend une ponction et des prélèvements, puis des antibiotiques adaptés, d’abord choisis pour agir sur Staphylococcus aureus. Un drainage, et parfois une exérèse de la bourse, peut être nécessaire.
Une injection de corticoïdes peut être envisagée si la bursite persiste, si l’infection est exclue et si le repos et les traitements par voie orale n’ont pas suffi. Elle n’est donc ni systématique ni adaptée à toutes les situations. L’ablation chirurgicale de la bourse n’est décidée que rarement, dans les formes chroniques. Enfin, traiter la cause de fond (goutte, polyarthrite, surcharge répétée) limite les récidives.
Comment limiter le risque de récidive ?
La Mayo Clinic rappelle que la bursite ne peut pas toujours être évitée et qu’elle récidive souvent, même lorsque la douleur a cédé. Elle recommande de réduire les risques en modifiant la façon d’effectuer certaines tâches : faire des pauses lors des gestes répétitifs, maintenir un poids de forme, renforcer les muscles qui soutiennent l’articulation et s’échauffer avant les efforts importants.
Pour les appuis sur le coude, un coussin ou une protection est une mesure de bon sens, mais les sources consultées ne la comparent à aucune autre. Si le travail ou la pratique sportive sont en cause, un échange avec le médecin du travail ou avec le médecin traitant permet d’envisager des adaptations.
Quand consulter un médecin ?
Consultez rapidement en cas de fièvre, de rougeur ou de chaleur importantes, de douleur intense, de gonflement qui augmente ou de coude qui bouge mal. D’après la Mayo Clinic, une douleur qui gêne les activités quotidiennes justifie également un avis médical.
Un avis est aussi indiqué si la bursite survient après un choc, si elle ne s’améliore pas ou si elle revient, comme le notent les Manuels MSD. Une automédication prolongée ne remplace pas ce diagnostic : le médecin peut rechercher une infection ou une maladie sous-jacente que l’on ne peut pas identifier soi-même.
Questions fréquentes
Faut-il ponctionner une bursite du coude ?
Pas systématiquement. Selon les Manuels MSD, la ponction est surtout indiquée en cas de suspicion d’infection, de saignement ou de cause de type goutte, ou pour aider à réduire la douleur. Elle est réalisée par un médecin, avec analyse du liquide quand c’est nécessaire.
Les anti-inflammatoires sont-ils utiles en cas de bursite ?
Les Manuels MSD citent les anti-inflammatoires non stéroïdiens pour une bursite aiguë non infectieuse. Ils ne conviennent pas à toutes les personnes (grossesse, certaines maladies, autres traitements) : demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de les utiliser.
L’infiltration de corticoïdes est-elle courante ?
Elle est envisagée dans des cas précis : bursite persistante, infection exclue et échec du repos et des traitements oraux. Les Manuels MSD notent que l’effet est souvent de courte durée dans certaines localisations, notamment l’épaule. Elle reste une décision médicale.
Faut-il opérer une bursite du coude ?
Rarement. Les Manuels MSD indiquent que l’ablation de la bourse n’est décidée que dans certaines formes chroniques ou en cas de bursite infectée nécessitant un drainage et parfois une exérèse. Cette option reste donc exceptionnelle.
Une bursite du coude peut-elle revenir ?
Oui. La Mayo Clinic et les Manuels MSD indiquent qu’elle récidive souvent, surtout lorsque les pressions ou les gestes répétés persistent. Chercher la cause et adapter les gestes ou le poste de travail fait partie de la prise en charge.
Une bursite peut-elle être le signe d’une autre maladie ?
Parfois. Les deux sources citent la goutte, la polyarthrite rhumatoïde et l’arthrose parmi les maladies associées à une bursite. Une bursite qui revient ou qui s’accompagne d’autres articulations douloureuses justifie un avis médical.
Pour aller plus loin
- Bursite du talon : symptômes, causes et prise en charge
- Douleur à la hanche : causes, arthrose, prothèse et quand consulter
- Épicondylite du coude : symptômes, diagnostic et prise en charge
- Épanchement de synovie au genou : causes et prise en charge
Sources
- Manuels MSD (professionnels) : Bursite — causes, signes, diagnostic, ponction, traitement de la bursite septique, corticoïdes, chirurgie
- Manuels MSD (grand public) : Bursite — définition, causes, repos, glace, anti-inflammatoires, ponction, kinésithérapie, consultation
- Mayo Clinic : Bursitis, symptoms and causes — symptômes, facteurs de risque, prévention, signes justifiant un avis médical
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

