Mis à jour le 9 octobre 2026
- L’asthme est une maladie chronique des bronches : l’Assurance maladie et l’OMS rappellent qu’il ne se guérit pas, mais qu’il peut être contrôlé par un traitement.
- Le traitement de fond, souvent des corticoïdes inhalés, se prend tous les jours même sans crise ; il ne s’arrête jamais sans l’avis du médecin.
- Le NCCIH indique que les preuves ne soutiennent pas l’usage d’approches complémentaires à la place de la prise en charge médicale de l’asthme.
- Exercices respiratoires et yoga ont des bénéfices limités sur la qualité de vie ; aucune plante n’est recommandée par les revues citées.
- Gêne respiratoire intense, difficulté à parler, lèvres bleutées ou confusion : appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
Sur le sujet asthme et naturopathie, un point domine : l’asthme ne se guérit pas, mais il se contrôle : c’est le message commun de l’Assurance maladie et de l’OMS. La naturopathie ne remplace ni le traitement de fond, ni l’inhalateur de secours, ni le suivi médical. Elle peut, au mieux, s’inscrire dans une démarche d’hygiène de vie, à condition de ne rien retirer à la prise en charge prescrite.
Cet article décrit la maladie, ses déclencheurs, les traitements validés, le niveau de preuve des approches complémentaires et les signes qui imposent d’agir vite.
Qu’est-ce que l’asthme et qui est concerné ?
L’asthme est une maladie chronique caractérisée par une inflammation permanente des bronches. Elle provoque des crises avec essoufflement, sifflements, toux sèche et oppression thoracique, séparées par des périodes où la respiration est normale. Les causes sont multiples : une prédisposition génétique associée à l’exposition à des facteurs déclenchants.
En France, l’Assurance maladie compte environ 4 millions de personnes concernées, avec près de 60 000 hospitalisations et près de 1 000 décès par an. Dans le monde, l’OMS estime que 363 millions de personnes avaient de l’asthme en 2023, ce qui en fait la maladie chronique la plus fréquente chez l’enfant.
Quels sont les déclencheurs de l’asthme ?
Ils varient selon les personnes. L’Assurance maladie cite les allergènes (acariens, poils d’animaux, moisissures, pollens), les expositions professionnelles (farine, peintures, poussières de bois), les infections respiratoires virales, l’effort quand l’asthme est mal contrôlé, le stress, certains médicaments, les variations hormonales, le froid et la pollution de l’air, ainsi que le tabac actif et passif et les produits ménagers.
Le surpoids rend l’asthme plus difficile à contrôler et le tabagisme peut dégrader la fonction respiratoire. Repérer et réduire ces facteurs fait partie du suivi, avec votre médecin.
Quels traitements la médecine recommande-t-elle ?
L’OMS indique que les inhalateurs sont le traitement principal : les bronchodilatateurs soulagent les symptômes, les corticoïdes inhalés réduisent l’inflammation. L’Assurance maladie distingue le traitement de crise, qui agit à court terme, du traitement de fond, à prendre chaque jour pour prévenir les crises dans l’asthme persistant. Les corticoïdes inhalés en sont le traitement le plus utilisé en première intention.
Le risque d’arrêter seul son traitement est une aggravation durable. Consultez si vous avez des symptômes la nuit, une gêne respiratoire fréquente ou si vous utilisez plus souvent votre bronchodilatateur : votre médecin pourra adapter le traitement. Pendant la grossesse, le traitement de fond doit être poursuivi, sur avis médical.
Que disent les études sur les approches complémentaires ?
Le NCCIH est clair : les preuves ne soutiennent pas l’usage d’approches complémentaires à la place de la prise en charge médicale de l’asthme. Pour chaque approche, il rapporte :
- exercices respiratoires : bénéfices probables sur la qualité de vie et l’hyperventilation, mais probablement pas sur les symptômes de l’asthme chez l’adulte ; résultats non concluants chez l’enfant ;
- yoga : petites améliorations probables de la qualité de vie et des symptômes chez l’adulte, preuves préliminaires chez l’enfant ; il est généralement sûr avec un instructeur qualifié ;
- plantes : pas assez de preuves pour recommander une préparation, avec des effets indésirables possibles et des interactions avec les médicaments de l’asthme ;
- acupuncture : amélioration des symptômes en complément du traitement, mais pas de la fonction respiratoire ;
- compléments (oméga-3, probiotiques, vitamine D, vitamine C, sélénium) : résultats incohérents, insuffisants ou sans bénéfice démontré.
Toute plante ou tout complément doit être signalé à votre médecin ou à votre pharmacien.
Quelle place pour l’hygiène de vie et l’accompagnement ?
Un accompagnement de bien-être peut s’appuyer sur ce que recommandent les sources médicales : une activité physique régulière, validée par le médecin, l’arrêt du tabac, la réduction de l’exposition aux allergènes et aux irritants, la gestion du stress et la vaccination contre la grippe, recommandée par l’Assurance maladie. L’Assurance maladie souligne que l’activité physique améliore le contrôle de la maladie et que le sport est possible quand l’asthme est bien contrôlé.
Aucune alimentation, cure ou technique ne permet de se passer du traitement de fond. Gardez toujours votre inhalateur de secours à portée de main.
Si vous consultez un praticien de bien-être, informez-le de votre asthme et de chacun de vos médicaments, et informez aussi votre médecin de toute pratique ou de tout complément que vous envisagez. Cette transparence évite les interactions et permet de repérer à temps un asthme qui se déséquilibre : symptômes nocturnes, gêne respiratoire plus de deux fois par semaine ou recours plus fréquent au bronchodilatateur. L’Assurance maladie rappelle que l’absence de crise indique un asthme bien contrôlé, non la fin de la maladie, d’où l’intérêt d’un suivi médical régulier, y compris lorsque vous vous sentez bien.
Quels signes d’alerte doivent faire appeler les secours ?
Une crise d’asthme sévère est une urgence médicale. L’Assurance maladie cite comme signes de gravité : un essoufflement intense avec respiration rapide et superficielle et creusement du thorax entre les côtes ou au-dessus des clavicules, des lèvres ou des ongles bleutés, une difficulté à parler ou à marcher, une confusion ou une perte de connaissance.
Dans ce cas, appelez le 15 (SAMU) ou le 112 depuis un portable, ou le 18 (pompiers). Ces appels sont gratuits. Une crise qui dure des heures malgré des prises répétées du traitement de secours constitue aussi une exacerbation qui nécessite une prise en charge médicale.
Questions fréquentes
L’asthme peut-il guérir ?
Non, pas au sens strict. L’Assurance maladie précise qu’on ne peut pas parler de guérison de l’asthme, et l’OMS indique qu’il ne se guérit pas mais qu’il peut être contrôlé. Avec une prise en charge adaptée, la plupart des personnes mènent leurs activités sans limitation, à condition de suivre le traitement prescrit.
Peut-on arrêter son traitement de fond quand on ne fait plus de crises ?
Non, pas de votre propre initiative. L’absence de crise traduit un asthme bien contrôlé, et non la disparition de la maladie. Après plusieurs mois sans crise, c’est le médecin qui peut décider de réduire le traitement, sous surveillance. Parlez-en toujours à votre médecin traitant avant toute modification.
Les corticoïdes inhalés sont-ils dangereux ?
L’Assurance maladie répond qu’il ne faut pas les éviter à tout prix. Inhalés, ils agissent directement sur les bronches et passent peu dans le sang. Ils peuvent provoquer des effets locaux comme une mycose buccale ou une voix rauque, que limitent une bonne technique d’inhalation et le rinçage de la bouche après chaque prise.
Peut-on faire du sport avec de l’asthme ?
Oui, avec l’avis du médecin. L’Assurance maladie indique que l’activité physique est bénéfique et améliore la tolérance à l’effort et le contrôle de la maladie. Le médecin vérifie d’abord que l’asthme est bien contrôlé. Aucun sport n’est interdit, certains demandant des conditions particulières.
Les exercices respiratoires ou le yoga aident-ils en cas d’asthme ?
Selon le NCCIH, les exercices respiratoires amélioreraient probablement la qualité de vie et les symptômes d’hyperventilation, mais probablement pas les symptômes de l’asthme. Le yoga pratiqué avec un instructeur qualifié pourrait apporter de petites améliorations. Ces pratiques complètent le suivi médical sans le remplacer.
Le stress peut-il déclencher une crise d’asthme ?
Oui. L’Assurance maladie indique qu’un stress aigu peut déclencher une crise et qu’un stress chronique peut aggraver l’inflammation des bronches. D’autres facteurs comptent : allergènes, infections respiratoires, effort, froid, pollution, tabac actif ou passif. Repérer vos déclencheurs avec votre médecin aide à mieux les éviter.
Pour aller plus loin
- Allergies infantiles : prise en charge et place de la naturopathie
- Tabagisme passif : quels risques pour la santé ?
- Endométriose et naturopathie : ce que disent les sources
- Fibromyalgie et naturopathie : ce que disent les sources
Sources
- Assurance maladie (ameli.fr) : Comprendre l’asthme de l’adulte — définition, symptômes, déclencheurs, chiffres en France, absence de guérison (page du 6 novembre 2025)
- Assurance maladie (ameli.fr) : Traitement de fond de l’asthme — rôle du traitement de fond, corticoïdes inhalés, ne pas arrêter seul, activité physique, suivi (page du 23 avril 2025)
- Assurance maladie (ameli.fr) : Crise d’asthme, exacerbation, asthme aigu grave — signes de crise et de gravité, appel du 15 ou du 112 (page du 14 octobre 2025)
- Assurance maladie (ameli.fr) : Asthme : coup de balai sur les idées reçues — sport, traitement de fond, cortisone inhalée (page du 23 avril 2025)
- OMS : Asthma : key facts — prévalence mondiale, causes, l’asthme ne se guérit pas mais se contrôle, inhalateurs (fiche mise à jour le 28 avril 2026)
- NCCIH (NIH, États-Unis) : Asthma and complementary health approaches : what you need to know — absence de preuve pour remplacer la prise en charge médicale ; exercices respiratoires, yoga, plantes, acupuncture, compléments (page de mars 2022)
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

