Mis à jour le 9 octobre 2026
- La mélisse (Melissa officinalis) est une plante aromatique dont la feuille est utilisée en tisane, en extrait ou en complément.
- L’Agence européenne des médicaments (EMA) reconnaît deux usages traditionnels : les symptômes légers de stress avec aide au sommeil, et les troubles digestifs légers (ballonnements, gaz).
- « Traditionnel » signifie que ces usages reposent sur une longue pratique, pas sur des essais cliniques qui en démontreraient l’efficacité.
- L’usage est déconseillé avant 12 ans, pendant la grossesse et l’allaitement ; la plante peut diminuer la vigilance au volant.
- Si les symptômes durent plus de deux semaines ou s’aggravent, consultez un médecin ou un pharmacien.
La mélisse est une plante traditionnellement associée à la détente du soir et au confort digestif, mais elle n’a pas fait la preuve d’un effet par des essais cliniques solides : l’Agence européenne des médicaments ne retient que des usages dits « traditionnels », pour les symptômes légers de stress, l’aide au sommeil et les troubles digestifs légers.
Cet article précise ce que cela veut dire, les formes disponibles, les précautions (âge, grossesse, vigilance, médicaments) et les situations où il faut consulter. Il s’inscrit dans notre dossier consacré à la phytothérapie et aux usages des plantes, qui rappelle les règles de base d’une utilisation prudente.
Qu’est-ce que la mélisse et à quoi la reconnaît-on ?
La mélisse officinale est une plante aromatique de la famille des Lamiacées, la famille de la menthe. Ses feuilles dégagent une odeur citronnée quand on les froisse. Ce sont les feuilles qui sont utilisées, fraîches ou séchées, et c’est aussi la partie visée par la monographie européenne (Melissae folium).
La mélisse est parfois appelée « citronnelle » dans le langage courant, ce qui entretient des confusions avec d’autres plantes au parfum citronné. Pour éviter l’erreur, vérifiez le nom latin sur l’emballage : Melissa officinalis.
Que reconnaît l’Agence européenne des médicaments ?
Le comité des médicaments à base de plantes (HMPC) de l’EMA a publié une monographie sur la feuille de mélisse. D’après la page de l’EMA, la version finale en vigueur a été publiée le 5 août 2013, et un appel à données scientifiques en vue d’une révision a été ouvert au printemps 2024. La page indique que cette procédure est toujours en cours : les conclusions pourraient donc évoluer.
La monographie décrit deux produits traditionnels à base de plantes :
- un produit « pour le soulagement des symptômes légers de stress mental et pour faciliter le sommeil » ;
- un produit pour le traitement symptomatique de troubles gastro-intestinaux légers, comme les ballonnements et les gaz.
Ces usages sont destinés aux adolescents de plus de 12 ans, aux adultes et aux personnes âgées. La page de l’EMA précise qu’il faut consulter un médecin si les symptômes persistent après deux semaines d’utilisation.
« Usage traditionnel » signifie-t-il que la mélisse est efficace ?
Non. Pour l’EMA, un usage traditionnel repose sur une longue utilisation, sans que des essais cliniques aient démontré l’efficacité. La page de l’EMA le formule ainsi : ces usages s’appuient sur l’ancienneté de la pratique plutôt que sur des études cliniques.
En pratique, la mélisse peut accompagner un moment de détente, notamment dans un rituel du soir, mais rien dans les sources consultées ne permet de la présenter comme une solution à l’anxiété ou à l’insomnie. Ces troubles relèvent d’un avis médical lorsqu’ils durent. Sur l’insomnie, le NHS (service de santé britannique) rappelle que les produits de pharmacie à base de plantes ne règlent pas l’insomnie, qu’ils peuvent aider à mieux dormir pendant une à deux semaines au plus et qu’ils ne doivent pas être pris plus longtemps.
Quelles formes de mélisse trouve-t-on, et comment les utiliser ?
- Les feuilles séchées en vrac ou en sachets, pour une infusion : c’est la forme la plus simple et la plus traditionnelle.
- Les gélules et extraits secs, en médicament à base de plantes ou en complément alimentaire, plus concentrés.
- Les teintures et extraits liquides, qui contiennent de l’alcool : la monographie européenne demande que les produits à base d’éthanol portent une mention spécifique.
Pour une tisane, on verse de l’eau chaude sur les feuilles et on laisse infuser à couvert quelques minutes afin de conserver les arômes. Suivez les indications de l’emballage pour les quantités : elles varient d’un produit à l’autre, et nous ne donnons volontairement aucune posologie. Pour un produit concentré, la même règle s’applique, avec davantage de vigilance si vous suivez un traitement.
Le National Center for Complementary and Integrative Health (NCCIH) rappelle que les compléments alimentaires ne sont pas évalués par l’autorité sanitaire américaine avant leur mise en vente, et que des termes comme « standardisé » ne garantissent pas à eux seuls la qualité du produit. Les mêmes réserves de prudence valent pour les compléments vendus en Europe : la composition réelle peut ne pas correspondre à l’étiquette.
La tisane de mélisse peut-elle faire partie d’un rituel du soir ?
Oui, à condition de ne pas lui demander plus qu’elle ne peut donner. Beaucoup de personnes l’intègrent à un moment de calme : lumière tamisée, écrans éteints, boisson chaude. Ce rituel compte sans doute autant que la plante elle-même, et les sources consultées ne permettent pas de départager l’effet de la plante de celui du rituel.
Le NHS insiste sur les bases de l’hygiène du sommeil : se coucher quand on se sent somnolent, garder un horaire de lever régulier, se détendre au moins une heure avant le coucher, garder une chambre sombre et calme, faire de l’exercice dans la journée, et éviter dans les six heures précédant le coucher le tabac, l’alcool, le thé et le café. Il déconseille aussi les écrans juste avant de dormir, car la lumière bleue maintient l’éveil. Ces repères pèsent plus que n’importe quelle tisane.
Mélisse, camomille, valériane : quelles différences ?
Ces trois plantes sont souvent rangées ensemble parmi les tisanes « du soir », mais elles ne se ressemblent pas. La mélisse est une plante aromatique à usage traditionnel, facile à boire. Nous présentons la camomille et ses usages traditionnels dans un article dédié, avec ses propres précautions.
La valériane, dont on utilise la racine, relève d’un autre dossier : l’EMA lui reconnaît un usage traditionnel et, pour un extrait particulier, un usage « bien établi », et la monographie précise de ne pas conduire ni utiliser de machines. Nous détaillons dans notre article sur la racine de valériane et ses précautions ce qu’il faut savoir avant d’en prendre. Quand une plante est associée à une autre dans un mélange, ce sont les précautions de la plante la plus active qui s’appliquent.
Quels effets indésirables et quelles interactions faut-il connaître ?
La monographie européenne indique « aucun effet indésirable connu » pour la feuille de mélisse. Cela ne signifie pas un risque nul : une réaction allergique reste possible avec toute plante, et la monographie précise que le produit peut diminuer l’aptitude à conduire ou à utiliser des machines. Si vous vous sentez somnolent, abstenez-vous de conduire. Le NHS signale d’ailleurs que les produits de pharmacie pour le sommeil peuvent provoquer une somnolence gênante pour la conduite.
Sur les interactions, la monographie indique « aucune donnée disponible » : l’absence de donnée n’est pas une garantie d’absence d’interaction. Le NCCIH rappelle que les compléments peuvent interagir avec des médicaments sur ordonnance ou en vente libre. Si vous prenez un somnifère, un anxiolytique ou tout autre traitement, ou si vous cumulez plusieurs plantes réputées apaisantes, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien et signalez-leur vos tisanes et compléments.
Qui doit s’abstenir de prendre de la mélisse ?
- Personnes allergiques à la mélisse : c’est la contre-indication retenue par la monographie européenne (hypersensibilité à la substance active).
- Grossesse et allaitement : en l’absence de données suffisantes, l’usage n’est pas recommandé.
- Enfants de moins de 12 ans : l’usage n’est pas recommandé, faute de données adéquates.
- Préparations alcoolisées (teintures, extraits liquides) : à éviter si vous devez vous abstenir d’alcool.
- Traitement en cours ou maladie chronique : avis du médecin ou du pharmacien avant de commencer.
Le NCCIH souligne que de nombreux compléments n’ont pas été testés chez la femme enceinte, la femme qui allaite et l’enfant, ce qui justifie la prudence.
Quand faut-il consulter un professionnel de santé ?
La mélisse relève du confort et de l’hygiène de vie : elle ne remplace ni un diagnostic, ni un traitement. Selon l’EMA, consultez si les symptômes persistent après deux semaines ou s’aggravent. Plus largement, le NHS recommande de voir un médecin si vos troubles du sommeil durent depuis des mois, si changer vos habitudes n’a pas aidé ou si l’insomnie vous empêche de faire face à votre quotidien.
Un avis médical est aussi nécessaire en cas de douleurs abdominales intenses ou inhabituelles, de perte de poids inexpliquée, de sang dans les selles, de fatigue persistante ou d’idées noires. Ne modifiez jamais un traitement prescrit sans l’accord de votre médecin.
Questions fréquentes
À quoi sert traditionnellement la mélisse ?
Selon l’Agence européenne des médicaments, elle est traditionnellement utilisée pour les symptômes légers de stress, pour faciliter le sommeil et pour les troubles digestifs légers comme les ballonnements. Ce sont des usages fondés sur l’ancienneté, pas sur des essais cliniques démontrant une efficacité.
La mélisse fait-elle dormir ?
Elle est traditionnellement associée au sommeil, mais l’EMA ne la présente que comme une aide traditionnelle, sans preuve clinique d’efficacité. Une insomnie qui dure mérite un avis médical, quel que soit le produit utilisé.
Peut-on boire de la mélisse tous les jours ?
Pour un produit à base de mélisse, l’EMA indique de consulter un médecin si les symptômes persistent après deux semaines d’utilisation. Si vous ressentez le besoin d’en prendre plus longtemps, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
La mélisse est-elle autorisée pendant la grossesse ?
L’EMA ne recommande pas son usage pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données suffisantes sur la sécurité. Demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme avant toute prise.
Peut-on donner de la mélisse à un enfant ?
L’EMA ne recommande pas l’usage chez l’enfant de moins de 12 ans, car les données sont insuffisantes. Demandez l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant toute utilisation chez un enfant.
La mélisse interagit-elle avec des médicaments ?
Selon la monographie européenne, aucune donnée sur les interactions n’est disponible, ce qui ne permet pas de les exclure. Signalez toujours vos tisanes et compléments à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous prenez un somnifère ou un anxiolytique.
Pour aller plus loin
- Tilleul : usages traditionnels, tisane et précautions
- Aubépine et cœur : ce que disent les sources officielles
- Sauge officinale : usages traditionnels, précautions et limites
- Bienfaits du gingembre : preuves, usages et précautions
Sources
- EMA : Melissa leaf (Melissae folium), page de la monographie européenne — usages traditionnels, âge, délai de consultation de deux semaines, dates de la monographie et de la révision en cours
- EMA : monographie communautaire sur Melissa officinalis L., folium — indications, contre-indication, grossesse et allaitement, enfants de moins de 12 ans, interactions, effets indésirables, conduite
- NHS : Insomnia — limites des produits à base de plantes en pharmacie, hygiène du sommeil, quand consulter
- NCCIH : Using Dietary Supplements Wisely — qualité des compléments, interactions, prudence pendant la grossesse, l’allaitement et chez l’enfant
Découvrez les usages traditionnels de la camomille et les précautions à connaître avant de prendre de la valériane.
Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.

