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La camomille : usages traditionnels, allergies et précautions

Information de bien-être. Cet article a une vocation éducative. Il ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d’un professionnel de santé. En cas de symptôme ou de maladie, consultez un médecin.

Mis à jour le 9 octobre 2026

En bref

  • Sous le nom de camomille, on trouve surtout la matricaire (camomille allemande) et la camomille romaine, deux plantes distinctes qui ont chacune leur monographie européenne.
  • L’Agence européenne des médicaments retient pour elles des usages traditionnels (confort digestif ; pour la matricaire, aussi rhume, bouche, gorge et peau), fondés sur l’ancienneté d’usage et non sur des essais cliniques concluants.
  • Pour le sommeil, les données sont très limitées : à ce jour, les études ne démontrent pas d’effet.
  • Le principal risque est l’allergie, surtout chez les personnes sensibles à l’ambroisie ou aux autres plantes de la même famille (astéracées).
  • Un avis médical ou pharmaceutique est nécessaire en cas de traitement (anticoagulant notamment), de grossesse ou pour un enfant.

La camomille est l’une des tisanes les plus consommées, mais ce que l’on sait réellement de ses effets est plus limité que sa réputation. Elle désigne en pratique deux plantes différentes, dont les usages traditionnels sont décrits par l’Agence européenne des médicaments, alors que son rôle sur le sommeil n’est pas démontré. Cet article s’inscrit dans notre dossier sur la phytothérapie et les usages traditionnels des plantes.

Quelle camomille choisir : matricaire ou camomille romaine ?

Deux plantes se partagent le nom de camomille. La matricaire (Matricaria recutita, aussi appelée camomille allemande) et la camomille romaine (Chamaemelum nobile) font chacune l’objet d’une monographie distincte du comité des plantes médicinales de l’Agence européenne des médicaments (HMPC). Dans les deux cas, ce sont les fleurs qui sont utilisées.

Les usages traditionnels reconnus ne sont pas identiques, ni les précautions selon l’âge. Sur un emballage, le nom latin indique donc de quelle plante il s’agit : c’est un réflexe simple, qui évite de confondre deux produits dont les monographies diffèrent.

Que reconnaît l’Agence européenne des médicaments ?

La notion d’usage traditionnel est précise. Selon l’Agence, elle suppose au moins 30 ans d’utilisation, dont au moins 15 dans l’Union européenne, et un dossier surtout bibliographique : aucun essai clinique d’efficacité n’est exigé, à condition que la sécurité soit jugée suffisante et l’effet plausible. Pour la matricaire, le HMPC a d’ailleurs estimé que les données cliniques étaient insuffisantes, notamment faute de traitement comparateur dans les études.

Les usages traditionnels retenus pour la matricaire sont les suivants :

  • par voie orale, le soulagement de petits troubles digestifs comme les ballonnements et les spasmes légers ;
  • le soulagement des symptômes du rhume ;
  • le soulagement de petits aphtes et d’inflammations légères de la bouche et de la gorge ;
  • en application sur la peau, de petites inflammations (coup de soleil léger), des plaies superficielles et de petits furoncles, ainsi que, en appoint, des irritations de la peau et des muqueuses de la région anale et génitale une fois qu’une affection sérieuse a été écartée par un médecin.

Pour la camomille romaine, l’usage traditionnel retenu est plus étroit : les troubles digestifs légers de nature spasmodique, avec ballonnements et flatulences. La monographie date de 2011 et la page de l’Agence indique qu’elle fait actuellement l’objet d’une révision périodique.

Ces formulations décrivent des inconforts légers et passagers. La monographie de la matricaire demande de consulter un médecin ou un professionnel de santé qualifié si les symptômes durent plus d’une semaine ; celle de la camomille romaine, au-delà de deux semaines.

La camomille aide-t-elle à dormir ?

C’est l’usage le plus populaire, mais il ne figure pas parmi ceux retenus par l’Agence européenne des médicaments. Les Instituts nationaux de la santé américains (NCCIH) sont également prudents : ils indiquent qu’il existe très peu d’informations sur l’effet de la camomille sur l’insomnie, et qu’une revue de 2019 n’a identifié qu’une seule étude sur le sujet, sans bénéfice observé. Des travaux préliminaires explorent un effet sur l’anxiété, mais ils sont trop limités pour conclure.

Cela n’empêche pas d’apprécier une infusion tiède le soir. Le rituel lui-même, prendre le temps de s’asseoir et de boire lentement, peut contribuer à la détente. Il faut simplement le considérer comme un moment de confort, et non comme une solution à un trouble du sommeil installé. Pour des difficultés qui durent, un avis médical est préférable. D’autres plantes sont associées à la soirée, par exemple la mélisse et son usage traditionnel, plante traditionnelle du soir présentée dans le même esprit de prudence.

Sous quelles formes la trouve-t-on ?

  • Les fleurs séchées, en vrac ou en sachets, pour l’infusion : c’est la forme la plus courante et généralement la moins concentrée.
  • Les extraits, gélules et comprimés, vendus comme médicaments à base de plantes ou comme compléments alimentaires : plus concentrés, ils appellent davantage de précautions.
  • Les préparations pour la bouche et la peau : bains de bouche, crèmes, bains.

Le NCCIH rappelle que les produits à base de plantes destinés à la voie orale sont souvent vendus comme compléments alimentaires, qui ne sont pas approuvés avant leur mise en vente aux États-Unis. Le cadre français et européen diffère dans le détail ; en cas de doute sur un produit, demandez conseil à votre pharmacien. Les quantités et durées à respecter sont celles de la notice ou celles indiquées par un professionnel de santé.

Comment préparer une infusion de camomille ?

Les fleurs sont des parties tendres de la plante : on les prépare en infusion, en suivant les indications de l’emballage, puis on filtre. Les gestes de base de l’infusion, de la décoction et de la conservation sont détaillés dans notre guide pour bien préparer ses tisanes.

Choisissez des fleurs dont l’étiquette précise le nom latin et conservez-les à l’abri de la lumière et de l’humidité. Si vous cueillez de la camomille vous-même, ne le faites que si vous êtes certain de l’identification : en cas de doute, abstenez-vous.

Quelles sont les allergies à connaître ?

La seule contre-indication retenue par les monographies européennes est l’hypersensibilité à la camomille ou aux autres plantes de la famille des astéracées (composées). Le NCCIH précise que le risque de réaction est plus élevé chez les personnes allergiques à l’ambroisie, aux chrysanthèmes, aux soucis ou aux pâquerettes.

Les réactions peuvent aller de simples démangeaisons à des manifestations sévères : l’Agence européenne et le NCCIH signalent des réactions allergiques parfois graves, dont l’anaphylaxie, de fréquence inconnue. Si vous constatez un gonflement des lèvres ou de la gorge, une gêne respiratoire ou un malaise après avoir bu ou appliqué de la camomille, arrêtez immédiatement et appelez le 15 ou le 112. Le NCCIH note par ailleurs que la camomille peut irriter lorsqu’elle est utilisée près des yeux : mieux vaut éviter d’y appliquer des sachets ou des infusions.

La camomille interagit-elle avec des médicaments ?

En infusion occasionnelle, peu d’interactions sont décrites. Des signalements existent toutefois. La monographie de la matricaire mentionne des interactions liées aux enzymes hépatiques (CYP450) chez des personnes ayant reçu une greffe de rein et consommant de fortes quantités pendant une longue période. Le NCCIH fait état d’interactions rapportées avec certains médicaments transformés par le foie et avec la warfarine, un anticoagulant, et évoque un possible effet de type œstrogénique, qui pourrait diminuer l’efficacité de la pilule contraceptive ou aggraver des affections sensibles aux œstrogènes.

Si vous suivez un traitement au long cours, en particulier un anticoagulant ou un immunosuppresseur, signalez votre consommation de camomille à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si elle est quotidienne ou sous forme d’extrait. Ne modifiez jamais un traitement de votre propre initiative.

Camomille, grossesse, allaitement et enfants : que dit la monographie ?

Pour la matricaire, la monographie indique que la sécurité pendant la grossesse et l’allaitement est établie pour la tisane, mais qu’elle ne l’est pas pour les autres préparations, dont l’usage n’est pas recommandé. Pour la camomille romaine, la sécurité n’est pas établie et l’usage n’est pas recommandé. Le NCCIH relève de son côté que l’on sait peu de choses sur la sécurité de la camomille dans ces situations. Demandez conseil à votre médecin, votre sage-femme ou votre pharmacien avant une consommation régulière.

Chez l’enfant, les limites d’âge dépendent de la plante, de la préparation et de la voie d’administration. Pour la tisane de matricaire, l’usage n’est pas établi avant six mois ; d’autres préparations ont des limites à 4 semaines, 6 ans ou 12 ans. Pour la camomille romaine, l’usage n’est pas recommandé avant 12 ans. Demandez l’avis d’un pédiatre ou d’un médecin avant d’en donner à un enfant.

Quelles idées reçues faut-il écarter ?

  • « C’est naturel, donc sans risque » : la camomille est généralement bien tolérée en infusion, mais les allergies existent et peuvent être sérieuses.
  • « Toutes les camomilles se valent » : matricaire et camomille romaine sont deux plantes, avec des usages reconnus et des limites d’âge différents.
  • « Plus j’en prends, plus l’effet est fort » : cumuler les produits n’apporte rien de démontré et augmente le risque d’effets indésirables.
  • « Une tisane suffit pour un trouble qui dure » : des troubles digestifs ou du sommeil persistants méritent un avis médical.

Quand consulter un professionnel de santé ?

La camomille accompagne des inconforts légers et passagers. Consultez si les symptômes persistent au-delà de la durée indiquée par la monographie, s’ils s’aggravent, ou en présence de signes d’alerte : douleurs abdominales intenses ou inhabituelles, fièvre, vomissements répétés, sang dans les selles, perte de poids inexpliquée, lésion de la bouche qui ne cicatrise pas, plaie qui s’infecte. Chez l’enfant, la femme enceinte ou la personne âgée, l’avis médical doit être plus rapide. Enfin, la camomille ne remplace jamais un traitement prescrit.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre matricaire et camomille romaine ?

Ce sont deux plantes différentes, avec chacune leur monographie européenne. La matricaire (camomille allemande) a des usages traditionnels digestifs, pour le rhume, la bouche, la gorge et la peau ; la camomille romaine est retenue pour les troubles digestifs légers spasmodiques.

La camomille aide-t-elle à dormir ?

Cet usage n’est pas retenu par l’Agence européenne des médicaments, et le NCCIH indique que les données sur l’insomnie sont très limitées. Une infusion le soir peut faire partie d’un rituel de détente, sans effet démontré sur le sommeil.

La camomille a-t-elle des effets indésirables ?

Elle est généralement bien tolérée en infusion. Des réactions allergiques, parfois sévères, ont été décrites, surtout chez les personnes sensibles à l’ambroisie ou aux autres plantes de la famille des astéracées.

Peut-on boire de la camomille avec un traitement médical ?

Des interactions ont été rapportées, notamment avec la warfarine, un anticoagulant, et chez des personnes greffées du rein. Si vous suivez un traitement, demandez l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Peut-on boire de la camomille pendant la grossesse ?

Pour la matricaire, la monographie européenne indique que la sécurité est établie pour la tisane, mais pas pour les autres préparations ; pour la camomille romaine, elle n’est pas établie. Demandez conseil à votre médecin ou à votre sage-femme avant une consommation régulière.

Peut-on donner de la camomille à un enfant ?

Les limites d’âge varient selon la plante et la préparation : l’usage de la tisane de matricaire n’est pas établi avant six mois, et celui de la camomille romaine n’est pas recommandé avant 12 ans. Demandez toujours l’avis d’un pédiatre ou d’un médecin.

Pour aller plus loin

Sources

Envie d’aller plus loin ?
Découvrez la mélisse, autre plante du soir et nos conseils pour préparer vos tisanes.

Information éducative ; elle ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.



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